ABBAYE DE NOTRE-DAME DU TBONCHET
et ensuite vicaire général de Reones, fut pourvu de l'abbaye eu 1776 et la conserva jusqu'en 1786.
N. m Saint-Sauveur, vicaire général de Vannes, nommé abbé du Tronchei en 1786, ne posséda que quatre ans ce bénéfice, en ayant été dépouillé par la révolution.
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Ce monastère, qui a donné son nom à la paroisse du diocèse de Nantes dans laquelle il était situé, devait son origine à un pieux solitaire du vie siècle, nommé Martin, devenu célèbre par ses miracles. 11 vivait sous l'épiscopat de Félix, évéque de Nantes, dont il avait été le disciple, et mourut le 23 octobre. On ignore le nom de ses successeurs. Brice était abbé en 1105. Son successeur, qui gouvernait en même temps l'abbaye de Saint-Jouin, diocèse de Poitiers, réunit à cette dernière Vertou, qui devint une prévôté dépendante de cette abbaye.
Voici les noms des prévôts que nous avons trouvés dans les actes de la province : on y trouve aussi quelques personnages indiqués comme abbés de Vertou, mais ils étaient en même temps abbés de Saint-Jouin. Cela paraît clairement par la charte que Benoit, évêque de Nantes, accorda aux religieux de Vertou en 1105, et dans laquelle Simon est appelé abbé de Vertou et de Saint-Jouin.
CATALOGUE HISTORIQUE DES ABBÉS
Aimer obtint en 1066, du duc Conan II, que les terres de la châtellenie du Palais, qui avaient été mises en vignes, payassent la dîme à son monastère, comme elles payaient avant ce changement la dîme de blé.
Geoffroy Mallard, Jean Poliot, Guillaume de La Roche tinrent successivement la prévôté de Vertou, depuis la fin
« Monasterium Sancti Martini Vtrtm tnsit.
488 L'fcltn DE BRETAGNE.
du xi« siècle jusqu'à l'épiscopat de Bernard, évêque de
Nantes, mort en 1169.
Rainaod était prévôt sous l'épiscopat du même prélat, et lui a peut-être survécu. ,
Bernard fit, le 5 mai H89, une transaction avec Guillaume de Goulaine.
Nicolas était prévôt au mois de juillet 1245.
André exerçait la même charge en 1302 ;
Jean Mue et le 20 août 1467.
Alain de Coetivy, évêque d'Avignon et cardinal du titre de Sainte-Praxède, mort en 1474.
B., cardinal de Sainte-Marie in Porticu, nommé parle pape Sixte IV en 1474. ' ' .
François Hamon, évêque de Nantes, était prévôt de
Vertou en 1518.
Gabriel de Grammont, cardinal, et
Guillaume de Carné se disputaient la prévôté en 1532.
Vincent de Bauvilliers, abbé de Celles en Berri, était prévôt en 1537.
Jean Dumar, doyen de l'église d'Angers, était prévôt de Vertou en 1543.
Philippe Do Bergeau, doyen de la même église en 1555.
Louis Pico de La Mirande, abbé de Saint-Mesmin près d'Orléans, fit, en 1560, serment de fidélité au roi pour la prévôté de Vertou.
Philippe Do Bec, évêque de Nantes, fit le même serinent en 1562.
Pierre MaRiau, chanoine de Notre-Dame de Paris, fit le même serment en 1577.
Michel Le Ber, chanoine de la même église de Paris, fit la même chose en 1586.
François Vallet fit le même serment en 1600.
Jean Vallet, aumônier du roi et prieur de la Trinité de Fougères, avait la prévôté de Vertou en 1603.
ABBAYE DE SAJÏfT-MARTIN-DE- VERTOU
Pierre Le Ber, chanoine et archidiacre du Mans, était prévôt en 1612. II se démit en 1632.
Charles de Beaumawoir de Lavardin fut pourvu en 1632 de la prévôté de Vertou, sur la démission du précédent.
César d'Estrées, cardinal, était prévôt en 1644. Il introduisit la réforme dans le monastère de Vertou en 1664, et se démit en 1709.
Jean d'Estrées, neveu du précédent, fut pourvu de la prévôté 'sur la démission de son oncle. Il fut nommé à l'archevêché de Cambrai, et mourut le 3 mars 1718, sans avoir été sacré. , .
Armand Bazfn deBezons, archevêque de Bordeaux, succéda au précédent en 1718. Il est mort en 1721.
