LA FEMME, LE MARI, LA FEMME DE CHAMBRE
LA FEMME, à la femme de chambre.
Pas si vite... pas si fort... Vous me faites maL.. Comme vous êtes brusque, mon Dieu !... Mais faites donc attention!
LA FEMME DE CHAMBRE, la VOIX brève.
C'est à peine si je touche Madame... On ne sait jamais comment faire avec Madame...
LA FEMME
Vous allez... vous allez... Laissez-moi un peu respirer... Et vos mains :... Ah ! vos mains !... Mais qu'est-ce que vous avez^donc dans les mains?
LA FEMME DE CHAMBRE
Il faut pourtant que je tienne Madame avec quelque chose... Je ne puis pourtant pas laisser tomber Madame...
Taisez-vous 1... Vous avez toujours des raisons... Je
vous dis que vous allez trop vite... que vous me serrez le bras... Arrêtez-vous 1... Oh! oh!... Laissez-moi respirer... Je n'en puis plus... [Elle souffle et se plaint.) Qu'est-ce que vous diles?
LA FEMME DE CHAMBRE
.le ne dis rien, Madame...
LA FEMME
C'est heureux... Oh! ce perron... ces marches... r'est atroce!... [Elle pousse un cri aigu.
LE MARI
Quoi?... Qu'y a-t-il ?...
LA FEMME
Mes pauvres genoux... mes pauvres genoux!... C'est comme un fer rouge qui me passe dans les genoux!...
LE MARI
Yeux-tu que je te soutienne de l'autre côté?...
LA FEMME
Non... non... Toi aussi tu es trop brusque... Tu me fais mal chaque fois que tu me touches... Tu as des mains comme des pierres...
LE MARI
Naturellement... Si tu aimes mieux souffrir... Je n'y peux rien...
LA FEMME, d\ine voix plus plaintive.
Pourquoi aussi m'obliger à venir, tous les soirs, sur la