SCENE IV
LA COMTESSE seuie^pui. LISETTE,
LA COMTESSE
Jusqu'à Lisette qui s'intéresse trop à moi! D'abord, il me fâche fort qu'on s'intéresse à moi. Tous ces petits airs qui donnent à entendre, ces coups d'œil, ces sourires, je n'en veux plus, plus, plus! Tous semblent avoir juré de m'excéder, jusqu'à Hortense, il est vrai ma meilleure amie; je neveux pas qu'elle m'embrasse, qu'elle m'appelle sa fille chérie; nous sommes du même âge d'abord... Au fond , je la déteste cette petite baronne, sans savoir pourquoi! Certainement, il doit y avoir quelque chose que je ne sais pas encore , et qu'on ne veut pas me dire. Mais alors, à quoi cela sert-il d'être mariée?.. Ah, Lisette, Lisette, je suis bien malheureuse...
l'heure du berger Tiy
LISETTE, entrouvrant la porte.
Madame la Comtesse m'a appelée?
LA COMTESSE
Mais non, non, non! Tu pousses le zèle trop loin, Lisette; contine-toi dans l'office et ne demeure pas dans Tantichambre. Tu me deviens insupportable.
LiSKTfE.
Il suffit, madame; je m'écarte. ( Elle son.)
LA ';OM Tr.SSE.
Mariée, je le suis, c'est constant, bien que je ne connaisse guère Monsieur le Comte que de vue. Ce n''estpas de sa faute. Sa charge de gentilhomme de la chambre ne lui laisse pas un instant. Lui aussi me traite en petite tille, comme les autres, plus que les autres... 11 n'a pas l'air de voir que le grand Chevalier et le petit Abbé me font la cour; ce n'est pourtant pas de mon fait s'il ne le voit pas, mais Monsieur tranche du généreux. ( Limitant, i '< Vous savez bien que je ne vous soupçonnerai jamais, ma chère enfant. » Mais je ne veux pas être son enfant, je veux qu'il me soupçonne! Bien pis, l'autre jour, comme il prenait feu pour la vertu de la petite baronne, mon amie, je lui dis négligemment pour le piquer ; '( Comment faites-vous donc. Monsieur, pour être si sûr de ces choses-là? » L'Abbé est devenu tout rose, et le Chevalier tout rouge, mais lui n'a rien dit, il a souri, et le soir en me reconduisant il m"a murmuré, à peine : '( Tout, tout, sauf les princes et les laquais », et il s'est retiré en me baisant la main. Oh! je finirai par le détester, il est trop méchant! .Ah Chevalier, Chevalier, si vous étiez là, vjus qui m'aiiiuz tant...