VERS L\ FIN DU QUINZIÈME SIECLE
En écrivant l'histoire des villes Anseatiques, nous nous sommes surtout occupés de celles qui eurent à prendre le plus de part aux événements; et il a suffi de designer les associés d'un rang très-inférieur, qui ne participèrent que faiblement aux opérations communes. Vouloir s'arrêter au détail de leurs annales, c'aurait été s'égarer dans un obscur labyrinthe, et faire dégénérer en chroniques particulières un ouvrage d'ensemble, et un récit qui ne doit embrasser que les faits digues de mémoire.
Nous avions surtout à peindre l'influence que la Ligue Anséatique exerça sur l'Europe entière, l'esprit d'association qui constituait sa force , et l'empressement qu'eurent un grand nombre de villes à mettre sous son égide leurs intérêts et leurs libertés.
Toutes ces villes , dispersées sur les rivages de la mer ou sur ceux de quelques rivières navigables, pouvaient avoir entre elles de faciles communications, et se prêter des secours mutuels : elles formaient de proche en proche une longue chaîne, dont tous les anneaux se correspondaient; et la variété de leurs richesses territoriales ou des produits de leurs manufactures leur permettait d'utiles échanges, et devenait pour elles un nouveau principe d'union.
Pour ne pas interrompre le cours de l'histoire , et pour ne négliger néanmoins aucune remarque, propre à faire mieux connaître l'ensemble et la situation des membres de la Ligue
Anséatique, nous avons réservé pour cette notice supplémentaire quelques observations sur toutes les villes plus ou moins importantes, et sur les comptoirs qui appartenaient à cette Ligue, vers la lin du quinzième siècle. La plupart de ces articles pourraient avoir plus d'étendue; mais comme ils se rattachent à d autres documents déjà compris dans cet ouvrage, ils ne peuvent en être que la continuation, et nous devons nous abstenir de rentrer dans les mêmes développements.
Anclam, ville de Poméranie, située sur la Pêne, était d'abord ouverte, comme toutes les anciennes villes d'Allemagne; elle fut entourée de murailles vers la fin du douzième siècle. La Poméranie, qui s'étend le long des rives méridionales de la Baltique, avait fait autrefois partie du royaume des Vendes : elle eut ensuite ses ducs particuliers; puis elle fut partagée entre la Suède et la Prusse , qui la possède aujourd'hui en totalité.
Andernach , sur la rive gauche du Rhin, entre Cologne et Coblentz, avait été dans l'origine une forteresse romaine, connue sous le nom d'Antenacum. En 876 il se livra dans son voisinage une sanglante bataille entre l'empereur Charles le Chauve et son fils Louis de Germanie : les droits de ville libre et impériale lui furent accordés au commencement du 13e siècle, et la navigation du Rhin et de la Moselle favorisa son commerce.
L'UNIVERS
Anvers, où fut transporté le comptoir que les villes Anséatiques avaient eu longtemps à Bruges, est situe sur l'Escaut, qui reçoit dans son lit les plus grands navires : son commerce maritime et continental fut trèsétêndu, niais il perdit une partie de sa prospérité pendant la guerre de l'indépendance des Provinces-Unies, et les plus riches négociants se retirèrent à Amsterdam.
Arnheim, nommé Arnoldi villa dans un diplôme impérial de 996, est situé sur le Rhin , a peu de distance i\u canal que Drusus lit creuser autrefois, pour dériver une partie des eaux de ce fleuve, et pour les jeter dans l'Yssel. Cette ville devint la résidence des anciens ducs de Gueldre, et Ton rassembla leurs tombeaux dans l'église de Saint-Eusèbe.
Ascherleben, placée au confluent de l'Emer et de la Wipper, est le berceau de la maison d'Anhalt. Ces princes avaient d'abord le titre de co-vtes d'Ascanie, et l'on voit encore quelques vestiges du château de ce nom. Un lac très-considérable s'étendait autrefois entre cette ville et celle de Gadersleben : le dessèchement en fut commencé en 1703 ; on en fit écouler les eaux par un canal de dérivation, et ce vaste bassin fut converti en prairies et en terres labourables.
