SCENE II JO
([uo rien ne justifie... Et c'e?t ti'ès mauvais... Tu as hesoin d"ètre remontée de temps ù autre... Qui te remonterait, sinon moi?
LA FE.M.ME, d'une coix légèrement amère.
Mais oui... mais oui... Ktje te remercie... {Il revient.) Approche ce fauteuil plus près de moi... encore plus près... comme ça, oui... Je te verrai mieux, maintenant... Oh! je suis contente... Et ton cigare qui est éteint... Allons, rallume-le, grand bébél...
Enfin 1... Puisque tu le veux!... [Le mari rallume son cigare, s'assoit dans le fauteuil, et, bien calé des coudes, lies reins, des épaules, les jambes allongées, la tête confortablement renversée sur le dossier, il souffle de liants, de longs, de gri>s jets de fumée, qu'une petite brise pousse vers le visage de la femme. Un silence.)
L.\ FEMME, qui toussote mais n'ose faire an geste. Résigner. André!
LE MARI
Je fécoute.
LA FEMME, embarrassée.
Promets-moi de ne pas te fâcher?
Qu'y a-t-il encore? Ce n'est donc pas des choses agréables que lu as à me dire?
LA FEMME
Si... si... je t'assure... Mais tu vas le fâcher?
LE MARI
Parle toujours... Nous verrons ensuite.
Eh bien... [Un temps.) notre jolie voisine... {Un temps.) cette dame si élégante qui met en rumeur tout le pays... tu sais ce que je veux dire?...
Oui... Et puis?...
LA FEMME
Je me suis informée, aujourd'hui...
LE MARI
Ah!... des potins, maintenant..
LA FEMME
Mais non...
LE MARI
Tu es malade... tu ne quittes pas la maison... tu te plains de ne voir personne... et tu trouves, tout de même, le moyen de savoir tout ce qui se dit et tout ce qui se passe ici...
LA FEMME
Il est très naturel, vraiment, que je désire savoir qui sont les gens qui habitent auprès de nous... Et je ne vois pas que ce soient là des potins...