‹ Ville de BruxellesChapitre 6 sur 29 · CARTULAIRES ET RECUEILS DE PIÈCES SUR BRUXELLES · texte numérisé non relu

CARTULAIRES ET RECUEILS DE PIÈCES SUR BRUXELLES

31. — Het boeck metten hure ah a° 1229 tôt 1486, toi 1498, tôt 1507 (« Le livre aux poils, à partir de 1229 » jusqu'en 1486, jusqu'en 1498, jusqu'en 1507 »). Registre in-folio, avec reliure de bois recouvert de cuir blanc, encore en partie velu, avec fermoirs de cuivre. Le texte est écrit sur parchemin, et, jusqu'au f" 222, se compose de deux colonnes, sauf que la table, qui est placée en tête du volume, embrasse toute la largeur des folios. Indépendamment de la table, il y a 250 folios.

Ce beau volume, d'une importance capilale pour l'histoire de Bruxelles, est l'un des plus anciens que la ville ail conservés. Dans les inventaires ou fragments d'inventaires, il est quelquefois appelé en latin Liber crinium, le Livre aux poils. Ce qui prouve le prix que l'on y attachait, c'est que l'on y enregistrait solennellement, à l'occasion, les annulations de chartes. De là, les annotations qui se rencontrent en plusieurs endroits :

Au f° 6 v", au bas de la charte du 12 juin 1306, par laquelle le duc de Brabant Jean II rend aux sept lignages ou familles patriciennes l'autorité dans Bruxelles, charte qui est barrée, on lit :

« Lnt jaer 0ns LLeer dusent vier hondert ende een ende » twintich, op ten anderen dac/i der maent Augusti, soe »- loart by mijnen genedigen heer , den grave van Lynerj » ende van Saint Pot, ruwaert des lanls van Brabant, ende 1^ bi der Scepenen, Bourgemeesteren, Raidsluden ende den

» gemeynder stat van Bruessel, dese privilégie hier voere

» staphans, hegkinnende : Wy, Jan, enz., uten comme

» gehaelt en openhaerlic M den handen mynen genedighs

» heeren van Saint Pol voirscreven gecasseert, geschoert

» ende te nyeute gedaen, om die voirtane nemmermeer van

» gheenre werden te syne » .

C'est-à-dire :

Il En l'an de Notre,-Seignear 1431, le deuxième jour du raois Il d'août, mon gracieux seigneur le comte de Ligny et de Saint-Pol, // ruward du pays de Brabant, et les échevins, bourgmestres, conseil Il et commun de la ville de Bruxelles ont extrait du coffre (des Ar- « cliives) le privilège ci-dessus, commençant : Nous, Jean, etc., lequel a a été publiquement cassé, déchiré et mis à néant, afin de ne pouvoir Il plus être d'aucune valeur. «

D'autres annulations semblables ont été opérées en 1477, lors de la révolution communale qui amena pour quelque temps la suppression des lignages.

Au fo 10, sous l'intitulé de la charte du duc Jean II, du 28 juin 1306, attribuant aux échevins le droit de nommer tous les ans les huit (ou jurés) de la gilde et réglant le mode que Ton suivra pour cette nomination, se trouvent ces mots, ajoutés après coup :

» Gecasseert hy hertoghinnen Marien, met overdrage der drie leden Il van der stadt; c'est-à-dire : » Cassé par la duchesse Marie, en vertu Il d'une résolution unanime des trois membres de la ville. »

F" 19, sous l'intitulé d'une promesse faite aux lignages parle duc Jean II, en 1305, on lit : « Gecasseert is dese copie, daer men oec Il gheen originael af en vindt, by overdrage van de drien leden van der Il stadt a" XIIII^LXXFII (Cette copie, dont on ne trouve pas non " plus l'original, a été cassée, du consentement des trois membres Il de la ville, en 1477 .).

