VII.L.IBS V.T \l:\\i.\\\K [>K MAI\TE
A Fonlaiacbleau. le S iioAl 1711.
iag^r du momie', la lellic que vous n e du â9 juillel. J'ai toujours vouli
i reçu, par lp plus bi-nti 'avez Fait l'honneur do y répoudre, maïs iino
ratt Gèvre leule, que
>nl, et l'i
lude de i
savoir eu présence de l'etiHemi mea oui empérhcc. Je commence à croire qu'il n'y nura rien, ef que nous en <lenieiircron^ tus petits avantages qui n'ont pas laisse de nous fiiire un grand Itlaisir, et marquent que le ,<;cnéral ne s'endort pas cl que les troupes suveul encore battre les ennemis.
Comme j'ai parraitement bien senti l'étnl o£i nous avons etc. je sens bien aussi celui ofi nous sommes, et je les confronte souvent pour en tirer de bons présages.
Quand je vous prie de ne plus <{roDdcr, c'est sans nul rapport nu\ discours des conriisans. Je vous assure qu'ils ne Tout nulle impression. II est trop aisé de voir ce qui les attire, cl je souhaite de tout mon cœur que vous les méprisiez autant qu'ils méritent de l'être.
Il faut pourtant convenir qu'il y eu a bien moins que les années passées, et qu'on vous fait plus de juatire.
Vous avez raison, Monsieur, de souhaiter du crédit pour faire récompenser le mérite, et vous en êtes plus digne qu'un autre, parce que vous êtes sans passion et fort attaché aux intérêts du Itoi et de l't;tat.
Mais après tout n'est-il pas le maiire? et s'il est d'un avis différent du vôtre, n'esl-il pas juste qu'il suive le sien? C'est sur vos projets, « c'est sur les différentes vues " , c'est sur les délncbemenls que je voudrois que vous ne j; rond assiège jamais. Je voudrois que vous fissiez vos représentations, en secret, très librement, mais que vous épousassiez tout ce que le Roi décide, *•! qu'il parût que vous l'approuvez.
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u ])iu pu (técou
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si (Ii-Eigné.
396 GHAPITIB VI.
Si je vous veux trop parfait, p«oe»-voof-eB, Mo mi e MV mx sentiineiili d*estiniey et si vous vonlei Ineoqiie jekdise, â^mmÊBà
que j*ai poar vous. J*eqpère qa*ila me fieront pardonner tonie nt liberté.
n parait id, comme avons, qne le ministre de b gnem Mrt avec beancoop d'intdligenoe et d*applieation.
Je voudrais bien espérer la pMx autant que vous.
liadame de Maintenon se trompait avec VSfaut ea croyant « qu'il n'y aurait rien », et que Harlboroq^ renoncerait à tonte entreprise. An moment même A m lettre panrenaitan camp fran^^,le général anglais se dffr dait à prendre l'offensive avec une v^eor et une haldeié qui déconcertaient tous les plans de Villars* Trmnpaat am adversaire par de lausses démonstrations et par une nfUi contre-marche y il forçait le 6 aoAt les lignes fianjanes sans rencontrer de ré^lance, et se déployait andaeieoM* ment dans la plaine de Cambrai, dans l'angle formé par le confluent de la Censée et de TEscaut. Villars n'osait Tattaquer dans cette dangereuse situation. Marlborough passait TEscaut devant lui, sans être inquiété, allait investir Bouebain, faisait occuper le camp de Denain et séparait ainsi Tarmée française de Valenciennes et de Condé. Le siège de Boucbain était mené avec une extrême vigueur, sous les yeux de l'illars paralysé et immobile. Le 17 août, la dernière communication de llllars avec les assiégés était violemment coupée : la chute de la place ne devenait plus qu'une question de temps. Le maréchal semblait avoir perdu son audace et sa décision; soit eflet des recommandations prudentes reçues de la Cour un mois plus tôt, soit
VILLARS ET MADAME DE MAIXTE.YOX. 397
défiance de ses propres forces, il hésitait, se dépensait inatilement en paroles retentissantes. Cette attitude nouvelle était Tobjet de commentaires malveillants '. L'armée, qui avait cru marcher au combat, élait déçue dans son ardeur; des critiques circulaient dans les camps; elles étaient recueillies à la Cour par les nombreux ennemis de Villars. Voysin, qui avait fortement insisté pour qu'on attaquât Marlborough pendant ses manœuvres téméraires, Voysin, qui avait, non sans raison, déclaré le siège de Bouchain impossible en présence d'une armée nombreuse, Voysin était mécontent : Villars, sentant venir un orage, voulut le conjurer ; il envoya au Roi le marquis de Confades, son major général et son auxiliaire dévoué, officier élégant, sympathique et discret, avec la mission de commenter ses dépêches, de faire agréer ses explications. Arrivé le 20 à Fontainebleau, Contades fut reçu le lendemain chez madame de Maintenon, y resta deux heures avec le Roi et Voysin, y retourna le soir et repartit le 22 porteur du billet suivant, qui constatait l'entier succès de ses démarches :
A Fontainebleau, le 22 août 1711.
