‹ Villemarie [microforme]Chapitre 8 sur 68 · INTRODUCTION, XI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION, XI

“ autres ecclésiastiques s'occuperont à l'instruction “ des enfants des sauvages et des Français, habitants “ de ladite île. [1 y faudra encore un séminaire de re- “ ligieuses pour instruire les flles sauvages et les “ françaises, et un hôpital pour y soigner les pauvres “ sauvages quand ils seront malades. Enfin, toutes ces “ choses étant en bon état, on ne pensera qu’à bâtir “ des maisons tant pour loger quelques familles fran- “ çaises, notamment les ouvriers nécossaires au pays, “ que les jeunes gens mariés qui auraient été instruits “ au séminaire, et les autres sauvages” convertis qui “ voudraient s’y arrêter, On leur donnera quelques “terres défrichées, des grains pour les semer, des “ outils et des hommes pour leur apprendre à les cul- “tiver. Au moyen de ces mesures, les associés espè- “ rent de la bonté de Dieu voir en peu de temps une ‘“ nouvelle église, qui imitera la pureté et la charité de “la primitive ; ils espèrent encore que, dans la suite, “ eux-mêmes et leurs successeurs, étant bien établis “ dans l’île de Montréal, pourront s'étendre sur les terres et y faire de nouvelles habitations, tant pour la commodité du pays que pour faciliter la conver- ‘ sion des sauvages.”

Par ce document, on voit que le but de la Société de Montréal n’était pas de faire de la colonisation comme on l'entend aujourd’hui; elle ne se proposait pas, pour peupler l’île de Montréal, d’attirer de nombreux colons français en leur distribuant immédiatement des terres, et en leur accordant d’autres avantages: ce ne devait être là pour elle qu’une entreprise secondaire et indirecte. Son but principal était la conversion des sauvages, puis leur civilisation. Pour les convertir, il suffisait d’aller les évangéliser chez eux; mais, pour les civiliser, il fallait les arracher à leurs forêts, leur

XTI INTRODUCTION.

donner de nouvelles habitudes, et leur fournir d’autres moyens de subsistance que la chasse et la pêche.

Tel est le point de vue où se plagaient les associés, et c'est pour n'y avoir pas assez fait attention qu’on n'a pas toujours bien compris les commencements de Montréa!.

Les associés se proposaient donc de réunir à Montréal, d’abord les sauvages adultes convertis au christiahisme, et leurs enfants instruits au séminaire qu’on devait fonder, puis les Français désireux de contribuer à cette œuvre apostolique, soit comme colons, soit comme simples ouvriers. M. Olier, dans les Véritables motifs, exprime à peu près les mêmes vues. ‘ Dieu, “ disait-il, semble avoir choisi cette situation agréable “ de Montréal...pour y assembler un peuple de Fran- “ çais et de sauvages pour les rendre sédentaires, les “ former à cultiver les arts mécaniques et la terre, les “unir sous une même discipline, dans les exercices de “ la vie chrétienne, chacun selon sa force, complexion “et industrie, et faire célébrer les louanges de Dieu “en un désert où Jésus-Christ n'a jamais été nommé, “ naguère le repaire des démons, maintenant par sa “grâce, son domicile, et le séjour délicieux des “ anges (1).”

C’était l’idée, sinon le plan, des réductions du Paraguay transportée sur les rives du Saint-Laurent.

Ce plan ne devait pas se réaliser.

(1) Vérilables molifs, etc., page 14, édit. de Montréal ; Cfr. Relalior, 1642, p. 37, 1ère colonne, édit. de Québec.

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