‹ Vieux ménages, comédie en un acteChapitre 9 sur 18 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

n'iii pi us rien aujourd'hui... Tout le monde m'abandonne... jusques à mes enfants!. . On me laisse mourir comme une bête... {E lie pleure.) comme une bêtel... .\ndré... André... {Elle pleure plus fort.) Reviens près de moi... et fume, je t'en prie!... Je tâcherai de n'être pas incommodée...

LE UAni. {/l paraît gêné.)

Ah ! les larmes, maintenant!... Après les reproches, les larmes... On ne peut pas être tranquille un instant... (// fait un geste plus violent.) (la n'est pas une vie... ça n'est pas une vie!...

Tu n'en as plus pour longtemps, va!... De jour en jour, de minute en minute, je sens la mort qui vient plus près de moi... Tu seras bientôt délivré...

LE MARI

Allons... bon!... Voilà la mort!... Toujours la mort!... On ne peut rien faire... on ne peut rien dire, sans qu'on vous jette tout de suite à la figure... quoi?... La mort!... Ah! non... non... ça n'est pas une vie!...

LA FEMME

Eh bien! reviens l'asseoir... dans ce fauteuil... près de moi... Je ne te dirai plus rien de tout cela... Je ne t'ennuierai plus jamais... de mes plaintes... Je te le promets... {Sur un mouvement du mari.) Puisque je te le promets... Allons... viens... Tu as raison, mon ami... mes soufifrances ne regardent personne... ne regardent que moi...

Je n"ai pas dit ça... A fentendre on dirait que je me désintéresse de ta maladie !... .l'en souffre beaucoup, au contraire...

LA FEMME, Continuant.

Jamais plus je ne t'en parlerai... Je ne sais pas oii j'avais la tète et ce qui m'a pris, tout à l'heure, de t'en parler... C'est absurde... Et cela me fait du mal à moimême...

LE MARI

Ahl... tu vois bien 1...

LA FEMME

Et puis, je voudrais te dire... ^Le mari fait un mouv>'ment brusque et prend une ex/iression de méfiance.) Non... non... ne crains rien... c'est fini... Il ne s'agit pas de moi... de mon étnt... il s'agit de toi... et de choses agréables à quoi j'ai pensé tantôt, toute seule, dans ma chambre... Je voudrais que nous causions en bons amis.

LE MARI

Enfin... te voilà devenue un peu plus raisonnable... Si j'ai eu des paroles brusques, un peu sévères... tu dois comprendre que c'était uniquement dans ton intérêt...

LA FEMME

Certainement...

LE MARI

Tu te laisses aller, sans raison, à un découragement

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