‹ Vies des saints de BretagneChapitre 29 sur 130 · ORDRE DE SAINT -BENOIT · texte numérisé non relu

ORDRE DE SAINT -BENOIT

Cet ordre, si célèbre dans toute l'Eglise d'Occident, fut fondé en 529 par le grand saint dont il porte le nom. Benoît, né à Nursie, ville d'Italie, vers Tan 480, et élevé à Rome, comprit de bonne heure les dangers auxquels la vertu est exposée au milieu du monde. Il se retira dès sa première jeunesse dans le désert de Subiaco, d'où il passa au Mont-Cassin, situé aujourd'hui dans le royaume de Naples, et il y construisit un monastère célèbre qui subsiste encore. La règle de saint Benoit fut introduite dans les abbayes de Bretagne, par Tordre de l'empereur Louis le Débonnaire, dans le ixe siècle. Chaque maison de Tordre était alors indépendante des autres, et cet état subsista jusqu'au xvne siècle. A cette époque, le vénérable Père Noël Mars, fervent religieux et supérieur du prieuré de Lehon, près de Dinan, réforma son monastère, et ayant fait ensuite adopter cette réforme aux abbayes de Redon, du Tronchet,

• «M des Saints de Bretagne t. I». :

• Nous pensons que c'est Coran , paroisse peu éloignée de Tréguier.

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deLantenao,delaChaume,de LandevenecetdeSaint-Meen, il unit en congrégation les religieux de ces maisons; mais cette congrégation n'ayant pu obtenir du saint Siège des bulles d'approbation, elle ne subsista pas longtemps, et les abbayes qui la composaient furent successivement unies à la congrégation de Saint-Maur, qui commençait alors et qui se faisait remarquer par sa régularité. L'ordre de Saint- Benoît possédait en Bretagne treize abbayes dont nous allons parler, la prévôté de Vertou et un grand nombre de prieurés.

Les Bénédictins de Saint-Maur ont eu parmi eux plusieurs sujets bretons d'un mérite distingué. Ce sont surtout : Dom Jean-Etienne Badier, né à Dol en 4650 et mort prieur de l'abbaye de Corbie le 6 juillet 1719, auteur de l'Histoire de l'abbaye de Marmoutier; Dom Denys Briant, né à Pleudihen, diocèse de Saint-Brieuc, mort dans l'abbaye de Redon le 6 février 1716, auteur d'un ouvrage estimé sur l'Histoire ecclésiastique du Maine, intitulé : Cenomania tacra, resté manuscrit; Dom Gui- Alexis Lobineau, né à Rennes en 1666, mort dans l'abbaye de Saint-Jacut le 3 juin 1727, auteur des Vies des Saints de Bretagne et de plusieurs autres ouvrages historiques; Dom Jean Maur Audren de Kerdrel, né à Lanilis, diocèse de Léon, mort prieur de l'abbaye de Marmoutier le 7 avril 1725, auteur du plan de la nouvelle Histoire de Bretagne; Dom François Le Texier, né à Melesse, diocèse de Rennes, le 22 décembre 1683, mort dans l'abbaye de Saint- Vincent du Mans le 9 avril 1758, auteur d'un grand nombre de Mémoires historiques qui ont été utiles à divers savants; Dom Hyacinthe Morice de Beaubois, né à Quimperlé le 25 octobre 1693, mort dans le monastère des Blancs-Manteaux, à Paris, le 14 octobre 1750, auteur de la nouvelle Histoire de Bretagne en 2 vol. in-fol., dont le second fut publié par Dom Taillandier, et de plus éditeur des 5 vol. des Mémoires relatifs à l'histoire de cette province; Dom Hippolyte-Augustin de Goniac, né à Rennes en 1731, l'un des principaux collaborateurs à la nouvelle édition des Conciles des Gaules et de France ; Dom Jean Le Saint, né à Trédarzec, diocèse de Tréguier, en 1705, mort à Marmoutier

ABBAYE DE LANDEVENEC

le 12 mars 4766, auteur d'un volume de la continuation des Mémoires de Tillemout, ouvrage qui n'a pas été publié; Dom Julien Raguideau, né à Nantes en 1628, mort dans l'abbaye de Saint- Valeri, en Picardie, le 1er septembre 1701, auteur de l'Oraison funèbre de Charles-Henri de La Trémouille, prince deTarente, prononcée à Vitré en 1672; Dom Nicolas Jamin, né à Dinan en 1711, prieur de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés en 1765, mort le 9 février 1782, auteur de plusieurs bons ouvrages de morale et d'un livre très-connu et très-estimé qui a pour titre : Pensées théologiques relatives aux erreurs du temps.

