‹ Villemarie [microforme]Chapitre 44 sur 68 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

GRAVE ACCIDENT ARRIVÉ A Ml° MANCE. -— SON DÉPART POUR LA FRANCE.—SA GUÉRISON PAR LE CŒUR DE M. OLIER.

Le 28 janvier 1657, Mlle Mance fit sur la glace une chute si malheureuse qu'elle se brisa l’'avantbras droit et se démit le poignet. Etienne Bouchard, chirurgien, venu en 1653 à Villemarie et attaché par contrat à la colonie pour cinq ans, lui donna les premiers soins. Il reconnut que les deux os de l’avant-bras étaient brisés, mais il ne s’aperçut pas de la dislocation du poignet. Il ne reconnut cette dislocation que six mois après lorsqu'il n’y avait plus possibilité d'y porter remède. Les souffrances éprouvées par Mlie Mance étaient si grandes que parfois elles lui donnaient des crises nerveuses pendant lesquelles quatre hommes avaient grand'peine à la tenir sur son lit. La dislocation du poignet amena un amaigrissement excessif du bras, quoique la fracture füt guérie. “Je demeurai

‘tout à fait privée de l'usage de la main, écrit “ Mlle Mance, et de plus j'en souffrais beau: “coup. J'étais obligée de porter toujours mon à “‘ bras en écharpe, ne pouvant le soutenir autre-

‘ ment, ou sans quelque autre appui. Depuis

“ Je moment de ma fracture, je ne pus m'aider

‘ ni me servir de ma main en aucune manière, “nien avoir la moindre liberté, en sorte qu’il

ae) VILLEMARIE,

“me fallait habiller et servir comme un enfant.”

Au milieu de ses souffrances, l'arrivée à Ville marie des Messieurs de Naint-Sulpice fut une grande joie pour Mile Mance, qui les désirant depuis si longtemps, et sa joie fut d'autant plus grande que ces Messieurs l'informerent du compromis que les Associés avaient passé avec Îles filles de Noint-Joseph de la Fleche pour leur donner la conduite de l'Hôtel-Dieu.

À cette heureuse nouvelle, Mile Mance, se voyaut par suite de lintirmité de son bras, complètement incapable de s'occuper de l'Hôtel- Dieu, dont elle était cependant l'administratrice à vie, de par l'acte de fondation, désirait passer en France. ‘“ Ne serait-il pas bon, disait- “elle à M. Queylus, que j'allasse trouver la fon- “ datrice pendant qu'elle est encore vivante, et

qu': je parlasse aussi aux messieurs de la Com-

pagnie de Montréal, afin d'obtenir de la fondutrice, s'il se peut, un fonds pour des reliœieuses. La Compagnie n’est pas en état de faire elle-même cette fondation et moi de mon côté je ne puis plus soigner les malades. Si je réussis, je tâcherai d'amener ces bonnes hospi- “talières de la Flèche.” M. de Queylus ayant AR Lr approuvé ce projet, Mile Mance décida à partir.

lle confia tous ses pouvoirs d’administratrice de l'Hôtel-Dieu à une jeune personne, Mile de la Bardillière, en lui fuisant les recommandations nécessaires ; puis avec la sœur Bourgeoys, qui s'était offerte à l'accompagner en France, afin de lui donner ses soins, elle quitta Villemarie le 29 septembre 1658.

Les deux voyageuses ne purent partir de Québec que le 14 octobre suivant. Elles s’embarquèrent sur un vaisseau où, sauf cinq ou six marins catholiques, tous les autres étaient

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