LE PERE
Non ! quatre ans j'ai lutté contre cette folie.
Et si votre désir est que je vous oublie,
J'oublierai : mais je veux vous dire, en vous quittant
Pour ne plus vous revoir, ce qui me peine tant.
Ne vous souvient-il plus des jours de votre enfance.
Que de désobéir vous me fassiez l'offense?
Trouviez-vous au foyer où vous avez grandi
Un exemple mauvais, un cœur abâtardi,
Qui, pour votre salut, fût comme une menace ?
Non ! vous avez vingt ans, et votre esprit tenace,
Fort de sa liberté, plus qu'il n'est convaincu,
Veut déserter la vie avant d'avoir vécu!
Mes conseils ni mes pleurs n'ont pu se faire entendre,
Et vous touchez au but où vous osiez prétendre :
Soit ! votre volonté force ma volonté.
Mais puisque le serment devant Dieu contracté
Vous arrache à jamais du sein de ma famille.
Je ne vous connais pas : vous n'êtes pas ma fille !
IRÈNE {allant s'agenouiller devant sa mère) Mère, bénissez-moi !