‹ Vieux manoirs, vieilles maisonsChapitre 16 sur 44 · LE MANOIR DE SAINT-OURS À SAINT-OURS · texte numérisé non relu

LE MANOIR DE SAINT-OURS À SAINT-OURS

E premier manoir de Saint-Ours fut élevé le long du Saint-Laurent. En 1792, le seigneur Charles de Saint-

J — ' Ours, désireux de se rapprocher de l'église paroissiale, choisit un site superbe sur les bords du Richelieu pour y construire un nouveau manoir. C'est ce manoir qui a été habité depuis par les seigneurs de Saint-Ours.

En 1870, madame Roch de Saint-Ours, née Hermine Juchereau Duchesnay, restaura le manoir de Saint-Ours et en fit une des plus belles maisons seigneuriales de tout le pays. On ajouta un étage à la vieille demeure mais les murs de trois pieds d'épaisseur furent conservés.

Nous trouvons une description fidèle du manoir de Saint- Ours dans Y Histoire de la famille et de la seigneurie de Saint- Ours de M. l'abbé Couillard Després:

" C'est une vaste construction d'environ soixante-dix pieds de longueur sur trente-cinq de largeur, les murs sont en pierre des champs, de trois pieds d'épaisseur. Une belle galerie entoure ce vaste bâtiment qui est à deux étages, avec toit mansard. En entrant dans ce manoir ce qui nous frappe tout d'abord c'est la proportion des appartements. Un large corridor traverse l'édifice. A droite, est le grand salon. En passant, jetons un regard sur une vieille horloge grand' père, aux mouvements en cuivre, très ancienne. Le salon est garni de meubles antiques: fauteuils Louis XV, miroirs aux cadres dorés de style Louis XIV, les portraits des membres de la famille ornent les murs; ceux de Charles de Saint-Ours, François-Roch, Charles-Quinson, et ceux d'autres personnages apparentés à la famille.

" Sur les tables, les tablettes des cheminées, se voient des vases d'albâtre, des objets d'art d'un grand prix, des candélabres antiques et des bibelots qui feraient le bonheur des antiquaires. Tous ces objets ont leur histoire. Des médailles, des diamants, des bijoux précieux sont là, enfermés dans des écrins. La dernière châtelaine de Saint-Ours, madame Dorion, se faisait un plaisir d'exhiber ces trésors à ceux qui les lui demandaient. Nous y avons vu une coupe aux armes du marquis de Montcalm.

" Du grand salon, on pénètre dans un boudoir, où se trouvait autrefois une bibliothèque renfermant des livres rares. Ces livres ont été partagés entre les héritiers, à la mort de mademoiselle Hermine de Saint-Ours.

Dans la salle à manger se trouvent encore des souvenirs d'antan, consistant en couteaux, fourchettes, cuillers d'argent, achetés du temps de M. Charles de Saint-Ours, ou remontant encore plus loin" (1).

C1) Histoire de la famille et de la seigneurie de Saint-Ours, vol. 11, p. 421.

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LA M AISON DE SALABERRY A Cl IAMHLV

CHARLES-Michel de Salaberry, le héros de Châteauguay, avait épousé, à Chambly, le 14 mai 1812, Marie- Anne-Julie, fille de Jean-Baptiste-Melchior Hertel de Rouville, seigneur de Rouville, Chambly, Saint-Olivier et autres lieux, et de Marie-Anne Hervieux.

Deux années après son immortelle victoire de Châteauguay, le lieutenant-colonel de Salaberry fut mis à la demi-pa> e.

" Il n'eut plus l'occasion de se distinguer, dit M. L.-O. David. 11 avait conquis tous les grades que l'Angleterre pouvait accorder à un soldat catholique et canadien français; la protection même du duc de Kent n'aurait pu le faire sortir des rangs accessibles aux médiocrités. Une telle position ne devait pas convenir à notre compatriote. Il renonça à la carrière militaire et vécut ensuite pour sa famille, s'occupant d'administrer la seigneurie que mademoiselle Hertel de Rouville lui avait apportée en dot. Il avait épousé cette noble demoiselle quelques mois axant la bataille de Châteauguay. Belle alliance, dont le duc de Kent le félicita!

" C'est à Chambly qu'il fixa sa résidence, au milieu de la population témoin de sa valeur et de sa gloire pendant la guerre. Sur la rivière Chambly, qu'on appelait le grenier dm Bas-Canada, vivaient alors des familles remarquables par leur origine ou leurs talents, qui se disputaient la palme des belles manières, de la libéralité et de la fidélité aux traditions du passé. On y menait joyeuse vie; c'était pendant l'hiver une succession de fêtes, de promenades et de fricots légendaires. On luttait à qui ferait le plus et le mieux.

" ( )n partait le matin ; on dînait chez le seigneur Jacob; on prenait les amis en passant, et on allait passer la soirée chez M. Cartier, à Saint-Antoine, ou chez les MM. Drolet, Franchère et autres. Quel bruit! Quel entrain! On se séparait à regret, avec la promesse de se revoir bientôt.

"C'était une grande joie dans la tribu, lorsqu'on voyait arriver le brave colonel, car il n'était pas le moins bruyant, et lorsque venait son tour de chanter ou de prendre part à un cotillon emporté, à un réel favori, il ne tirait pas en arrière.

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Tout le monde l'admirait pour sa gloire et l'aimait pour la gaieté et l'affabilité de son earactère" (').

("est dans une de ces réunions de famille, chez M. Hatt, que le Léonidas canadien fut frappé d'apoplexie, le 26 février 1829. Il fut immédiatement transporté chez lui et mourut le lendemain.

La maison de M. de Salaberry est maintenant la propriété de madame veuve Châteauguay de Salaberry, née Berthe Prévost.

(l) Le héros de. Châteauguay, p. 28.

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