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PREMIÈRE CÉLÉBRATION DE LA FÊTE DE L'ASSOMPTION

Les Associés de la compagnie de Montréal qui, au mois de janvier 1642, étaient déjà 35, se réunirent le 2 février suivant à l'église de Notre- Dame à Paris et, tous ensemble, consacrèrent l’île de Montréal et ceux qui devaient l’habiter un jour à la sainte Famille de Jésus, Marie, Joseph, sous la protection particulière de la très sainte Vierge.

Pour ratifer cette offrande, les premiers colons ui venaient d'arriver à Viilemarie résolurent e célébrer avec toute la pompe dont ils étaient

capables le 15 août 1642, fête de l’Assomption.

La chapelle, bâtie dans le Fort, n’était encore

que d’écorce ; mais propre et bien ornée. Ce

jour-là, on y plaça, pour lx première fois, le beau

tabernacle et les autres objets du culte que les Associés venaient d'envoyer de France. Pendant le saint sacrifice, on déposa sur l'autel un écrit contenant le nom de tous les Associés de la compagnie de Montréal, comme pour les rendre présents à cette touchante cérémonie et attirer sur eux les bénédictions de Dieu en récompense des iargesses et des sacrifices qu’ils s’imposaient pour fonder et secourir ce pieux établissement. Puis chacun des assistants reçut la sainte communion.

“ Nous chantâmes ensuite le Te Deum, rap- “porte le P. Vimont, en action de grâces de ce “que Dieu nous faisait la faveur de voir le pre- ‘“mier jour d'honneur et de gloire, la première “ grande fête de Notre-Dame de Montréal. Le ‘tonnerre des canons fit retentir toute l’île ; les “ démons, quoique accoutumés aux foudres, ‘furent sans doute épouvantés d’un bruit qui “parlait de l’amour que nous portons à la grande “ Maîtresse ; et je ne doute yas que les Anges “ tutélaires des Sauvages de ces contrées n'aient “marqué ce jour dans les fastes du paradis. ”

Pendant la célébration de la fête, une troupe d'Algonquins se trouvait à Villemarie; un des missionnaires leur adressa une allocution qui les impressionna beaucoup, mais ce qui les impressionna bien davantage, c’est la procession solennelle du vœu de Louis XIII, faite à la suite des vêpres, et à laquelle ils assistèrent. Ces prières, ces religieuses cérémonies pendant lesquelles, selon l’usage des églises de France, on pria pour le Roi, pour la Reine, pour les princes, enfin pour toute la France, émurent beaucoup les sauvages.

Après la fête, on alla visiter les grands bois

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entourant alors Villemarie ; arrivés an sommet de la montagne, d’où l’île de Montréal tire son nom, deux sauvages, s'arrétant, dirent aux Français: “Nous sommes de la nation de ceux qui ont autrefois habité cette île.” Puis étendant leurs mains vers les collines qui sont à l’orient et au sud de la montagne: ‘“ Voilà les endroits où il y avait des bourgades remplies d'une quan- “tité de sauvages; nos ennemis ©:n ont chassé ‘ nos ancêtres et c’est ainsi que cette ile est de- “venue déserte et inhabitée.”—"Mon grand-père, “disait un vieillard, a cultivé la terre en ce lieu ; “les blés d'Inde y venaient très bien.” Et preuant de la terre en ses mains: ‘“ Regardez la “ bonté de cette terre, elle est excellente. ”

Ces discours, qui montraient les dispositions paciliques et amicales des Algonquins, faisaient grand plaisir aux colons. Ils s’empressèrent d'inviter ces sauvages à s'établir auprès d'eux, les assurant qu'ils n'étaient venus que pour les rendre heureux, pour améliorer leur sort et surtout leur faire connaître Dieu, le vrai Dieu.

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