Je crois que le retour de M. de Contades vous aura donne, Monsieur, toute la consolation que vous êtes capable de recevoir dans le triste état de nos affaires présentes. Cette consolation seroit tout entière pour un homme qui ne seroit occupé que de lui, puisque le Roy est très-persuadé que vous n'avez rien à vous reprocher; mais je connois trop votre zèle. Monsieur, pour douter que vous ne soyez affligé du fait. N'y ajoutez
1 SAiNT-SnioN, t. X, p. 109.
Wê CBAPITIB VI.
ftm là pane des diseoaiB que Vcsl Heol, etr û» ne néritait fif d^êtn eompU»^ et je ne perdoBoe point à Mndltme la auoéekib de Villan de vous les mandbr. Il fiuit penier à §me le wàm que voof poorret ; il ne fiwt ma fidre per d^pit» el jetoaiei crois iaciqpaUe. Tai pris fonte le part posiiUe à los paan, Honsienr, j*en ai beanconp senti de font cefni s*est passé; nw saves qne je n*f sais pas indiffirenie. Rende»*aioi la aésw jsi^ tiee snr ee qoi vous regsrde personneUenent» et carofes, Ihh nenr, qne je sois pins sineàreoMat qne personne, ele.
■anmaoïi.
Villars dat comprendre qa'il démit aortoot' à Finler* vention de sa protectrice la résignafion da Roi et le nûm» de Voysin ; il s'empressa de la remercier :
J*ai appris, Madame, par M. de Conlades^ les bontés M
vous m'honorez, et la lettre que ¥oas me fiutes IlioBiiear et
m'écrire met dans mon âme toute la douceur et toute la consolation dont elle peut être capable, dans des temps où les affaires du Koy ne vont pas comme je le désire.
La situation où nous nous trouvons pouvoit être évitée; je lai prévue, et c'étoit dans les temps que vous m*avez accusé de gronder. II ne faut plus parler du passé, aussi bien le présent et Tavenir nous occupent assez.
Le Roy peut être persuade que son véritable intérêt m'occupe uniquement. Je mets mon application entière à le bien connoître; je consulte ceux auxquels je crois de la sagesse et de la fermeté. Je ne me compte pour rien par rapport au bienda service. Si j'en croyois ma gloire peut-être mal entendue, mais suivant l'opinion du public, je sais très-bien qu*elle seroit moins intéressée à faire tuer sept ou huit mille bommes qu'à voir prendre Houchain, les bras croisés. Après cela. Madame, ne
ennemi sV
èioigtie, nous la rcprcudrons; s'il veu
campagne.
il faut le voir retirer, et Idiher de 1
u l'hiver o.
nu mois de mars, si avant cv lompa-l
\ItI.ARS KT HADAHK l)K HAIMICVOV. mit
rd« pas celle perte comme un si ^rand malheur. Si J'avais
fnneur de vous en parler pnr rapport à la peine que j'en
1 compterois pas pour médiocre; mais pesant
^portanec dont elle peut ôlre, elle n'est pas telle qu'on le veut ser. Si r y passer la reprendre oi Dieu ne nous donne pas la paix.
