‹ Villars d'après sa correspondance et des documents inédits; (volume 3)Chapitre 1 sur 16 · LIBRAIRIE PLON · texte numérisé non relu

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AVAMT-PROPOS

(le livre n'est pas une biographie. Mous n'avons pas eu l'intention de refaire la vie de Villars, qu'il a tenu à écrire lui-même et dont nous publions en ce^moment, pour la Société de l'histoire de France, le texte authentique. Mais nous avons pensé qu'à côté de cette publication étendue, tout imprégnée de la personnalité de l'auteur, il y avait place pour un travail plus limité et peut-être, dans un sens, plus rigoureusement historique. Une autobiographie, surtout écrite après coup, échappe rarement à l'influence des faits accomplis, des dénoûmcnts connus : elle verse sciemment ou insciemment dans Tapologie. La correspondance est bien autrement sincère. En préparant la nouvelle édition des Mémoires de Villars, nous avons recherché ses lettres pour y puiser des éléments d'information et de contrôle. Nous en avons retrouvé un très-grand nombre; Villars écrivait beaucoup et avait de trèsnombreux cort*espondants. Nous avons en même temps rencontré, surtout à l'étranger, des correspondances où il est question de lui et des événements auxquels il a été mêlé. De tout cet ensemble de docu-

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ments nous avons extrait une série d'études qui, embrassant les principales périodes d'une vie trèsaccidentée, nous ont paru de nature à donner une idée e^i^acte du caractère et du rôle de notre personnage.

Villars a été , de la part de Saint-Çiraon , l'objet d'attaques si passionnées et si graves, qu'il y a, ce nous semble, un véritable intérêt historique à en contrôler la valeur. C'est ce que nous avons essayé de faire, sans autre souci que celui de la vérité. Le lecteur qui aura pris la peine de nous suivra jusqu'au bout pensera peut-être que tout n'est pas à reprendre dans le violent réquisitoire du grand, mais partial écrivain. Si la plupart des accusations d'ordre militaire s écroulent devant Tévidence des faits, il en est d'autres qui subsistent : certains détails du portrait tracé par Saint-Simon ne seront pas effacés. En pénétrant dans la vie d'un grand homme de guerre, on ne saurait s'attendre à n'y trouver ni défauts ni visées personnelles : ce serait mal connaître le cœur humain et se faire de grandes illusions sur les ressorts complexes qui le font agir. Villars savait sacrifier son repos et jouer gaiement sa vie pour le service du pays; il ne faisait bon marché ni de la gloire de son nom qu'il comptait fonder, ni de l'avenir de sa famille qu'il entendait établir convenablement. Mais s'il a , comme dit Saint-Simon , bien fait ses affaires, il a, comme disait Louis XIV, encore mieux fait celles de l'Etat; s'il n'a négligé aucune occasion de se faire valoir, s'il a aimé les distinctions, les

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récompenses et largent, il a été brave, spirituel, heureux. Fanfaron la plume à la main et dans un salon, pour les besoins de son avancement ou par entraînement de nature, l'épée à la main et devant l'ennemi il redevenait réfléchi, presque modeste, audacieux sans témérité; sa bonne humeur, sa conflance en lui-même> sa verve gaillarde égayaient et enlevaient les troupes^ qui aimaient à reconnaître en lui le type complet du soldat français. Ce mélange de qualités et de défauts, c'est rhomme; et quand cet homme a constamment battu l'ennemi, qu'il a arrêté l'invasion victorieuse et libéré, par l'épée, le territoire national, on est singulièrement disposé à l'indulgence et presque tenté de se demander si ses défauts n'ont pas, autant que ses qualités, été utiles à la patrie. Quoi qu'il en soit, sa correspondance le montre tel qu'il est, et après tant de controverses, ce qu'il imporle à l'histoire de connaître, c'est le véritable Villars.

Les études qui vont suivre, nous l'espérons du moins, feront cette lumière ; elles sont sincères : tous nos efforts ont tendu à ce qu'elles fussent fldèles : elles ont été écrites d'après les sources mêmes, qu'un heureux concours de circonstances nous a permis de retrouver et d'utiliser : nous avons déjà fait connaître, dans la préface des Mémoires de Villars, l'histoire de ces documents; nous n'y reviendrons pas, si ce n'est pour renouveler l'expression de la reconnaissance dont nous sommes pénétré pour tous ceux qui ont aidé ou facilité nos recherches.

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