ABBAYE DE SAINT-GILBAS-BES-BOIS
Pierre Troussier vivait en 1333.
Hervé Du Port reçut en 1364 deux cents florins d'or de demoiselle Jeanne de Dinan pour la fondation d'une messe par semaine dans son église.
Guillaume fut, en 1393, recommandé à Jean IV, duc de Bretagne, par Clément VII, pape d'Avignon.
Hervé be Beaubois était abbé en 4424 et 1446, selon quelques actes de son monastère;
Guillaume d'Estouteville, archevêque de Rouen et cardinal de l'Eglise romaine, tenait l'abbaye en commende en 1456. 11 y a apparence qu'il se démit, en 1462, en faveur du suivant.
Jean Le Sénéchal prit possession de l'ubbaye en 1462 sans la participation et l'agrément du duc. Ce prince, ayant su sa démarche, donna commission le 3 août 1462 à Olivier Du Breil, son procureur général, et à Jean Blanchet, son procureur à Nantes, de se transporter à Saint-Gildas, de procéder contre Jean Le Sénéchal, et de le conduire dans les prisons de Nantes s'il'refusait d'obéir. Un ne sait pas quel fut le succès de cette commission. Ce qui parait certain, c'est que Jean Le Sénéchal trouva moyen de satisfaire le duc et de se maintenir dans l'abbaye. 11 y a apparence que ce personnage est le môme qui avait gouverné le monastère de Redon pendant les dernières années de l'abbé Le Sénéchal, et qui se conduisit si mal, que les religieux firent interdire l'abbé et son économe. Quoi qu'il en soit, Jean Le Sénéchal résigna au suivant en 1492.
Jean Bohier, protonotaire du saint Siège, archidiacre de Nantes et recteur de Saint-Martial, au diocèse de Saint-Flour, obtint mainlevée de l'abbaye de Saint-Gildasdes-Bois le 4 novembre 1492. Il mourut en 1508.
Guillaume Briçonnet, évêque de Lodève, conseiller et aumônier ordinaire de la reine Anne, obtint en 1509 un mandement pour mettre à exécution les provisions qu'il avait obtenues pour l'abbaye de Saint-Gildas-des-Bois. Il mourut en 1514, archevêque de Narbonne.
André H a m on, élu évêque de Vannes, obtint mainlevée
de l'abbaye de Saint-Gildas-des-Bois le 24 mai 4515, et la tenait encore Tan 1526.
Jean de Langeac a9 comte de Lyon, succéda à André Hamon en 1505. Il était protonotaire du saint Siège, aumônier du roi et prévôt du chapitre de Saint-Julien de Brives. Le roi le nomma à l'évêché d'Avranches. Il fut ensuite transféré à Limoges, où il mourut le 22 juillet 1542. Homme d'un mérite distingué, il s'acquitta avec succès de diverses ambassades dont le roi l'avait chargé. Le souvenir de son aménité s'est longtemps après sa mort conservé dans le diocèse de Limoges, où le peuple le surnommait le bon évéque.
Guillaume Eder était abbé de Saint-Gildas-des-Bois en 1532. Il succéda à Claude de Rohan dans l'évêché de Cornouaille, et mourut au mois de mai 1546.
Baudouin de Goul aine tenait l'abbaye en commende en 1548 et 1552.
Charles d'Espinai, abbé commendataire de Saint-Gildasdes-Bois et prieur des prieurés de Gahard et de Saint-Jacques de Bécherel, fit serment de fidélité au roi pour ces trois bénéfices en 1558, et fit aveu en 1575.
Yves Boulanger possédait l'abbaye en 1594.
François Du Cambout fit serment de fidélité au roi en 1600 pour l'abbaye de Saint-Gildas-des-Bois, et assista aux Etats de Rennes en 1608.
Réné de La Motte fit serment de fidélité au roi en 1618 en qualité d'abbé de Saint-Gildas-des-Bois, et vivait encore en 1626.
Henri de Bruc assista aux Etats tenus en 1632 comme abbé de Saint-Gildas-des-Bois.
Sébastien-Joseph Du Cambout, fils de Charles, baron de Pontchateau, et de Philippe de Beurges, fut pourvu dès son bas âge de l'abbaye de Saint-Gildas-des-Bois. Sa mort arriva le 27 juin 1690, après une vie passée presque tout entière dans les intrigues du jansénisme, dont il fut un des
<* Gai lia christ*,, t. 2, p. 464.