Libéral de Maranzac, prieur commendataire de Saint- Léonard de Noblat, fut pourvu de la prévôté de Vertou en 1721.
Les autres prévôts de Vertou ne sont pas connus, si ce n'est le dernier, nommé Dom Coulon, qui possédait ce titre en 1790.
ABBAYE DE SAINT-GEORGES '
Cette abbaye, qui se trouvait dans la ville de Rennes, reconnaissait pour fondateur Alain, IIIe du nom, duc de Bretagne. Ce prince établit cete maison en 1032, en faveur d'Adèle, sa sœur. 11 y avait déjà quelques années que cette princesse menait une vie retirée au milieu de la cour. Pour la mettre en état de consommer son sacrifice, le duc lit bâtir un monastère hors des murs de la ville et le dota d'amples revenus. Plusieurs personnes d'une naissance distinguée s'engagèrent à accompagner la princesse dans sa retraite. Aussitôt que les édifices furent achevés, elles furent introduites dans le nouveau monastère par le duc et la duchesse
• Abbatia Sancti Georgii.
sa mère, par les comtes de Penthièvre, de Coroouaille et de Nantes , par les évêques et les seigneurs qui étaient à la cour.
L'abbaye de Saint-Georges, fondée pour quarante-cinq religieuses, était riche, et a été florissante jusqu'à sa destruction. On y élevait un assez grand nombre de demoiselles nobles, et les religieuses appartenaient à cette classe de la société. L'abbesse jouissait d'un revenu annuel de vingt mille francs. En 1792, époque de la destruction des communautés religieuses, les dames de Saint- Georges montrèrent beaucoup de fermeté lorsqu'on voulut les expulser; elles dirent qu'elles ne quitteraient leur maison que poussées dehors par les baïonnettes. Elles n'en furent pas moins obligées de sortir.
CATALOGUE HISTORIQUE DES ABBESSES
La princesse Adèle fut établie abbesse de la communauté, qu'elle gouverna jusqu'à sa mort* arrivée le 5 mars 1062.
Hodierne succéda à la princesse Adèle en 1068, et fut bénite par Alain, évéque de Rennes. On ignore l'année de sa mort; le jour en est marqué au 13 janvier dans le nécrologe de Roncerai.
Adèle de Bretagne, sœur du duc Alain Fergent, fut bénite par Silvestre de La Guerche, évéque de Rennes, vers l'an 1085. Le duc à sa considération confirma tontes les donations faites au monastère, et lui en lit de nouvelles.
Tiephaihe fut la quatrième abbesse de Saint-Georges, et vivait comme les deux précédentes du temps de Gervais, élu abbé de Saint - Melaine en 1081, et mort en
Adélaïde obtint une bulle du pape Alexandre III, qui prend le monastère de Saint-Georges sous sa protection avec tous les biens qui lui ont été donnés. Ge pape monta sur le saint Siège en 1159.
Etiennetle de Tinteniac , suivant un acte , fut bénite vers Pan 1184, transigea en 1200 avec quelques laïques qui lui disputaient les oblations de l'église de Mordelles,
ABBAYE DE SAINT-GEORGES. 491
et mourut le 23 septembre 4209, suivant les Mémoires de Du Paz.
- Mathilde vivait en 1223 et 125i, suivant quelques actes de s on abbaye.
Jamette transigea en 1274, avec les chanoines de Dol, pour les dîmes de la paroisse de Saint-Georges-de-Guhaingné au même diocèse.
Guiotte, par la grâce de Dieu abbesse de Saint-Georges, transigea en 1275, avec Olivier de Tinteniac, chevalier, sur un vivier qui était en contestation.
Catherine de Matefelon reçut en 1295 une obligation qui lui fut faite pour une certaine somme d'argent, et acquit quelques terres en janvier 1304.
Philippe de Matefelon gouvernait l'abbaye en 1321 et 1322, suivant quelques actes de son monastère.
Alix de Matefelon aneagea, en 1360, un emplacement situé devant son monastère.
Julienne Du Guesclin permit au duc, le 5 août 1399, de lever vingt sous par feu sur les hommes de Tinteniac.
Philippotte de Saint-Pern obtint un mandement de la chancellerie le 30 juin 1406. Elle plaida contre Isabeau Turpin, qui fut maintenue par lettres du 17 septembre 1406.
Isabeaii Turpin était abbesse au mois de juillet 1420, suivant un acte de Saint-Pierre de Rennes.