F" 25, sous une charte du 24 février 1333-1334, interdisant d'élire aucune personne de Bruxelles aux fonctions d'échevin, de doyen, de huit ou de valet de la Gilde et de doyen des tisserands ou des foulons, avant qu'un terme de six années se soit écoulé depuis sa sortie de fonctions, on voit cette phrase : * Dit voergaende privilégie es gecasseert Il met overdrage van den drie leden deser stad Brussel by lierioginnen Il Marien, thuerer incompste, X^ junii anno LXXFII (Le privilège Il qui précède fut cassé du consentement des trois membres de cette

» ville de Bruxelles, par la duchesse Marie, lors de son entrée, le " 10 juin 77). "

F" 69, sous l'intitulé de la charte dite de:i brief van der Kofsr {" la charte de l'élection «), charte des ducs Wenceslas et Jeanne, du 19 juin 1375, réglementant l'organisation des lignages, se trouve cette phrase : - DU privilégie was met overdrage van den drie

• leden van der stat ge.casseert by hertoginnev, Marieti tJmerer hicompisl « X jurai nnno Xllll<^ LXXVll (Ce privilège fut cassé du conseu- » tement des trois membres de la ville, par la duchesse Marie, lors " de son entrée, le 10 juin 1477). "

F" 86 v", à la fin de la charte du duc Henri I", du 30 mars 1234-1235, relative à l'élection annuelle des échevins et des jurés, on a ajouté : » Prixilegium originale prescripium, fuit die X* jurrii » anno Domini M CCCC LXXVll, ex précédente consensu et accordio ■ u trium memhrorum kujus opidi Brnxellensis fuit cancellaturn per « illustrissimam- dominam Mariam, ducissam Burgtmdie et Brabantie. ' in sua receptione , presentibtis domino Adolplio de Cleves. domino de

I Ravestein. suo locumtenente gerierali, et aliis dominis de suo consilio " (Le 10 juin de l'an de Notre Seigneur 1477, le prédit privilège, en " original, avec le consentement préalable et l'approbation des trois " membres de cette ville de Bruxelles, a été cancellé [ou annulé] par " la très illustre dame Marie, duchesse de Bourgogne et de Brabant,

• lors de sa réception solennelle, en présence du seigneur Adolphe de " Clèves , son lieutenant général , et des autres seigneurs de son " conseil).

F" 113. En marge d'une résolution des bourgmestres, échevins, receveurs et conseillers de la ville de Bruxelles, du 22 juin 1422, interdisant de provoquer une émeute ou une sédition, il est écrit • " Dates gecasseert by den lieere van Rave dey n, lieutenant gênerai onser •■ genediger Jouffroime, ende ter puyen vuytgeroepen op den ll^t,*" « dach der maent van meye af LXXVll (Ceci a été cassé par le

II seigneur de Ravestein, lieutenant général de notre gracieuse " demoiselle, et annoncé à la bretèque le 2« jour du mois de mai de • l'an 77). " La même résolution, mais dépourvue de date, se trouve également en copie, f'' 112, et est aussi barrée.

Au f-* 105, à la suite ou en regard de quelques-unes des prescriptions arrêtées par les échevins, les receveurs et les bonnes gens du Conseil de la ville, lors de la grande reddition des comptes de l'année 1418, le 20 décembre, et sanctionnées de nouveau le

17 mai de l'année suivante, on a placé des annotations curieuses.

A la suite de l'article comminant des peines contre ceux qui essaieraient de mettre à néant les pénalités comminées contre Guillaume Van den Berghe et Guillaume d'Assche, on lit : - Ende desgelyx is H geordineert bi d^r gemeynier stad dat dît poent aho wal geliouden Il sal werden van de goede knapen van de IX Natien in der stad die " diensie van den lieere dragen seleti of van anderen als voirscreven Il deet die men soude wille?i kiesen tôt horgermeesterscape, rentmeesu terscape, guldeekenscape of om gesworen raid in der cameren metten Il scepenen te sine, aise aen de goede luden van den geslechten gelyc e voirscreven steet (Et de même il a été ordonné par la ville en Il commun que ce point sera aussi bien observé par les bons valets » des neuf nations de la ville, ayant accepté un office du seigneur » ou d'autres comme il est écrit plus haut, que l'on voudrait choisir « pour être bourgmestre, receveur, doyen de la gilde ou pour être // conseiller juré dans la Loi avec les échevius, aussi bien que par les « bonnes gens des lignages comme cela est écrit pins haut) « .