ABBAYE DE SAlNT-GlLDAS-DÊS-BOlS. 465
plus chauds partisans. II avait habité assez, longtemps la fameuse solitude de Port-Royal. Les Jansénistes voulurent en faire un saint de leur parti, et D. Lobineau a osé mettre la vie de ce sectaire parmi celles des saints de Bretagne.
Pierre Du Cambout, évêque d'Orléans et cardinal, neveu du précédent, fut pourvu de l'abbaye en 1690, et mourut le 4 février 1706.
Henri-Ignace de Brancas fut nommé à Saint-Gildas en 1706, et placé sur le siège de Lisieux en 1715. II mourut dans sa ville épiscopale le 1er avril 1760, étant sous-doyen des évôques de France. C'était un prélat très-recommandable.
N. de Coêtlosquet devint abbé commenda taire de Saint- Gildas-des-Bois en 1760. Il était aussi trésorier de l'église cathédrale de Tréguier, titre qui était la seconde dignité de ce chapitre. Sa carrière ne fut pas longue; il mourut à l'âge de trente-deux ans, le 29 juillet 1765.
François-Marie de Valory La Pomeraie succéda à M. de Coêtlosquet dans la commende de Saint-Gildas-des-Bois, à laquelle il fut nommé en 1765. Cet abbé était issu d'une famille de Bretagne et prêtre du diocèse de Rennes. Produit de bonne heure à la cour, il devint aumônier de la comtesse d'Artois et prévôt de la collégiale de Saint-Pierre de Lille. Il possédait encore son abbaye lorsque la révolution la supprima, ainsi que toutes les autres.
Cette abbaye, à laquelle la ville qui porte son nom doit ses commencements, était située dans le diocèse de Qu imper, au confluent de deux rivières et dans une position très-agréablf . Elle fut fondée en 1029 par Alain Cagnart, comte de Cornouaille, dans un lieu qui se nommait anciennement Anaurot, et qui a pris dans la suite le nom de
1 Abbatia Sanctcc Crucis Kempcrlegiensù.
46f> l'église i>b Bretagne.
Quirpper-pié, c'est-à-dire confluent des rivières d'Elé et d'idol. Quelques auteurs prétendent que le monastère fut construit sur les ruines d'un ancien ermitage bâti par saint Gunthiern. Ce qui parait constant, c'est que la mémoire de ce saint solitaire a toujours été en vénération à Quimperlé \ Les premiers habitants de ce désert lui avaient dédié une chapelle qui a subsisté jusqu'à la fin du xvne siècle ; elle était dans l'emplacement où fut alors construite la maison abbatiale. Celle qu'Alain Cagnart fit bâtir fut consacrée en l'honneur de la sainte Croix. Catuallon, abbé de Redon, souscrivit l'acte de fondation, et lui fournit des religieux pour commencer cet établissement. Depuis la révolution, les bâtiments servent à loger les diverses autorités de la ville, et l'église est devenue paroissiale. Les monuments curieux qu'elle renfermait autrefois ont été détruits ou mutilés par les révolutionnaires. La belle bibliothèque que ce monastère possédait a été dispersée. Son précieux cartulaire, souvent cité par p. iMorice, a été conservé, et nous l'avons sous les yeux. Cette abbaye était fondée pour sept religieux. L'abbé possédait un revenu de sept mille cinq cents
francs.
CATALOGUE HISTORIQUE DES ABBÉS
Saint Gurloès, prieur claustral de Saint-Sauveur de Redon, est reconnu pour le premier abbé de Quimperlé. Il fut bénit parOrsrand, évèque deQuimpcr, et mourut en odeur de sainteté le 25 août 1057, suivant la Chronique de son monastère que nous suivons dans ce catalogue. Les miracles opérés à son tombeau lui ont fait déférer un cube religieux, quoiqu'il n'ait pas été canonisé.
Jean succéda à saint Gurloès. On prétend qu'il abdiqua quelques années avant sa mort, et qu'il termina sa carrière le
• On remarque que la chapelle souterraine qui se trouve dans l'église de Quimperlé est beaucoup plus ancienne que cette église, et l'on veut en conclure qu'il y avait dms ce lieu un monastère, antérieurrment à l'époque d'Alain Cagnart ; mais comme on n'en donnqp>as de preuves auflbantes, 1 1 fautdire qu'il y avait seulement une chapelle dédiée à sainj Gunthiern, et que le comte de Cornouaille aura de préférence choisi ce lieu pour bâtir l'abbaye. Voyez ries des Saints de Bretagne, t. Tie de saint Gunthiern.