Bergen, était un des comptoirs des villes Ànséatiques, et il est encore la plus importante place de commerce de la Norvège. Son château fut construit en 1070, et fut la résidence habituelle du souverain, avant le traité de Calmar, qui réunit sur la tête de Marguerite les trois couronnes du Nord.
Cette ville a été plusieurs fois ravagée par des incendies ; mais les avantages de sa situation ont toujours porté les habitants à ne pas l'abandonner et à la relever de ses ruines. Les Anséates y avaient réuni dans un même quartier leurs habitations et leurs vastes magasins : ils y jouissaient de leur administration, de leurs franchises , et ils y entretenaient un grand nombre d'élèves , pour leur faire acquérir les con-
naissances et l'expérience nécessaires aux opérations du commerce. Bergen eut pour évèque Éric Pontoppidan, auteur de plusieurs ouvrages historiques sur le Danemark et la Norvège.
Berlin, est situé sur la Sprée, dont les eaux réunies à celles du llavel vont ensuite sejeter dansPEIbe.,etassurent au commerce une ligne de communication avec l'Océan. Cette ville fondée par Albert l'Ours, margrave de Brandebourg, eut pour premiers habitants des colons d'Allemagne, des Pays Bas etdu Rhin. Sa prospérité commerciale et manufacturière a toujours été en s'agrandissant : sa population est aujourd'hui de près de deux cent mille âmes ; et ses bibliothèques, ses muséums, ses cabinets d'histoire naturelle et d'antiquités, ses académies, et toutes ses institutions scientifiques et littéraires, la placent au rang des villes les plus remarquables et les plus éclairées.
Bielfeld, en Westphalie, près des sources de la Lutter, un des affluents du Wéser, occupe plusieurs milliers de tisserands : ses toiles ont un grand débit : sa maison des orphelins est en même temps une manufacture :
d'autres fabriques de quincaillerie, de tissus et de lainage y sont établies.
Bolswerde , dans la Frise, à deux lieues du Zuyderzée, et à la jonction de plusieurs canaux navigables, renferme des fabriques d'étoffes de laine : on élève des bestiaux dans le voisinage; et il s'y fait un grand commerce de produits agricoles ou manufacturés.
Boxtehude , est une petite ville , située dans le duché de Brème, entre Stade et Haarbourg. L'empereur Rodolphe 1er lui accorda ses franchises en 1273 : elle fut bientôt entourée de murailles; et dans la suite elle soutint deux sièges, l'un contre le ducdeBrunswick en 1424, et l'autre contre Mansfeld en 1553 : ses ennemis ne purent pas s'en emparer.
Brandebourg, est arrosé par le Havel , un des principaux affluents de l'Elbe. L'empereur Henri l'Oiseleur
l'avait enlevé aux \ endcs en 928 :
Othon le Grand y fond,» uo évéché; et eettfl ville, après avoir plusieurs fois changé de mat très, Domine il ar-
am marches ou paya frontières, passa au margrave Albert l Ours, qui la transmit a la maison de Prusse. On y conserve plusieurs tableaux de Cranaeh , ami de Luther, et un des plus anciens peintres d'Allemagne.
Buaunsrkkg , ville de la Prusse orientale, est située sur la Passarge, oui va se jeter dans le Frisch-Haff : elle fut bâtie en 1252, et l'évéque de Prague, Bruno, lui donna son nom. On la divisait en vieille et nouvelle ville : Tune et l'autre avaient une enceinte séparée, et on les réunit ensuite dans les mêmes murailles et sous une commune administration , qui prit pour rèiile les statuts de Lubeck. Braunsberg était la résidence de l'évéque de Warmia : elle appartint successivement a l'Ordre Teutonique, à la Pologne , à la Prusse. Son commerce est considérable en blé, en toiles, en bois de construction.