Je ne doute pas. Madame, que vos bontés pour M. le maréchal (le itoufflers ne vous rendonl bien sensible à sa perte. C'était un bon et très zêlc serviteur du Itoy. Je prendrois la liberté de vous demander l'honneur de votre protection pour la charge la plus honorable et la plus belle de celles qui apprucbenl Sa Majesté, si ma blessure me latssoil assez de pouvoir de la suivre; mais grâces à Dieu et à la bonne sauté de Sa Majesté, elle Tnit trop de chemin pour qu'un homme estropie puisse convenir à un si beau et si ^rand emploi. C'est la seule raison qui m'enipdchc d'en écrire (k Sa Majesté. Les bontés de Sa Uajesté, l'attention qu'elle m'a fait l'honneiii' de montrer à M. de Coulades pour ma santé, In soutiendront contre toutes les peines et les inquiétudes dont elle est attaquée. Elle veut bien rendre justice à la conduite que j'ai tenue, inal;|ré tout ce que l'on a imaginé pour la foire croire blâmable. Tous les discours ne m'ébranleronl pas de la droite voie que je dnis suivre, et qui est de ne pas perdre, si je puis, une occasion favorable d'attaquer les ennemis, mais aussi de ne pas commettre mal à propos une armée du salut de laquelle dépendrait peul-élre celui de l'Klat.
I.a mort (lu maréchal <1p Uoufflers laissait vacniitc uue plac(> dp capitaine des gurdes du Roi par quartier. La maréchale de Villars aurait vivement désiré celle char<]e pour sou mari, ri avait écrit à madame de Maintenon une lettre assex pressante en ce sens; Vïllars ne la désirait
400 GHâPITRE VI.
pas moins, mais il eat le tact de comprends qi^Épràs Féchec de Bouchain, le momeot était mal ehoiri pour demander une aussi haute fiiveur. On vient de ifoir que, < prétextant Tétat de sa jambe, il déclina toute candidafon; madame de Naintenon approuva fort sa réserve et se lièh de le lui dire :
31 «OUI mi.
L^adversité ne vous a pas encore fiât tourner la tâte» Hooiieir le maréchal, et rien n^est si raisonnaUe dans toutes ses pirtiii que la lettre que vous me fiiites Thonneor de m*ccrire.
U est vrai qu'on nous donne ici la peiie de Bonchaio emm un des plus grands malheurs qui pourroient nous arrito*; fM c^est en vain qu^on se flatte de le rqprendre, que les eaneni prendront le Quesnoy, et qu'ils mettront Fone et Tsatre es sdreté.
Je suis bien persuadée que vous voyes plus clair que eemqn parlent; qne vous prendre* les meilleurs partis, et que fenki discours des courtisans ne vous exciteront pas à rien faire contre les intérêts du Koy et de TEtat. Je connois votre attachement pour Tun et pour Tautre.
Il est vrai que Ton a perdu la probité même, en perdant H. le maréchal deBoufflers; il étoit de mes amis depuis longtemps et il auroit toujours été le vôtre sans l'attention des dames à voos brouiller.
Le parti que vous prenez sur la charge de capitaine des gardes est d'un homme de foi, qui n'est pas avide, et qui ne vent point entreprendre ce qu'il ne sauroit faire. Je ne sais si le public voudra eippoisonncr votre procédé là-dessus , je le soutiendrai partout bien noble et bien sage.
Vous n'avez pas dû douter que le Roi n'entendît parfaitement vos raisons, bien expliquées par M. de Contades; je suis même témoin qu'il s'en était dit une partie en voyant sa carte«
VILLARS ET IIADAUK Di: UAIVTE.VO.V. l#l
Poor moi, Monsictir, tous me feriez one très-grande ÎDJnstice, a vous ne me comptiez toujours pour Totre amie.
P. S. Une dame de Saint-Louis reut que je tous recommande les biens du sieur Vandam de Uaureausard, situés entre Landrecies et Berlemont. Je ne sais peut-être ce que je dis ; je copie son billet, et ni elle ni moi n«^ savons si les ennemis sont de ce côté-là, ni ce que tous pouvez faire.
Villars trouva peut -être que le Roi sVtait trop hâté de le prendre au mot : le dépit perce dans la réponse qu'il expédia sans relard :
4 septembre 1711.
Je suis pénétré, lladame, de toutes les bontés que je troare dans la dernière lettre dont vous m*honorez. Je ne chercherai pas de termes pour vous en marquer ma très vive et très respectueuse reconnaissance; ils ne répondroient pas à mes sentiments.
