‹ Villemarie [microforme]Chapitre 22 sur 68 · M. DE MAISONNEUVE PORTE UNE CROIX SUR LA MONTAGNE · texte numérisé non relu

M. DE MAISONNEUVE PORTE UNE CROIX SUR LA MONTAGNE

Le Fort de Villemarie, établi par M. de Maisonneuve à la Place Royale, était situé dans un triangle, formé d’un côté par le fleuve Saint- Laurent et de l’autre par une petite rivière qui s'y décharge. Ce lieu, entouré d’eau, était très convenablement choisi pour mettre les colons à l'abri des attaques des sauvages. Or au mois de décembre 1642, le Saint-Laurent déborda extraordinairement et couvrit tous les environs du Fort. Bientôt la petite rivière, sur la rive de laquelle le Fort était construit, déborda à son tour.

En présence de ce danger si redoutable pour la colonie naissante, M. de Maisonneuve conçoit le projet d'aller planter une croix au bord de la rivière, pour obtenir “ qu’il plût à Dieu de la retenir dans son lit, si cela devait être pour sa gloire, ou qu'il fit connaître dans quel autre lieu il voulait être servi. ”

Après avoir fait part de ce projet aux PP.

Jésuites et l'avoir communiqué aux colons dans un écrit qu'il fit lire en public, M. de Muisonneuve, entouré des colons, unissant leurs prières aux siennes dans cet acte de foi, s’avance au bord de la rivière, plante la croix sur laquelle il attache écrit, et promet à Dieu d'aller porter, lui seul,

une autre croix sur la montagne de Montréal, s’il daigne exaucer sa demande.

Mais Dieu voulait sans doute purifier la foi de ces pieux colons, comme il perfectionna autrefois celle d'Abraham par les extrémités auxquelles il l’exposa. Les eaux ne s'arrêtèrent pas ; elles roulaient de grosses vagues, qui eurent bientôt rempli les fossés du Fort, et s'élevèrent enfin jusqu'au seuil de la porte.

Le péril était extrême ; à tout instant les colons s’attendaient à voir les eaux furieuses entraîner les logements mêmes où étaient enfermés les munitions de guerre, les effets et les vivres nécessaires à leur subsistance. La foi de ces pieux chrétiens n'était cependant pas ébranlée ; leurs prières montaient plus ardentes vers Dieu ; M. de Maisonneuve, surtout, espérait

ue toutes ces supplications seralent exaucées. Hientôt en effet les eaux s'arrêtent, elles stationnent quelque temps encore au seuil de la porte, puis se retirent lentement......La colonie était sauvée!

Plein de reconnaissance envers la bonté divine, M. de Maisonneuve s'occupe de réaliser sa promesse. Des ouvriers ouvrent un chemin qui doit conduire du Fort à la montagne, d’autres travaillent à faire la croix, et lui-même met la main à l'œuvre pour les encourager et les exciter.

Le jour de l’Epiphanie, 6 janvier 1648, est le jour fixé pour la cérémonie. Après la bénédiction de la croix, une procession se forme à la suite de laquelle marche M. de Maisonneuve, portant sur son épaule la croix très pesante, dans des chemins très difficiles, pendant l’espace d’une lieue. D'autres colons portaient les pièces de bois devant servir au piédestal et à l’autel. Enfin lorsqu'on fut arrivé au sommet de la montagne M.

de Maisonneuve y planta Yui-même la croix, où

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l'on avait enchassé de précieuses reliques. Le P. Duperron célébra ensuite, sur l'aute placé au pied de la croix, le saint Sacrifice, pendant lequel eurent lieu de nombreuses communions.

Cette croix devint depuis ce jour l'objet de pieux pèlerinages,

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