^4 juin 1081, selon le néorologe de l'abbaye de Landevenec, ce qui suppose une démission.
Vital est qualiûé abbé dans une donation faite au monastère par Alfred surnommé Mab, mqt qui signifie en français' fils.
Jongomar fut élu en 1059. démit en 1066, ei mourut en 1088, suivant la Chronique de son monastère.
Benoît, frère de Hoel, comte de Cornouaille, et de Benedic, évêque de Quimper, embrassa d'abord la vie raQ? nastique dans l'abbaye de Landevenec. Sa naissance et son mériie lui procurèrent, en 1066, l'abbaye de Quimperlé, et l'évêché de Nantes en 1081. Ou ne sait pas les raisons qui le portèrent à joindre la qualité d'abbé à celle d'évêque. Il quitta l'une et l'autre en 1114, et se relira à Quimperlé, où il mourut l'année suivante.
Killac gouverna le monastère sous la dépendance de Benoît, ce qui lui a fait donner le titre d'abbé.
Hoemerjc ou Hemeric est indiqué comme abbé dans quelques titres; mais on ne sait s'il le fut véritablement, ou simplement administrateur sous Benoît, il mourut le 5 juillet 1130.
Heluarc'u parait avoir été abbé au même litre que les deux précédents; il vivait encore en 1128.
Gurhand ou Gurvand fut élu en 1114 sur la démission de Benoît, et bénit par Kaoul, archevêque de Tours. Il se démit en 1150 et mourut l'année suivante.
Adonias fut élu en 1130,. se déiqit vers l'an J140 et mourut le 5 mars 1143, suivant la Chronique de son monastère.
Roenguallon ou RiGUALLOPt fut élu vers l'an 1140, se démit en 1147, et vivait encore en llbO, suivant une charte du Temple.
Rodabd fut élu en 1147, mais on ignore l'an et le jour de sa mort.
Rioc succéda au précédent, et mourut le 21 mai 1160, selon l'obituaire de son monastère.
Dopiguallon fut élu en 1160, et mourut en 1163, suivant la Chronique de son abbaye.
468 l'église de Bretagne.
Rivallon fut élu en 1165, se démit en 1186, et mourut en 1187. En 1166, il obtint de Bernard, évêque de Quimper, une lettre qui confirme son droit de patronage sur les églises de Quimperlé. Quelques actes lui donnent le nom de Ruallend.
Even fut bénit en 1186, se démit en 1209, et mourut le 3 janvier 1210, suivant la Chronique de son abbaye.
Savaric fut bénit en 1209, et mourut en 1211, selon la même Chronique.
Daniel fut bénit en 1212, se démit en 1237, et mourut en 1249, selon l'obituaire de son monastère.
Rivallon, surnommé Saligog, fut élu en 1237, et mourut en 1239, suivant la Chronique de son monastère.
Even succéda à Rivallon, et mourut le 13 février 1263. Il eut quelques différends avec Gui, évéque de Quimper, pour le patronage des églises de Quimperlé. Leur dispute fut terminée par une transaction datée du mois d'octobre 1262, par laquelle le patronage est adjugé à l'abbé, mais la collation et le droit de visite sont donnés au prélat1.
Daniel, IIe dunom, surnommé de Bels ou Saligog, fut élu l'an 1262, et mourut le 31 août 1269. II kalendas septembris obiit Daniel dictus Broth de Behiâ, dit l'obituaire.
Daniel, IIIe du nom, surnommé Blanchart, élu le 2 septembre 1269, fut déposé en 1277. 11 en appela au pape, et mourut à Viterbe le 11 septembre 1279.
Cadioc fut élu en 1278, et mourut le 20 avril 1296.
Alain de Kerudierne, moine de Sain t-Mar tin -des-Champs, fut élu en 1296, bénit le 6 janvier 1297 par 1 évêque de Paris dans l'église de Saint- Victor, et lit son entrée à Quimperlé le dimanche de Quasimodo suivant. Il mourut le 4 mai 1324.
Yves de Quillihouc'h ou de Qwlliouc'h accepta, le 27 avril 1570, la fondation d'une messe par semaine, faite par le duc Jean IV. Il mourut le 10 juillet 1581.
