ABBAYE DE SAINT-GILDAS-DE-RHUIS
Charles de Montigni était abbé en 1645.
Charles de Clermont fit serment de fidélité au roi pour l'abbaye de Mûris en 4617. Il mourut en 1626.
Henri de Bruc était abbé de Rhuis en 4627. 11 mourut en 4635.
Michel Ferrand introduisit eu 4638 les Bénédictins de Saint-Maur dans son monastère. Sa mort arriva en 1649.
Jacques Bertot fut nommé en 4678. 11 mourut au mois d'avril 4684.
Henri-Emmanuel de Roquette, docteur de Sorbonne, fut nommé au mois d'avril 4684. Il devint membre de l'Académie française en 4720, et mourut au moisde mars 4725.
Jean-Joseph de Villeneuve fut nommé au mois de mars 4725. Il paraît qu'il mourut en 1772 ; ce qu'il y a de certain, c'est qua cette époque la mense abbatiale de Saint- Gildas-de-Rhuis fut réunie à l'évêché de Vannes, sous l'épiscopat de M. Berlin.
ABBAYE DE SAIAT-MEEN '.
Cette abbaye était du diocèse de Saint»Malo,et située dans une bourgade qui lui doit son existence. Elle portait primitivement le nom de Cad , et donnait à son abbé un revenu de sept mille francs. Son église et ses bâtiments subsistent encore et servent au petit séminaire du diocèse de Rennes, qui y a été établi. Elle fut fondée vers l'an 600 par saint Meen, avec la permission de Juthael ou Hoël III, roi de Bretagne. Ce saint était originaire de la Grande-Bretagne, et était venu dans l'Armorique vers l'an 557 avec saint Samson, archevêque de Doh II eut l'avantage de voir au nombre de ses religieux saint Judicaël, qui quitta dans la suite le cloître pour monter sur le trône. Ce fut, selon les apparences, sous le règne de ce prince qu'il termina ses jours dans une heureuse vieillesse. On ignore le nom de ses successeurs;
» Jbbatia Sancti Mevenni.
son monastère fut détruit sur la fin du vme siècle. Hélocar, qui en était abbé, ayant été placé sur le siège d'Àleth, obtint de l'empereur Charlemagne la permission de rétablir le monastère de Saint-Meen, et ce prince lui donna des lettres pour assurer les biens qui en dépendaient. Ces lettres furent confirmées par Louis le Débonnaire en 816, à- la requête du même Hélocar. Depuis cette époque on ne trouve plus rien dans le ixe siècle, qui concerne l'abbaye de Saint-Meen; elle fut détruite dans le siècle suivant par les Normands, et changée en une affreuse solitude.
CATALOGUE HISTORIQUE DES ABBÉS
Hingueten, abbé de Saint-Jacut, fut chargé en 1008 par la duchesse Havoise et par les princes Alain et Eudon, ses enfants, de rétablir le monastère de Saint-Meen et de Saint-JudicaëL Il ne négligea rien pour seconder les pieuses intentions des deux princes, et il fit un saint usage des présents qu'ils offrirent au nouveau monastère. Cette commission lui a mérité le titre de restaurateur de Saint-Meen qu'il gouverna jusqu'à sa mort. Le prêtre Ingomar lui dédia la Vie de saint Judicaël.
Robert, deuxième abbé de Saint-Meen, mourut au mois de janvier, selon l'obituaire de cette maison.
Eudon mourut au mois de septembre, suivant le même obituaire.
Judicael était contemporain d'Airard, évêque de Nantes et de Perennès, abbé de Redon.
Bklbaud mourut au mois de décembre, selon l'obituaire de son abbaye.
Brient assista aux obsèques d'Emme , vicomtesse de Porhoet, faites dans l'église de Sainte-Croix de Josselin, par Morvan, évêque de Vannes en 1092. Sa mort est marquée au 9 décembre dans le nécrologe de son abbaye.
Guillaume souscrivit à la fondation du prieuré de Loheac en 1101, et contribua à la réconciliation des vicomtes de Porhoet avec les religieux de Marmoutier en 1116.
Joston fut témoin de la donation des dîmes de Guer,
faite par Donoald, évêque d'Aletb, à Garnier, abbé de Marmoutier. Le P. Le Large croit que ce Joston est le môme que Judicaël de Tremorel, dont il est parlé dans l'obi tuaire, et qui mourut le 5 septembre.
Henri" fut déposé par ses religieux, soutenus de l'autorité de saint Jean de La Grille leur évêque. Us lui donnèrent pour successeur Robert, dont nous parlerons ci-après. L'archevêque de Tours approuva d'abord ce changement, mais il le blâma dans la suite, et n'ayant pu engager Robert à se démettre, il se déclara contre lui. L'affaire fut portée à Rome, comme on l'apprend d'une 1 ettre de Pierre de Celles au pape Eugène III ; mais on n'a pu savoir le jugement que prononça le pape sur ce sujet. Ce qui nous parait certain, c'est que Robert continua ses fonctions d'abbé, et qu'on donna à Henri la qualité d'abbé de Saint-Judicaël. Une charte de l'abbaye de Saint-Melaine, datée de 1165, prouve ces deux titres.
Robert II b souscrivit en 1165 l'accord fait par Josse, archevêque de Tours, entre les religieux de Saint-Melaine et les chevaliers du Temple pour le four de Montfort. Il fit confirmer, en 1184-, les privilèges de son monastère par le pape Luce III. Pierre Le Raud le met au nombre des commissaires établis par le pape Clément III pour juger de la validité du mariage d'André de Vitré avec Mathilde de Mayenne.
Rolland obtint en 1192 une bulle du pape Célestin III qui confirme tous les privilèges et biens de son abbaye. Le même pape ratifia la sentence rendue par Raoul, évêque d'Angers, Simon, abbé de Savigni, et Herbert, archidiacre, qui déclarent le prieur de Painpont soumis à l'abbé de Saint-Meen.
Pierre souscrivit l'acte de fondation de la collégiale de La Guerche faite en 1206 par Guillaume, seigneur de La Guerche, fils de Geoffroi de Pouencé.
Robert contribua, en 1220, à un accommodement entre Payen de Malestroit et les religieux de Marmoutier.
• Peints Cellensis, lib. 1, epiat. 6.
b Le Baud, Chron. de Vitré, ch. 31.
454 l'église de Bretagne.
Barthélémy abbé de Suint -Me en, mourut le 27 juillet, selon le nécrologe de Landevenec.
Raoul Laese mourut au mois de décembre, selon l'obi-
tuaire de sa maison.
Judicael, natif de Trémorel, près Saint-Meen, fit une association avec les religieux du Mont-Saint-Michel en 1296, et mourut le 16 août 1297, selon le nécrologe de Landevenec.
Olivier de Saint- Malon traita, en 1512, avec Olivier, seigneur de Montauban, fut un des exécuteurs testamentaires de Raoul, sire de Montfort,en 1314, transigea en 1319 avec Geoffroi, seigneur de Montfort, pour quelques fiefs situés dans 1a paroisse de Saint-Lirg, et mourut le 10 juin 1330.
Jacques Payen succéda à l'abbé de Saint-Ma Ion, et mourut au mois de décembre 1343.
Guillaume, prieur de Vitré, fut recommandé à l'évêque de Saint-Malo parle pape Clément YI le 29 janvier 1344. On ne voit pas la raison de cette nomination du pape à l'abbaye de Saint-Meen.
Alain Le Roux accepta en 1369 une fondation faite dans son église par Guillaume Lévéque, seigneur de Mêlant, et Jeanne de Montfort, sa femme. Il mourut le 29 août 1374, selon le nécrologe de Montfort.
Guillaume Le Roux, abbé de Saint-Meen, et du Tronchet, traita en 1385 avec le sire de Montfort pour les dégâts que ce seigneur avait faits sur un moulin de son abbaye. Il mourut le 7 mars 1400, selon le nécrologe de la maison.
Guillaume Servot mourut le 18 mars 1431, selon le nécrologe de son abbaye.
Olivier Servot, neveu ou parent de Guillaume, mourut le 7 mars 1441, selon le même nécrologe.
Robert de Coetlogon, fils d'Olivier, seigneur de La Gaudinaie, fut élu en 1445 et gouverna l'abbaye pendant cinquante ans. Jean l'Espervier, évéque de Saint-Malo, l'accusa en 1485 auprès du duc de plusieurs crimes dignes de
ABBAYE DE SAIIfT-MEEN . 455
punition. Le duc en conséquence donna commission à Guillaume Loaisel, seigneur de Brie, d'arrêter frère Robert de Coetlogon. Il n'est point fait mention dans cette commission des crimes de l'accusé ; mais il y a bien de l'apparence que son plus grand crime était d'avoir amassé vingt mille écus, dont le trésorier Landais voulait s'emparer, et dont il s'empara réellemenr. Ce malheureux favori, étant devant ses juges, avoua le vol, et déclara qu'il ne l'avait fait que pou l empêcher Robert de Coetlogon de sortir de Bretagne, et pour conserver une somme considérable à la province. La mort du trésorier justifia l'abbé, qui continua à gouverner sa maison comme il l'avait fait avant l'accusation intentée contre lui. Il mourut le 30 avril 1492, après avoir enrichi d'ornements son église.
