VI | INTRODUCTION
Montréal, Villemarie! ville mondaine et pleine de piété, ville où les institutions de la charité et de la foi se multiplient comme par enchantement, où tous les vices 8e propagent avec une rapidité effrayante |
Telle est la ville dont M. Dupuy a voulu nous ra. conter les commencements.
Pour le faire, deux voies s'offraient à l'écrivain. On pouvait nous montrer Villemarie grandissant peu à peu, s'étendant de la Pointe-à-Callière, où était la première habitation, jusqu'au sommet de la colline, à l'ombre de l'église paroissiale, dont la flèche faisait briller au loin le double emblème de la civilisation. On pouvait, dis-je, nous montrer Villemarie se constituant en quelque sorte le rempart avancé de la civilisation contre la barbarie, présentant, en plein dixseptième siècle, les vertus siaples et héroïques de la primitive église. Le tableau n'aurait pas manqué d’une tertaine grandeur; mais, en définitive, nous n’aurions eu devant nous qu’un être collectif, impersonnel, dont les vertus nous auraient peu touchés.
La vie personnelle nous offre plus d’attraits, et nous inspire plus de dignité et de courage ; nous nous sentons portés vers celui qui marche droit dans le sentier de la vie, et qui ne recule pas devant le devoir. Ainsi de Maisonneuve, Closse, Dollard m'’enthousiasment quand ils portent le courage jusqu’à l'audace, sans manquer cependant aux règles de la prudence. Mademoiselle Mance, Sœ”r Bourgeoys n’ont peut-être pas les qualités les r'.s « duisantes de la femme, mais, ce qui vaut bien r + -elles en ont les vertus les plus dignes de respect et ‘admiration,--le dévouement de la charité porté jus, \ l’abnégation d'’elles-mêmes. Et les prêtres tels que «[M. de Queyius, Vignal, Lemaî. tre, Souart, Dollier de Casson, tous animés d’un même