1 La ville de Quimperlé était autrefois partagée en deux paroisses, Saint- Colomban et Saint-Michel. Aujourd'hui ces paroisses ne subsistent plus.
Guillaume fut élu en 1581, et transféré à Redon en 1384.
Robert Pépin fut recommandé au duc par le pape Clément VII, siégeant à Avignon. Il ratifia, le 18 avril 1387, le douaire accordé à la duchesse Jeanne de Navarre, et vivait encore le 10 juin 1397.
Henri de Lespervez tenait le siège abbatial en 1409, et mourut le 2 mai 1434.
Hervé Morillon fut élu en 1434, et mourut en 1453, selon un catalogue moderne.
Guillaume de Villeblanche fut élu en 1453, et mourut le 10 octobre 1483. Il consentit, en 1474, à la levée d'un impôt sur les vins et les denrées vendus par ses vassaux, à condition que les autres seigneurs de Bretagne approuveraient cette imposition.
Sébastien Du Pou, religieux de Redon, fut élu en 1483, et mourut en 1499, le 12 décembre. Après la mort de cet abbé, Robert Guibé, évêque de Tréguier, obtint du pape Alexandre VI la permission de posséder l'abbaye de Quimperlé en commende : mais les religieux lui opposèrent un sujet qui eut l'agrément de la cour.
Pierre de Kergus, conseiller et maître des requêtes ordinaires du roi, fut élu par ses confrères en 1500. Il obtint, le 27 septembre 1512, la permission de célébrer l'office divin dans l'un des prieurés de son abbaye, à cause de la contagion qui régnait à Quimperlé. Son décès arriva le 29 août 1520.
Daniel de Saint-Alouarn, élu en 1521, gouverna l'abbaye pendant trente-deux ans, et mourut le 25 mai 1553. L'obituaire s'exprime ainsi sur son article : VIII kalendas junii obiit frater Daniel de Saint-Alouarn, abbas istius loci, qui mirum in modum hoc monasterium donis ac virtutibus illustravit. C'est le dernier abbé régulier de cette maison.
Odet de Coligni, évêque de Beauvais et cardinal, sous le nom de Châtillon, prit possession, par procureur, de l'abbaye, le 21 novembre 1553, et se démit en 1566. Il mourut en Angleterre en 1571, dans la religion protestante
qu'il avait embrassée, et après avoir donné en France de grands scandales par son apostasie.
Louis de Vallory, protonotaire du saint Siège et atimônier ordinaire du roi, fit serment de fidélité au roi, en 1566, pour l'abbaye de Quimperlé, et obtint ses bulles Tannée suivante. L'abbaye lui fut disputée par Étienne Boucher, secrétaire du roi, et son ambassadeur à Rome, mais il fut maintenu dans sa promotion.
Pierre de La BEssÉE„chaHoinede Notre-Dame de Paris, était abbé commendataire de Quimperlé eu 1575 et 1579 ; il mourut en 1586.
Henri de Gondi, évêque de Paris, fit serment de fidélité au roi pour les abbayes de Quimperlé et de Buzai en 1600, et mourut le 5 août 1622.
Jean-François-Paul de Gondi, connu sous le nom de cardinal de Retz, prit possession de l'abbaye le lO aoùi 1624, et s'en démit en 1668. Ce fut de son temps que la réforme de Saint-Maur fut introduite dans le monastère par les soins de Dom Pierre Rouxel, religieux dé Saint-Melaine et chambrier de Quimperlé.
Guillaume Charrier, gentilhomme lyonnais, fut nommé à la requête du cardinal de Retz, et prié possession le é3 juin 1668. Il décéda au château de La Roche, près Lyon, le 5 septembre 1717'.
Christophe-Louis Turpin-Crissé de Sanzai, évôque de Rennes et ensuite de Nantes, prit possession le 20 avril 1718, et mourut le 29 mars 1746.
N. de Goyon - Vaurouault fut nommé à l'abbaye le 23 avril 1746, et la posséda jusqu'en 1758, époque à laquelle nous croyons qu'il mourut.
N. Berthelot, docteur en théologie, curé de Bièvres, diocèse de Paris, nommé en 1752 instituteur des enfants de France, fut pourvu de l'abbaye de Quimperlé en 1758. ll>n jouit jusqu'en 1785.
