COMPOSITIONS HISTORIQUES ET AUTRES RECUEILS GÉNÉRAUX
1-3. — A-Thymo, Brabantiœ historia diplomaiica, o volumes in-folio.
Cette immense compilation, à laquelle on donne ici le titre que de Reiffenberg lui a attribué (i), se divise en deux fractions bien distinctes, l'une formée du premier volume, l'autre comprenant les deux derniers. Le tout est écrit sur parchemin, avec titres rouges et lettrines rouges et bleues. Chaque volume présente sur le verso du folio de garde quatre vers latins et, à la fin, une table des parties, titres et chapitres.
En tète du tome premier, on lit :
Hune quicunque legis librum qui scribitur infra
Ejus qui fecit te meminisse decet,
Ut precibus faveas opus egregiuraque corones
Quo meritum sibi sil et bona vota tibi.
(i) Historia Brabantiœ ou Chronicon Brabantiœ, dit Valère André; Historia Brabantiœ, répèlent Sweertius et Miraeus; Gesta ducum, d'après Gramaye; Chronicon Brabantiœ, selon Paquot.
Ce volume, de 115 folios, est écrit en longues lignes comprenant toute la largeur des folios, dont le chiffre est indiqué en haut. Le contenu, divisé en trois parties, s'étend depuis l'époque de Constantin le Grand jusqu'à la première croisade. Il serait difficile de donner une analyse complète de ce grand travail, entièrement formé d'extraits de différents auteurs, mais qui a néanmoins exigé un laheur considérable. L'auteur a mis à profit des matériaux de diverse nature, tels que l'Historia triparlita, les Gesta Francorum, Turpin, la chronique de Sigeberl de Gembloux, les historiens de la première croisade, etc., d'une part, et, d'autre part, des légendes fabuleuses, et, dans le nombre, un roman qui n'est plus connu que par les extraits qu'il en a donnés et où sont racontés les exploits et les amours du premier duc de la Maison de Louvain, Godefroid le Barbu (i). L'auteur s'occupe ici de la Table ronde du roi Arthur, là de détails hagiographiques, et entre aussi dans de grands détails sur Mahomet et les usages des Sarrasins. Tout cela est entremêlé de décrets de Gratien, de lettres du pape Grégoire le Grand, de capitulaires des rois et empereurs Francs, de diplômes concernant l'abbaye de Gembloux et l'église Sainte-Gudule. Ce premier volume comprend trois parties :
La première allant de Constantin, dont on reproduit, d'après les Décrétales, la fausse donation à l'église romaine, jusqu'à Charlemagne (530 environ à 768) ;
La deuxième de Charlemagne à la dernière princesse de sa race, Gerberge de France, femme de Lambert, comte de Louvain (768 à 1000 environ);
La troisième de Lambert à Godefroid le Barbu (1100 environ à H 06).
La première seule, avec une partie de la deuxième, a été
(1) L'indication de ce roman se retrouve, en vers flamands, dans les Brabantsche yeesten de Jean Van iioendale. Voir Tédilion que \Villenis a donnée de ce poème, t. F', p. ôo3, en note. Mais, comme ce passage manque dans la plupart des manuscrits, on peut supposer que, dans le seul oii il en soit question, il n'a été intercalé que d'après le texte d'A-Thymo.
publiée par les soins de de Reiffenberg, sous ce titre : Pétri A Thymo vulgo Van der Heyden Historia Rrabantiœ diplomatica, regiis auspiciis nunc primum edidit Fredericus baro a Reiffenberg (Bruxelles, Tijpis normalibm, c'est-à-dire Imprimerie normale, 1850, in-8°, avec un portrait de Gharlemagne, d'après une peinture conservée dans l'église d'Aix-la-Chapelle).
Le deuxième volume est, du moins pour ce qui est du commencement, un remaniement du précédent. On y retrouve une seconde fois des détails sur les Carlovingiens, depuis l'époque où le père de Pépin de Landen vivait dans la petite ville de ce nom, au vi'^ siècle. Les capilulaires et les diplômes de Gembloux et de Sainte-Gudule y sont copiés de nouveau; mais il y en Ire plus d'ordre, surtout à partir du xii*" siècle, et on peut dire que, depuis cette époque, ce second volume constitue un énorme cartulaire du Brabant, de la ville de Bruxelles et de l'église Sainte-Gudule. Il est divisé en cinq parties allant :
La première de Carloman, père de Pépin de Landen, à Gharlemagne (600 à 768) ;
La deuxième de Gharlemagne à Gerberge (768 à 1000 environ) ;
La troisième de Lambert à Godefroid le Barbu (lOOO environ à 11 06);
La quatrième de Godefroid F à Henri III (H06-1261);
La cinquième de Jean P' à Jeanne, femme deWenceslas, duc de Luxembourg (1261 à 1406).
La sixième partie, à elle seule, constitue le troisième volume et comprend les règnes d'Antoine de Bourgogne et de ses deux fils, Jean IV et Philippe de Saint -Pol (1406-1429).
Ges deux derniers volumes ont une importance peu ordinaire au point de vue diplomatique. Ils ont été formés, non seulement à l'aide des cartulaires de la ville et des documents -originaux que cette dernière possédait, mais aussi au moyen d'actes puisés, soit dans les archives de l'église Sainte-Gudule, soit dans celles des ducs de Brabant.
Ces deux volumes sont écrits sur deux colonnes et la pagination s'y trouve au bas. Le deuxième compte 311 folios numérotés, le troisième 121. En tète du deuxième, on lit:
Est opus hoc grande, quia grandia continet ia se, Nec minus utilia, que legs sicque proba, Auctori referens grates, precibusque refuude Ad Christum fusis quin labor iste placet.
Et, à la tète du troisième, on a placé ces vers :
Ultimus hic sequitur seu tercius ordine liber Unde Deo sit houor, sit salas atque decus Qui dédit inceptis médium junxit quoque finem Auctor et ipse Petre, nunc sine fine ^ale.
A la fin de chaque volume, en tète de la table, se trouve une courte notice, qui a évidemment été ajoutée, ainsi que la table même, après la mort d'A-Thymo. Ces trois notices sont à peu près semblables. Voici celle du troisième volume : Egregius quondam vir et recolende memorie magister Petrus de Tliimo vulgariler dictus Vander Heyden, de Ghierlc juxia Herentats, parcium Campinie, oriundus, arlium magister, in jure canonico Ikentiatus ac legibus baccalaurius , thesaurarius et canonicus ecclesie collegiate Béate Gudile Druxellensis, quinquaginta annis istius opidi Bruxeliensis advocatus stipendarius fuit et ad ejusdem opidi utilitatem istud teriium volumen cum duobus voluminibus precedentibus compilavit, et est istud volumen sexta pars habita respecfu ad precedens majus volumen, in quo habentur alie qumque partes. Desideravit igitur idem magister Petrus de Tliimo dum vixit quod istud tercium volumen ac duo precedentia ad usum {dominorum suorum ac rectorum dicti opidi, in liberaria eorum) (i), Bruxelle reponerentur , quodque ibidem
(I) Les mots entre parenthèses sont effacés dans le troisième volume, ainsi que dans le deuxième, mais se lisent dans le premier. — La noie inscrite en tête du deuxième volume a été publiée par Willems, dans le Belgisch Muséum, t. I, p. 23.