En marge de l'article, où il est défendu d'accepter des offices du prince ou de quelque autre seigneur, il est écrit :

Item int jair M.CCGCXXFI was geordineert bi der gemeinder fitat dat dit point also wael dlenen sal voertane ende geliouden werden aen de borgemeesteren ende gesworene raiddude metten scepenen inclnys ter cameren behoirende , also op de andere dair tvoirscreven point mentie af maed (« Item, en l'année 1436, il a été ordonné par toute la " ville de Bruxelles que ce point sera observé et maintenu à l'avenir " par les bourgmestres et conseillers jurés, faisant partie de la Loi " avec les échevins, que par les autres dont il est fait mention dans le » prédit article. »

Mais plus tard ces statuts de l'an 1426 furent annulés à leur tour, comme le prouve l'annotation suivante, placée au bas du f** 105 et dont la dernière ligne est d'une lecture difficile : « Anna XIIII'^XXXI " VII januat'ii, secundum siilum Cameracense , Bourguimagistri , sca- « bi.ni, receptores, consules et plebs opidi Bruxellensis , in magna Il com,putacione dicti opidi, declaraverunt statuta liée cassata fore " anniJiilata per suos predecessores anno XIIII^XXI. . . concessjim " anno XX predicto XXIIII jiinii (En l'année 1431. le 7 janvier, " selon le style de Cambrai [7 janvier 1432], les bourgmestres, " échevins, receveurs, conseillers et peuple de la ville de Bruxelles, « lors de la grande reddition du compte, déclarèrent que les articles

" ici biffés ont été annulés par leurs prédécesseurs en l'année 1420 " (et en outre par la charte) concédée en l'an 20 prédit, le 2-i juin) - .

Ce volume appartient à plusieurs époques différentes et a été successivement continué, comme il est facile de s'en assurer par les différences d'écritures. Une première partie, f"^ 1 à 42, est écrite en lettres noires, avec intitulés et lettrines rouges; elle consiste en chartes datant des années 1229 à 156G, époque où le registre fut probablement commencé, mais sans que l'ordre chronologique sait observé. Des corrections et des additions attestent que les textes ont été revus d'après les originaux.

Du f" 42 au f" 82 s'étend une nouvelle série où l'encre est plus pâle, l'écriture plus trapue. Le rouge n'y est plus employé que pour tracer une ligne sous les intitulés des pièces. Ces dernières, sauf un petit nombre de documents appartenant à la deuxième moitié du xiii^ et à la première moitié du xiv" siècle, commencent vers 1557 et s'étendent jusqu'à l'année 1592. Elles se continuent ensuite, en observant un ordre assez régulier, jusqu'à la fin du xv' siècle. Seulement on rencontre çà et là une pièce appartenant à une époque antérieure et dont l'écriture tranche avec celle qui est adoptée par le copiste des autres pièces. Cette écriture, tantôt plus massive, tantôt plus fine, est en général contemporaine de la rlate des pièces, sauf pour le dernier des documents, qui appartient à l'année \AdS et n'a été copié dans le registre que vers la fin du xvi^ siècle. L'avant-dernière pièce (f* 255), après laquelle il y a trois folios entièrement blancs, porte la date de 1307. Mais c'est en 1486 que s'arrête véritablement la suite des pièces.

La table placée en tète du registre est en entier d'une belle écriture droite, régulière, très lisible, mais elle s'arrête au fo 220; plus loin on a ajouté quelques^indications incomplètes et d'une main différente.

. Entre autres annotations, citons celle-ci qui se trouve an bas du f^ 58 V^ :

« Régna Christianitatis.

» Vrancryke, Inghelant, Zweden, Norweghen, Deen- >' marken, Scollant, Avaren, Aelmamjnen, Byeem, Arre- » glioen , Cecilien , Major ken , Honglierien , Porteghale , » ISapels (ce mot est barré), Cypers, Spaengen, Craechou- » wen, Scollant, Arménien, Casteel, Grycken » .

C'est-à-dire :

« Règnes de !a chrétienté.

» France, Angleterre, Suède, Norwège, Danemarck, » Ecosse, Avares (Russie?), Aliemagne, Bohème, Aragon, » Sicile, xMajorque, Hongrie, Portugal, Naples, Chypre, «> Espagne, (doublé emploi avec les mots Aragon et Castille), » Cracovie (Pologne?), Scollant (?), Arménie, Castille, i> Grèce. »

Au-dessus du mot régna est une couronne en carmin.

Fonds ancien, coté B 2.

32. — Copie du précédent, in-folio sur papier, de t)66 folios numérotés, outre la table qui est placée à la lin du manuscrit. Sans indication extérieure, mais ititilulée à l'intérieur : Copie van 'l Boeck metlen liare. Ce beau manuscrit a, selon toute apparence, été exécuté aux frais de l'administration au xvii^ Siècle.

