‹ Vieux SaxeChapitre 16 sur 64 · SCENE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIÈRE

LE CHEVALIER, LISETTE, puis L'ABBE, MARTON.

LE CHEVALIER , entrant à tâtons avec un gros bouquet.

u aurais dû te munir d'un flambeau, Lisette. Par la sambleu! il fait plus noir ici que dans le bois de Clostercamp.

LISETTE

C'est, Monsieur le Chevalier, que vous accrochez tous les tabourets avec votre épée. Donnez-moi votre bouquet; je le mettrai sur la console.

LE CHEVALIER

Garde bien que le poulet ne choie. De quel goût l'as-tu trouvé, Lisette?

LISETTE

Le plus galant du monde, et si madame la Comtesse y résiste, c'est qu'elle aura le cœur bien difficultueux.

LE CHEVALIER

Ah! si tu pouvais dire vrai, jolie Lisette. Mais elle a le district de m'embarrasser, et je ne sais qu'augurer de son piquant mélange de naïveté et de coquetterie. Tout coup vaille pour réussir, ce soir je brûle mes vaisseaux.

Écoute, Lisette! ( II lui parie bas. )

LISETTE

Vous nv pensez pas. Monsieur le Chevalier. Moi, vous cacher ici!

LE CHEVALIER

Eh! quel émoi est le tien, ma belle enfant! Que diraistu de ceci pour te rassurer? ( II joue avec une bourse de soie rouge. )

LISETTE , la prenant au vol.

Oh! Monsieur le Chevalier, croyez que c'est par unique dévoûment à vos vues que... Chut! on vient.

L ABBÉ , entrant à tâtons avec un gros bouquet.

Comme il fait ténébreux! Tu vas me perdre, Marton, tu ne connais pas les aîtres ici, puisque tu es à la Baronne. Où sommes-nous?

MARTON

Fi ! Monsieur l'Abbé qui a peur! nous sommes dans le boudoir de madame la Comtesse. ( Lui montrant une console en

face de celle du Chevalier. ) TcUCZ, dépOSCZ là VOtrC bOUqUCt Ct

votre quatrain; ils y seront on ne peut mieux.

LE CHEVALIER, bas.

Qui diantre est là?

.l'abbé.

Ah! si mes vers pouvaient toucher le cœur de cette

l'heure du berger 53

adorable petite Comtesse! N'as-tu pas de compassion pour ma peine, gentille Marton?

MARTON

Oh! si, Monsieur l'abbé, j'en suis toute en déconfort.

LE CHEVALIER, riant.

Ah , ah ! Mais c'est notre galant Abbé ! Ah , ah !

l'abbé.

Qui va là? serait-ce vous, Chevalier?

LISETTE ET MARTON, riant aux éclats.

Ah , ah , ah !

Mais oui, mon cher Abbé. Que venez-vous quérir ici?

l'abbe Mais.,, rien que réparer le désordre de mon équipement.

le chevalier , riant toujours.

Moi de même, mon cher Abbé, moi de même

( Plusieurs laquais entrent portant des candélabres à bougies roses. )

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