cathenis ferreis ad finem utperpetuis temporihus ibi manere possint firmarentur. Postmodum itaque cum octuaginta esset annorum, catholice et fidelUer obiil anno Dumini millesimo quadringenlesimo sèpluagesimo tercio, secundum modum scribendi curie Cameracensis , xxvi die februarii. Ejus anima in Christo ftdeliter requiem perfruatur. C'est-àdire : « Feu le généreux seigneur et de bonne mé- » moire maître Pierre de Thimo, dit vulgairement » Vander Heyden, natif de Ghierle près d'Hérentals, en » Campine, maître ès-arts, licencié en droit et bachelier es » lois, trésorier et chanoine de l'église collégiale de Sainte- » Gudule, à Bruxelles, fut pendant cinquante ans avocat aux » gages de celle ville de Bruxelles. Dans l'intérêt de cette ville » il compila ces trois volumes ; le troisième forme une >> sixième partie en regard du précédent grand volume, » où se trouvent les cinq autres parties. Il voulut que ce » troisième volume et les deux précédents fussent placés » dans la librairie ou bibliothèque de ses seigneurs, les » magistrats de la ville, à leur usage, et y fussent attachés » avec des chaînes de fer, afin d'y rester à perpétuité dans » le même but. Enfin, âgé de 80 ans, il mourut, catholique » et fidèle, en 1473, d'après l'usage de la cour de Cambrai, » le 26 février. Que son âme trouve le repos dans le » Christ. »
L'auteur d'un livre intitulé : Die excellente chronique van Brabant, qui fut imprimé à Anvers, en -1512, et d'autres après lui ont répété que la fin du poème les Brabantsche yeesten avait été traduite de l'ouvrage d'A-Thymo et continuée jusqu'à l'époque de Charles de Bourgogne. Desroches (i) a combattu celle opinion en faisant remarquer que la fin des Brabantsche yeesten avait été rédigée en 1402, comme l'auteur du poème le dit lui-même et qu'à cette époque A-Thymo
(1) Voir le travail que Desroches a lu à l'Académie impériale et royale de Bruxelles le 5 février \m {Mémoires de l'Académie, t. Il, pp. xl-xliv), et celui de Willems, dans les Bulletins de la Commission royale d' histoire {V^ série, t. I", p. 61 et suivantes).
était encore enfant. Cet auteur s'est servi, il est vrai, d'une copie fautive, où la date de 1402 est à tort écrite pour celle de 1452, mais son argumentation reste debout. Les deux ouvrages dont il est ici question n'offrent aucun point de ressemblance. Le travail d'A-Thymo est presque uniquement formé de diplômes, au moins pour les temps postérieurs à la première croisade. Le poème flamand, quoique souvent entremêlé de chartes, raconte davantage, tandis que les notices biographiques d'A-Thymo sur les ducs de Brabant sont d'une pauvreté et d'une aridité absolue. En réalité, ce n'est pas YA-Thymo qui a servi de canevas au continuateur des Brabantsche tjecsten, c'est la chronique latine d'Edmond De Dynter, et celui-ci est probablement l'homme éclairé qui engagea le poète flamand à achever l'œuvre de Van Boendale.
Loin d'admettre que le travail d'A-Thymo ait été terminé dès 1450, parce que le dernier acte dont on y trouve la transcription est du 16 août 1429 (i), il faut plutôt en placer l'achèvement au temps de Philippe de Bourgogne, après la nomination d'A-Thymo en qualité de trésorier de l'église Sainte-Gudule, nomination qui eut lieu en 1464. C'est seulement à raison de la possession de celte dignité que le pensionnaire de la ville a pu avoir un libre accès dans les archives de la Collégiale et y puiser une foule de documents dont il a compris le texte dans son recueil.
Miraeus (Elenchus historicum Belgii, placé en tète de la Bibliotheca Belgica manuscripta de Sanderus), Divaeus, Gramaye. Valère André, Chifflet (le Faux Childehrand relégué aux fables, Anvers, 16o9, in-4'\ p. 144), le baron Le Roy et plusieurs autres savants ont parlé du travail d'A-Thymo, comme le rappelle Rombaut (2) ; mais, après le bombardement de Bruxelles, l'opinion s'accrédita qu'il avait péri ou
(!) Les auteurs qui disent et répètent que le recueil d'A-Thyrao va jusqu'au temps de Charles le Téméraire (Valère André, Foppens, Paquot, Rombaut, Bruxelles illustré, t. II, p. 79) prouvent par là qu'ils ne l'ont jamais vu.
(2) Rombaut, loc. cit., p. 80.
avait été dérobé, et Foppens (i), ainsi qiiePaquot (2) répétèrent cette erreur. Par bonheur, en 1777 (5), on retrouva les trois précieux volumes sous un tas de papiers, dans les greniers de l'Hôtel de Ville. Simon deValériola, qui était alors bourgmestre de Bruxelles, ayant conçu le projet de former un grand recueil de pièces concernant l'histoire de Bruxelles, obtint de ses collègues l'autorisation de faire transporter chez lui et transcrire l'ouvrage d'A-Thymo, dont deux autres copies furent aussi exécutées, l'une sous les yeux de Desroches, pour l'Académie des sciences, et l'autre à Anvers, pour l'évêque de Nélis, qui se proposait de comprendre XHistoria diplomatica Brabantiœ dans la collection des monuments historiques que l'Académie comptait mettre au jour (4).
M. de Valériola, dit Van Hulthem dans une note inscrite en tète de la copie faite pour ce personnage, n'a pas fait copier les trois volumes d'A-Thymo d'un bout à l'autre, comme ils sont écrits dans le manuscrit original, mais il en a séparé les différents articles, qu'ensuite, d'après un ordre particuculier, il a distribué dans six volumes, de la manière suivante :
Tome I, I'* partie : Souverains des Pays-Bas, avant et depuis l'érection du duché de Lothier et du Brabant en fiefs de l'empire ;
S*" partie. Des ducs de Lothier et de Brabant;
T. II. Province de Brabant;
T. III. Notes concernant les États, villes, bourgs et villages voisins du Brabant ;
T. IV. Pièces antiques concernant la ville de Bruxelles, tirées d'A-Thimo et d'autres anciens livres, mises en ordre chronologique par Simon de Valériola ;
T. V. Clergé des Pays-Bas;
(1) BibUotheca belgica, p. IOJd.
(i2) T. II, p. 289.
(5) Rombaut, t. I, p. 327. (4) Idem, t. II, p. 79.
T. VI. Lois ecclésiastiques, synodales, chartes, tant générales que particulières, municipales et autres, tirées d'A-Thimo et d'autres archives de la ville de Bruxelles.
Après la mort de M. de Valériola, le marquis d'Arconati- Visconti fit acheter cette copie et, en 1810, la donna au chef du bureau des finances de la ville de Bruxelles, Malaise ; un grand amateur de livres, Vandevelde, l'acheta en vente publique, le 2 avril 1818, et elle passa enfin entre les mains de Van Hulthem, le 20 mars 1823, lorsque les richesses accumulées par Vandevelde furent mises aux enchères. Actuellement elle se trouve à la Bibliothèque royale, où elle forme les n°* 16054 à 16059 de la collection des manuscrits (i).
L'évèque de Nélis parle longuement etavec éloge d'A-Thymo, dans son coup d'œil sur les historiens belges {Iklgicarum rerum prodromus) (2), mais il n'eut pas le temps de réaliser ses projets pour la publication de YHistoria diplomatica Brabantiœ, que la révolution brabançonne, puis l'invasion française renvoyèrent à des temps éloignés. Ils furent repris du temps du roi Guillaume P"", et la Commission d'histoire que l'on organisa alors commença l'impression du recueil d'A-Thymo, dont le premier volume parut en 1829, avec une préface du baron de Reiffenberg, datée du 30 juin {secundo calendas quintilis). La révolution belge arrêta de nouveau la publication de notre manuscrit. Dans sa séance du 4 février 1857, la nouvelle Commission d'histoire eut à
(1) Note de M. Van Hulthem, dans le catalogue de sa bibliothèque (t. VI, p. 99). Voir VA-Thymo de de Reiffenberg, p. xxvi, et la Chronique de Philippe Mouskès, Introduction, t. I, p. cccxliv. — La copie de de Nélis se trouve aussi à la Bibliothèque royale (Ms. n»s 46060 à 16063).
Un manuscrit de la Bibliothèque nationale de Paris (ancienne collection Colbert, n» 720) contient une copie partielle d'A-Thymo allant jusqu'en 1339 (Voir mon Rapport au Président de la Commission dliistoire sur des manuscrits se trouvant à Paris, p. 64, inséré dans le Bulletin de la Commission pour l'année 1874, 4° série, t. II, et Gachard, Bibliothèque nationale de Paris, t. I, p. 295).
