‹ Vies des saints de BretagneChapitre 30 sur 130 · ABBAYE DE LANDE VENEC · texte numérisé non relu

ABBAYE DE LANDE VENEC

souhaitai*, et c'est à, lui que Tordre dç Saint-Benoit est redevable de Tabbaye de Landevenec.

Gcrdestin, abbé, écrivit dans le ix* siècle la Vie de saint Guingalois, fondateur de son monastère. Cette Vie est au commencement do carlulaire de la maison, qui paraît avoir été écrit dans le même siècle.

Benoît, abbé de Landevenec, obtint d'Hepunon* JuV de Rivelen, Téglise deSancius1. Cette donation futapprouvée par Huarveten, évêque de Quimper.

Càdnou fut gratifié par Budic, comte de Cornouaille, 4u vicariat d'Edern, sous le règne du duc AlaiB le Grand, décédé en 907. On ignore Tannée de la mort de cet abl^é; Je jour en est marqué dans le nécrologe du monastère au 14 août.

Jean fut fait prisonnier par les Normands. Après une longue captivité, il fut mis en liberté et revinten Bretagne. Le duc Alain Barbetorte lui donna le soin de 1 abbaye de Landevenec, et fonda en sa considération le prieuré de Balz, près Guérande. ■ v /

< Blenlitbd ou Blenliguet assista à la fondation de Téglise de Saint-Ronan de Locrenan, faite, en 1031, par Alain Cagnart, comte de Cornouaille. On ne sait pas Tannée de sa mort; le jottr en est marqué au 13 juin dans le nécrologe du monastère.

Elizée ou Euzrjc souscrivit à une donation faite à Tabbaye de Quim perlé, en 1037, par Judith, comtesse de Cornouaille. Il mourut le 4 juillet 1055, suivant la Chronique de Quimperlé.

Killac ou Killa a fut élu en 1056, assista ait sacre du roi Philippe Ier en 1060, et mourut le 9 juin 10S5.

Justin fut témoin dans le différend que les religieux de Redon eurent, Tan 1089, avec les chapelains du duc Alain Fergent, pour la célébration du service divin en présence

1 Ce nom se trouve ainsi daos le texte latin de la donation, publié par D. Morice ; mais nous croyons que c'est une erreur. Sancius n'ayant aucune analogie avec les noms bretons, peut-être faudrait-il lire Sant- Sieu, nom d'un disciple de saint Brieuc.

* Du Chesne, t. 4, Hist. dt France, p. 162.

de ce prince. L'année de sa mort est inconnue; mais le jour en est marqué au 40 novembre dans le nécrologe de son monastère.

Parmi les abbés suivants, plusieurs ne sont connus que de nom ; le nécrologe de leur monastère, qui les indique presque tous, marquant seulement le jour de leur mort, sans dire toujours en quelle année elle est arrivée.

Guillaume.

Lancelin.

Orscand.

Elhiard ou Elmard occupait le siège abbatial en 1442, et mourut le 27 mai.

Grallon ou Graslon souscrivit la charte donnée en 4460 aux chevaliers du Temple, par le duc Gonan le Petit. Il mourut le 12 mars, selon le nécrologe de son abbaye.

Rivallon nu Fou mourut le 14 novembre 4216, selon le même nécrologe.

Grazlondb Saiht-Enogat, village près le Pont-l'Abbé.

Jacques.

Rivallon de Broerec'h eut quelques différends avec R. , évêque de Quimper, touchant la visite que ce prélat voulait faire dans l'abbaye de Landevenec. Cette dispute commença en 4226 et fut terminée en 4256, par la médiation de Cadioc, évéque de Vannes.

Tadic mourut le 20 juin 4240, selon le nécrologe de son monastère.

Rivallon de Ploemergat mourut le 14 avril 4254.

Rivallon de Treflès mourut le 24 février 1256.

Bernard d'Edern mourut le 6 août 4271.

Bernard de Kerlauré mourut le samedi avant l'Ascension, en l'année 4280.

Rivallon , religieux de Quimperlé, succéda au précédent, et mourut en 4282, selon la Chronique de Quimperlé.

Rioc mourut le 7 janvier 1283, suivant le nécrologe de son monastère.

Jean de Léon occupait le siège abbatial au mois de juin J293.

ABBAYE DR LANDEVENEC.

Gradlon , religieux de Quimperlé, succéda au précédent, et mourut le 13 mars 1307, suivant le nécrologe de Quimperlé.

Jean Le Ponc mourut le 23 mars 1308 ou 1309, selon notre manière de compter les années.