Brème, dont la fondation remonte à l'année 788, renferme de nombreux établissements de bienfaisance et d'humanité, pour les malades, les pauvres, les vieillards, les mariniers, les orphelins. Ses brasseries, ses fabriques de toute nature, sa navigation donnent un grand développement à sou commerce avec l'étranger, et son pavillon se montre dans toutes les mers. Brème est la patrie du célèbre astronome 01bers; elle est celle de Heeren , un des meilleurs historiens modernes.
Bruges, ancienne ville des Pays- Bas, était fortifiée en S37 : elle s'accrut de siècle en siècle, et devint la place de commerce la plus importante du moyen âge : un canal , creusé entre Bruges, Damme et l'Écluse, assurait les communications jusqu'à la mer.
Marguerite de Flandre, lille de Beaudouin, empereur de Constantinople, fit entourer cette ville d'une seconde enceinte, qui fut agrandie dans le siècle suivant par Philippe le Bel.
Bruges était la résidence des comtes
de Flandre; elle fleurit également sous
les dues 4e Bourgogne : les Anséates
y avaient un comptoir et un des plus riches entrepôts de leur commerce.
Cette vil!e,s*etant révoltée contre I empereur \la\inulien. ('[trouva toutes les
rigueurs de la guerre et Ait dépouillée
de ses anciens privilèges : Anvers hérita d'une partie de son commerce, qui alla ensuite enrichir Amsterdam.
Brunswick, est arrose par l'Ocker, qui est navigable et oui vase jeter dans l'Aller, principal affluent du Weser.
Cette ville fut entourée de murailles dans le 13e siècle : il s'y joignit bientôt plusieurs faubourgs qui furent également fortifiés, et Henri le Lion les comprit dans une seule enceinte.
Pendant l'anarchie du moyen âge, les occasions de guerre étaient si fréquentes et l'on était tellement exposé aux invasions, que l'on cherchait d'abord à mettre les villes en état de défense. Les franchises et les privilèges qu'elles obtinrent ne s'étendaient pas au delà de leurs murailles : les mêmes droits furent ensuite accordés aux faubourgs; et d'autres concessions les étendirent même jusqu'àla banlieue. Plusieursvilies,que la navigation, l'industrie et le commerce avaient enrichies, trouvèrentdans ces prérogatives le principe de leur indépendance.
Campen, près de l'embouchure de l'Yssel , jouissait de la navigation du Zuyderzée et fusait un commerce très-étendu, avant que les sables qui se sont amoncelés à l'entrée de ce fleuve l'eussent fermé aux grands navires. Cette ville compte au nombre de ses hommes remarquables Albert Pighius et son neveu, hommes de lettres et savants antiquaires.
Coësfeld, grande ville du duché de Munster, est bâti dans une belle plaine, où se réunissent les différentes sourcesduBorkel, qui dirigeson cours vers l'Yssel : elle fut ravagée par un incendie en 1591, et ne recouvra plus son ancienne importance.
Colberg, Colobreda, est une ancienne ville de la Poméranie orientale :
L'UJNIVERS.
elle est arrosée par la Persante, et voisine delà mer Baltique. Boleslas, premier roi de Pologne, y fonda un évêché dans le onzième siècle. Des sources d'eau salée coulent aux environs ; et l'on y établit autrefois des salines, dont l'exploitation épuisa les forêts voisines. Les Suédois s'emparèrent de Colberg en 1641, et cette ville fut réunie à la Prusse par le traité de Westphalie.
Cologne , où s'étaient d'abord établis les Ubiens qui étaient alliés de Rome , fut bientôt agrandie par la colonie romaine que l'impératrice Agrippine y fit placer. Les Francs s'en emparèrent au cinquième siècle.
Cette ville devint ensuite l'entrepôt d'un commerce considérable entre l'Allemagne et la Hollande. Othon le Grand lui accorda tous les privilèges des villes libres et impériales, et la mit sous la protection de Brunon, son frère, qui en était archevêque. On lui donnait le titre de Rome d'Allemagne, pour sa grandeur, et celui de ville sainte, pour le nombre de ses églises. Cologne est la patrie de Rubens.