Guillaume Davaux, né le 1er mars 1740, à la Côte-Saint- Àndré, en Dauphiné, fit avec succès ses études théologiqûes au séminaire de Saint-lrénée, à Lyon, et montra
ABBAYE DE QCIMPEBLÉ 471
beaucoup d'ardeur pour 1 étude. Placé d'abord dans la maison de Rohau-Guémené, il fui choisi par Louis XVI pour être instituteur du dauphin, de son frère qui porta plus tard le nom de Louis XVII ei mourut d'une manière si déplorable, et de Madame royale, devenue depuis duchesse d'Angoulême et ensuite dauphine. Homme excellent et plein de vertus, il s'acquit l'estime et l'affection de l'infortuné monarque qui lui avait confié ses enfants, et le nomma à l'abbaye de Quimperlé en 1785. L'abbé Davaùx, tout en évitant la persécution, resta fidèle à ses anciens maîtres ; il mourut à Paris, à l'âge de quatre-vingt-deux ans, le 8 novembre 1822, avec les titres de vicaire général de Soissons et de chanoine honoraire de Saint-Denis.
Cette abbaye, située sur le territoire de la paroisse de Machecoul , reconnaissait pour son fondateur Barscoët, seigneur de Retz, quoiqu'il ne l'eût pas fait bâtir. 11 donna en 1055, à Perennès, abbé de Redon, les églises de Notre- Dame et de Saint-Jean, près la ville de Sainte-Croix de Machecoul, en lui recommandant de cultiver surtout le territoire de Notre-Dame, d'y bâtir des cellules et d'y mettre des religieux qui eussent la crainte de Dieu. II ajouta que si l'abbé ou ses successeurs jugeaient à propos d'y établir un abbé, il serait tiré dé la communauté de Redon et agréé par les seigneurs de Retz; ou, si ces derniers nommaient l'abbé, ils le présenteraient à la communauté de Redon: mais, si les uns ei les autres ne pouvaient s'accorder, les religieux de La Chaume éliraient leur abbé, conformément à la règle de saint Benoît. On ne sait en quel temps la communauté de La Chaume fuL assez nombreuse et assez opulente pour avoir un abbé. Elle était fondée pour quatre religieux. Ce nombre ayant paru insuffisant dans le xvui*
• Abbatia de Calma,
472 l'église de Bretagne.
siècle, on réunit, en 1767, ces religieux à ceux de Vertou. maison qui était du même ordre et dans le même diocèse ; mais, à l'époque de cette réuuion, le titre d'abbé fut conservé et a subsisté jusqu'à la révolution. Le revenu annuel de l'abbé était de deux mille francs. Les bâtiments de cette abbaye servent maintenant à des usages profanes.
CATALOGUE HISTORIQUE DES ABBÉS
Glemarhoc est le premier abbé de ce monastère qu'on trouve dans les titres ; il souscrivit à une donation faite à l'abbaye de Redon en 1100 par Fredor de Frossai.
Philippe souscrivit l'acte de la dot accordée en 1112 par Bernard, seigneur de Machecoul, à sa fille, qui se faisait religieuse dans l'abbaye du Roncerai.
Haimon est indiqué comme abbé de La Chaume dans la permission que le même Bernard, seigneur de Machecoul, accorda aux religieux de Saint-Martin de bâtir un bourg et d'y tenir une foire.
Gautier assista comme témoin à une donation faite en 1126 à l'abbaye de Redon par Olivier de Pontchâteau, et Tannée suivante à la réconciliation de l'église de Redon faite par Hildebert, archevêque de Tours. Il vivait encore en 1134.
Philippe était abbé en 1184. Dom Mabillon n'en connaît pas de plus ancien.
Louis était abbé en 1292. Il mourut en 1294.
Nicolas, abbé de La Chaume, était tuteur des enfants d'Olivier Le Roux en 1322. 11 vivait encore en 1324.
Michel de Tréal était abbé en 1328 et 1336.
Pierre de Touyac plaidait en 1346contre Girard Chabot, sire de Retz, selon une sentence rendue, touchant, leur affaire, par Philippe de Beaumanoir, chevalier, bailli de Touraine, le 24 septembre. ,
Jean Taillefer fut abbé depuis 1551 jusqu'en 1374.
Thomas Ruffier était abbé en 1386 et 1387 ;
Jean Larguer, depuis 1391 jusqu'en 1402.
André Larciier succéda au précédent.