Guillaume, religieux de Saint-Melaine de Rennes, succéda à Jean le Porc et mourut le 3 octobre 1311.

Yves Gormon mourut le 17 juin 1344, suivant le nécrologe de son monastère.

Jean de Langoueznou, abbé après Yves Gormon, fut, diton, témoin du prodige qui s'opéra au tombeau de Salaun, surnommé ar fol!, de la bouche duquel il sortit après sa mort un lis dont toutes les feuilles portaient ces mots écrits en lettres d'or :Âve, Maria. Cet abbé vécut très-saintement, et Ton assure qu'on obtint plusieurs miracles à son tombeau. Il est auteur de la prose iLanguentibus in purgatorii.

Armel de Languern mourut le 22 juillet 1362. Alain de Daoulas mourut le 3 juin 4371. Guillaume de Partenai mourut le 9 août 1399.

Yves de Poulmic fut témoin de l'enquête faite le 4 août 1410, sur les droits du vicomte de Rohan en Cornouaille et en Léon. Il mourut le 5 avril 1426, selon le nécrologe de son abbaye.

Henri Morillon ■ mourut le 22 février 1442.

Jacques de Villerlanche fut élu abbé de Landevenec en 1443, et nommé à l'évêché de Quimperpar le pape Eugène IV. Le duc n'ayant pas agréé cette nomination, le pape transféra à Quimper Alain l'Espervez, évêque de Doi. Jacques de Villeblanche assista, le 15 octobre 1480, à l'entrée solennelle de Gui, évêque de Quimper, et mourut en 1490.

Matthieu Hemery mourut le 2 septembre 1496.

Jean de Vieux- Chastel, religieux de Landevenec et prieur de Tonq, fut élu en 1496 et tint le siège pendant vingt-cinq ans. Son décès arriva le 19 mars 1352.

* Vêtus Tabularium tiuidcm loci

Thomas Le Roy, clerc de la chambre apostolique, secrétaire des brefs et nommé à l'évêché de Dol; Obtint en 1522 l'abbaye de Landevenec en commendé V et mbfc* rut en 1524.

Alain deTregain , archidiacre de Ou imper, reçut du pape Clément VII eu 4524 les bulles <le l'abbaye de Landevenec. Cette place lui fut disputée par quelque régulier; mais Alain fut maintenu, le 3 octobre 1526, dans son bénéfice.

Louis de Kebguern succéda à l'archidiacre de Quimper, et mourut au mois de juin 1554. A cette époque, frère Alain de Pencoet se prétendait abbé de Landevenec, et était apparemment celui qui avait disputé l'abbaye à Alain de Tregain.

Maurice Brient obtint mainlevée de l'abbaye de Landevenec le 14 avril 1525, et mourut en 1538.

Arnoul Brient, doyen de Notre-Dame-de-CIéry, obtint les balles de l'abbaye de Landevenec au mois de septembre 1538, et prêta au roi serment de fidélité le 30 avril 1541. Il fit beaucoup de réparations et d'embellissements dans

* Par le concordat passé en 1517 entre le pape Léon X et François l*r, ce monarque obtint pour lui et ses successeurs la faculté de donner a des ecclésiastiques séculiers la plupart des abbayes de son royaume en commende. Les abbés commendatafres, si nombreux autrefois en France, datent de cette époque* lia avaient droit de jouir de tous les revenus de la mense abbatiale ; mais ils ne pouvaient s'immiscer en rien dans le gouvernement intérieur de l'abbaye, qui avait alors pour supérieur un religieux avec le titre de prieur. Les revenus de ces abbés étaient du tiers de ceux de la maison, et lorsqu'ils n'étaient pas contants de leur part, ils pouvaient demander un nouveau partage des biens. Ces partages ruinaient souvent les monastères, paroe que ces abbés ne résidant pas sur les lieux, ne donnaient pas aux propriétés dont ils avaient la Jouissance le» soins que les religieux prenaient de» leurs j d'où il arrivait que dans les partages on rendait A ceux-ci des terres qui avaient perdu une partie de leur valeur. Ces commendes,quf souvent étaient abusives, ont été une des causes qui ont nui a l'état monastique en Frauoe. Avant le concordat de 1 617, les abbés étaient des religieux élus par les communautés- On les appelait abbés réguliers. Mous ne voulons pas cependant condamner un ordre de choses qui n'avait été établi que du consentement du saint Siège ; mais seulement signaler les abus qui en étaient résultés. Nous reconnaissons que les romniendes étaient entre les mains du roi une ressource pour récompenser les ecclésiastiques de mérite qui avaient rendu service à l'Eglise ou à l'Eut, et pour l'aider à soutenir certaines dignités, qui quelquefols avaient besoin de ce secours.