Perrine Du Feu ou Du Fou disputa le pas aux abbés de Saint-Melaine dans les processions et cérémonies publiques. Leur différend fut terminé par une transaction passée à Chateaubriand le 28 mars 1454, dans laquelle il fut réglé que l'abbé de Saint-Melaine, à cause de sa dignité sacerdotale et autres raisons, aurait toutes les prééminences et prérogatives sur l'abbesse de Saint-Georges. Elle vivait encore le 25 avril 1460.
Isabeau Piedeloup fut élue en 1461, mais son élection ne fut pas unanime, une partie de la communauté s étant déclarée pour Olive de Quelen. La première réclama la protection du duc et l'obtint; la seconde eut recours au
pape, qui lui fit expédier ses bulles : mais Isabeau fut maintenue par lettres du duc, enregistrées à la chancellerie au mois de juin 1462. Fondée sur cet arrêt, elle jouit de l'abbaye, sans bulles et sans bénédiction jusqu'à sa mort, arrivée en 1472, suivant M. de Langan, auteur du catalogue des abbesses de Saint-Georges.
Olive de Qvelen entra en possession de l'abbaye après la mort de sa concurrente, et s'en démit en 1485 en faveur de Françoise d'Espinai, sa religieuse. Marguerite Du Guini, religieuse de Saint-Sulpice, flt quelques démarches auprès du duc pour se procurer cette place : mais la faveur de la maison d'Espinai l'emporta.
Françoise d'Espinai succéda à madame de Quelen en 1485, et mourut en 1520. Pour prévenir les troubles qui pouvaient naître après sa mort dans la communauté, elle s'était donné une coadjutrice qui lui succéda.
Roberte Bus son présenta son place t au conseil de Bretagne en 1520, pour avoir permission d'exécuter ses bulles sur l'abbaye de Saint-Georges, et en obtint mainlevée. Elle paraît être morte vers l'an 1523.
Isabeau Hamon, sœur des évêques de Nantes et de Vannes, prit possession de l'abbaye en 1523. Les religieuses menaient alors une vie si licencieuse, qu'elle fut obligée d'avoir recours au bras séculier pour les contraindre à vivre régulièrement.
Christine Todstain ou Toïjtain succéda à Isabeau Hamon, et ne réussit pas mieux que celle qui l'avait précédée à soumettre les religieuses à la vie régulière.
Jeanne de La Primaudaie, religieuse de Fontevrault, était abbesse en 1534; mais les lettres de maintenue et de sauvegarde , qu'elle obtint du consei de Bretagne le 2 mars 1536, marquent que sa possession n'était pas paisible.
Marie de Kermeno fut maintenue en possession de l'abbaye en 1536, et en jouissait encore en 1540. Cela suppose qu'elle supplanta Jeanne de La Primaudaie.
Jeanne de Kermeno 6t, en 1556, serment de fidélité au
ABBAYE DE SAINT-GEORGES
roi dans la chambre des comptes de Nantes pour l'abbaye de Saint-Georges. Elle mourut le 27 avril 1572.
Philippe d'Espinai obtint mainlevée de l'abbaye de Saint-Georges le 26 janvier 1575, et mourut sur la fin de l'an 1585.
Gabriel le de Maure paraît avoir succédé à madame d'Espinai. Elle fit serment de fidélité au roi en 1598, et mourut la même année.
Marguise de Beauquerre fit serment de fidélité au roi, et obtint mainlevée de l'abbaye de Saint-Georges en 1599.
Françoise de La Fayette fit serment de fidélité au roi en 1617 pour l'abbaye de Saint-Georges. Elle choisit pour sa coadjutrice Madeleine de La Fayette, sa nièce, et mourut le 50 juin 1655.
Madeleine de La Fayette fut bénite en 1665, et mourut en 1695, après avoir rebâti une partie de sa maison.
Marguerite Du Halgoet fut pourvue en 1695, à la recommandation de Madeleine Du Halgoet, duchesse de Goislin, sa parente, et du cardinal de Goislin, évéque d'Orléans et grand aumônier de France.
Elisabeth d'Alègre prit possession de l'abbaye le 2 mai 1715. Elle mourut le 18 avril 1741.
Judith de Chaumont de Guitri prit possession le 17 octobre 1742, et mourut en 1779.
N. Bareau de Girac, sœur de M. de Girac, évéque de Rennes, fut nommée à l'abbaye de Saint-Georges en 1779, et survécut à la destruction de son monastère. Elle était la quarante-sixième abbesse ; ce qui prouve que le catalogue ci-dessus est loin d'être complet.