(2) Ce coup d'œil a été reproduit dans l'édition de Philippe Mouskès de de Reiffenberg, 1. 1, p. ccc.
s'occuper d'A-Thymo; M. de Reiffenberg proposa d'en éditer le restant, mais en retranchant tout ce qui se trouvait dans d'autres recueils imprimés ou à imprimer et seulement après avoir collationné le texte des documents. C'était indirectement proposer l'ajournement de la publication, à laquelle la Commission d'histoire renonça, en effet, et le manuscrit original, qui lui avait été confié, fut restitué aux archives communales par de Reiffenberg.
La vie d'A-Thymo a été plusieurs fois esquissée (i); mais, comme les auteurs qui s'en sont occupés ont commis de graves erreurs, je profiterai de l'occasion pour en rétablir les détails aussi exactement que possible.
On sait peu de chose de sa jeunesse; né à Gierle, près d'Hérentals, en 1394, il devint prêtre, étudia le droit, probablement à Paris (2), et prit les grades de maître es arts, de licencié en droit canon et de bachelier es lois. Il devint l'un des fonctionnaires de la ville de Bruxelles vers 1425, puisque, en 1465, il y avait 42 ans qu'il travaillait pour la commune.
A-Thymo occupait depuis dix ans un emploi rétribué par la Ville, lorsque ses émoluments furent fixés par un accord en date du 4 mai 1434. Il s'engagea alors à porter la parole au nom du magistrat, soit lorsqu'on enverrait une députation à la cour du duc de Brabant ei de Bourgogne ou aux États de la province, soit dans le conseil de la cité, lorsqu'il s'agirait d'affaires graves; il se réserva toutefois la faculté de s'abstenir dans le cas où il faudrait parler en français ou discuter sur des questions sur lesquelles il ne convient pas qu'un ecclésiastique parle ou délibère. Son trai-
(•1) Valère André, Bibliolheca Belgica, édit. de 1625, p. 681, et édit. de 1645, p. 764; Sweertius, Athenae Belgicae, p. 657; Foppens, Bibliotlieca belgica, p. 1015; Rombaut, Bruxelles illustré, t. I, p. 79; Paquot, t. M, p. 289 (édit. in-f).
" (2) 11 est permis de le supposer lorsqu'on voit A-Thymo consacrer le chapitre 14 du titre I" de sa 2^ partie à raconter les origines de cette université, qu'il fait remonter au temps de Charlemagne.
tement fut fixé à 200 florins du Rhin et à un tiers de drap court de Bruxelles. On lui alloua, en outre, deux florins par jour pour ses vacations à l'extérieur et une rétribution dite vedergelt ou droit de plume. Il fut convenu aussi que. lorsque la ville voudrait le remercier, il en serait prévenu six mois d'avance et recevrait une indemnité de 200 florins, somme qui lui serait également payée s'il témoignait le désir de quitter ses fonctions. Il s'engagea à n'accepter aucun emploi, de quelque seigneur que ce fût, mais conserva la faculté d'entrer dans un ordre religieux (i).
Dans sa vieillesse, les magistrats résolurent de lui donner pour aide « un clerc notable », sachant le latin, le français et le flamand et qui aurait les mêmes émoluments que lui, sauf que son traitement annuel ne s'élèverait qu'à 100 florins du Rhin, pendant la vie d'A-Thymo. Le magistrat ou premier membre présenta à cette occasion aux deuxième et troisième membres, formant le conseil de la commune, trois candidats, parmi lesquels la préférence fut donnée, le 6 mai 1465, àGodefroid Roelants, de Louvain, qui devint plus tard pensionnaire (2).
Il serait difficile d'apprécier l'influence qu'A-Thymo exerça, son nom ne paraissant presque jamais dans les actes de l'époque. On peut toutefois admettre qu'il prit une grande part à la rédaction des ordonnances communales, parmi lesquelles il en est qui ont une importance capitale au point de vue juridique, comme le statut sur la prescription trentenaire, le statut des chefs-tuteurs, etc. Nul doute qu'il n'ait contribué à répandre l'étude du droit romain, qui s'affirme surtout dans ce statut sur la prescription dont je viens de parler. Il fut le premier des pensionnaires ou avocats en titre de la ville de Bruxelles, parmi lesquels on a compté un grand nombre d'hommes de mérite (3).
(1) Lityster van Bradant, 1" partie, p. 75.
(2) Ibidem, p. 139.
(3) Sur les attributions do. ces pensionnaires, voir VHisloire de Bruxelles, t, II, p. 562.
Élant prêtre lui-même, A-Thymo était porté à favoriser les corporations religieuses. Aussi, lorsqu'on proposa au magistrat de Bruxelles de fonder une chartreuse à Scheut, près d'Anderlecht, il fut l'une des trois personnes, « honnêtes, pieuses, habiles et influentes », que l'on chargea, de concert avec le secrétaire de la ville, Dullaert, de négocier à ce sujet avec le prieur de la chartreuse d'Enghien (i). Plus tard, quand on songea à doter le nouveau couvent des biens d'un ancien hospice dit des Saccites ou de Saint- Nicolas, il fut l'un de ceux qui, en mars 1454-1455, déterminèrent les chefs de la commune à sanctionner ce projet, en leur remontrant le peu d'avantages que l'on retirait des biens de l'hospice (2).
On a considérablement exagéré la position qu'A-Thymo occupait. Molanus dit à tort qu'il fut l'un des conseillers du duc Philippe de Bourgogne et, très probablement, il n'est pas plus vrai que ce prince ne dédaignait pas de venir s'asseoir au pied de son litet prendre ses conseils {5). Par une erreur plaisante, née de ce qu'il était le conseiller en titre de la commune, Rombaut déclare qu'il servit le public en qualité d'avocat pendant l'espace de 58 ans (u). Il est certain qu'A-Thymo resta à son poste jusqu'à sa mort. En 1469, alors que des haines mortelles partageaient en deux camps les patriciens bruxellois, on le voit intervenir énergiquement pour rétablir la concorde et, dans une assemblée solennelle des trois membres de la commune, demander, au nom du magistrat, le vote d'une somme de 8,000 florins pour indemniser celui-ci des nombreux présents qu'il avait distribués afin d'obtenir un édit contre la corruption viciant les élections des chefs de la cité (5).
(1) Tourneur, Liber fundadonis CarOumœ Bruxellensis, f» 8.
(2) De ^Vael, Collectanea rerum gesfanim Carthusiœ Bruxellensis, t. I. f ( (5) De Ram, Joannis Molani rerum Lovaniensium libri XIV, t. I, p, 765, (4) Rombaut, Bruxelles illustré, t. II, p. 78.
(o) Histoire de Bruxelles, t. I, p. 270.
A-Thymo lui-même n'était ennemi ni de l'argent, ni des places, ni des plaisirs. Quoique prêtre, il eut des maîtresses et des enfants; à ses principales fonctions il ne dédaigna pas de joindre des sinécures. Quant à l'argent, il en reçut tant de la ville, ditMolanus, que, d'après la rumeur publique, son corps et le cercueil] qui le contenait n'auraient pas pesé davantage. Il n'y a rien là, me semble-t-il, de favorable à l'idée que l'on se forme de son désintéressement. D'après le même auteur, on lui payait par an 100 nobles, outre un noble pour son employé ou greffier.
Le pensionnaire de Bruxelles fut comblé de faveurs par le duc de Bourgogne. Ce prince, «pour le récompenser des )> bons services que lui avait rendus ou lui rendrait encore » maître Pierre Vander Heyden, licencié ès-lois, pension- » naire de la ville de Bruxelles, » lui assigna pour toute sa vie cent ezeladen (charges d'âne) de bois de chauffage et un demi cuyle ou tas de charbon de bois, qui devaient lui être livrés tous les ans, le premier octobre (te Bamisse), en sa maison à Bruxelles (i).
Le duc de Brabant Jean I" avait fondé, en 1282, dans la forêt de Soigne, à Boitsfort, une chapellenie, dotée de huit livres et de quatre chapons par an, se prélevant sur les domaines du duc à Rhode et Alsembergh, et de douze muids de seigle, à prendre sur le produit du moulin de Boitsfort. Du temps de Philippe de Bourgogne et de Charles le Téméraire, c'était A-Thymo qui jouissait de ces revenus en qualité de titulaire de la chapellenie.
