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qu'elle se présenta aux portes de Westminster pour assister à la cérémonie, on lui en empêcha l'entrée. La pauvre reine ne pouvant survivre à un coup si terrible, succomba le 7 août de la même année. Sa dépouille fut transportée à Brunswick, et T on mit sur sa tombe répitaphe suivante, qu'elle même dicta avant de mourir: « A la mémoire de Caroline Amélie Elisabeth de Brunswick, reine méprisée d'Angleterre ».
Que ton sort fut triste pauvre infortunée! Et que de regrets laissa ta mort partout!
Georges IV, qui se trouvait en Irlande, quand on lui apporta la nouvelle de la mort de sa femme, s'écria: « Enfin je puis reprendre ma liberté! » Liberté oui, mais non pas la paix, car la génie de Byron le poursuivait incessamment par sa fameuse invective de V Avatar a Irlandais (la descente du dieu en Irlande).
Voilà la femme qui unit son nom à tant de souvenirs, et de laquelle l'opinion publique
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s'occupa pendant longtemps; en effet, son souvenir est toujours vif, surtout à Cernobbio, où sont encore les traces de sa magnificence (1).
Lorsque la princesse de Galles, reine d'Angleterre, quittait ces rivages pour se rendre encore une fois à Rome, elle vendit la Villa d'Esté à S, E. Jean Torlonia duc de Bracciano, lequel, mourant en 1829, la laissait à ses enfants, Charles et Alexandre.
Dans la même année, ceux-ci la vendirent au prince Dominique Orsini duc de Gravina.
(1) Ceux qui aiment connaître les détails des \icissitudes de Caroline de Brunswick et de son procès dramatique, doivent lire: Les souvenirs du médecin de la Reim^ Victoria, de Saint-René Taillandier, dans la Revue des deux mondes, 1 janvier et 1 février 1876 ^ Louise Saredo introduisit dans la Nuova Antolorjia, 15 mai 1884, une de ses études sur la princesse Charlotte d^\ngleterre, laquelle n'est pa^ sans intérêt.
Mais ni les Torlonia (1) ni Orsini n'habitèrent jamais cette Villa, qui, d'agréable demeure qu' elle était, devint un lieu désert. Les arcs de triomphe et les murs de l'édifice tout délabrés, les stucs se détachant des voûtes et des parois, les allées où l'herbe croissait démesurément, rendaient ce morceau de paradis horriblement sauvage. Le voyageur à qui il prenait envie de le visiter, se sentait plongé, magré lui, dans une rêverie mélancolique; et songeant à la caducité de la grandeur humaine, il en sortait plus triste que s'il eût lu les Nuits de Young.
En 1833, le baron Caïétan Hippolyte Ciani acquit enfin la Villa abandonnée, et comme il voulait y fixer sa demeure, employa beau-
(1) Je trouve curieuse Tétymologie qu'un esprit bizarre donna de ce nom, le faisant dériver de Tour Olonio, lieu jadis fortifié au bout de notre lac. sur les confins de la Valteline. comme si les ancêtres de cette puissante famille romaine étaient originaires dé ce lieu.
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coup de temps et d'argent pour la remettre à l'ancienne splendeur. Il commença par faire démolir quelques constructions, les remplaçant par d' autres qu' il fit bâtir selon son goût; et parmi celles-ci, l'édifice à gauche de la Villa, tout élégant et bien disposé, oii, en 1856, il ouvrit le 5 Juillet un établissement hydrothérapique, et plus tard l'hôtel Reine cV Angleterre.
Le baron Ciani étant mort, une Société de capitalistes fit achat (vers 1868) de toute 1<\ possession, y compris l'exploitation de l'Hôtel, qu'elle continua avec succès jusqu'à 1873; ensuite elle céda le tout ensemble à une Société anonyme.' qui est la propriétaire actuelle, représentée par monsieur Gianella.
Et comme le but principal de cette dernière était d'y fonder un grand Hôtel, qui put offrir toute commodité désirable à des personnes, à des familles entières, quelque élevé que fût leur rang, elle y opéra de grands changements, sous la direction du chev. ingéniour Odasio de Milan.
La Villa d'Esté ainsi transformée, peut se considérer comme bâtie à neuf. En eflet, les deux ailes du palais, lesquelles étaient jadis au niveau du premier étage, furent élevées à la hauteur du corps du milieu, tandis qu'on en prolongea de beacoup les côtés vers la partie postérieure. Le théâtre fut entièrement démoli, et à sa place on forma la salle de conversation, dont nous avons déjà parlé: T escalier qui était à gauche de l'édifice fut détruit, et Ton y remplaça les deux qu' on voit actuellement dans le vestibule; on plaça le bureau du grand Hôtel dans le cabinet des bains de la princesse de Galles. L'Hôtel Reine d' Angletery^e fut supprimé, et de ses chambres on forma des habitations à r usage des particuliers.
Toutefois, il est à regretter qu'en introduisant toutes ces innovations, on ait sacrifié des fresques très estimables, l'église et le beau théâtre, qu'on aurait pu ménager, si Ton avait mieux étudié les moyens pour sauver
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le bon, sans entraver l'idée de l'architecte. Cependant, c'est avec raison que cet Hôtel jouit d'une renommée européenne, car dans tous les guides on lit le nom du Grand Hôtel Villa d'Esté et Reine d'Angleterre; ici est le rendez-vous des LucuUus des différentes nations, lesquels y accourent en hiver pour fuir les brouillards épais de leurs capitales, et en été, afin de jouir l'air frais de cet éden délicieux. Parmi les personnages les plus importants qui de nos jours logèrent à la Villa d'Esté, il faut distinguer; Le roi Ferdinand du Portugal (père du souverain Louis décédé le 19 octobre 1889), lequel vint y demeurer deux fois, c'est-à-dire, en 1857, et au mois d'août 1880; Marie Alessandrowna impératrice de Russie, laquelle y passa l'automme de l'an 1868; et le 29 octobre de la même année, la Villa d'Esté fut visitée par S. M. Victor Emmanuel II roi d'Italie. En 1869, la malheureuse Charlotte, impératrice du Mexique, courait à ces rivages pour sou-
lager ses chagrins; et retremper ses forces affaiblies. Emile Broglio, un des plus célèbres économistes italiens, vint aussi y séjourner en 1870, étant alors ministre de l'instruction publique.
Maintenant la Villa d'Esté et toutes ses dépendances sont splendidement éclairées à la lumière électrique, car les propriétaires, voulant introduire dans leur maison ce dernier progrès de la science, n'ont ménagé aucun moyen pour qu'il vînt embellir, d'une nouvelle façon, ce séjour aux étrangers.
L'Hôtel est le centre d'agréables et magnifiques excursions, et M. M. les touristes trouveront très intéressantes les ascensions au Mont Generoso, élevé 1728 mètres sur le niveau de la mer (3 heures V2); au Mont Bisbino, qui est à 1346 mètres du même niveau (2 heures V2); ^ Lanzo d' Intelvi et au Belvédère, vis-à-vis de Lugano et de la grand' chaîne des Alpes Suisses (4 heures); en moins de deux heures on va en Brianza, appelée
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le jardin d'Italie; en une heure et demie on peut se rendre à Varese, par le chemin de fer, et en une heure à Lugano.
Des voitures à deux et à quatre chevaux sont toujours prêtes dans l'intérieur de la Villa, pour le service de M. M. les voyageurs; et lorsque ceux-ci arrivent à Côme par le chemin de fer, trouvent toujours à cette gare l'omnibus de l'Hôtel, qui en 20 minutes les conduit à la Vilhi d'Esté.
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