Pierre de Laval, archevêque de Reims, évêque de Saint- Malo, abbé de Saint-Aubin et de Saint-Nicolas d'Angers, obtint encore l'abbaye de Saint-Meen en 1492; mais il la tint peu de jnois, étant mort le 14 août 1493.
Robert Guibé, évêque de Nantes et cardinal du titre de Saint-Anastase, obtint l'abbaye en 4493, et la posséda jusqu'à sa mort arrivée en 1513 à Rome, où il fut inhumé dans l'église de Saint-Yves des Bretons.
François Hamon, neveu du cardinal Guibé, lui succéda dans l evêché de Nantes et dans l'abbaye de Saint-Meen. 11 nomma pour vicaire général André Hamon, son frère, et mourut le 7 janvier 1532.
Réné Du Bellay fut nommé à l'abbaye de Saint-Meen en 1532, et à l'évéché du Mans en 1536. Il mourut à Paris en 1546, et fut inhumé dans l'église cathédrale de Notre- Dame, dont le cardinal Du Bellay, son frère, était évêque.
Jean Juvénal des Ursiks fut, en 1539, pourvu de cette abbaye sur la démission de l'évêque du Mans, et obtint mainlevée du temporel le 6 novembre J540.
Ponthus de Brie obtint l'abbaye en 1543 sur la démission du précédent, et la posséda jusqu'en 1557.
Jacques Heluis, dit de La Roche-sur- Yon, était fils d'un laboureur du diocèse de Beauvais. Le cardinal de Bourbon,
436 l'église de brbtagne.
prince de La Roche-su r-Yon, le prit en affection, etlëleva aux premières dignités de l'Eglise en le faisant, non-seulement abbé de Saint-Meen, mais encore évéque de Langres, duc et pair de France. Il mourut le 26 mars 1565. -
Charles de Bourbon, archevêque de Rouen et cardinal de la sainte Eglise romaine, fit serment de fidélité au roi en 1574 pour l'abbaye de Saint-Meen, dont il avait été pourvu après la mort de son élève.
Pierre de Ragan ou Ragean rendit foi et hommage au roi en 1579 pour l'abbaye de Saint-Meen. Il est indiqué dans cet acte comme évôque de Rouanne.
Jean Heluis, neveu ou parent de Jacques dont on vient de parler, succéda à l'évêque de Rouanne en 1585. Il y a apparence que les princes de La Roche-sur-Yon lui procurèrent cette dignité.
Jean Picaut soutint les droits utiles et honorifiques de son abbaye avec beaucoup de fermeté, et mourut en 1592 selon les Mémoires du P. Le Large, qui nous fournit ces trois abbés.
Jean d'Espinai, frère de Charles, évêque déDol, succéda an précédent, et mourut vers l'an 1604.
Pierre Cornulier assista aux Etats tenus à Rennes en
1604 en qualité d'abbé de Saint-Meen. Il y assista dans la suite comme évêque de Tréguier et de Rennes. C'est a ce prélat qu'on est redevable du bel hôpital qui sert à loger les pauvres et les pèlerins qui ont recours à l'intercession de Saint-Meen dans plusieurs maladies. Il mourut le 22 juillet 1639 et fut inhumé dans son église de Saint-Pierre de Rennes.
Achille de Harlay-Sanci, évêque de Saint-Malo, fut nommé au mois d'août 1659, et obtint, le 20 octobre 1643, là permission d'ériger un séminaire ecclésiastique dans son abbaye. Cette permission fut confirmée par lettres patentes du mois de mars 1646, portant union de la mense conventuelle, des offices claustraux et des bâtiments de l'abbaye au séminaire qui avait été donné à la congrégation de la mission dite de Saint-Lazare. M. de Harlay mourut le 20 novembre 1646.
Ferdinand de Neufville succéda à son oncle et dans l'évêché de Saint-Malo et dans l'abbaye de Saint-Meen. Il mourut évêque de Chartres le 2 janvier 1690, à l'&ge de quatre-vingt-deux ans.
Charles-Ferdinand de Champlais de Courcelles, neveu de M. de Villeroi, fut, en 1675, pourvu de l'abbaye vacante par la démission de son oncle, et mourut à Paris le 8 juillet 1698.
Antoine Fagon, fils du fameux Fagon, premier médecin de Louis XIY, obtint l'abbaye au mois d'août 1698. 11 devint successivement évêque de Lombez et de Vannes, et termina sa carrière à l'âge de soixante-dix-sept ans, le 16 février 1744. *
Gilbert-Biaise de Chabannes, vicaire général de Nevers et de Langres, député à l'assemblée du clergé de 1745, fut nommé à Saint-Meen en 1743, et se démit en 1745 pour obtenir l'abbaye de Bon-Port au diocèse d'Evreux, dont il jouit jusqu'en 1779.
N. de Guersans, vicaire général de Rennes, remplaça le précédent en qualité d'abbé commenda taire de Saint-Meen, au mois de juin 1745, et posséda cette abbaye jusqu'en 1764. Il était en même temps premier archidiacre et chanoine de Rennes.
N. de Mostuéjouls, sous-précepteur des enfants de France, succéda dans l'abbaye à M. de Guersansenl764; mais il s'en démit l'année suivante, et fut nommé à celle de Saint-Vincent de àenlis qu'il possédait encore en 1790. Il était, à cette dernière époque, premier aumônier de la comtesse de Provence, épouse de Louis XVIII.
N. Vendomois de Saint-Aubin, chanoine scolastique de Rennes, fut abbé de Saint-Meen depuis 1765 jusqu'en 1771.
N. Descognets, grand archidiacre, chanoine et vicaire général de Quimper, nommé en 1771, a été dernier abbé de Saint-Meen, et en 1790 la révolution le dépouilla de oe bénéfice.
Cette abbaye était située dans la paroisSè du même nom, diocèse de Léon, sur le bord de l'Océan, aux extrémités dé la Bretagne, ce qui l'a Cait nommer Saint-Manhiéu etSaint- Mahé fine-terre ou fine-poterne, et en bretoh San-Mazé fin ar bed, Les Saxons, les Normands et les Anglais l'ayant ravagée en différents temps» ont causé la perte de tous les monuments nécessaires pour constater son origine et la suite de ses abbés. Ainsi, nous dirons seulement qu'elle était fondée pour six religieux, que l'abbé jouissait d'un revenu annuel de trois mille cinq cents francs ; qu'on y envoyait autrefois comme en exil les religieux bénédictins de l'intérieur de la France, que leurs supérieurs voulaient punir, et que ce monastère n'est plus aujourd'hui qu'un monceau de ruines. Nous nous contenterons de marquer ici ce qui nous a part) plus vraisemblable sur cette matière. Les uns Croient quê cette église fut bâtie dans le ix° siècle pour recevoir* lè corps de l'apôtre saint Matthieu, qui avait été apporté d'Ethiopie en Bretagne par des marchands ; les autres lui donnent une plus haute origine, dont ils font honilêtir â saint Tanguy qui vivait dans le Vt* ou vit* Siècle 2.
Lé sentiment des premier* est appuyé sur les Chroniques de Nantes* de Quimperlé et du Mont-Saitit-Michel, qui mettent la translation du corps de saint Matthieu en Bretagne sons l'an 857 > au commencement du règne de Salomon. La Chronique de Saint-Maixent ajoute que ce saint corps fut transporté quarantehuit ans après en Italie pour le mettre a couvert de la fureur des Normands ? . Pierre Le Baud, qui avait vu ces Chroniques, n'a pas cru devoir s'y arrêter, et a placé la translation des reliques de
' Ahbatia Sêncti Mattktèi in finibus terrœ.
1 C'est ce dernier sentiment que nous avons suivi d'après D. Lobineau. Voyez saint Tanguy, Vies des saints de Bretagne, t. V*. « Chron* Malleacense ad annum 863.
saint Matthieu sous le règne de Salomon, IIe du nom, roi des Bretons Armoricains. Il cite pour son garant Paulin, évéque de Léon, qui a écrit l'histoire de cette translation, dont Henschenius déclare avoir vu un exemplaire dans l'abbaye de Vaucelle. Paulin ou Paulinien, évêque de Léon, vivait dans le xe siècle, et souscrivit la charte dressée vers Tan 950 pour le rétablissement de l'abbaye de Saint-Pèreen-ValIée. 11 rapporte que celte translation se fil sous le règne de Salomon, roi de Bretagne ; mais tout ce qu'il dit de ce Salomon ne convient nullement à celui qui régnait dans le ixe siècle, et dont il ne pouvait ignorer les actions, puisqu'il n'y avait que soixante ou soixante-dix ans qu'il était mort. Il faut donc chercher un autre prince du même nom, sous le règne duquel cette translation a été faite.