Dès 1447, il était aussi possesseur de la chapellenie de Sainte- Waudru, dans l'église d'Hérentals, ainsi qu'il résulte d'une convention qu'il passa le 29 juillet de cette année avec un habitant du village de Norderwyck, au sujet de la possession d'une prairie située dans une localité voisine, à Morckhoven.
(1) Lettres datées de cette ville, le 10 août 1452. Regislres aux chartes de Brabant, n' m, C 21.
II resta proviseur du béguinage d'Hérentals et, le 30 juillet 1461, il se rendit dans cette ville, où, par-devant les échevins Henri Van Doerne et Laurent Vander Bruggen, il constitua sur un bien contenant cinq quarts de bonnier, situés dans la rue de Malines, une rente annuelle d'un florin du Rhin, payable pour une moitié au curé et aux chapelains de l'église Sainte -Waudru, d'Hérentals, et pour l'autre moitié aux curé, chapelains et écolières du béguinage de cette ville, à charge de célébrer son anniversaire le jour de son décès (i).
Le 8 février 1453-1434, il succéda au chancelier Jean Dont dans un canonicat de l'église de Sainte-Gudule; le 14 septembre 1455, il obtint encore du duc Philippe une autre prébende, et, le 15 septembre 1464, il fut élu trésorier du chapitre. Il se distingua par les soins qu'il prit pour augmenter, compléter et décorer les livres, les ornements, les châsses et les autres objets (scrinia, lifterulae, ornamina sacra, libri) appartenant à la collégiale, et, à sa mort, il légua à la trésorerie la maison qui lui appartenait et qui formait la seconde habitation de la plaine de Sainte-Gudule, plus haut que la rue de la Chancellerie, à côté de l'ancienne Gheesl- Imys ou maison du Saint-Esprit de la paroisse. A-Thymo avait considérablement accru l'importance de sa prébende canoniale, les papes Pie II, en 1461, et Paul IV, en 1470, y ayant annexé à perpétuité, le premier la chapellenie de Saint-Georges, le second celle de Sainte-Elisabeth de Hongrie.
Notre auteur conserva ses dignités jusqu'à sa mort, qui arriva le 26 février 1473-1474, et non le 28 avril 1473 ou le 4 mars 1473-1474, comme on l'a dit par erreur (2). Il fut
■(1) Notes communiquées par feu l'abbé De Ridder, chanoine de ré§lise de Malines.
Ci) Paquot, loc. cit. — Rombaut.
enterré dans l'église Sainle-Gudule, près du chœur du Saint-Sacrement (i), sous une pierre où on lisait :
Hic lapis non est super lapide, viator, Sed supra vàrum sacerdoLio clarum,
Inopia fermé laborabat.
Alias inopia sublevaus, Doraus ejus omnium gentium
Atque religiosorum (Quos pietas sibi pares feceratj
Erat receptaculum, Deus tandem a solo ad Cœlum evocavit M. cccc. Lxxiir, IV kal. martii, jîîtatis LXX5 (2).
A-Thymo laissa plusieurs enfants naturels, entre autres Pierre, qui devint doyen d'Anderlecht, et Catherine, femme de Henri Vanden Maie.
Le deuxième Pierre A-Thymo était né de Marguerite Volkaerts ; il fut relevé de sa bâtardise et autorisé à tester, le i2 juin 1470, moyennant le paiement de 20 livres de 40 gros (3). Il était entré comme chanoine dans le chapitre de l'église Saint-Pierre, d'Anderlecht, dont il devint le doyen. Thierri de Andel ayant spontanément renoncé à cette dignité entre les mains du pape Paul II, sire Pierre A-Thymo fut solennellement installé le 25 août 1465, par les soins de Thierri de Heykene, mandataire du prévôt de l'église Saint- Jacques sur Goudenberg, à qui le Saint-Siège avait donné,
(1) Molanus, /oc cil., p. 763. — Son anniversaire se célébrait le 26 février et était assigné sur une maison située derrière l'église Saint-Géry, de Bruxelles; dans la suite ce fut Jean Beeclman qui le paya, puis le célèbre peintre Bernard Van Orley {Bernardiis Yan Orley, pictor, de doino 6«tt relro ecclesiam Beali Gaugerici. Liber anniversariorum, aux Archives de Sainle-Gudule).
(2) Sweertius, loc. cit. — Rombaut, loc. cit., t. I, p. 526.
(5) Archives de l'ancienne Chambre des comptes, u» 165, f" 75. — Le nom de la mère du second Pierre A-ïhymo se trouve dans le Compte du domaine au quartier de Bruxelles pour Vannée 1 4G9-l't70, f» 8(3.
à cet effet, les pouvoirs nécessaires (i). Parvenu à un âge avancé, en I47G, le deuxième dimanche après Pâques, il se retira dans la chartreuse de Scheut, après avoir résigné tous ses bénéfices, et notamment son décanat, qui passa, en même temps que le soin des âmes de la paroisse d'Anderlecht et l'administration temporelle et spirituelle de l'église de cette localité, à Guillaume Swinnen, secrétaire de l'évéque de Cambrai (2). Si l'on en croit les chroniqueurs de la chartreuse, Pierre A-Thymo se décida à embrasser la vie monastique en ensevelissant un chapelain d'Anderlecht, Pierre Fabri ou Smets^ qui portait un cilice sur la poitrine (5).
Catherine Vander Heyden eut, entre autres enfants, Jean Vander Maie, qui fut, dès l'enfance, élevé chez son aïeul et resta toujours son préféré; c'est pourquoi ses condisciples lui donnèrent le nom de Jean A-Thimo, qu'il garda toute sa vie. Il naquit à Louvain, où il devint successivement docteur en droit, professeur de cette science à l'Université et enfin doyen de l'église Saint-Pierre. Il mourut le 17 mars 1500, après avoir résigné son décanat à Adrien Floreys, d'Utrecht, plus tard pape sous le nom d'Adrien VI (i).
Le célèbre pensionnaire de Bruxelles habitait Plaine Sainle-Gudule, près de la rue de la Chancellerie. C'est là, dans une chambre dite la Chambre Verte (de Gruene camer), qu'il rédigea son testament et qu'il le remit, le 28 novembre 1473, au notaire André de Wyenhove, à qui il prescrivit d'en extraire quelques dispositions en faveur de la chartreuse de Scheut. C'est cette partie, accompagnée
(1) Cartulaire du chapitre d'Anderlecht, aux Archives du royaume, f 10 v". — J'ai dit à tort [Environs de Bruxelles, t. I, p. 27) que l'historien A-Thymo avait été doyen d'Anderlecht, mais j'avais été induit en erreur par Rombaut (loc. cit., t. II, p. 78).
(2) Voir, à ce sujet, une charte de l'évéque Jean de Bourgogne, du 21 juillet d476, dont il existe entre mes mains une ancienne copie.
(3) DeWaei, t. I, foMld-Ha.
(4) De Ram, loc. cit.,f. 762-764.
du commencement et de la fin de l'acte, que l'on publie ici, le texte entier n'étant pas venu entre mes mains (i). A-Thymo
(1) INCIPIT TESTAMENTDM VENERABILIS VIRI MA.GISTRI PETRI DE THIMO.
In iioniine Domini, amen. Per hoc publicum instrumentum cunetis pateat evidenter, qiioii anno ejusdem Domini raillesimo quadringentesirao septuagesimo tercio, indictione septima, more scribendi Gailicano, die vero doniinica mensis novembris vicesima octava, pontiflcatus sanctissimi in Christo patris et domini nostri domini Sixti, Divinu providencia pape quarti anno tercio, in me notarii publici et testiiim subscriptorum ad hoc specialiter vocatorum et rogatorum presencia, personaliter constitutus venerande circumspectionis vir dominas et magister Petrus de Thimo, licentiatus in decretis et bacbalarius in legibus, thezaurarius et canonicus ecclesie Béate Gudile Bruxellensis, necnon et insignis opidi liruxellensis pensionarius advocatus, quemdam quaterniura papireum habens in manibus, exposiiit qiiod ipse sui testaraenti ac sue mentis et ultime voluntatis conceptura, matura deliberatione in illo descripsit, cui suc testamento seu extrême sue voluntatis ordinacioni vim tradere volens, prefatum quaternium michi notario subscripto coram testibus subscriptis alte et publiée legendiim tradidit, cujus principium et finis unacum cuni ceteris clausulis priorem et fratres monasterii Béate Marie de Gratia apud Scoete, ordinis Cartusiensis, concernentibus, omissis aliis, precipio (ut) hic annotantur.
