SCÈNE II
LE MARI
Et loi... je suis sur que tu te sens très bien, maintenant?... Parbleu! c'est évident... Et situ m'écoutais!... Était-ce la peine de tant crier, de tant protester?... (// allume un cigare.)
LA FEMME
Ah! tu fumes?
Certainement, je fume... cela te gêne?
LA FEMME
Voyons... tu le sais bien!...
LE MARI
C'est bon... (// se dirige, en grognant, vers la porte du Jardin.)
LA FEMME
Oii vas-tu?
LE MARI
Puisque cela te gène... je vais fumer ailleurs... je vais fumer dans le jardin...
LA FEMME
Reste ici, je feu prie... Je n'aime pas être seule, le soir, sur la terrasse...
LE MARI
Ma chère, tu avoueras que je suis patient... que je fais tout ce que je peux, que je fais l'impossible même,
a VIEUX MENAGES
pour te bien soigner, pour respecter tes manies... tes lubies... J'impose à mes habitudes, à mes goûts, à mes besoins, à toute ma manière de vivre, des sacrifices quotidiens..! des sacrifices énormes...
Ah!
Énormes, oui... et je le répète, quotidiens... Tu le reconnais toi-même, quand tu es raisonnable... Mais enfin, il y a une limite à tout... Et, véritablement, tu abuses de mon dévouement et de ta position...
LA FEMME
André... reviens... Je ne t'ai pas vu de toute la journée... Je n'ai vu personne, de toute la journée... Toute la journée, j'ai été seule, seule, comme une pauvre chienne... André !...
LE MARI
Est-ce de ma faute?... Tu ne tiens compte de rien, ni de mes tristesses... ni de ma vie gâchée, de mon intérieur détruit, de mes amitiés perdues. . . Toutes les bonnes volontés autour de toi, tu les décourages et tu les aliènes... Et tu te plains!... Ça n'est pas juste... Je ne to reproche rien... mais enfin, il faut que je te le dise... tu exagères tes souffrances, et tu les rends insupportables... aux autres...
LA FEMME
André!...