Paulin déclare que le roi Salomon fut tué par ses propres sujets dans une émeute populaire, que Flavius, patrice romain, son beau-père, en porta ses plaintes à Va* lentinien, et que cet empereur envoya une armée faire le dégât sur les terres des Armoricains pour les punir de leur sédition, et pour venger la mort du roi, qui était son allié. L'empereur Valentinien étant monté sur le trône ▼ers l'an 424, et Salomon étant mort en 454, il faut donc placer entre ces deux époques la translation du corps de saint Matthieu, qui fut déposé dans l'église de Saint-Paul de Léon, c'est-à-dire dans l'église où plus tard ce saint établit son siège en 5H ou 512. Ce trésor y fut conservé jusqu'au commencement du xe siècle, qu'il fut transporté en Italie, comme nous l'apprend l'auteur de la Chronique de Sa in t- Maixent1. Quelque Breton eut assez de crédit ou d'adresse pour obtenir dans le xn« siècle le chef de saint Matthieu, qui fut transporté en Bretagne et déposé dans le monastère qui portait son nom \
1 TeniporeSalomonis régis et ducis Cornuhiae corpus sancti Matthsei apostoli translatum est in urbem Legionensem et conditum est in ecclesiâ Sancti Pauli. Inde post 480 annos translatum est in Leucaniae partibus.
1 C'est ce que nous apprenons d'one charte datée de Tan 1206, et qui commence par ces mots :
* Hervseus de Leoniâ,qui primus dominorum Leonensium receptioni et venerationi SS. capitis B. Matthsei apostoli interfui, etc. »
440 L'ÉGLISB DE BRETAGNE.
L'abbaye de Saint-Matthieu n'était donc en possession du chef de son patron que depuis le xni® siècle : eîle subsistait longtemps avant que de recevoir ce dépôt ; il ne faut donc point attribuer son établissement à cette translation, mais à saint Tanguy» solitaire du vie ou vne siècle.
CATALOGUE HISTORIQUE DES ABBÉS
Siméon est nommé abbas Leonensis dans une charte de Redon datée du 25 août 870. Cela ne peut convenir qu'à un abbé de Saint-Matthieu ou à un abbé du monastère de Batz, bâti par saint Paul de Léon : mais on n'a aucune preuve que ce dernier ait subsisté jusqu'en 870.
Eudon, abbé de Saint-Matthieu, mourut le 25 mai, selon l'obituaire de Landevenec.
Tiritien mourut le 20 mai, selon le même obiluaire.
Curion mourut le 6 juin, suivant le même obituaire.
Daniel approuva en 1110 une association faite entre ses religieux et les habitants de la ville de Morlaix, où il y avait un prieuré dépendant de cette abbaye.
Pérbnnès obtint, le 10 juillet 1157, de Hervé, comte de Léon, l'affranchissement de tous les biens dépendants de son monastère.
Inisant mourut le 25 septembre, selon l'obituaire de Landevenec.
Hervé mourut le 11 décembre 1218, suivant le nécrologe de Quimperlé.
Rtvallon, fils de Haeluc, religieux de Quimperlé, succéda à Hervé, et mourut le 14 'janvier 1229, suivant le même nécrologe.
Yves de La Palue ou du Marais, de Palude, mourut le 9 mars, suivant l'obituaire de Landevenec, qui indique également le décès des trois abbés suivants.
Yves de La Palue, neveu ou parent du précédent, mourut le 12 juin.
Even mourut le 19 décembre.
Yves mourut le 22 juin 1315.
Guillaume tint, le lundi après la translation de saint Benoit en 4352, un chapitre général, dans lequel il fut réglé que les prieurs de Goelotforêt diraient à perpétuité trois messes par semaine pour les seigneurs de Léon, bienfaiteurs de ce prieuré et de l'abbaye de Saint-Mahé.
Philippe fit dresser le cartulaire de son abbaye en 1543. . Il reconnaît dans la préface de cet ouvrage que les comtes de Léon sont ses fondateurs et bienfaiteurs.
Guillaume, ditDoGAN, mourut le 15 septembre, suivant l'obituaire de Landevenec.
Even Glebeuf mourut le 30 juin, selon le même obituaire.
Jean, abbé de Saint-Matthieu, était trésorier général de Bretagne en 1408, et premier président de la Chambre des comptes en 1420.
Guillaume de Kerlec'h occupait le siège abbatial en 4430, suivant un acte de son monastère, et vivait encore en 1467. 11 fut commis par le duc en 1462 pour gouverner l'abbaye de Redon, à cause des infirmités de l'abbé Le Sénéchal, qui le rendaient incapable de toute administration. Les Anglais descendirent à Saint-Mahé la même année, et firent beaucoup de dégâts sur les biens de l'abbaye.
Jean Nouel succéda à l'abbé de Kerlec'h et mourut vers l'an 1486. Le pape nomma à sa place Antoine de Gras- «lis, évéque de Thuile, l'un de ses référendaires. Le duc, pour favoriser son confesseur, engagea Antoine à se démettre, et lui accorda, le 24 avril 1486, la permission de posséder en Bretagne des bénéfices jusqu'à la valeur de trois cents ducats..
Jean de La Forest, confesseur du duc François II, obtint l'abbaye en 4486 sur la démission d'Antoine de Gras- *it>, et mourut vers l'an 1487.
Jean Brunet, prieur d'Aindre, au diocèse de Nantes, était abbé en 1487, et mourut en 1515. .
Henri le Jacobin, docteur en théologie, obtint mainlevée des revenus de l'abbaye de Saint-Mahé, le 15 juin 1515.
44â L'ÉGLISE DE BRETAGNE*
Hamon Barbier, chanoine de Nantes et de Saint-Paul de Léon* recteur de plusieurs paroisses et conseiller au Parlement de Bretagne, archidiacre de Quiminidili dans l'église de Léon, obtint en 1535 les bulles de l'abbaye de Saint-Mahé, et les présenta à la Chambre des comptes. Frère Hervé de Kermeno lui disputa ce dernier bénéfice ; niais on ne voit pas à qui il fut enfin adjugé. Le temporel de l'abbaye fut saisi dans le mois de décembre 4545, à la requête du procureur général.
Claude Dodied, chanoine et archidiacre dans l'église de Rennes, vicaire général du même diocèse, fit serment de fidélité au roi pour l'abbaye de Saint-Matthieu en 1353. Il en était pourvu en 1552, etla possédait encore en 1571.
François de Kernechriou succéda, suivant quelques mémoires, à M. Dodieu ; mais on ne sait combien d'années il tint cette abbaye.
Côme de Roger, Florentin, conseiller et aumônier du roi, prieur de Saint-Nicolas de Josselin, fit serment de fidélité au roîpôur l'abbaye de Saint-Matthieu en 1607. Ses mœurs et ses discours impies l'ayant rendu suspect d'athéisme, il fut excltf par arrêt du nombre des abbés.
André de Liza succéda au précédent, et se démit en 1617.
Jean Roger de Foix fut pourvu en 1617 sur la démission du sieur de Liza, et vivait encore en 162S.
Louis de Jant ou de Jouhan succéda au précédent. .
N. L'àlat, originaire de Bordeaux, succéda au précédent ; il mourut fen 1633. .
Louis de Fumée, seigneur des Roches en Touraine, rendit aveu au roi, en 1654, pour le temporel de son abbaye, consentit à l'introduction de la réforme en 1655, et mourut dans son château des Roches-Saint -Quentin le 7 avril 1657.
Louis de Menou, originaire de Touraine, prit possession par procureur le 20 septembre 1658, et mourut en 1702.
Claude de Menou, frère du précédent et chanoine dé Loches, fut pourvu le 16 juillet 1702, et mourut le 24 no* vembre 1721, après avoir comblé son abbaye de ses bienfaits.
Léonor de Romigny, docteur et syndic de Sorbonne, chanoine de l'église de Paris et vicaire général, fut nommé à l'abbaye au mois d'octobre 1725; il mourut subitement le 4 août 1759 à l'âge de cinquante-neuf ans. Son zèle pour la conservation de la pureté de la foi en France lui attira la haine des Jansénistes.