Incipit ii.'itur sic : Cor et manum dirigunt Jhesus et Maria. In nomine Sancte Individue Trinitatis, Patris et Filii et Spiritus Sancti, amen. Perpauci et certi sunt homines quibus expresse a jure testari prohibetur, reliquis autem omnibus ex juris beneficio competit libéra testandi et in ultima voluntate de rébus suis disponendi facilitas, et bene quidem, nara nichil est quod magis hominibus debeatur quin ut suprême voluntatis, postquam jam aliud velle non possunt, liber et stilus etliberum quod iteram non redit arbitrium, verura dum corpus sanitate viget, mens interior in se ipsa collecta, pleniori utitur racione, quia non cogitur id cogitare quod dolet, et ab hoc tune ultime voluntatis judicium, in quo tranquille mentis et racionis usus exigitur, providetur. Qua propter ego Petrus de Thimo, presbiter, thesaurarius et canonicus ecclesie Béate Gudile Bruxellensis necnon et insignis opidi Bruxellensis pensionarius advocatus, Cameracensis diocesis, licet senio fractus et aliquali corporis infirmitate gravatus, tamen alias per gratiam Dei mentis compos, nullaque lege canonica vel civili testari prohibitus, ymmo et ex habundanti ab illustrissimo principe, domino Philippe, bone memorie quondam Burgundie, Brabancie, etc., duci, pro se et suissuccessoribus, Brabancie ducibus, eciam quoad feudalia expresse testari permissus, testamentum meum nuncupatura ac omnium bonorum omnium meorum dispositione quam pridem corpore sano, propria manu conscripsi, vobis notario coram testibus ad id per me specialiter rogatis, ad publicandum traditionem facio, revocans omnia et singula testamenta seu e.\tremas ordinationes per me prius facta seu factas, volensque ut hec raea ordinatio valeat pro testamento aut saltem eo jure ut ultima mea voluntas secundum pias sanctiones melius et firmius possit valere.
In primis eommendo animam meam suo Creatori, etc.
donne son habitation près de Sainte-Gudale à la trésorerie de l'église Sainle-Gudule et au recteur de la maison de
Si quidem predictos priorem et fralres Carlhusienses concenientium tenores sequiintur in hec verba :
Item priori et fratribus raonasterii Béate Marie de Gratia apud Scoete, ordinis Carlhusiensis, lego duos florenos Renenses perpetui redditiis pro pitanlia distribuendos ea die qua ipsi perpetuo singulis annis anniversarium meum celebrare constituerint et rogo quod ipse prier obitiim meum in sui ordinis tune proxime capitulo generali nunciari procurât, nt juxta tenorem gracie michi concesse per totuni ordinem pro anima niea suffragia tieri raandenUir, sicut pro carissiniis amicis et beneraclorihus orJinis est fieri consuetum.
Item domino Petro de Thimo, decano et canonico predicte ccclesie Anderlectensis, constituo, do et lego, quam diu ipso post mortem meam \ilam aget in humanis. usum camere dicte Thabor, prout sita est supra aream domus mee habitacionis, cum usu private ibidem vacue, liberum quoque per ipsam domum accessum, ingressum. transitura et egressum, pro se et sua familia, quocienssibi predicto ralionabiiiter et sine gravi molestia possessoris domus uti placuerit, quodque hospiteset amicos per se aut familiam suam inducere et advenientes suscipere sibi licebit, sic tamen quod ipse hujusmodi jus sibi c(mstitutum alteri vendere, iocare; gratis concedere, aut quocunque titulo alienare seu in alteruni transferre non possit.
Item salvo usu domini Pétri de Thimo statim prescripto constituo , do et lego Arnoldo Volkaert, filio quondam Nicolai de Thimo ac presbiteris, rainorum prebendarum predicte etclesie Bruxellensis canonicis, ac Micolao Guedens, dicti de Thimo clerico, et eorum cuilibet quod dum ipsi aut unus ipsorura post mortem meam vitam ducent corporalem, usum pretacte mansionis quam ego inhabilo cum omnibus pertinentiis suis, etc.
Item usu et jure habitandi in duobus proxime precedentibus articulis dominis Petro de Thimo, Arnoldo Volkaert, Johanni Nicolai de Thimo, presbiteris, et Nicolao Guedens, clerico, quam diu vixerint constituo, expresse reservato, pretactam mansionem meam cura suis fundis et pertinentiis, nomine prioris et conventus monasterii Béate Marie de Gracia apud Scoete prope Bruxellam, ordinis Carthusiensis, in eventum subscripte conditionis et non ahas constituo me possidere, et hiis salvis do et lego post mortem u:eam, sub oneribus, modis et formis subscriptis, thezaurarie prefate ecclesie Béate Gudile Bruxellensis, tam pro se quam ad opus rectoris fratrum domus Annunciacionis Béate Marie in opido Bruxellensi que dicitur domus de Nazareth, domistadium cum domibus superstantibus, orlo et omnibus et singulis suiis pertinentiis, dependentiis et annexis, prout ego ad presens illas inhabito, excepta quadam domo lapidea dicla vulgariter 7 Clein Geestliiiys, sub annuo ccnsu quatuor florenorum censualium pauperibus domeslicis parrochie Sancte Gudile Bruxellensis annualim solvendo, et sub onere debito hiudabilis et sufBcienlis ret'ectionis atque conservacionis, ne bona suprascripîa deterioreutur, nccnon et sub onere duarum missarum perpetuis temporibus qualiter in septimana pro anima mea celebraudarum,
l'Annonciation ou des Frères de la vie commune, mais avec défense de l'aliéner et à charge de payer un cens annuel de
perpetuo et hereditarie tenenda, tali tamen modo quod tam thesaurario et rectori dictoriun t'ratnim de Nazareth quam eciam dominis decano et capitulo prefate ecclcsie Bruxellensis, oranis facilita^ prefata bona donata in toto ve! in parte alienandi sit et perpetuo manf;at peiiitus interdicta, sic quod si ipsi conjunctini aut separalim illa vendere, transportare, subimpignorare, ypothecare, gravare, ad vitara conductoris locare seu aliis quocunque niodis titulo alienare atlomptando presurapserunt, statira hujusmodi bona cèdent priori* et conventui monasterii Béate Marie de Gracia ordinis Carthusiensis snpradicti, et ad monastcrium iilud perpetuo devolvantur, prout ego ante hanc donationem in illnm eventum et non alias, ipsorura prioris et conventus noinine, eedem bona me possidere constitui.
Finis autem pretactus qualernius sic :
Item hujus testamenti seu ultime mee \oluntatis executores eiegi atque per hanc meam scripturara eiigo, ordino et constituo honorabiles et circumspectos viros, araicos meos carissimos, dominum Arnoldum Voikaert, presbiterum, ininoris prébende supradicte ecclesie Béate Gudile Bruxellensis canonicum ; niagislrura Cornelium de Alderbrâken, in utroque jure licentiatuni; Henricum de Palude, secretarium opidi Bruxellensis; Johannem Preposili, qui nunc est preposituni monasterii Forestensis, absentes tamquaai présentes, ita quod ipsi quatuor aut très ex ipsis, qui hujusmodi executioni voluerint ac vacare potuerint, illam facere possunt, etc., venerabilem quoque virum dominum et raagistrum Paulum de Rota, cantorem et canonicum prefate ecclesie Béate Gudile Bruxellensis, in visceribus fraterne caritatis rogo, ut ipse ad pertractam execucionem diligenter superintendere et in illa débite l'acienda prenominatos meos executores dirigere, ipsisque consilio et auxilio fideliter assistere velit, et cuilibet predictorum quatuor unam ac dicto magistro Paulo duas lego marchas argent! prn suis laboribus, et ut pro me fideliter Deura exorent.
