‹ Villegiatures d'artistesChapitre 3 sur 18 · ÉTIOLLES · texte numérisé non relu

ÉTIOLLES

Château d'Étiolles, août 1896.

... En un coin du parc, la pièce d'eau met parmi les pelouses et les futaies une clarté de miroir qu'on ne peut deviner, Ventour étant fait de grands arbres qui la ceinturent de rameaux épais. Des peupliers, des frênes, des saules laissent pleurer leur feuillage dans Veau verte que frise le vent et qu 'ornent deux cygnes familiers à la blancheur glissante; leur cahute, au toit de chaume, est presque

dissimulée en un retrait de berge, non loin du petit pont qui relie à la rive un îlot étroit servant d'embarcadère pour les promenades en bateau.

L'endroit est très calme, très agreste, ne paraissant plus du tout fait de la main des hommes, les années, depuis le XVI IIe siècle, ayant paré le décor d'une vétusté merveilleuse.

Les oiseaux blancs, avec leur élégance insouciante, leur vie monotonement heureuse, leur béatitude d'isolement, semblent dater, eux aussi, du temps de la Pompadour, continuer de cette époque une absolue distinction de coquetterie.

Ils nagent, très lents, le col renversé entre les deux épaules, leurs ailes neigeuses faisant comme les bras d'une ottomane, c'est leur poitrail qui, à l'instar

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