Jean Louis Gouton de Vaudcrant fut nommé en 1739 à l'abbaye de Saint- Mahé et en 1745 à 1 evêché de Saint* Paul de Léon. Il se démit de son siège en 1765, et conserva son abbaye jusqu'en 4779, époque de sa mort.
N. de Robien, Breton d'origine, vicaire général d'Auxerre, succéda à M. Gouyon en 1780. La révolution le dépouilla de son abbaye en 1790.
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Cette abbaye, du nombre de celles qui ont vu près d'elles se former des villes, était située au confluent de l'Ouït et de la Vilaine, dans un lieu agréable, et où se trouve un petit port. L'établissement définitif de ce monastère date de l'an 852 : il était fondé pour vingt religieux, et l'abbé jouissait d'un revenu de douze mille francs. L'église, qui était très-belle, fut détruite en 1784 par un incendie qui épargna seulement le chœur. Elle a été depuis reconstruite, mais sur un plan beaucoup moins étendu que l'ancien, ce qui fait que le clocher est maintenant éloigné de la nef d'une distance de cinquante pieds. Cette église sert aujourd'hui de paroisse. La maison, vendue pendant la révolution et partagée entre plusieurs acquéreurs, a été en partie
1 Abbatia Sancti Salvatoris Rotoneruis.
444 l'église de Bretagne.
démolie ; ce qui en reste est devenu un petit collège. L'abbaye de Redon était immédiatement soumise au saint Siège.
CATALOGUE HISTORIQUE DES ABBÉS
Saint Convoion, diacre de l'église de Vannes, jeta les fondements de cette abbaye en 823. Il était né à Comblessac dans le même diocèse, et venait d'être élevé au sacerdoce par l'évéque Renier. Rempli de la grâce qu'il avait reçue, il se relira dans la forêt de Redon avec quelques personnages pleins de piété. Autorisé par Ratuili, seigneur du lieu, et par Nominoé, lieutenant de l'empereur Louis le Débonnaire, il bâiit quelques cellules et un oratoire qu'il dédia au Sauveur du monde. Un religieux de Saint-Maursur-Loire se joignit aux nouveaux habitants du désert, et leur apprit pendant deux ans à pratiquer la règle de saint Benoit. Le petit troupeau s'augmenta considérablement par la retraite de plusieurs hommes d'une naissance distinguée, et animés des plus pieux sentiments, qui se mirent sous la conduite de Convoion. Ce saint homme voyant que le Ciel avait approuvé son établissement, le fit confirmer par l'empereur Louis le Débonnaire, alors maître de la Bretagne, et de nombreuses donations ne tardèrent pas à enrichir son monastère Le clergé d'Angers lui donna le corps de saint Apothème, évéque de cette église 2 ; il obtint en 847, du pape Léon IV, le corps de saint Marcellin, pape et martyr : d'autres églises lui cédèrent les corps de saint Mettir, martyr, et de saint Benoît, ermite de Macerac. L'acquisition de ces trésors le consola beaucoup des persécutions que le démon lui avait suscitées dès le commence-
1 L'opinion de la fin prochaine du monde était alors si généralement répandue, que presque toutes les donations faites à cette époque à l'abbaye de Redon commencent par ces mots : MLundi termina appropinquante : « Le terme du monde approchant, etc. » On a accusé les religieux d'avoir propagé ces idées, afin de s'enrichir plus facilement par les donations; mais cette accusation est injuste; ils partageaient eux-mêmes cette opinion de la fin prochaine du monde, et qui était alors répandue dans presque tous les pays chrétiens.
9 Voyez ce que nous disons de ce fait historique, Vies des Saints de Bretagne, t. 2. On conserve encore à Redon une partie des reliques de saint Apothème-
ment de sa retraite, mais elle ne le mit pas à couvert de la fureur des Normands. Après avoir souffert plusieurs insultes de la part de ces barbares, il fut enfin obligé d'abandonner son monastère et de se retirer avec ses religieux au château de Plelan. La guerre se prolongeant, il bâtit dans ce lieu un nouveau monastère, et confia le soin de celui de Redon à Ritcand, son disciple. Dégagé d'une partie du gouvernement, il ne s'occupa plus que de Dieu, à qui il rendit son esprit le 5 janvier 868. Son corps fut inhumé a Plelan, d'où il fut transporté dans la suite à Redon.
Ritcand fut chargé de l'administration de Redon, tandis que saint Convoion terminait sa carrière à Plelan. Après la mort de ce saint homme, il obtint du roi Salomon que les abbés de Redon seraient élus par la communauté, conformément à la règle de saint Renoît. Salomon ne borna pas à ce privilège son attention pour le monastère de Redon : il lui soumit le monastère de Plelan en 869, et voulut que ce dernier fût appelé le monastère de Salomon. Il le combla encore de présents dignes de sa magnificence, entre autres des reliques de saint Maixent et de saint Léon, pape. Ritcand termina ses jours en 871.
Liosic fut élu, en 871, en vertu du privilège accordé par Salomon à son monastère. Il obtint de Gurvant, comte de Rennes, et de Pasquiten, comte de Vannes, la moitié de la seigneurie de Plechâtel; son prédécesseur avait été gratifié de l'autre moitié par le roi Salomon.
Roenvallon est indiqué comme abbé de Redon dans une donation faite à cette abbaye, par le comte Pasquiten le 19 juin 876.
Libère ou Livers, fils de Ratuili, premier bienfaiteur de l'abbaye, la gouverna depuis l'an 877 jusqu'en 888. Il assista au couronnement du duc Alain le Grand, fait en l'église d' Allaire, en 878, par Armengaud, évêque de Nantes. Après cette cérémonie, le duc donna à l'église de Saint- Sauveur de Redon le bourg d'Ardon dans l'île de Rhuis.
Fclchric succéda à Livers en 888. Ce fut de son temps que Quérak, fils du duc Alain le Grand, tomba malade au bourg d' Allaire. Le duc, sensiblement affligé du danger où
était son fils, le fit transporter a l'église de Saint-Sauveur de Redon, et le recommanda aux prières des religieux. Tandis qu'ils étaient en prières, une suenr abondante sortit du corps de l'enfant, ses douleurs se dissipèrent et il se trouva parfaitement guéri. Le duc, en reconnaissance de cette guérison, fit présent au Sauveur du monde de son domaine de Macerac, le 8 novembre 888.
Ritvald donna l'habit monastique à Retwalart, son frère.
Catluiant était contemporain de Gurmaillon, comie de Bretagne, et de Bili, évôque de Vannes, qui lui donna la paroisse de Guipré.
Adémar, frère de Haimon, vicomte de Poitou, était abbé de Redon, lorsque l'on rendit aux Poitevins le corps de saint Maixent, qu'ils avaient apporté en Bretagne pour le préserver de la fureur des Normands. Cette restitution fut faite en 924.
Bernard vivait sous le règne du duc Alain Barbelorte.
Héroic, médecin de profession, fut accusé, en 982, d'avoir empoisonné Guerech, comte de Nantes, pour favoriser Conan, comte de Rennes. Il n'y a pas de preuve que Héroic ait été abbé; il pouvait être religieux et médecin.
Thiradd succéda à Héroic avant l'an 992, et mourut au commencement du siècle suivant.
Mainard gouverna les abbayes de Redon et. du Mont- Saint-Michel, sous le règne du duc Geoffroi Tr. Ce prince lui donna l'île de Guadel ou de Belle-Ile, dont il confia l'administration à Catuallon, qui fut son successeur. Le duc Alain III affranchit à sa considération tous les biens de l'abbaye de Redon, et les exempta des rentes dont elles étaient redevables au domaine. Mais, quelque attachement qne Mainard eût pour une maison dans laquelle il s'était consacré au service de Dieu, il la quitta quelques mois avant sa mort, et se retira au Mont-Saint-Michel, où il acheva ses jours en 4009.
Catuallon, frère du duc Geoffroi Ie', et oncle du duc Alain, est nommé pour ces raisons abbé sérénissime dans une charte de son monastère. Il fut d'abord chargé de
ABBAYE DE SAIHT-SAUVECR DE REDON. 447
l'administration de l'île de Guadel, où il assembla plusieurs religieux pour célébrer les offices divins. La sagesse qu'il fit paraître dans le gouvernement de cette colonie, sa piété . et sa naissance le firent choisir pour remplir la place de l'abbé Mainard. Cette élection donna un grand relief à la communauté de Redon, et lui procura de grands biens pendant que Catuallon vécut. Judicaël, évêque de Vannes, son frère, lui rendit la juridiction épiscopale que Susan et Courantgen, ses prédécesseurs, avaient donnée à Redon, mais dont l'exercice avait été interrompu par les guerres des Normands. Il souscrivit la fondation de l'abbaye de Saint- Gildas-des-Bois en 1026, et fournit des religieux pour ce nouvel établissement. H fit la même chose en |029 pour le monastère que le comte Alain Cagnart fonda à Quimperlé. La Chronique de cette abbaye marque la mort de notre vénérable abbé sous l'an 1041, mais il y a apparence que cet auteur s'est trompé, puisque le pape Léon IX lui adressa une bulle vers l'an 1050. Il est probable qu'il se démit et qu'il ne mourut qu'en 1050. Le nécrologe du Roncerai en assigne le jour au 15 janvier.