Quibus prout prescribuntur alte inielligibiliter ac publiée perlectis prenominatus dominus et magistcr Petrus de Thimo dixit hoc esse suum testamentura quod valere voluit et execucioni débite, prout prefertur, deraandari, salvo semper sibi, quamdiu vixerit, facultate revocandi, mutandi, corrigendi, addendi, detrahendi ac adimendi, pruut et quociens sibi placuerit, petiitque ac mandavt hoc suum testamentum per me notarium subscriptum publicari et in publicam formam redegi et exinde unum vel plura confie! instrumenta.
Acta fuerunt hec Bruxellis, in domo prefati magistri Pétri testatoris, sita juxta atrium ecclesie béate Gudile supradicte, in caméra ejusdem domus dicta de Gruencamere, sub anno, indictione, mense, die et pontificatu quibus supra, presentibus ibidem venerabilibus et discretis viris, dominis Jobanne de Alem dicio de Dordrecht, canonico; Conrado de Lovanio, subplebano ; Egidio Wyts, capellano dicte ecclcsie Béate Gudile; Ghiselberto Tectoris, clerico, et Egidio Vander Goten, laico litterato, lestibus fide dignis ad premissa vocatis specialiter et rogatis.
quatre florins censaux à la Table des pauvres de la paroisse de Sainte-Gudule. Il s'y trouvait une chambre désignée sous le nom de Tabor; il en abandonne l'usage, à perpétuité, aux petits chanoines de la même église, etc.
Un manuscrit conservé aux archives de l'église Sainte- Gudule, recueil des anniversaires qui étaient célébrés dans ce temple, formé en 1 307 par un prêtre nommé Martin Davldts(i), présente, au verso du titre, un long éloge d'A-Thymo, en distiques latins. C'est une composition dans le goût du temps, où le vide du fonds se cache sous des formes amphigouriques, A-Thymo nous y apparaît comme doué des vertus qui rendent un homme à la fois utile et agréable à ses concitoyens : utile par ses travaux, sa science; agréable par les qualités du cœur et de l'esprit. On y parle de celte circonstance qu'il rédigea un Martyrologe des saints nés dans le Brabant; Molanus et, d'après lui, Valère André en avaient dit quelques mots (2). Suivant toute apparence, ce travail n'est autre chose que le volume intitulé de Laude Brabancie et dont Vossius a constaté la présence à la bibliothèque d'Amsterdam, Il consiste en deux livres, le premier : de
Sdbscriptio notarii.
Et ego Andréas de Vv'yenliove, presbiter Caraeracensis diocesis, publicus sacris apostolica et iraperiali auctoritatibus notarius, quia prescripti originalis testamenti, ex quo reinsertas clausulas extradas superius inserui, disposicioni et ceteris premissis dum, siciit premittitur, lièrent et agerentur, iina cuiii prenomiiiatis testibus interfui. idcirco hoc publicuni instrunientum, ne super extractione dictarum ciausularum pro parte predictoruni prioris et conventus de Schote et pro eoruni interesse confectum, raaiui niea propria scripsi et signo meo solito signavi, in fideni et testiraoniuni veritatis omnium et singuiorum premissorum rogatus et requisitus.
Carttilaire du couvent des Chartreux de Scheut, coté n" -146 de la
collection des Cartulaires et autres manuscrits des Archives du
Royaume, f' 140 et suivants,
(1) lAber anniversariorum Martini David ts presbiteri, conscriptus anno Ilomini M" qiiinquagesimo septimo.
(2) Cotiser ipserunt eliam aut collegerunt aut locupletavernnt marlyrologia
Petrus de Thimo , quorum scripta non vidi. Molanus, De martyroJogiis,
c. 8, fo 258 (édit. de 1573). — Voir aussi Valère André.
Elymologia Brabancie, où l'auteur prétend démontrer que cette contrée est heureuse (beata), royale (regalis), ancienne (antiqua), bonne(6ona), peuplée de gens courageux (awc^aa?), illustre {nobitis), charitable (mrîtof /va), juste (justa) et fertile (abundans). Dans le second livre, de Genealogia ducum Brabancie, on trouve, outre une biographie des princes du pays, celle des saints personnages qui sont nés, soit en Brabant, soit dans les environs. L'auteur de cette composition écrivait du temps de Philippe de Bourgogne, comme il le dit luimême en termes exprès, autre motif pour voir en lui A-Thymo (i).
Voici le petit poème dont je viens de parler et dont le texte mérite d'être publié :
Epitaphium magistri Pétri ue Thimo presbiteri, in jure
CANONICO LICENTIATI ET IN LEGIBUS BACCALARII, HUJUS ECCLESIE SaNCTE GuDILE QUONDAM THEZAURARII ET CANONICI,
ac oratoris , consulis et advocati insignis istius urbis Bruxellensis.
Spiritus astra petat, corpus tu suscipe terra,
Consulis egregii pacis ubique Pétri, Deque Timo dioti merito, quia roscida mella
Ad tima dum volitat florida sugit apis. Sic quicumque Petrum petiit quid juris in orbe
Ad sua quum venit doctior ivit ovans.
Splendidus eloquio, sensu subtilis, et oranes
Mirantes faciens, flexit ad apta Deo.
Inter discordes médians percautus agebat
Pax foret aut mediuna staret, et ira minor. Cum plures propria quam plebis querere lucra
Vidit, condoluit terapus adusque fuit Tune amor ille suus bona que communia novit
Défendit mediis quis sibi posse fuit.
Quam prudens fuerit, quot laudibus ipse colendus.
Ex uno poterit omnibus esse patens.
(1) J'emprunte ces détails k Paquot, qui s'égare en voulant, d'après Oudin, retrouver dans le manuscrit d'Amsterdam la grande compilation d' A-Thymo.
Fax dominos liquit hic consul adesse vocatus
A-ffuit ut tamen hune nuUus abesse velit Omnibus bine gratus vixit per tempora longa
Transtulit ad Christum mors quoadnsque Petrura. Hujus et ecclesie thezaurarius fuit atque
Utilis officie condidit apta suo.
Scrinia, litterulas, ornamina sacra, librosque
Ordinat atque beat, amplificatque, novat. Insuper ut pateat generosa Brabaucia mater
Q.uot genuit sanctos edidit ipse novum Martiriale logos, opus en tam gracile cunctis,
TJt merito sibi sit hinc salus ante Deum. M semel et C quater semel L ter sex quoque quinque
Junxeris annus erit quo petit alta Petrus. Cumque dies februi lucet bis denaque sena,
Hec breviat cari tempora longa Pétri.
O privata fluas lacrimis Bruxella fideli
Consule, qualis erat non habitura parem Mortuus en loquitur libris quos edidit, in quis
Tam patrie et tua quam jura, statuta legis, Historiasque ducum, regum. legesque per ipsos
Latas, indulta, doua, perhenne decus.
Pontificis summi, quid gratia dat, quid et ipsum
Iraperium firmat, dant tria scripta Pétri. Nil proprium querens manet integer, advocat, orat,
Et quecnraque méat, est lionor inde tibi Nec me preterito, pus (?) proponere culpes
Vivere, dum seraper noscitur omne bonuni. Nam nequit hune fera mors, quem faraa superstes honorât
Obtenebrare Petrum, toUere mente probum.
0 probitas perpulcra Deo, pulcerima cunctis,
Que Christo fruitur, que placet apta bonis. Tuque timi natale solum de cespite florum
Hoc cecidisse dole Campiniense decus, Quo cecidit ; pariter tuus hospes amicus in omnes
Quos plus ut proprios fovit et auxit avens, Nunc pietatis erit, animam recreare precando
Dévote Christum, det sibi pace frui.
Amen.
On attribue encore à notre auteur un travail intitulé de Origine Trevirensium et Tungrorum, dont le manuscrit existait jadis dans la bibliothèque des Minimes de Paris, mais n'a été depuis ni signalé, ni retrouvé, non plus que celui du Martyrologe (i).