Les annotations relatives aux annulations de chartes n'y sont pas toujours reproduites, et on lit le mot : cassatum (annulé) à quelques endroits de i'inaex. Ce dernier est très bien l'ait, car il s'y trouve de nombreux renvois à des documents concernant le même objet. De plus, cet index peut servir pour les deux manuscrits, car on y indique à la fois la pagination dans het Oudt boeck et CNieu boeck.

Acquis de M. Van Tricht, libraire.

33. — Coren van Brussel, in-folio, sur vélin, relié en veau, doré sur tranche. Ce manuscrit comprend 295 pages, à deux colonnes, outre 5 folios contenant la table des matières des 91 premières pièces.

En tète du f' i on remarque une petite vignette représentant sur un fond d'or un prince (sans doute un duc de Brabant, un faucon sur le poing et ayant près de lui un

écusson écarlelé de noir et blanc). Une première partie du texte se divise eu deux fractions; l'une va de 1!2'29 à 1347, et, sauf une exception, les chartes s'y suivent dans l'ordre chronologique. Puis vient (p. 71) une deuxième série, allant de 1546 à 1575, et où une nouvelle écriture, plus petite et très caractéristique, succède à la première. Ici l'ordre des années est suivi avec moins de régularité, et l'on rencontre, au milieu de chartes datant du règne de Wenceslas et de Jeanne, des documents de la fin du xiii* et du commencement du XIV" siècle,

La page 125 est occupée par un exemple curieux de numénition en chiffres arabes, dont on détermine la valeur au moyen de leur concordance avec les chiffres romains, jadis les seuls en usage. On lit en tète cette explication : Quelibet figura posita in prima linea, quando ponitur sola, sine adjunctione alterius, significat seipsam. Posita vero in secundo loco, significat se decies, in lercio loco centuiii, in Jltl" loco mille, servata lamen significatione figura, (« Chaque chiffre posé en premier lieu, lorsqu'il est seul, » sans adjonction d'autre, a sa valeur propre. Mais, posé en » second lieu [c'est-à-dire devant un autre], il indique une » dizaine; posé en troisième lieu [devant deux autres], il » indique une centaine; posé en quatrième lieu [devant » trois auires], il indique un millier, et chaque fois le chiffre » conserve sa valeur »). On sait que chez les Arabes la numération, comme l'écriture, ne va pas de gauche à droite, mais de droite à gauche; on sait aussi que la numération en chiffres romains n'est pas basée sur les mêmes règles. Ce tableau, dont nous venons de parler, est très important pour déterminer la forme qu'affectaient aux xiv' et xv" siècle certains chiffres, tels que le 4, le 5, le 7, qui ditîéraieni, sensiblement C^qh chiffres actuels, comme on peut en juger par le tableau suivant :

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Au verso, on lit une explication, moitié mystique, moitié mathématique, du cycle solaire. L'intitulé : Cydus solaris aive cursus cyrometralis . Junctus erat digitis M ter C et octo sit L luis, semble indiquer que le volume a été fait en 15S8.

Vient ensuite, sur deux colonnes, une nouvelle table e( une série de documents appartenant aux xiii*, xiv^ et xV siècles, depuis 1254, date de la charte du duc Henri I" pour l'élection des échevins et des jurés, jusqu'en 1411, lorsque le duc Antoine de Bourgogne donna à la ville un étang à la porte de Hal. A la page 280, on a ajouté : d'abord l'indication que le duc Jean, à sa joyeuse entrée, avait juré ce don! son père Antoine avait promis l'observation, et rien de plus ; puis, le texte de la joyeuse entrée de Philippe de Saint-Pol, du 25 mai 1427.

Des actes (pp. 262 et 263) sont contresignés J. de Opstal, et la conformité de l'écriture prouve que ce secrétaire ou greffier du duc Antoine de Bourgogne est aussi le copiste d'une partie du registre. A la fin de ce dernier (à la page 295), on a reproduit une résolution du magistrat, du 7 novembre 1455, relative à l'interprétation du privilège dit du Meurire; mais en cet endroit le parchemin est altéré et ne permet pas la lecture intégrale de ce qui y est copié. Plus bas, on remarque la signature isolée d'un nommé Lucas ou Luc, qui est aussi, sans doute, celle d'un fonctionnaire communal.

Fonds ancien, B 11.

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