‹ Villemarie [microforme]Chapitre 34 sur 68 · ORIGINE DE CATH. PRIMOT ; SON MARIAGE AVEC CH. LE MOYNE · texte numérisé non relu

ORIGINE DE CATH. PRIMOT ; SON MARIAGE AVEC CH. LE MOYNE

Jusqu'en 1654, il n'y avait eu à Villemarie que dix mariages entre Français, parce que les seigneurs n'avaient point voulu multiplier les mariages, pour ne pas charger la colonie de personnes impropres au métier des armes, Mais depuis l’arrivée de la recrue, M. de Maisonneuve qui, ainsi que l'avait fait Mille Mance, lors de son retour de France en 1650, avait ramené avec lui quelques vertueuses filles, s'occupa activement de pousser ses hommes au mariage. Treize mariages furent célébrés en 1654, à Villemarie, Nous allons parler de celui de Catherine Primot avec Charles Le Moyne, parce que de cette union naqurent onze enfants, parmi lesquels le célebre d'Iberville.

Catherine Primot était fille de Guillaume Thierry et d’Elizabeth Messier, du diocèse de Rouen ; mais étant âgée seulement de un an, ses parents la confièrent à Antoine l’rimot et à Martine Messier, son épouse, qui, étant sans enfants, voulurent en prendre soin, l'élever comme leur fille, et se donner ainsi une héritière. Ses parents adoptifs passant au Canada, pour se dévouer à l’œuvre de Montréal, l’amenerent avec eux et, comme les soins dont ils l’entouraient et leur tendres se pour elle étaient ceux d’un père et d’une mère, elle fut considérée dans toute la colonie comme leur propre fille et appelée de leur nom Catherine Primot, Sa mère adoptive, femme d’un grand courage et d’une haute vertu, donna à la jeune enfant l'éducation la plus forte et Ja plus chrétienne. (Catherine fut digne d'une telle mère. Dès l’âge de quatorze ans, elle montrait déjà qu’elle serait une tuère

de famille accomplie et un modèle de vertu pour la colonie. Charles Le Moyne, cet homme si vertueux, ce parfait chrétien, charmé des qualités solides et de Ja grande piété de Catherine, voulut obtenir sa main, et pour qu'aucun autre ne lui fût préféré, il passa, avec les parents de Catherine, un contrat par lequel il s’engagea à l'épouser prochainement sous peine de leur donner six cents livres en cas de dédit de sa part. De leur côté, les parents de Catherine devaient payer la même somme à Ch. Le Moyne, s'ils venalent à manquer à leur parole.

Le mariage eut lieu le 28 mai 1654. Les Seigneurs et M. de Maisonneuve voyant ce mariage avec grand plaisir ; aussi pour favoriser les nouveaux 6 poux leur donnèrent-ils, au quartier de la pointe Saint-Charles, quatre-vingt-dix arpents de terre, situés entre le Saint-Laurent et la terre de Jean de Naint-Pere, ce qui ne s'était jamais fait à Villemarie. M. de Maisonneuve leur accorda, en outre, le privilège de chasse et de pêche, le droit d'usage sur la prairie Saint- Pierre et celui de prendre du bois pour leur chauffage dans la commune ou sur le domaine des Seigneurs. I] leur donna enfin dans le lien désigné pour la ville l'arpent sur lequel Charles Le Moyne avait fait construire une maison près de l'hôpital,

Six ans plus tard, Antoine Primot et son épouse, afin que Catherine eût droit à leur héritage, adoptèrent légalement, devant M. de Maisonneuve, chargé de rendre la justice, leur fille d'adoption, que les colons et Charles Le Moyne avaient toujours crue être leur véritable fille.

CILAPITRE XI.

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