En terminant, il faut faire remarquer qu'un grand nombre de folios du tome P"" sont chargés de notes marginales qui datent de la première moitié du xvii* siècle, qu'en certains endroits l'encre a complètement consumé le parchemin, de manière à ne laisser aux lettres que leur contour, et enfin qu'au tome III, il manque, depuis fort longtemps, un feuillet, le feuillet 557, celui qui contenait la sentence portée contre Everard T'Serclaes, l'un des conseillers du duc Jean IV, par les échevins et le conseil de la ville de Bruxelles, le 15 juin 1419.
Ancien fonds, coté C 1 .
4. — Cort verhael van al het ghene in de princelyke stadt van Brussel is geschiedt sedert haer eerste beginsel tôt desen teghenwoirdiglien tyt (Court récit de tout ce qui s'est passé dans la ville princière de Bruxelles depuis ses premiers commencements jusqu'au temps présent). Signé A. F. M.
In-4'' cartonné, avec dos en parchemin, marqué, à l'intérieur, en regard du titre et sur papier ajouté depuis peu : L. G. Visscher. Cette chronique commence en l'an 727 et se termine en 1681. Pour les temps les plus anciens, elle ne consiste qu'en faits relatifs à l'histoire religieuse ; puis l'auteur a mis à profit les diplômes et la Hruxella de Gramaye ; au xvi^ siècle, il se sert de la Chronique de Brabant imprimée en 1565, de Van Meteren, de Strada et d'autres historiens; il met très largementà contribution les récits d'entrée de souverains, de célébration de leurs funérailles, et, en outre, rapporte des faits dont il n'est fait mention nulle part ailleurs.
Ce manuscrit provient de la Bibliothèque De Jonghe et portait dans le Catalogue de vente le n" 6556.
(1) Lelong et, Fontette, Bibliothèque historique de la France, t. III, pp. 623 et 644.
5. — Comrnissie der boetmeesters der negen Natien der stadt Brussel, om te doen drucken de copyen van de privilegien van de voorschreve stadt (Commission des syndics des neuf Nations de Bruxelles, pour faire imprimer les copies des privilèges de cette ville).
Mélange de pièces imprimées et de pièces manuscrites relatives à l'impression du Luyster van Braband et aux événements qui suivirent. Au nombre des imprimées se trouve le décret publié au nom du roi Charles II contre quelques-uns des doyens de Bruxelles, en date du 3 avril 1 700 (in-4'' de 52 pages, Bruxelles, chez Eugène Fricx, imprimeur de Sa Majesté); un petit plan de la bataille de Ramillies, publié chez le même; une déclaration des docteurs en théologie de l'Université de Louvain, relative au serment que les magistrats électifs et quelques autres doivent prêter en entrant en fonctions (Louvain, chez Jérôme Nempe, 167S, in-4'' de 20 pages). Parmi les manuscrites, on citera une note de l'empereur Charles VI, du 29 mars 1718, « pour » servir d'instruction à son gouverneur général des Pays- » Bas. »
Ancien fonds, coté C 16.
Ce volume, ainsi que les n"' 15, 14, et un autre intitulé : Ammanye van Brussel, faisaient partie de la riche bibliothèque de l'imprimeur Jean-Baptiste Verdussen, d'Anvers, dont ils portent, au verso de la couverture, Yex libris : une vignette représentant une cigogne sur son nid, à laquelle son mâle apporte un serpent; dans l'exergue on lit la devise : Pielas homini tutissima virlus. Dans le catalogue de la vente de sa bibliothèque, qui eut lieu à Bruxelles en 1776, ils forment le n° 84 de la série intitulée : Jus civile et polittcum. Le libraire Ermens s'en rendit acquéreur pour la somme de 152 florins et après lui ils passèrent à la Ville.
6. — Petit in-4'' contenant le récit des troubles arrivés à Bruxelles en 1699 et 1700, ainsi que des chansons contre le marquis de Prié ou relatives à l'exécution d'Anneessens.
Parmi ces pièces, il faut citer :
Récit des événements de l'an 1700, sous forme de mémoire adressé au roi.
Le poème intitulé : Roemtrompet ghesteken der vroome, ghetrauwe, eerlycke, t'onrecht vervolghde goede mannen deser stadt Hrussel, van den jaer 4699 lot 4 décembre 1700. Il débute ainsi :
0 vroomhertigh Brussels volck...
Complainte sur l'air (slemme) : Theresia die wenscht maertelaeresse te zyn. Incipit :
Marquis Frié tyran van 7 vaderlandt.
Poème sous le titre : Rymdicht der goede borgers hoe sy syn verjaeght ende wederherstelt den A decembris 1700, Incipit : Gy, vrienden, geeft ghehoor...
Chanson sur l'air : Verblydt u Nederlanders, intitulée Ter eeren van PhUippus den V, coninck van Spaignien.
T Samenspraeke tusschen de klagende juslitie ende de uytblasende faem.
Chanson en 26 couplets : Liedeken van het lyden ende sterven van Franciscus Anneessens.
Acquis chez le libraire Olivier, en 1868.
7. — Volume intitulé : Extractus manuscripti Mekhioris Kempis, cancellarii HildÇesheimensis) et Pader{bornensis).
Commence par une chronique de la famille Kempis et des détails concernant cette lignée et les lignées alliées depuis 1580 jusqu'au 15 décembre 1701, avec des indications sur les événements de la fin du xvii* siècle. Rédigé, partie en latin, partie en allemand, avec un faible mélange de français. L'auteur a été attaché à la secrétairerie allemande du Conseil d'État à Bruxelles. « Le 5 août 1700, dit-il, j'ai prêté serment » au roi Charles II comme secrétaire-adjoint au lieu de » Martin-Léonard Voeller. »
Acheté à M"'" V* Blaes.
8. — Volume in-folio, sur papier, relié en veau, et intitulé : Van de Nesse.
Le véritable titre porte : Séries actorum inter iUiistrissiimim et reverendissimum dominum, dominum Ilumbertum Guilielmum A Precipiano, archiepiscopum Mechliensem, et reverendissimum et erudilissimum dominum, dominum Guillielmum Van de Nesse, Sacrae Theologiae licentiatum, pastorem ecdesiarum S. Joannis in Molenbeca et S. Catliarinœ Druxellis. XVIP VI. (« Collection » des documents relatifs au débat entre le très illustre et » très révérend seigneur, seigneur Humbert-Guillaume de » Precipiano, archevêque de Malines, et le très révérend et » très érudit seigneur, seigneur Guillaume Van de Nesse, » licencié de la sainte théologie, curé de Saint-Jean de )^ Molenbeek et de Sainte-Catherine à Bruxelles »). Ce titre a été inscrit dans un riche encadrement, dessiné à Paris, chez Ranson et gravé par Berthaut.
Le volume devrait être daté de 1704-1706. Il contient la minute oi-iginale, en latin, d'un mémoire intitulé Séries actorum, rédigé en faveur de Van de Nesse; un « mémoire » pour les quatre ecclésiastiques de Bruxelles et de Louvain » exilez par des lettres de cachet; » une consulte du Conseil de Brabant au Conseil d'Etat, sur l'affaire du curé de Sainte- Catherine contre l'archevêque de Malines (datée du mois d'octobre 1706); un autre travail en faveur du curé de Sainte-Catherine : Memoriale pro solo domino pastore traducendum in linguam gallicam; une copie de la lettre envoyée ouverte à l'ambassadeur d'Espagne à Paris pour le chevalier Bourke, « qui va avec la princesse des Ursins à Paris » ; la minute, en latin, d'une requête à présenter au Pape.
Manuscrit provenant de la bibliothèque De .longhe, où il portait, au catalogue de vente, le n" o264.
9. — In-quarto, relié en maroquin rouge, sur papier, intitulé : Anneessens. Bruxelles 1717.
Contient plus que son titre n'indique. En tête est jointe une feuille intitulée Articles servants à l'interprétation à ceux .qui ont été arrestés le 28 de janvier 1709. Ce document est relatif à la contestation qui s'était élevée entre les Puissances alliées (l'Angleterre et les Provinces-Unies) et le
Conseil d'État administrant alors nos contrées en attendant que son sort fût décidé.