ABBAYE DE LANDEVENEC K

Cette abbaye, la plus ancienne de Bretagne,dut ses commencements à saint Guingalois, nommé plus communément Guenolé en Bretagne. Ce saint, désirant vivre dans la solitude, choisit ce lieu qui était désert, et s'y fixa avec quelques compagnons vers l'an 442. Ses vertus lui acquirent l'estime et l'affection de Grallon, alors roi de Bretagne, qui lui fit bâtir un monastère et devint ainsi le fondateur de l'abbaye, dans laquelle il fut ensuite inhumé et où l'on faisait pour lui chaque année un service, auquel assistaient les prêtres du canton , usage qui a subsisté jusqu'à la suppression de ce monastère. La situation primitive de Landevenec était dans un lieu froid et malsain; mais on le transféra dans un autre lieu, voisin du premier et dont la situation était très-agréable. Placé près de la mer, dans la paroisse du même nom, diocèse de Quimper, au confluent des deux rivières d'Aulne et du Fou, entouré de hautes collines couvertes de bois, qui le préservaient des vents dangereux, il offrait une solitude très-agréable. La maison était fondée pour neuf religieux et l'abbé jouissait d'un revenu de six mille francs. La mense abbatiale fut en 1781 unie à l'évêché de Quimper. L'église était dédiée à la sainte Vierge. Cet anti-

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que monument ne subsiste plus; il a été renversé par l'impiété révolutionnaire, et Ton y voit seulement quelques ruines de l'église. Les tombeaux de saint Guenolé et de Grallon n'ont pas été plus respectés que le reste ; brisés par des mains barbares, leurs débris sont entrés dans la construction de maisons à Brest.

CATALOGUE HISTORIQUE DES ABBÉS

Saint Gcingalois, fils de Fracan, prince de la Grande-Bretagne, et de Guen ou Blanche, son épouse, fut le premier abbé de Landevenec. Ce saint mourut le 5 mars 504, dans un âge fort avancé et plein de jours a.

Saint Guenhael succéda à saint Guingalois en 504. Après avoir gouverné sagement son monastère pendant sept ans, il fut obligé de l'abandonner et de passer dans l'île de Bretagne pour éviter la fureur des Frisons, qui mettaient tout à feu et à sang dans l'Armorique. Rioval ayant chassé les Frisons en 513, *aint Guenhael revint à son monastère, où il séjourna quelque temps, c'est-à-dire trois ans. Il se retira enfin dans le diocèse de Vannes, où il mourut vers l'an 548.

L'ancien catalogue des 'abbés de Landevenec, inséré au cartulaire de cette maison, fait succéder à saint Guenhael Matmunoc, Segneu, OElam, Gurdestin, Benedic, Gurdilec, Johan, Clément, Johan et Gurlohet, sur lesquels la tradition ne nous fournit rien.

Matmonoc ou Matmunoc, abbé de Landevenec, alla trouver en 818 l'empereur Louis le Débonnaire pour lui rendre ses hommages. Ce prince était entré en Bretagne pour dompter les habitants qui s'étaient soulevés contre lui. Use trouvait campé sur les bords de la rivière d'Elé, lorsque Matmonoc se présenta devant lui. Surpris de l'habillement que portait cet abbé, il lui demanda quelle règle il suivait. Matmonoc lui répondit qu'il suivait la règle de saint Colomban. L'empereur l'exhorta à quitter cette règle, et à prendre celle de saint Benoît, qui était en usage dans les monastères des Gaules. L'abbé lui promit de faire ce qu'il

« Vojea sa vie, Fies des saints de Bretagne, t. t,r.

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