Hogonnan ne nous est connu que par la Chronique de Quimperlé. Il ratifia l'association faite par Catuallon entre * son monastère et celui de Sainte-Croix de Quimperlé.
Perennes augmenta considérablement les revenus de son abbaye par les donations qu'il reçut. Josselin, fils de Guethenoc, vicomte de Porhoet, fonda de son # temps le prieuré de Sainte-Croix de Josseliu; Raoul, seigneur de Montautour, lui donna la terre de ce nom en 1047, et Harscoët, seigneur de Rais, fonda l'abbaye de La Chaume qu'il soumit à celle de Redon. Ce fut aussi sous le même règne que furent fondés les prieurés de Her et de Notre- Dame de Paimbœuf ; le premier, par Kodulphe, seigneur du Pèlerin; et le second, par Glevian, prince de Bécon. Perennès mourut le 21 mai 1060, suivant les nécrologes de Quimperlé et de Landevenec.
Almob marcha sur les traces de ses prédécesseurs et en reçut la récompense dès son vivant. 11 fit confirmer en 1062, par Quiriace, évêque de Nantes, toutes les donations
448 l'église db Bretagne.
faites à son abbaye dans ce diocèse : mais il se brouilla dans la suite avec ce prélat pour les immunités de son église. . Quiriace fît tous ses efforts pour les anéantir, et Almod ne négligea rien pour soutenir les droits de sa maison. N'ayant pu en venir à bout, il porta ses plaintes contre le prélat, à Étienne Corticole, légat du saint Siège en France. Étienne se transporta à Nantes dans l'espérance de pacifier les troubles ; mais il n'y réussit pas. Il évoqua l'affaire à Rome : elle y fut examinée, en 1075, en présence du pape, du légat Corticole, de plusieurs archevêques, évêques et abbés. Parmi ces derniers se trouvait Almod, abbé de Redon. Ce dernier sut si bien plaider sa cause, qu'il fit déposer Quiriace de son siège. Quiriace, ayant appris cette nouvelle, céda au jugement, et sa soumission lui valut son rétablissement. On ignore l'année et le jour de la mort de l'abbé Almod.
, Bili gouvernait l'abbaye en 1084. Les seigneurs de Cbâteaubourg lui donnèrent cette même année- la dîme de leurs moulins. Sa mort est marquée au 28 octobre dans le nécrologe de Landevenec.
Robert est indiqué comme abbé de Redon dans des actes datés de 1086 et 1091. Il eut un grand différend avec les chapelains du duc Alain Fergent, qui* prétendaient officier dans son église et avoir les offrandes des fidèles, lorsque le duc était présent ; mais ils furent déboutés de leurs prétentions par sentence des évêques de Rennes et de Vannes, à qui le duc avait déféré la décision de cette affaire.
Justin assista en 1092 aux obsèques d'Emme de Léon, •vicomtesse de Porhoet, faites dans l'église de Sainte-Croix «de Josselin par Morvan, évêque de Vannes. L'année suivante, il régla avec le même prélat l'exercice de la juridiction épiscopale qu'il avait sur ses vassaux. Il reçut en 1100 la fondation du prieuré de Frossai, diocèse de Nantes, fuite par un clerc nommé Urvod, qui embrassa l'état religieux; et en 1101 celle du prieuré de Loheac. Ce dernier fat fondé par Gautier, seigneur de Loheac, en l'honneur d'une portion de la vraie croix qui lui fut apportée de la Terre-Sainte par Simon de Ludron. Pour conserver ce précieux instrument de notre rédemption, Gautier fit bâtir
Une église qui fut. consacrée le 29 juin 1101 par Judicaël, évêque de Saint-Malo. La consécration finie, Judicaël transporta solennellement le reliquaire dans la Nouvelle église. Guillaume, abbé de Saint-Meen, le fameux Robert d'Àrbrissel, avec ses compagnons et une foule de peuple, assistèrent à cette pieuse cérémonie. Gautier dota ensuite son église de revenus convenables pour l'entretien des religieux qui la desserviraient. L'abbé Justin, qui fut un des principaux promoteurs de cette fondation, souscrivit en 1105 à celle des chanoines réguliers de Saint-Médard de Doulon. On ne sait pas Tannée de sa mort.
Gautier fut assez heureux pour gagner les bonnes grâces du duc Alain Fergent, et pour faire exempter ses vassaux d'Avezac, de Marsac et de Macerac des contributions et des corvées que ce prince exigeait dans le pays pour la construction du château de Blain. Les lettres qu'il obtint à cet effet sont datées de l'an 1108. Il mourut le 10 novembre, •suivant le nécrologe de Lande venec.
Hervé eut la satisfaction de recevoir à la pénitence celui qui depuis longtemps était le persécuteur de son abbaye. Ce fut le duc Alain Fergent, qui avait beaucoup vexé les vassaux de Redon, pour la construction du château de Blain. Touché de Dieu, il se démit de ses Etats en 1112, et se retira au monastère de Redon, où il termina ses jours en 1119. Dès les premiers jours de sa conversion, il répara le tort qu'il avait fait à quelques vassaux de l'abbaye, en les exemptant de tailles qu'il leur avait imposées. Soutenu de la protection de ce prince, Hervé prit possession en H17 de l'île de Guadel, qui avait été donnée à son monastère par le duc Geoffroi, mais que le comte Alain Cagnart avait revendiquée comme une portion de son patrimoine, et cédée aux religieux de Quimperlé, Ces derniers ne se sentant pas assez forts pour résister à un si puissant adversaire, portèrent leur plainte à Gérard, évêque d'Angoulême et légat du saint Siège en France. Gérard condamna l'abbé de Redon à rendre dans un mois ce qu'il avait pYis injustement, sous peine d'interdit et d'excommunication. L'abbé, n'ayant point exécuté la sentence, subit les censures
qui y étaient portées. On ne sait pas ce qu'il fil pour mériter l'absolution; mais il ne renonça pas entièrement à ses prétentions sur Belle-Ile, comme on le verra'dans la suite. Il rendit en 1119 les derniers devoirs au duc Alain Fergent, qui fut inhumé dans son église par Baldric, archevêque de Dol, assisté de Marbode,évêque de Rennes,de Brice, évêque de Nantes, de Jacques, évéque de Léon, et autres prélats. Après la mort d'Alain Fergent, Olivier de Poniehâteau,Savari, vicomte de Donges, et plusieurs autres seigneurs de leurs amis, fireut le dégât sur les terres de l'abbaye de Redon, enlevèrent ses vassaux et les rançonnèrent. L'abbé en porta ses plaintes au ducConan III, qui ne larda pas à venir à son secours. Les seigneurs, avertis de la marche du duc, s'enfermèrent dans l'église de Redon. Le duc les força dans leur retraite, et fil enfermer dans la tour de Nantes les chefs de ce brigandage avec quelques-uns de leurs complices. Pour réparer les profanations commises dans le sanctuaire, l'abbé Hervé fit le voyage de Rome en 1126, et présenta au pape une lettre du duc qui priait Sa Sainteté de remédier aux désordres qui régnaient en Bretagne, surtout dans le territoire de Redon soumis au saint Siège. Le pape donna commission à Gérard, évêque d'Angoulême, son légat, et à Hildebert, archevêque de Tours, d'assembler un concile en Bretagne, et d'exciter les évêques à se servir de touie l'autoriié de leur ministère contre les usurpateurs des biens ecclésiastiques. Il permit aussi à l'abbé Hervé de faire réconcilier son église par tel prélat que bon lui semblerait.
L'abbé, étant de retour à son monastère, disposa toutes choses pour la réconciliation de son église. Elle fut faite le 23 octobre 11^7, jour de la première dédicace, par Hildebert, archevêque de Tours, assisté de Gui, évêque du Mans, de Hamelin, évêque de Rennes, de Donoal, évêque d'Aleth, de Galon, évêque de Léon, de Robert, évêque d^ Quimper, et de plusieurs abbés et seigneurs. Le lendemain, Olivier de Pontchâteau, que le duc avait mis en liberté, offrit au Sauveur du monde et à son église de Redon la terre de BallaC. La prison ne l'avait point rendu plus sage et ses inclinations étaient toujours les mêmes. Sollicité
par ses amis qui aimaient le désordre, il ravagea encore les terres de l'abbaye en 1131, et consomma en débauches tout son butin. Les religieux le citèrent en justice et obtinrent une sentence contre lui ; mais il s'en moqua. Insensible à toutes les remontrances, il fut excommunié par Brice, évêque de Nantes. Ce dernier coup l'étonna et le réduisit à la raison. Pour réparer les dommages qu'il avait faits à l'abbaye, il lui donna la terre de Brengoen. On ne sait pas l'année de la mort de Hervé, sous l'administration duquel ces événements arrivèrent ; mais il vivait encore en J153.
