UNE VIEILLE DOUAIRIÈRE
N'allez pas haranguer le peuple, Monsieur; il n'y a rien de plus mauvais genre aujourd'hui.
( D'autres groupes passent. ) UN CONSEILLER.
Quoi! vous ici, Monsieur le Président! Vous ici!
LE PRÉSIDENT, souriant.
Eh oui , mon cher Conseiller, Je me suis avisé sur mes vieux l'ours d'être un mauvais sujet, et de me faire mettre en prison.
LE CONSEILLER, hochant la tête.
Ah! Monsieur, qui nous aurait prédit ceci, quand nous nous rencontrions chez M. d'Espréménil, avant les Etats Généraux!
LE PRÉSIDENT
Et vous aussi, quoique du ci-devant Parlement, avez fait le mauvais sujet?
LE CONSEILLER
Mais, pas du tout, Monsieur le Président, je n'ai rien fa't, rien dit; c'est une déplorable erreur. Certes, je ne suis pas inquiet sur mon compte, mon acte d'accusation est un tissu de contradictions; j'ai passé la nuit à préparer ma défense; j'ai hâte d'aller devant le tribunal révolutionnaire. Oh! je ne voudrais pas être à la place de mes juges, je les embarrasserai bien.
LE PRÉSIDENT
Persévérez dans cet espoir. Monsieur le Conseiller.
( Fredonnant. )
« L'espoir, il est vrai, nous soulage
« Et nous berce, un temps, notre ennui. »
Ce que vous dites de votre acte d'accusation ne m'étonne guère, j'ai lu le mien... Si cela avait encore le sens commun!...
( Ils s'éloignent. )
LES FUNÉRAILLES d'uX SIÈCLE l85