Suivent un grand nombre de pièces relatives aux troubles dont le doyen Anneessens fut la victime. Je citerai dans le nombre :
Répartition des métiers en nations, avec l'indication du nom de leurs doyens.
Récit intitulé Brusselsche beroerten.
Réquisitoire du procureur général de Brabant contre les Nations, adressé au Conseil de Brabant, en octobre 1717, suivi d'un décret de ce Conseil, de la lettre de l'empereur du 21 février 1718, de celle du prince de Savoie, du 5 du même mois, etc.
Poème latin sous le titre Elegia.
État des frais occasionnés par le tumulte survenu en
Complainte {liedeken) : Marquis Prié^ wat hebbe ick u misdaen.
Autre commençant par ces mots : Weent Brussel, Brussel weent (i).
Épitaphe d'Anneessens, rédigée par le doyen Coppens, son collègue et son ami (2).
Élégie portant pour litre : Bedaeglc, en vers alexandrins, et débutant ainsi :
Het lasligh keysersjock wU ick hier gaen beclaegen Wat mogliet gy doodlyck vier op eenen mensch uyLbraecken,
Dialogue portant pour litre : Tsaemenspraecke ofte playdoy lusschen de raedisheer ende borger voor den Ihroon van syne Keyserlycke Majealeyt ofte den grave Daun , gouverneur deser Nederlanden. A en juger par ces derniers mots, la pièce dont il est ici question ne fut rédigée qu'en 1725, après le départ du marquis de Prié des Pays-Bas.
T'Saemenspraecke tusschen de beclaegende Justitia ende Fama.
(1) Publié par M. Galesloot, Procès de François Anneessens, t. II, p. 181.
(2) Ibidem, p, 195.
Lofdicht van Anneessens. Saemenspraecke tusschen den keyser ende de geest van Anneesaens.
Notitie van Du Wilde. Note relative aux aveux d'un des compagnons d'infortune du célèbre doyen.
Réquisitoire contre les accusés.
Défende voor die dekens. Long mémoire en 525 articles.
Requête adressée aux Nations en faveur des doyens fugitifs, en 1721 (en flamand).
Extraits des journaux hollandais.
Suivent des exemplaires de ceux de ces journaux où il y a des détails sur les troubles de Bruxelles.
Acheté à la vente Olivier, en juillet 1868.
10. — Wnere ende naeckte beschryvinge van de troubels ende beroerten voorgevallen binnen de princelijcke stadt Brnssel, waer in gehandelt wordt van de droevige ende ianckbeclaeghde doodt van Francis Anneessens, borger ende deken der selve stadt, begonst met den jaere 1700 seventhien ende eyndigende met den jaere 1700 neghentien, schriptum (sic) anno 1784. (Récit fidèle et simple des troubles et désordres survenus dans la ville princière de Bruxelles, où il est parlé de la mort triste et longtemps pleurée de François Anneessens, bourgeois et doyen de la même ville, commençant en 1717 et finissant en 1719. Écrit en 1784).
A ce récit, on a joint un petit poème mlitulé Juslitia, dans lequel on fait parler Anneessens ; le dialogue déjà cité entre Juslitia et Fama, la complainte : Marquis Prié, wat heb ik u misdaen, et une satire (schimpdichl) contre le doyen Denel, qui avait voté la levée des vingtièmes le 9 octobre
Acquis du libraire Olivier, en 1875.
11, — Volume in-folio, sur papier, cartonné, avec dos en toile, intitulé : Défense des doyens de Bruxelles, 1719.
Le titre à l'intérieur porte « Défence et justification, en
.» forme de très humbles et très respectueuses remontrances
» présentées à Sa Majesté Impériale et catholique au nom
•• des Doyens des Neuf Nations composant le troisième
» membre de la ville de Bruxelles, au sujet de l'emprison- » nement qu'on fesoit de quelques-uns de leurs confrères, » anno 1719 (i). » Copie du siècle dernier.
Acheté à la vente De Jonghe, où ce manuscrit portait au catalogue le n«6362''''.
12. — • Vonm's legen Franciscus Anneessens door zijner Majesteyts soucereynen raedt qeordonneert in Brabant op den 19 seplember 1749 uytgesproken, gevolgde door verscheyde dichlstukken ter desen geleyentheyt opgemaeckt. (Sentence prononcée contre François Anneessens par le Conseil souverain de Sa Majesté en Brabant, le 19 septembre 1719, suivie de différentes pièces de vers faites à cette occasion). Ms. in-^", du siècle dernier.
Les pièces de vers sont au nombre de deux et sont déjà mentionnées plus haut.
Acheté à la vente De Jonghe, où ce manuscrit portait au catalogue le n" 6363.
13. — Volume in-quarto, sur papier, cartonné, avec dos en parchemin, intitulé : Oorsprong van Cortenberg , Ms.
A l'intérieur, en regard du premier feuillet, on lit : In hoc volumîne .m7it : 1" Oorspronck van den raedt van Cortenbergh; 2° Bedetoeringe over de insleUinge van den raedt te Mechelen, c'est-à-dire : « Dans ce volume se trou- » vent : 1" L'origine du Conseil de Cortenbergh ; 1° Disser- )> tation sur l'établissement du Conseil à Malines. » La première partie comprend non seulement l'histoire de ce Conseil de Cortenberg, sorte de délégation des États, qui n'eut en Brabant qu'une assez courte existence, mais aussi celle du Conseil de Brabant, corps judiciaire nommé par le souverain seul. La liste des chanceliers s'arrête au 32' magistrat ayant occupé ces fonctions, le vicomte Van der Haeghen, et est suivie d'une liste des gardes chartes et d'un tableau des mem-
(1) Publié par M. Gachard, Documents inédits concernant les troubles de la Belgique sous le règne de Vempereur Charles VI, t. II, p. 408, et par M. Galesloot, loc. cit., p. 5.
bres du Conseil étant en fonctions vers l'an 1722. La seconde partie est consacrée au Grand conseil ou Conseil de Malines; le dernier président qui soit mentionné est le chevalier Pierre Van Volden, nommé le 8 avril 1726.
Il est facile de reconnaître que le texte de ce volume n'est qu'une traduction en flamand d'une partie du Supplément aux Trophées de Brabant âe Butkens, supplément qui a été publié en deux volumes à Bruxelles, en 1726.
Ancien fonds, coté C 19. Même provenance que celle du n" 5.
14. — Volume in-quarto, sur papier, cartonné, avec dos en parchemin, intitulé : Landen leenroerich van Brabanl. Ms.
Contient des notices historiques sur les pays et terres qui relevaient en tief du duché de Brabant ou qui y ont été annexés, comme le duché de Limbourg, Rolduc, Wassemberg, Duysburg (sur le Rhin), le comté de Daelhem, etc., puis sur les anciennes baronnies du Brabant, à commencer par Aerschot et en terminant par Tilly, dont l'histoire est conduite jusqu'à 1718.
Ce volume n'est également autre chose qu'une traduction flamande d'une partie du Supplément aux Trophées de Brabant de Butkens. L'ex Libris est le même que pour le précédent.
Ancien fonds, coté C 18. Même provenance que le n° 5.
15. — De Cronycke van Brabant ende liet vervolgh van die, met allen liet meeste ende wonderste,soo in die als aengelegerprovincien ende landen voorgeva!len,soo van oorlog lien, batalien en meer luondere glievallen tracklerende, beginnende met dese sedert den jaere 0ns Heeren Jesu Chrisli 1726 ende vervolght tôt ende met den jaere 1750, en dienende tôt gevolgh van het eerste ende wesende ditle mede een corte daghregister, ende het tweede deel deser cromjcke (Chronique de Brabant et sa suite, avec le récit de tout ce qui est arrivé, ainsi que dans les provinces voisines, de plus important et de plus remarquable, tant en guerres, batailles et autres circonstances importantes, commençant avec et
depuis l'an deN.-S. Jésus-Christ 1726 et continué jusqu'en 1750, servant de suite à cette chronique et formant aussi un journal abrégé et une seconde partie). Volume in-4° marqué au dos : Cronyke van Brabant en VlaendÇeren), IP deel. Acquis du libraire Olivier, en 1873.