Guillaume tenait le siège abbatial en 1140, suivant une transaction passée entre quelques-uns de ses religieux et les seigneurs d'Ar maillé.
Yves *, prieur claustral de Redon, succéda à l'abbé Guillaume et jugea, l'an 1144, le différend qu'Alfred Du Valarblez et ses partisans avaient avec Hervé de Sion. U obtint du pape Eugène IV, en 1147, la confirmation de tous les privilèges de son monastère. En 1148 il rendit les derniers devoirs à la duchesse Hermengarde, et l'enterra h côté du duc Alain Fergent, son époux. On croit qu'il vécut jusqu'en 1158.
Silvestre souscrivit à la donation du droit de bouteillage dans le port de Vannes, faite l'an 1164 aux Bénédictins de Saint-Martin de Josselin par Eudon, comte de Porhoët, et
Alain, vicomte de Rohan, son cousin. 11 mourut en 1169,
selon les Mémoires de Du Paz.
Vivien souscrivit à une transaction passée en 1187 entre Pierre, évêque de Saint-Malo, et les religieux de Marmoritier, touchant les églises que ces derniers possédaient dans le diocèse de Saint-Malo.
Après la niort de Vivien, la communauté s'assembla et élu,t le sujet qui lui parut le plus propre pour la gouverner. L'élu alla trouver Guethenoc, évêque de Vannes, pour lui Demander la bénédiction; mais Guethenoc ne voulut point la lui donner, à moins qu'il ne lui fit serment de fidé-
H Martène, 1. 1*, Aneedot , p. 403.
lité et d'obéissance. L'élu refusa de faire ce 'serment et se démit de son droit. La communauté, assemblée une seconde fois, élut Jean qui, n'ayant pu gagner l'évêque, se pourvut à Rome. Le pape Innocent 111, sans annuler ni approuver l'élection, ordonna que les parties mettraient leurs raisons par écrit et produiraient leurs titres. Cette ordonnance était juste ; mais elle ne pouvait s'exécuter sans des dépenses considérables. Pour les éviter, les parties choisirent pour arbitres de leur différend Geoffroi, évéque de Nantes, et Pierre, évôque de Saint-Brieuc. Les arbitres, après avoir examiné les raisons alléguées de part et d'autre, reconnurent en 1208 que l'abbaye était soumise au saint Siège, et néanmoins ils accordèrent à l'évêque de Vannes la juridiction sur six paroisses qui en dépendaient. Cette sentence fut confirmée par le pape Innocent III en 1210; mais la paix qu'elle produisit ne fut pas de longue durée.
Guethenoc suscita un nouveau procès au monastère par rapport aux amendes qui appartiennent au for ecclésiastique. Cette affaire ayant été portée à Rome, le pape Honoré III commit l'évêque de Saint-Brieuc et l'archidiacre de Rennes pour la terminer. La sentence rendue par ces deux commissaires adjuge au monastère la troisième partie des amendes dont il avait joui jusqu'alors. Ces chicanes terminées, le duc Pierre Mauclerc en suscita de plus funestes à l'abbaye. Résolu de renverser tout ce qu'on appelle droits, privilèges et immunités ecclésiastiques, il s'empara non-seulement des droits de l'abbaye de Redon, mais encore de ses revenus. Insatiable de biens, il traita de la même manière presque toutes les églises du pays. Le clergé de Bretagne en porta ses plaintes au pape, qui excommunia Mauclerc, et mit tout son duché en interdit. Ce jugement ne servit qu'à irriter Mauclerc et à exciter son avidité. Maître des droits ecclésiastiques, il chercha à s'emparer de ceux de ses barons. Ces derniers, soutenus de l'autorité du roi saint Louis, forcèrent Mauclerc en 1137 à remettre le duché à Jean de Bretagne, son fils. Pour réparer le mal qu'il avait fait, il prit la croix et fit le voyage de la Terre-Sainte.
Au milieu de tous ces désordres, Cadioc, évêque de Vannes, renouvela toutes les chicanes que Guethenoc son prédécesseur avait faites à l'abbaye de Redon ; mais obligé de défendre les droits de son église contre le duc, il fit une trêve de quinze ans avec l'abbé et les religieux. Le traité fut passé au pays de Rais en 1437. Le nouveau duc était d'un caractère plus doux et plus modéré que son père; mais il n'était pas moins adroit a augmenter ses revenus. Ce qu'il ne croyait pas pouvoir faire par lui-même, il le faisait exécuter par d'autres, qu'il lui était libre de désavouer. Ses officiers pillèrent encore le monastère de Redon, enlevèrent les ornements de l'église, s'emparèrent d'une partie de ses revenus, et obligèrent les religieux à abandonner leur maison. On ne sait pas quel fut le lieu de leur retraite, mais ils étaient encore fugitifs en 1253. Le pape Innocent IV leur écrivit, cette même année, une lettre dans laquelle il déolare qu'on ne peut les forcer pendant leur exil à pourvoir aucune des églises ou aucun des bénéfices qui dépendent de leur abbaye. Enfin, la tranquillité ayant été rétablie en 1256 par l'intervention du pape Alexandre IV, les religieux fugitifs retournèrent à leur maison, et s'appliquèrent à réparer les pertes qu'ils avaient faites.
Le monastère de Redon se trouva dans une si grande désolation, qu'il fallut le rebâtir entièrement, les anciens bâtiments n'étant pas en état d'être réparés. Les religieux en vinrent à bout avec le secours des maisons qui leur étaient associées, des aumônes des fidèles, des restitutions que la crainte des censures leur procura, et par la libéralité de la comtesse Agnès, qui leur fit présent, entre autres choses, d'un crucifix d'argent, qui est peut-être le même que l'on voyait encore au maître-autel dans le xvme siècle.
Les titres de l'abbaye ne nous fournissent que le nom d'un abbé depuis l'an 1187 jusqu'en 1288. Pour suppléer à ce défaut, nous insérerons ici les noms de quelques abbés qui se trouvent dans le nécrologe de la maison. Il serait à souhaiter que l'auteur de cet ouvrage eût marqué l'année de leur mort : mais il est tombé dans une faute ordinaire à
tous les compositeurs de martyrologes, de nécrologes et (l'obi tua ires.
Jean souscrivit en 1210 à un acte de restitution faite à l'abbaye de Blanche-Couronne par Eudon, seigneur de Pont château. Il y a apparence que c'est le même qui eut tant de différends avec Guethenoc, évêque de Vannes, pour l'exemption de son abbaye.
Daniel mourut le 11 septembre, suivant ïobituaire de son abbaye.
Henri nte Rigoer mourut dans le mois d'octobre, selon le même obituaire.
Robert Bisêl mourut au mois de mars, suivant le même obituaire.
Jean bé Guipri transigea en 1288 avec Guillaume, sire de Rierix, pour les réparations d'une porte de la ville de Redon, appelée la porte Redonnaise. Il mourut le 12 février 1307, et fat inhumé dans son église avec une épitaphe i.
Olivier dk Rf.rno fit un nouveau traité en 1552 avec Vevêqué de Vannes, qui exempta de la juridiction épiscôpale les maisons priorâles. les religieux et les dome>tiques qui y habitaient ; mais les églises paroissiales dépendantes des prieurés furent exceptées de cette exemption, et soumises au prélat. Ce traité fût approuvé la même année |)ar Etienne, archevêque de Tours.
Jean de Tréal tint le siège abbatial depuis i34Ô jusqu'en 1370, suivant les catalogues anciens et modernes. Dès le commencement de son administration il eut le chagrin de voir mourir le duc iean III, qui ne laissa point d'enfants. Le duché devint la proie de Charles de Blois et de Jean de Bretagne, comte <Je Montfort, qui se firent la guerre pendant plus de vingt ans. L'abbé prit le parti de Charles, qui lui parut avoir lé meilleur droit. Cette dë-
1 Voici cette épita^be :
Mille datis annis centuni ter et tara Joannis
Funere patron! pleb» dolult Rotoni.