Culm, près de la Vistule, fut fondé en 1223 par l'Ordre Teutonique, qui en fit un boulevard contre les Prussiens et d'autres nations encore idolâtres. Cette ville devint le siège d'un tribunal, dont les règlements acquirent une grande célébrité : le droit de Culm fut ensuite reçu en Prusse et dans le duché de Maso vie.
Cette ville changea plusieurs fois de souverain, pendantles guerres de l'Ordre Teutonique avec la Pologne. Son commerce ne fut jamais très-considérable; mais lorsque les Grands-Maîtres de qui elle dépendait furent devenus protecteurs de la Ligue Anséatique, Culm, qui en faisait déjà partie, fut intéressé à se maintenir dans cette association.
Dantzig, Gedanum, est situé sur la Vistule, à deux lieues de son embouchure où s'élève le fort de Weichselmunde. Cette ville, fondée dans le dixième siècle, fut agrandie par l'Ordre Teutonique qui l'entoura d'une
nouvelle enceinte. Les habitants se mirent en 1454 sous la protection de Casimir IV, roi de Pologne, obtinrent de se gouverner par leurs lois, et conservèrent leurs privilèges , au nombre desquels était celui de battre monnaie.
L'étendue du commerce de cette ville en fit accroître la population jusqu'au nombre de quatre-vingt mille âmes.
Dantzig était le principal entrepôt de la Pologne, dont les blés , les bois et les autres productions devaient être exportés vers les contrées du Nord et de l'Occident. Philippe Cluvier, un des plus savants géographes de son siècle , naquit dans cette ville en 1580. Demmin, en Poméranie, situé au confluent de la Trébel et de la Pêne, reçut en 1128 le christianisme. Ses fabriques de toile, ses tanneries, ses distilleries de genièvre, ses brasseries avaient donné une grande activité à son commerce ; mais la concurrence des autres villes lui en enleva une partie.
Deventer, sur l'Yssel , qui va se jeter, plusau nord, dans le Zuyderzée, reçut de l'empereur Othon le Grand ses privilèges de ville libre : elle avait ses magistrats, son corps de bourgeoisie , ses propres institutions, et elle se joignit à la Ligue Anséatique, en même temps que plusieurs autres places de l'Over-Yssel.
Dorpat, en Livonie, sur les bords de l'Embecke , qui coule entre les lacs de Peipus et de Wortzy, fut bâti au commencement du onzième siècle :
l'Ordre Teutonique s'en empara en 1210, et il y fonda un évêché; mais cette ville se souleva contre lui, et fut successivement prise et reprise par les chevaliers Porte-glaives, les Polonais, les Suédois et les Russes qui la possèdent aujourd'hui.
Dortmund , en Westphalie, située sur l'Ems, au midi de Munster, est une ancienne ville impériale : Charlemagney eut un palais. Les Huns, qui envahirent cette contrée en 937, y essuyèrent une sanglante défaite. La possession en fut longtemps disputée entre les archevêques de Cologne et
VILLES UISÉATIQUES.
les comtes de la Marck (jui Paraient reçue de Gharlemagne ; mais ses privilèges de ville impériale lui turent confirmés en 1832 par l'empereur Louis de Bavière, et ils le lurent ensuite par Charles IV. Son commerce était considérable.
Duisbourg, ancien bourg teutoniquedans le pays de Clèves, est situé près du Rhin , entre la Koer et l'Anger. 11 devint ville impériale, et fut placé sous l'avocatie des ducs de Limbourget de Berg. Hodolphe confirma en 12«)0 les privilèges de cette ville : il s"y fait un grand commerce d'expédition et de transit entre l'Allemagne et la Hollande; et l'on exporte par cette voie la plupart des quincailleries et des autres articles fabriqués dans le duché de Berg. Gérard Mercator, dont les ouvrages géographiques sont justement estimés, mourut dans cette ville en 1594, et laissa à son fds l'héritage de sa réputation et de ses connaissances.