ABBAYE DE LAIfDEVEN EC. 399

son église. Sa mort arriva le 15 septembre 1555, selon son épitaphe, que l'on voyait autrefois dans le clocher de 1 église.

Maurice be Commacre, neveu du précédent, fut fait coadjuteur de Lande venec en 1540, succéda à son oncle en 1555, et résigna à Pierre Loargan en 1577.

Pierre Loargan obtint en 1577, du pape Grégoire XIII» les bulles de l'abbaye de Landevenec sur la résignation de Maurice de Commacre. C'était un prêtre simple et fort ignorant; il était gouverné par le marquis de La Hoche, qui avait l'administration du temporel de l'abbaye et qui en percevait les fruits. Ce seigneur, craignant qtie frère Louis Lansulien, prieur de l'abbayé; ne le troublât dans son administration, le flatta toujours d'une résignation; mais il n'exécuta jamais sa promesse, et le prieur mourut en 1601 sans avoir rien obtenu. Ainsi c'est mal à propos qu'on lui a donné le titre d'abbé dans le nécrologe.

Jean Brient, chanoine et archidiacre de Quimper, obtint les bulles de l'abbaye en 1068, sur la résignation de Pierre Loargan. 11 prit possession le 9 juin 1609, et dès lors il s'appliqua à rétablir le temporel qui était dans un très-grand désordre. Il y remédia pour le spirituel , en introduisant, dans son* monastère , en 1609, les Pères de la Société de Bretagne. Il mourut le 21 mai 1650, et fut inhumé dans son église où Ion voyait son épitaphe K

Pierre Tangui fut pourvu de l'abbaye en 1627 par suite de la résignation qu'en avait faite Jean Brient le 1er mars de la même année. Il en prit possession le 21 février 4650, et y introduisit les Bénédictins de la congrégation de Saint- Maur en 1656. 11 mourut en 1669, et fut enterré dans la chapelle de Notre-Dame dans l'église abbatiale.

" Jacques Tangui fat nommé en 1665 sur la résiguatiou

1 Voici cette épitaphe : •

Hic exapectat resurreetionem mortuorum R. te V. Tir Joannes Brient Curiosolita, qui superstea juris utriusque doctor, arebidiaconus ac canonicus Corisopitensis hujusque cœnobii archimandrita, ejusque reforma ti uni s aactor, bonorum vendit arum rcdhibitor, a di uni aediflciorumque restaurator, no vor unique perrigil txatittt exatructor.

du précédent, assista aux Etats tenus à Vitré en 1673 en qualité d'abbé de Landevenec. Il mourut en 1695, et fut enterré dans la même chapelle.

Pierre de Léneboux de La Brosse, évêque de Saint-Paul de Léon, prit possession de l'abbaye le 6 avril 1696. Il mourut dans son diocèse en 1700.

Balthazar de Rousselet de Chateaurenaud , abbé de Fontaine-les-Blanches, ordre de Citeaux, fut pourvu de l'abbaye de Landevenec le 4 janvier 1701, prit possession le 12 mars 1702, et mourut au mois d'avril 1715.

Charles-Marie Duplessis d'Argentre fut nommé en 1712. Il mourut le 25 novembre 1712.

Jacques-Philippe de Yarennes, nommé à l'abbaye de Landevenec le 24 décembre 1713, prit possession en 1714, et mourut en 1745.

Jean-Baptiste-Marie Champion de Cicé, né à Rennes le 10 février 1725, nommé à l'abbaye de Landevenec en 1746, fut d'abord vicaire général de Bourges, ensuite évéque de Troyes et sacré à Rome en cette qualité par le pape Clément XIII le 5 septembre 1758, puis transféré à Auxerrele 1er janvier 1761 . Il posséda le dernier cette abbaye en commende. La mense abbatiale fut réunie à l'évêché de Quimper en 1781. M. de Cicé, après avoir souffert un long exil pour la foi, mourut en Prusse dans le courant de l'année 1805.

Cette abbaye, appelée primitivement Landouar3, était située dans le diocèse de Dol, sur le bord de la mer, qui forme en ce lieu une presqu'île souvent couverte de sable que la marée y apporte. On n'y voyait que l'abbaye avec ses dépendances et une église paroissiale nommée aussi

1 Abbatia Sancti Jacttti,

%Lan et douar «ont deux mots breton* qui lignifient église de terre.