Simplex, pacifleus, humilia, facundus, honeatua,
Justus, munincus, mitis, boDoriûcua.
marche fut la source des maux qu'il eut à souffrir pendant toute la guerre; il eut le malheur d'être fait prisonnier, et de voir toutes ses fermes détruites. Mis en liberté par le paiement d'une somme considérable, il fit fortifier sa ville par des murs et des fossés, et la tint jns(ju' à la bataille d'Aurai. Après cette journée, le vainqueur se présenta devant les places qui avaient tenu le parti de son concurrent. L'abbé de Redon n'attendit pas l'arrivée de Jean de Montfort ; il le prévint avec lès principaux de la ville, et ils conclurent ênsemble un traité par lequel le duc s'engagea à maintenir les droits de l'abbaye, consentit à l'élargissement des otages que l'abbé avait donnés pour sa rançon, et lui céda la nomination du capitaine de la ville, droit dont les abbés ont joui jusqu'à l'établissement des commendes. Après ce traité conclu en 4364, le duc entra victorieux dans Redon. L'abbé se trouva l'année suivante à Guerrande, où il signa le traité de paix fait entre le duc et les procureurs de la comtesse de Penthièvre. Il mourut dans le mois de mars 1580.
Matthieu Le Bar gouvernait le monastère en 1570, selon les catalogues, et mourut en 1580.
Guillaume de Treriguet, abbé deQuimperlé, fut transféré à Redon en 1584. Son élection fut notifiée au duc par Jean Treal, à qui les religieux avaient donné leur procuralion pour faire cette notification, il prit le parti du roi de France contre le duc : mais il obtint des lettres d'abolition en 1582. Son nom se trouve dans les souscriptions du douaire accordé en 1587 à la duchesse Jeanne de Navarre, et dans le rôle des abbés qui assistèrent aux Etats de Nantes en 1589.
Raoul de Pontbrient, abbé de Redon, fit serment de fidélité au duc en 1396, et obtint une sanvegarde pour son abbaye.
Jean de Pontrrient est nommé entre les personnes qui assistèrent à* la cérémonie de l'hommage rendu le 7 janvier 1404 au roi Charles VI, par Jean V, duc de Bretagne.
Raoul de Pontbrient consentit en 1419 au mariage de jean d'Âcighé, seigneur de Lande, son allié, avec demoiselle
Catherine de Malestroit. Il obtint en 1421, du duc Jean V, que la fabrique des monnaies établie à Redon ne porterait aucun préjudice à l'abbaye. Sa mort arriva le 18 décembre 1422.
Guillaume Bodart obtint en 1427, du duc Jean Y, la sortie de tous les monnayeurs et banquiers établis à Redon, à cause du tort qu'ils causaient à l'abbaye. Il mourut en 1428.
Guillaume Chesnel obtint ses bulles du pape Martin V en 1429, et rendit aveu au duc, le 12 janvier 1452, pour tous les biens que son abbaye tenait sous le ressort de Ploermel. On lui attribue l'honneur d'avoir fait construire en pierre le pont de Redon, qui n'était anciennement que de bois; il obtint pour cet effet la permission de lever quelques droits sur les vins et les denrées qui entraient dans la ville. Son décès arriva en 1459, suivant les catalogues.
Jean de Sesmaisons obtint ses bulles du pape Eugène 1Y en 1459. D'autres veulent que ce soit Jean Du Tertre, concurrent d'Yves Le Sénéchal; mais les catalogues ne font aucune mention de Jean Du Tertre, et mettent Jean de Sesmaisons au nombre des abbés.
Yves Le Sénéchal, fils d'Even, seigneur de Rercado, et de Jeanne La Yache, fut élu en 1440, et son élection fut confirmée par le concile de Bâle, qui n'était pas encore terminé. Le pape Eugène IV, ignorant ce qui s'était passé dans le concile, nomma à l'abbaye de Redon Jean Du Tertre, religieux de la môme maison, et écrivit au duc en sa faveur. Le duc n'agréa point la nomination de Jean Du Tertre et s'en tint à ce qui avait été fait par le concile. Le pape, n'ayant pu rien gagner sur l'esprit du duc, consentit qu'Yves Le Sénéchal demeurât en place, à condition néanmoins qu'il renoncerait à l'obéissance du concile de Bâle, et qu'il dédommagerait Jean Du Tertre de ses frais. Ce fut à ces conditions qu'Yves Le Sénéchal prit possession de son abbaye. Pour le récompenser de sa soumission, le pape lui accorda le pouvoir de bénir les ornements des églises, et de réconcilier celles qui auraient été profanées Après avoir donné au saint Siège des preuves de sa soumission, le nou-
vel abbé mit la dernière main au pont de la ville, qui avait été commencé par son prédécesseur, fit construire une chapelle en l'honneur de la sainte Vierge, et augmenta les édifices de son monastère. Son attention au gouvernement de sa maison lui mérita l'estime du duc François Ier, qui demanda au pape Nicolas V l'érection de l'abbaye en évêché. Le pape lui accorda sa demande en 1449, à condition que l'église de Redon serait toujours desservie par des religieux profès de l'ordre de Saint-Benoit,et que l'évêque serait tiré du même ordre. Mais cette érection n'eut pas lieu, et fut arrêtée tant par la mort du duc François Ier que par l'opposition des évêques voisins. Yves Le Sénéchal continua ses premières fonctions, et vieillit à la tête de sa communauté. Devenu infirme et incapable d'agir, il se déchargea des affaires temporelles sur Jean Le Sénéchal, son parent. Ce dernier abusa de l'autorité qui lui avait été confiée, et s'attira une disgrâce par sa mauvaise conduite. Les religieux, mécontents de son administration, #en portèrent leurs plaintes au duc, qui en 1462 réduisit l'abbé à une pension de six cents livres, et commit, par ses lettres du 20 juillet, l'abbé de Saint-Matthieu pour administrer le temporel de Redon.
Soit par mécontentement ou par imbécillité, Yves Le Sénéchal se démit en 1463 de son abbaye en faveur d'Art tir de Montauban, qui de Tordre des Célestins était passé dans celui de Saint-Benoît. Le duc, informé de cette disposition, s'opposa à la prise de possession d'Artur, et rompit toutes les mesures qu'il avait prises pour s'établir en Bretagne. Le titre d'abbé demeura à Yves Le Sénéchal, qui cessa de vivre le 3 janvier 1467. Il fut inhumé dans la chapelle de Bonne-Nouvelle, qu'il avait fait construire, et où Ton voyait son tombeau avec son épitaphe \
Alain de Coetivy, d'une famille noble et distinguée de Bretagne, dernier évêque d'Avignon avant l'érection de ce siège en archevêché, évêque commendataire de Dol, prieur
« Voici cette épitaphe :
Hit jacet venerabilis Dominas Yvo Le Senechal, abbas insignis hujus monasterii, qui hanc aedifleavit capellam, aliaque malta reœdiûcavit sedincia. Tandem post raulta valdè laudabiiia et laude digna moritnr die 3 januarii anno 1467. Anima ejus requiescat in pace. Amen.
de Béré et cardinal du titre de sainte Praxèd«% obtint Kab- Laye de Redon en 1468, et mourut a Rdme le 22 juillet 1474, étant évêque de Savine.
Odet de La Rivière fut élu en 1474 et obtint la même année ses bulles du pape Sixte [Y. Le cardinal de Foix lui confia le soin du diocèse de Vannes, dont il était évéque. 11 obtint en 1486, du duc François II, la permission de visiter tous les prieurés réguliers dépendant de son abbayè. Après la mort de ce prince, il céda à la duchesse Anne le magnifique calice d'or que l'on conservait depuis longtemps dans son église, et qui pesait quinze marcs huit onces. La duchesse lui donna en reconnaissance un autre calice d'argent, pesant trente marcs, et cent livres de rente sur son domaine;. Il fit confirmer, en 1491, tous les privilèges de son abbaye, et mourut le 7 octobre de l'année suivante. Son tombeau était dans la chapelle de Notre-Dame-Du- Puy.
Guillaume Gueguen, évoque de Mirepoix1, obtint l'abbaye en commende en 1492. Il fut transféré à Nantes en 1500, et mourut le 29 novembre 1506.
Antoine de Grignaux, évêque de TrégUier et abbé commendataire de Redon, mourut en 1505, suivant Padioleau; mais cet Auteur se trompé au moins pour le nom, car Antoine de Grignaux ne hïo unit que plus de trente ans après. Il avait un frère nommé Jean, qui pouvait avoir élé pourvu de l'abbaye sur la démission de Guillaume Gueguen, et être mort en 1505.
Pierre de Rrignac, religieux de Redon et abbé de Saint- Gildas de Ruis, fut élu eu 1505, et obtintses bulles du papie Jules II. En 1506 le roi lui donna mainlevée du temporel le il février 1507. II mourut en 1514, et la saisie fut mise sur l'abbaye le 18 juin.