Eimbecke, dans la Basse-Saxe, est arrosée par la rivière d'FIme qui se jette dans la Leine, un des principaux affluents de l'Aller. Une chapelle qui attirait un grand nombre de pèlerins devint l'origine de sa fondation. Il fallut bâtir des maisons pour loger ces voyageurs, et il se forma un village qui s'agrandit incessamment. Ce lieu devint bientôt une ville, que l'on entoura de murs, de tours et de fossés.
Eimbecke eut àsoutenir différents sièges; elle fut incendiée plusieurs fois, surtout vers le milieu du seizième siècle, et eut beaucoup à souffrir pendant la guerre de Trente Ans.
Elbing, sur la rivière d'Elbelach, entre le lac Drausen et le Frisehe- Haff, fut fondé en 1239 par l'Ordre Teutonique, et obtint bientôt ses premières franchises. L'ancienne ville avait une enceinte de murailles, et la ville neuve en eut également une. Le château d'Elbing fut détruit par la bourgeoisie en U54; et cette ville, s'étant détachée de l'Ordre Teutonique, se mit sous la protection de la Pologne.
Le commerce que fait Elbing par
la navigation du rrische-Haff occupe un grand nombre de navires; mais le peu de profondeur de ce lac maritime, qui n'est sépare de la Baltique que
par une longue suite de dunes, connue sous le nom de Nehrung, ne permet pas aux grands vaisseaux qui viennent de la haute mer d'arriver a Elbing avec toute leurcharge : souvent ils s'allégenten passautdevant Pfllau,et c'est aussi le point où les navires venus d'Elbing ont à compléter leur chargement.
Elboubg , dans le pays de Gueldre, est un port du Zuyderzée : on y fait une pêche abondante, et il s'y tient de grands marchés de grains /de bois, de bestiaux et de poissons. Cette ville a éprouvé le sort de la plupart des autres places maritimes de cette contrée, dont la navigation et le commerce se sont concentrés à Amsterdam.
Emmebic, lieu situé sur la rive droite du Rhin et dans le duché de Clèves, ne fut d'abord qu'un chapitre collégial : il était placé sous le patronage des comtes de Gueldre et de Zutphen; et la ville, qui se forma et s'agrandit autour du chapitre , fut entourée de murs en 1247 : on y établit des tanneries, des brasseries, des fabriques de toiles et d'étoffes de laine.
Francfort, sur l'Oder, était désigné dans quelques anciens titres sous le nom de Vranchin-Furth : il paraît que les .Francs s'y étaient ouvert un passage entre les deux rives du fleuve, lies privilèges de cette ville datent de 1257 : le margrave Jean y établit un entrepôt de commerce : l'université fut fondée en 1506, et les premiers professeurs furent appelés de Leipziek .
Le marché de Francfort s'agrandit rapidement; mais cette ville éprouva ensuite plusieurs fléaux, dont elle ne put se relever : elle fut ravagée par deux incendies en 1570 et 1574, et fut prise d'assaut en 1630 par les Suédois, qui passèrent au fil de l'épée une partie de sa population . Son commerce est surtout alimenté par les fabriques de Silésie.
L'UNIVERS
Goettingite, situé dans une vallée fertile, est arrosé par la Leine, qui va se réunir à l'Aller, un des affluents du Wéser. Henri l'Oiseleur lui accorda ses premières chartes : les empereurs suivants possédaient cette ville; et, après la mort d'Othon IV, elle passa au duc de Saxe Henri le Lion. Ce fut une des premières villes de l'intérieur qui entrèrent dans la Ligue Anséatique :
son gymnase fut institué en 1530, et la juste réputation dont jouit son université s'est répandue dans tous les pays.
Golnow, en Poméranie, est arrosé par l'Hine, qui va se jeter dans la vaste embouchure de l'Oder. Son territoire renferme de vastes bruyères , et il est plus riche en forêts qu'en terres labourables. L'activité de son commerce maritime l'avait rendue florissante ; mais elle fut ravagée plusieurs fois par des incendies.