André de Lorme était abbé en 1413;
Guillaume en 1418; Denis en 1421 ;
Jean était abbé en 1428 et 1456.
Jean Groilar était abbé en 1458 et 1441. Nicolas de Tréal était abbé de La Chaume en 1446, suivant un acte de Blain ;
Jean-Louis Le Roux en 1448 ; Jacques Rousseau en 1453; Alain Loret en 1456.
Guillaume Jehanno, secrétaire du roi, fut pourvu en 1456 par le maréchal de Loheac, et présenté au légat pour requérir ses bulles. Le duc Pierre II écrivit au maréchal pour le remercier de ce qu'il avait fait, et pour le prier de présenter aussi Guillaume Jehanno à l'abbé de Redon, afin qu'il n'y eût aucun obstacle à la conclusion de cette affaire. La précaution du duc était sage, car l'abbé avait présenté trois de ses religieux au sire de Retz, et celui-ci n'en avait choisi aucun, quoiqu'il fût obligé, suivant les usages observés de tous temps, de choisir un des trois sujets qui lui étaient indiqués par l'abbé. On ne sait pas quelles furent les suites de cette affaire ; mais il y a apparence que l'abbé (Yves Le Sénéchal) agréa Guillaume Jehanno pour ne pas se brouiller avec les puissances.
Jean de Saint-Gildas était abbé de La Chaume en 1458.
Fr. -Raoul Geslin fut maintenu en possession de l'abbaye par lettres de la chancellerie datées de 1502. Mais Fr.- Mathurin de Chauvigni, son compétiteur, appela de ces lettres au conseil de Rretagne.
Fr.-Jean Du Plesseix était abbé en 1516 ; mais il fut débouté par Fr.-Jean Coutellier le 2 octobre 1507.
Louis de Saiges ou d'Aiges était abbé en 1513.
Fr.-Jacques de La Porte fut présenté par le baron de Retz le 1er octobre 1519 pour être pourvu de l'abbaye de La Chaume ; mais il ne fut pas agréé, et on lui opposa Fr.-Àntoine GeofFroi qui avait été élu en 1516. Ce dernier fut maintenu par lettres de la chancellerie datées du 18 juillet 1522. Fr.-Jacques de La Porte appela au conseil le
23 juillet et y gagna son procès. Il renouvela son serment de fidélité au roi en 1543, selon un acte cité par Padioleau.
Olivier de Montauban fut député en cour par les Etats de la province en 1557, et fit serment de fidélitéau roi pour son abbàye en 1560.
Louis de Montauban fit le même serment en 1561, ce qui suppose qu'Olivier était mort.
Henri de Rastelli ou Du Râteau était abbé en 1579, suivant un acte de l'église de Quimper;
Claude-Etienne Nouvellet eh 1594;
Pierre de Gondy, cardinal de Retz, depuis 1596 jusqu'en 1606.
Olivier de Montauban, IIe du nom, était abbé de La Chaume en 1613;
Jean-François de Gondy, doyen de Notre-Dame de Paris, depuis Tannée 1616 jusqu'en 1651.
Jean-François-Paul de Gondy, cardinal de Retz, archevêque de Paris, était abbé de La Chaume en 1662.
Gui de Lopriac assista aux Etats tenus à Vitré en 1671 eh qualité d'abbé de Là Chaume.
fchristophe-Louis Turpin Crissé de Sanzay fut pourvu de l'abbaye en 1725, étant alors évêque de Rennes. Il occupa ensuite le siège de Nantes, où il mourut le 29 mars 1746.
N. de Poly de Saint-Thiebault, vicaire général de Nantes, fut nommé à l'abbaye le 17 avril 1746. Il la conserva jusqu'en l'année 1778, qui fut sans doute l'époque de sa mort.
N. Ducluzel devînt abbé commendaiaire de La Chaume en 1778, et de la garda que jusqu'en 1782.
Jacques-Julien Meslé de Grandclos termine la série des abbés de La Chaume. Il était premier archidiacre de Saint-Malo lorsqu'il fut nommé à cette abbaye en 1782. M. Cortois de Pressigny, dernier évêque de Saint-Malo, avait choisi pour vicaire général ce digne ecclésiastique que la révolution tint bientôt dépouiller de son bénéfice.' II supporta avec courage toutes les épreuves par lesquelles
les prêtres fidèles eurent à passer à cette époque désastreuse, et mourut à Saint-Malo dans un âge avancé, en l'dnnée 1806.