‹ Villégiature: comédie en un acteChapitre 5 sur 21 · SCÈNE TROISIÈME · texte numérisé non relu

SCÈNE TROISIÈME

LUCIE

Pourquoi pas, répondez. ••

JACQUES

J'ai, depuis un mois, le plaisir de vivre près de vous, près de lui, et jamais je ne me suis aperçu...

LUCIE

1 est bien clair que ce n'est pas quand vous êtes là !...

JACQUES

Vous m'étonnez, vous m'étonnez beaucoup.

LUCIE

C'est comme ça pourtant...

JACQUES

Voyons... certainement, Henri est un brave garçon... mais vous aurez beaucoup de peine à me faire croire...

LUCIE

Ah çà! quel intérêt avez-vous à me faire dire que je n'aime pas mon mari...

JACQUES

Moi, mais je n'ai aucun intérêt... Quel intérêt voulezvous que j'aie?...

LUCIE

Je ne sais pas, moi, ces demi-mots, ces allusions... Vous avez l'air d'un monsieur qui voudrait avoir l'air de savoir quelque chose...

JACQUES

Pas du tout ; je dis cela, vous savez... je dis cela comme je dirais n'importe quoi...

LUCIE

Vous feriez mieux de dire n'importe quoi... est-ee que je vous demande, moi, si cela vous ennuie qu'Adrienne s'en aille...

JACQUES

Ne parlons pas d'Adrienne...

LUCIE

J'en parle parce qu'elle est inattaquable...

JACQUES

Je sais bien, mais...

LUCIE, à pvt.

Le pauvre homme...

JACQUES

Hé?

Quoi?...

JACQUES

Vous et Adrienne, vous êtes les deux seules femmes en qui j'aurais une confiance absolue.

LUCIE

Vous êtes donc bien sûr de moi?...

JACQUES

Oui, et d'elle aussi...

LUCIE

A la bonne heure, mais alors pourquoi ne Toulez-yous pas que moi, de mon côté, je sois sûre de mon pauvre Henri...

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