‹ Vignole centésimal, ou, Les règles des cinq ordres d'architecture de J. Barozzio de VignoleChapitre 38 sur 41 · PLANCHES XXXI ET XXXII · texte numérisé non relu

PLANCHES XXXI ET XXXII

Quelques traducteurs de Vignole ont ajouté à son œuvre la manière d obtenir géométriquement les moulures qui entrent dans la composition des ordres d’architecture* nous faisons ici de même, en recommandant toutefois à l’élève de n’avoir que rarement recours à ces moyens graphiques, et de s’exercer au contraire à tracer toutes ces moulures à la main ; il y parviendra facilement, puis, avec un peu d’exercice, s’il est doué de goût et de sentiment , il lui arrivera de rencontrer des contours plus gracieux souvent, et plus en harmonie avec les parties auxquelles ils doivent se lier, que ceux qu’il aurait obtenus par l’application exacte des procédés géométriques. Si cependant il veuf, dans certains cas, avoir recours au compas afin de donner à ses dessins plus de netteté et de précision , il doit toujours, avant de faire usage de cet instrument, tracer ses moulures de sentiment au crayon, et chercher ensuite par le tâtonnement les points de centre des courbes qui doivent venir le plus exactement reproduire les contours obtenus par ce premier tracé.

Un talon ou une doucine ne sont pas toujours le résultat de deux courbes ayant pour centres les sommets de deux triangles équilatéraux construits sur la ligne qui joint leurs extrémités; ces moulures peuvent même aussi n’êl.re pas toujours composées de deux portions du même cercle, ainsique paraissent l’imposer pour ainsi dire les méthodes indiquées jusqu’alors; les divers tracés que nous donnons pour chacune de ces moulures font voir qu’il n’est pas nécessaire de toujours suivre à leur égard une marche régulière et absolue et qu’on peut, suivant les différents cas, en brusquer le contour ou l’adoucir, par l’agrandissement ou le raccourcissement des rayons des courbes appelées à les former; c’est, comme nous l’avons déjà dit, le goût et le sentiment qui doivent seuls guider le dessinateur en pareille matière.

11 est nécessaire cependant, dans certaines circonstances, de recourir à

l’a ppl ica lion îles procédés géométriques; ainsi, pour les volutes tracées en grand, par exemple, et lorsque surtout il s’agit de leur exécution, on ne peut que très-difficilement les éviter. Vignole a donné deux méthodes pour obtenir le contour de ces volutes; il en existe encore d’autres que je ne crois pas utile d'indiquer ici , attendu qu’elles ne me paraissent avoir aucun avantage sur celles de notre auteur. De ces deux méthodes , la seconde toute géométrique doit être d’une application plus générale, seulement Vignole ne l’a donnée qu’imparfaitement; ainsi il a bien indiqué la manière de tracer la première spirale , mais il ne donne pas le moyen d’obtenir la seconde, et les auteurs, qui jusqu’alors l’ont traduit, n’ont rien dit non plus à cet égard , sinon que celte dernière devait se tracer de sentiment en ayant soin de diminuer proportionnellement le listel formé par ces deux spirales sans le faire ni trop maigre ni trop lourd. Ceci peut être d une exécution assez difficile quand il s’agit surtout d’opérer en grand: nous pensons donc qu’il est utile d’indiquer la manière d’obtenir géométriquement ce second contour de la volute; voici comment nous y parvenons : le premier contour étant tracé, comme l’indique Vignole (voyez page 24 et planche xix de celle traduction), on détermine le point de départ du second ; stipposons-lc en E, planche xxxu, on projette ensuite ce point horizontalement sur l’hypoténuse du triangle jusqu’en F, d’où l’on abaisse une perpendiculaire F G, qui vient couper tous les rayons parlant du point D et en faire autant de lignes proportionnelles aux distances qui ont servi 5 déterminer la première spirale; opérant ensuite avec ces nouvelles distances de même qu’on l’a fait la première fois , il est clair qu’on obtiendra sur les rayons de la volute des points proportionnellement distants des premiers , et si par ces points on fait passer une deuxième spirale , elle formera nécessairement avec la première un listel dont l’épaisseur diminuera toujours dans une proportion mathématiquement exacte. Cette méthode nous paraît avoir sur toutes les autres cet avantage, c'est que , sans qu’il en résulte de confusion dans les lignes d’opération , on peut l’employer à composer la volute, non-seulement de deux, mais de trois, quatre, ou cinq spirales, suivant qu’on veut apporter plus ou moins de richesse dans celte partie du chapiteau ionique.

DE VIGÏNOLE.

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