Je ne doute pas que l'on ne cherche à empoisonner ceux que j'ai fait paraître sur la plus belle et la plus désirable charge qu*il y ait à la Cour. Vous les approuvez. Madame, j*espêre que le Roy pensera de même, et cela me suffît.
Mon attention est conforme à mon devoir sur la conduite de la guerre dont je suis chargé. Toute la sagesse humaine ne peut rendre insensible à la malignité, la fausseté, Tenvie que je vois déchaînées contre moi. Des ennemis du Roy et de l'Etat, bien plus que les miens, m'écrivent tous les jours des lettres anonymes pour me porter à sacrifier Tarmée du Roy à la première occasion . Je vois que Tesprit de vérité, de justice, une grande attention à faire connaître et récompenser lei bonnes actions, se sacrifier, tout estropié que Ton est, pour son maître et pour le public, touche uniquement le maître. Le public, qui est le plus intéressé, empoisonne tout. C'est aussi le seul maître que Ton doit chercher à satisfaire, et la seule raison nous détermineroit à ne ¥Ou-
Mt CHAPITRE VU
loir plaire i deux mattres. Diea me fasse la grâce d^élre plu ^ •occupé da premier que do second*
On sent, à ces violences de langage, que la choie de Boochain est proche et qae Villars prévoit la ttcheose impression qu'elle produira sur Je public. Il voudrait bien <lébloquOT la place, mais il a laissé passer Toccasion fiivorable. Protégé par des rivières , par des ouvrages fwtement armés, liarlborough ne saurait être délogé sans de grands sacrifices ; les tentatives faites de divers côtés n*ont pas réussi. Spectateur impuissant des progrès do siège, Villars ne peut qu'exhaler sa mauvaise humeur dans des lettres passionnées. Bouchain capitule le 12 septmnbre; la garnison, prisonnière de guerre, défile en vue de Parmée française et de son chef qui dévore son dépit.
Quoique vainqueur, Marlborough n'avait pas lieu de triompher : Bouchain n'était qu'une bicoque, et c'était le seul fruit delà campagne; l'armée alhée élait trop fatiguée pour pouvoir pousser plus loin : Marlborough la sépara et partit pour rAngletcrre où l'appelait la défense de ses intérêts politiques et où Tattendait la disgrâce. Villars prit également ses quartiers d'hiver ; avant de quitter ses troupes il écrivit à madame de Maintenon une lettre qui est comme le résumé de toute sa campagne et de tous ses griefs :
Le 15 octobre 1711.
Je n'ai pas ignore, Madame, les très injustes clameurs qui se sont élevées, et j'ai déjà vu dans les lettres dont vous avez bien voulu m'honorer, qu'elles n'avoient pas fait grande impression sur l'esprit du Roy ni sur le vôtre; mais la persévérance des
VI1.LAKS i:r MADAME »[■: HAI\TR\'OV.
■.canemiit de cour est dnniicrciisc. }e vous assure. Madame, que
' liicn dTtniiiumcnt, il n'a été fait auruni' faute ili: ma |)arl; que
toute aulre conduite pouvoit mettre le royaume en |iÉnl. Quand
on donne une bataille entre Cnmbray cl Sainl-Qucnliii, il faut au
moin» que le [loste ne soit pas dangereux, puisque le mauvais
. succès Itoiirroit avoir de terribles miles. Et quand j'entends dire
I que les bnluilles im sont pa» loujoura aussi décîsiius!... n-t-on
oublié que la drrnière d'Hoclistedt, où les enueniis avoienl plus
perdu qui' ijout;, a rnmeué les armées du Roy dit milieu de
rAulrichi' mu portes de Tbionville? Celle de Turin, où dii-buil
bataillons seulement ont été poussés, nous n coûté toute Tllaiie?
celle de Riiitiiilies, où vingt escadrons battus nous ont coulé
btule la Flandre? C'est avec doiiteur. Madame, ijuc je renouvelle
I les vôtres, mais j'aurai l'honneur de vous dire que j'ai soutenu
I les armes du Itny et ses frontières, ces deux dernières nnnées.