Louis de Roussy, cardinal du titre de saint Clément; succéda à Pierre de Rrignac, et vivait encore en 1520.
' C'est par erreur qu'il est indiqué ici comme évêque de Mirepoix: Il n'occupa jamais ce siège ; aussi les savants auteurs du treizième volume du nouveau Gallia ckristiana, publié en I78ô, le passent-ils entièrement sous Mlence dans leur catalogue des évèquea de Mirepoix.
Clément Champion, valet de chambre ordinaire dii rot François Tr, obtint du pape Clément VU les bulles de l'abbaye de Redon, et la permission de les mettre à exécution le 20 novembre 1524.
Jean Salviati, Ois de Jacques Salviaii et de Lucrèce de Médicis, sœur du pape Léon X, naquit à Florence le 24 mars 1490, et fut fait cardinal le l«r juillet 1517. Envoyé nonce en France en 1527, il y fut pourvu de l'évéché de Saint-Papoul et de l'abbaye de Redon. Le roi lui permit, le 14 mai 1528, de mettre à exécution les bulles qu'il avait obtenues pour ce dernier bénéfice. Les abus qui s'étaient glissés dans le monastère depuis l'introduction des commendes, l'obligèrent de travailler à les réformer. Le mandement qu'il obtint en 1541 pour cette opération prouve qu'il y trouva beaucoup d'opposition de la part des religieux. II mourut d'une attaque d'apoplexie à ftnvehne le !28 octobre 1553.
Bernard Salviati, frère de Jean, chevalier de Malte, grand prieur de Rome et amiral de son ordre, embrassa l'état ecclésiastique et fut pourvu en 1549 de l'évéché de Saint-Papoul vacant par la démission de son frère. Il y à apparence qu'il obtint du même l'abbaye de Redon pour laquelle il fit serment de fidélité au roi le 10 janvier 1587. La reine Catherine de Médicis le choisit pour sbn grand aumônier, et lui procura le chapeau de cardinal en 1561. Il mourut à Rome le 6 mai 1568, et fut enterré dâns l'église de Sainte-Marie de La Minerve.
Paul-Hecior Scotti, Italien, fit serméht de fidélité au roi pour l'abbaye de Redon en 1575. Il embrassa le parti de la Ligue et du duc de Mercœur, qui en était chef en Bretagpe.Le roi, pour le punir, fit saisir son temporel en 1591, et donna au sieur de La Tiolaie les deux tiers des revenus de Brains et de Langan. Cet abbé mourut en 1596, et tous ses effets furent déclarés appartenir au roi par déférence. Le roi en gratifia le sieur de Lignerie-Saint-Luc.
Artur d'Espinay, fils de François, seigneur de Saint- Luc, chevalier de l'ordre du roi^grand-maitre de l'artillerie de
* Gall. *hrist., t. 1".
France, et de Jeanne de Cossé, fut nommé à l'abbaye de . Redon en 1600, et fit serment de fidélité au roi le 26 avril. Il fit rebâtir la maison abbatiale, et introduisit dans le monastère les Pères de la Société réformée de Bretagne. Il assista aux Etats généraux assemblés à Paris en 1644 en qualité de député du clergé de Bretagne, et fit serment de fidélité au roi en 1618 pour les abbayes de Redon et de Rillé. Le roi le nomma quelques mois après à 1 evêché de Marseille, et le fit* commandeur de ses ordres. Il mourut en 1618 sans avoir été sacré.
Armand-Jean De Plessis, cardinal, duc de Richelieu, premier ministre du royaume sous le règne de Louis XIII, fit serment de fidélité au roi pour l'abbaye de Redon en 1622. Il introduisit en 1628 les Bénédictins de la congrégation de Saint-Maur dans son abbaye, et leur aida à rebâtir les lieux réguliers, qui tombaient en ruines. Il termina ses jours le 4 décembre 1642, et fut inhumé dans l'église de Sorbonne, qu'il avait fait construire.
César de Choiseul Du Plessis-Praslin, chevalier de Malte, fils de César, maréchal de France, et de Colombe de Charron, première dame d'honneur de la duchesse d'Orléans, tint l'abbaye depuis 1643 jusqu'en 1648, qu'il fut tué à la bataille de Trancheron.
Alexandre de Choiseul, frère du précédent, fut pourvu en 1648, et quitta l'état ecclésiastique en 1652 pour suivre la profession des armes.
Auguste de Choisetjl*, frère des deux précédents, fut pourvu en 1652, et se démit en 1681 pour soutenir sa maison dont il était devenu héritier.
Emmanuel-Théodose de La Tour d'Auvergne prit possession de l'abbaye en 1681 . Le prince de Turenne, son frère aîné, étant mort en 1692, il renonça à l'état ecclésiastique et se maria en 1696.
Henri-Oswald de La Tour d'Auvergne fut nommé à l'abbaye de Redon en 1692, sacré archevêque de Vienne
» Le registre des États tenus en 1669 le nomme Antoine et lui donne la qualité de chevalier de Malte.
ABBAYE DE S ÀIHT-S AUVEUR DE REDON. 461
le 40 mai 1722 ,et fait cardinal en 1737. Il assista à l'élection du pape Benoît XIV en 1740, se démit de son archevêché en 1745, et mourut à Paris le 23 avril 1747, à l'âge de soixante-seize ans ; il était abbé supérieur de Cluny, grand prévôt de l'église cathédrale de Strasbourg, et possédait quatre abbayes avec celle de Redon.
Henri-Louis-René Desnos fut nommé à l'abbaye de Redon le 27 mai 1747, étant alors vicaire général de Saint- Brieuc. Il devint évêque de Rennes en 1761, puis de Verdun en 1770. 11 conserva son abbaye jusqu'au moment où la révolution l'en dépouilla, et mourut en exil dans le courant de l'année 1793.
ABBAYE DE SAINT-GILDAS-DES-BOIS i.
Ce monastère, qui a donné son nom à la paroisse du diocèse de Nantes dans laquelle il était situé, fut fondé pour huit religieux en 1026 par Simon, seigneur de La Roche- Bernard, en l'honneur de Dieu et de saint Gildas abbé, dans un lieu nommé Lampridic. Alain III, duc de Bretagne, Matthias, comte de Nantes, Varin, évéque de Rennes, et Gautier, évéque de Nantes, approuvèrent cette fondation. Catuallon, abbé de Redon, fournit des religieux pour peupler le nouveau monastère. Son abbé possédait un revenu annuel de trois mille cinq cents francs. 11 avait le droit d'of~ ficieravec les ornements pontificaux. Les bâtiments de cette abbaye, après avoir été vendus plusieurs fois pendant la révolution, sont devenus en 1828 la propriété des Soeurs de l'instruction chrétienne qui les occupent aujourd'hui. L'église, bien conservée, est affectée au service de la paroisse.
1 Abbutia Sancti Gildasii dt Nemore.
CATALOGUE HISTORIQUE DES ABBÉS
Helogon fut le premier abbé de Saini-Gildas.
Rodald ou Rozaud succéda à Helogon, et vivait encore en 1095. On ignore l'année de sa mort ; mais le jour en est marqué au 27 mai dans le nécrologe de Landevenec.
Main donna l'habit monastique à Bernard, seigneur de La Roche-Bernard, réduit à l'extrémité.
Simon souscrivit une charte de l'abbaye de Redon, datée de 1126. 11 assista l'année suivante à la réconciliation de cette église, faite par Hildebert, archevêque de Tours, et la consécration de la chapelle des infirmes, faite par le même prélat en 1133.
Hervé obtint l'église de Missillac de Bernard, évêque de Nantes.
Toal souscrivit une donation faite vers l'an 1160 au monastère de Redon par Eudon, seigneur de Pontchâteau, en présence (Je Bernard, évêque de INantes, et de Rouaud, évêque de Vannes.
Gestin vivait sous l'épiscopat de Robert, évêque de Nantes, qui fut élu le 25 décembre 1170, et mourut en 1183. Cet abbé obtint en 1186 une bulle du pape Alexandre 111 qui prenait le monastère de Saint-Gildas sous sa protection.
M., que quelques-uns veulent être Morvan ou Meen, vivait du temps de Geoffroi, évêque de Nantes, c'est-àdire vers l'an 1200.
V., c'est-à-dire Guillaume ou Vincent, transigea en 1217 avec Hervé, seigneur de Blain, pour le champ du cimetière que ce seigneur et ses lïèies disputaient à son monastère. Ii vivait encore en 122.).
Jean transigea en 1251 avec Eudon, seigneur de Pontchâteau, pour la juridiction de son abbaye, et céda en 1254 aux religieux de Lanvaux la chapelle de Saint-Nicolas et de Saint-Gildas de Pleguinin.