Ce fléau était commun dans le moyen âge, où les édifices étaient généralement construits en bois. En relevant les villes, on tes laissait exposées aux mêmes dommages, parce que les moyens de construction n'avaient pas changé. La rareté delà pierre, dans les contrées d'alluvion que mouillent les flots de la Baltique , explique l'emploi continu des mêmes matériaux, surtout à une époque où l'usage de la brique était beaucoup moins répandu, et n'était réservé que pour les monuments publics.
Goslar, dans la contrée du Hartz, est baigné par la Gose, qui va se réunir à ï'Ocker. Le Rammelsberg est une des montagnes qui l'entourent et qui renferment de riches et abondantes mines de cuivre, de fer et d'autres métaux. Cette ville, où plusieurs empereurs tinrent leur cour et convoquèrent les États de l'Empire, a toujours été libre danssongouvernement, et n'a jamais relevé que de la couronne impériale. Goslar était une des plus grandes villes d'Allemagne, lorsqu'elle entra dans la Ligue Anséatique.
Schwartz, moine franciscain, passe pour y avoir inventé la poudre.
Groninguk, est situé au confluent de plusieurs petites rivières, dont les eaux réunies forment la rivière de Hunse et peuvent recevoir de grands navires. C'était d'abord un village que Henri le Tsoir donna en 1040 a l'église d'Utrecht : il fut ensuite érigé en ville , obtint de nombreux privilèges , et acquit une pleine juridiction sur la contrée d'Ommeland, au milieu de laquelle Groningue est situé. Les comtes de Hollande et les éveques d' U trecht en revendiquaient les uns et les autres la souveraineté; mais l'empereur ne reconnut pas leurs prétentions, et confirma cette ville dans ses franchises.
Son université fut fondée en 1615; son commerce est étendu ; la pêche et la préparation du poisson y occupent un grand nombre d'hommes.
Grypsw ald, en Poméranie, est arrosé par le Rick , et cette situation lui ouvre le commerce de la Baltique.
L'abbé d'Eldenow y fit arriver en 1 233 une colonie de Saxons : la ville qu'ils bâtirent fut entourée de murailles, et fut donnée en fief au duc de Poméranie. On y établit autrefois des salines comme à Lunebourg ; mais la grande consommation de bois en fit interrompre l'exploitation.
L'île d'Oie, aujourd'hui submergée presqu'en entier, nourrissait alors une multitude de chevaux qu'on y laissait sans gardes, et auxquels on portait seulement du fourrage pendant l'hiver.
En réfléchissant au phénomène de la submersion de cette île et de quelques autres terres dont les forêts sont englouties , et où l'on n'aperçoit plus que des hauteurs et des dunes isolées, on est conduit à supposer qu'il s'est opéré un affaissement dans la zone territoriale qui s'étend de l'est à l'ouest le long des rives méridionales de la Baltique.
Halrerstadt, en Basse-Saxe, remonte au commencement du neuvième siècle : saint Hiidegrin en fut le premier évêque. Un coteau où l'on a bâti deux églises est au centre de la ville, et les habitants se sont établis à l'entour :
\ ILLES AISSÊAT1QI I..V
la statue de Roland, érigée dans la place publique , atteste les droits que cette yiJIê avait obtenus des empereurs. Halberstadt fut incen liéen i ! <o par 1. ■ troup s d i Henri le Lidn , duc : on Peutoura bientôt de ntu* railles; et les faubourgs (jui sYtendirent ,ui dehors furent ensuite coin, riâ dans une commune enceinte. La culturc du lin et des grains réussit dans ce territoire : on v voit de belles prairies, d'abondantes tourbières, et des mines de eharbon fossile, qui sont mises en exploitation.