ABBAYE DE 6AU*TrIÀCUT. 401

de Saint- Jacut, mais anciennement Notre-Dame-de-Landouar. Cette abbaye était à deux lieues de Saint-Malo. Sa fondation était pour douze religieux, et le revenu de son abbé montait à six mille francs. Elle reconnaissait pour son fondateur le saint dont elle portait le nom, qui vivait dans le vi« siècle et sous le règne du roi Grallon. Sa situation l'exposa souvent au pillage des Saxons, des Normands et des Anglais, qui ont détruit tous les monuments nécessaires pour bien constater la suite de ses abbés. Aussi leurs noms sont-ils inconnus jusqu'au commencement du xie siècle.

CATALOGUE HISTORIQUE DES ABBÉS

Saint Jacut et saint Guethenoc, frères de saint Guénolé, professèrent d'abord, et pendant plusieurs années, la vie monastique sous la conduite d'un saint personnage nommé Budoc. Ils voulurent ensuite vivre en ermites, et se retirèrent dans un lieu très-incommode, d'où ils passèrent dans la presqu'île de Landouar, où, ayant rassemblé quelques disciples, ils jetèrent les fondements de l'abbaye dont saint Jacut eut le gouvernement, son frère s'étant choisi une autre solitude. On ne connaît pas l'époque précise de la mort de ce saint abbé.

Hihgueten est le premier successeur de saint Jacut qui se trouve dans les anciennes chartes. 11 vivait sous le règne des ducs Geoffroi Ier et Alain III, son fils aîné. Ce dernier le chargea de rétablir le monastère de Saint-Meen de Gaêl qui avait été ruiné par les Normands. Il vivait aussi sous le règne de Robert, roi de France, mort en 1052.

Guyomar ou Wihomar assista aux obsèques d'Emme, vicomtesse de Porhoet, morte en 1092 et enterrée dans l'église de Sainte-Croix de Josselin.

Marchen accompagnait Ri vallon, évêque d'Alelhen 1118, lorsque ce prélat se rendit auprès de Geoffroi , vicomte de Porhoet, pour lui administrer les derniers sacrements.

Guillaume était contemporain de Daniel, évêque de Saint-

LU

402 LÊGLlSEjOE BRETAGNE.

avec lequel il Tait une transaction. Ce dernier mourut en 1124.

Mainon * assista au concile tenu à Reims, en 1131, parle pape Innocent U, et y fit juger le différend qu'il avait avec les religieux de Marmoutier pour la coutume 1 du poisson qui se vend à Dinan.

Henri6 fut bénit par Hugues, archevêque de Dol, vers l'an 1159. il (h confirmer en 1165, par le pape Alexandre M, toutes les donations faites à son monastère. Le même pape lui donna, en 1180, commission pour juger le différend que les religieux de la Vieuxville avaient avec G. Gaiplig.

D.... accorda en 1201 h Hervé, abbé de Redon, l'usage de In Atuison de la Trinité en Porhoet pendant sa vie.

Nicolas est désigné comme abbé deSaint-JacUt-de-niea, dans un acte daté de Tan 1210.

Blain scella en 1250 un accord passé entre Julie 1 de Montfort, seigneur de Plancoet, et les religieux de Saint- Àubin-des-Bois. U avait été tiré du monastère de Saint- Meen, suivant le nécrologe de cette maison.

Mathieu tiunsigea en 1251 avec Pierre de Chemillé, seigneur de Mortagne, et Aliénor de Porhoet, son épouse, pour une cohue3 qu'ils voulaient faire sur les terres du prieuré de la Trinité.

Simon fui nommé en 1266 arbitre du différend que l'évêque de Dol avait avec son chapitre pour le vicariat de Ros. 11 ratifia en 1274 un accord entre l'abbé de Saint- Melaine et Guillaume le Noir, chevalier.

Geokfkoi lit unir en 1503 à la chambre rie de son monastère deux prieurés du diocèse de Tréguier, dont les

« Martène, t. 4, Anecd.% p. 139.

« On appelait la coutume en Bretagne un droit qui était perçu sur les marchandises eiposées au marché.

à Martène, t. 3, Anecd ., p. 919.

* On nomme aujourd'hui Saint-Jacut-de-la-Mer la paroisse qui se trouve en ce Iteu, et qui est maintenant une succursale du diocèse de Saint- Brieuc.

» On appelait « ointe la halle destinée à la vente des comestibles.

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