I »vec beaucoup de fermelé cl de sagesse. J'ai pressé très vivement
b pour avoir In permission d'attaquer les ennemis dans les plaines
I de Leiis, au commencement de cette campagne; la permission
I m'en ayant été refusée ne m'a pas ompéché de présenter la
[ bataille aux ennemis pour sauver Cninbray, quoiqu'il y eûl qua-
[ ranle-quaire bataillons et quarante-deux escadrons de différence
(les troupes que j'avuis pour combattre â Leus. Depuis cela, j'ai
a ne pouvoir combattre qu'avec un très grand désavantage. Je
foi pensé ainsi et je crois avoir pensé juste.
11 est très aisé au Itoy de trouver des générnui plus habiles, * eaaig Jamais il n'en aura qui l'aient servi avec plus de zélc et de } vérité; c'est tel espril de vérité qui m'attire taul d'ennemis, et ' des misérables qui meurent de peur, le jour que l'on marche aux ennemis, fout les braves le jour d'après et osent dire impudemment qu'ils ont conseillé d'attaquer, el cela ridiculemenl, puisqu'il n'eu a jamais été question.
J'espère la paii, Madame, el je la désire comme très néeea- I laire h l'État ; mais si la guerre coulinue, pardonnei-moî de vous
kùk CHAPITRE VI.
dire. Madame, qde celui aoqnel le Boy eoofiera le salut de rÉtal, en ThoDorant da commandeinénl de rarmée de nandrea, doit être tellement craint di conndéré qn*il n'y ait peraonne dans son année qoi compte sur d*antre élévation qne cdle qa*il pourra eqpérer de ses actions et des témoignages de son général.
J*ose prendre la liberté de voos supplier très humblement. Madame, que ma lettre soit uniquement pour vous.
Villars suivit de près cette lettre à Versailles. Madame de Maintenon n^eut donc pas à lui répondre ; c'est veriia* lement qu'elle lui donna la leçon qu'il méritait ; elle avait le secret de ces admonestations amicales qui, sans fraiaser un amour-propre ombrageux, calmait les emporlemenla de riiom'mé de guerre, et orientait la perspicacité dn coortisan.^ Elle lui conseilla sans doute d'accepter en silence les critiques plus ou moins fondées de ses détracteurs , de se contenter de la confiance du mattre que rien n'avait altérée et qu'elle contribuait à soutenir. L'cvénement avait d'ailleurs justifié cette confiance, puisqu'en sommes malgré des fautes de détail, Villars avait fait échouer le plan de la coalition, refait une armée, préparé les succès des campagnes suivantes et donué à Louis XIV le temps de nouer avec l'Angleterre des négociations qui étaient en bonne voie. Madame de Maintenon n'avait pas à regretter son œuvre et ne pouvait que continuer sou rôle. Il eut été bien intéressant pour nous de la suivre jusqu'au bout, de décrire son action pendant les deux mémorables années 1712 et 1713. Malheureusement sa correspondance s'est perdue; nous n'avons, depuis la fin de 1711 jusqu'à la mort de madame de Maintenon, que quelques-unes des lettres écrites par
Villars; nous les donnerons à leurs dates respectives : elles prouveront du moins que le commerce établi entre ces deux personnages ne lut jamais interrompu. Villars ne cessa de rechercher les conseils et Pappui de la discrète et puissante compagne de Louis XIV; et quand la mort du grand Roi Feut fait rentrer dans l'obscurité et la retraite, Villars continua Thommage de sa fidèle reconnaissance à celle qui avait été son amie et sa prolectrice de tous les temps ' .
< Les mémoires de Villars constatent les visites qu'il fit à Saint-Gyr dans les années 1717-1718 : en 1719, ils font suivre la mention de la mort de madame de Maintenon des lignes suivantes : s La figure qu'elle a fait dans le monde la fera connoître par des portraits bien dilTérents. Ce que le maréchal de Villars a trouvé en elle, c'est un grand fonds d'esprit et de piété, beaucoup d'attachement pour le Itoi et pour TÉlat, avec un désintéressement parfait : elle se sacrifioit tout entière au goût du Roi, et renonçoit au sien, qui auroit été de vivre dans une petite compagnie bien choisie, avec plus de liberté et de douceur dans le commerce que son rang ne lui en permettoit. »