IUllk, située sur la Saale, dans le duché de Magdebourg, était anciennement fortiiiee. Les sources salées que l'on trouve sur ce territoire avaient attire l'attention de ses plus anciens habitants ; lesHermanduresetlesCattes se tirent la guerre pour en jouir : Charlemagne les donna en 80o' a un fils de WiUikind, et Othon Ie' à l'archevêque de Magdebourg. Cette ville eut de loius démêles avec les archevêques dans le treizième et le quinzième siècle, et fut exposée à soutenir plusieurs siéues. Quatre salines servent à extraire l'eau des sources et à la distribuer dans un grand nombre de sauneries, où l'on obtient du sel , en élevant la température de l'eau jusqu'à l'évaporation.
Hameourg, Hammonia, était un bourg occupé par les AJoingiehs avant le règne de Charlemagne, qui en fit un des principaux boulevards de'ses conquêtes. L'heureuse situation de cette ville sur la rive droite de l'Elbe devint le principe de sa grandeur :
elle acquit dans le douzième siècle ses franchises, qui furent successivement accrues par les empereurs, les ducs de Saxe, les comtes deHolsteiu.
Son union avec Lubeck et Brème commença la Ligue Anséatique; et ces trois villes conservent encore , après six cents ans d'union fédérale , les premiers liensde leur association. Le port de Hambourg, sa bourse, ses arsenaux de marine, sa banque, l'étendue de son commerce ont assuré à cette ville une juste célébrité.
Hamf.ln, sur le "Wéser, doit son origine a un ancien temple païen . qui fut remplacé dans le neuvième siècle par une église <'t un monastère, où
se rendait une grande alïltience de pèlerins. Cette Mile eut successivement pour souverains les abbés de Kulde
cl les dues de Mrunswiek , qui étendirent et confirmèrent ses franchises en 1269.
Lorsque l'enthousiasme des croisades eut gagné tous les rangs et tous les âges, une multitude d'enfants se trouva entraînée dans ce mouvement gênerai : ils quittèrent leurs familles et s'acheminèrent vers l'Orient; mais presque tous périrent de fatigue , et il n'en revint aucun dans le pays natal.
Les traditions de lJann In rapportent, en mêlant à la vérité un tissu de fables , que cent trente enfants furent alors emmenés loin de cette ville, et qu'ils ne reparurent plus.
Hamm, en Westphalic dans le comté de la Marck , obtint ses privilèges en 1223. Ce lieu de passage sur la Lippe est irès-fréquenté : Hamm fait un commerce considérale, et tire un grand avantage de ses brasseries, de ses salaisons, et de la fertilité de son territoire.
Hanovre, sur la Leine, avait été d'abord un monastère : il fut érigé en ville libre en 1163, et ses privilèges furent accrus en 1241 par l'empereur Frédéric II. Une machine hydraulique y fut établie, pour faire remonter les eaux de la Leine , et les distribuer dans tous les quartiers. La bièrede Hanovre est réputée; le brasseur Brevhan lui a donné son nom. Cette ville renferme des raffineries et de nombreuses manufactures.
Harderwick, dans la Gueldre, est situé sur la rive méridionale du Zuyderzée. Cette ville, anciennement fortifiée, trouva ses premières ressources dans la pêche , dans la préparation des harengs saurs, dans la vente des autres espèces de poissons. Elle avait dans ses anciennes armoiries une barque de pêcheur, qui fut remplacée dans la suite par le lion des armes de
Nassau. En 1220 elle fut entourée de murailles : elle jouissait d'un droit d'étape, et faisait un commerce considérable en grains et en bois. Un incendie la consuma en 1503 : il fallut beaucoup de temps pour relever ses ruines.
Helmstadt , dans le duché de Brunswick, n'était d'abord qu'un monastère, fondéen 780 par saint Léger, près de la forêt d'Elm qui lui donna son nom. Les ducs de ce pays en devinrent les avoués , et ils en engagèrent plusieurs fois l'avocatie dans le quatorzième et le quinzième siècle : les eaux minérales de ses environs étaient fréquentées; et son université, fondée en 1526, attira un grand nombre d'élèves.
Herworden, en Westphalie , est situé sur la Werra, à quelque distance de son confluent avec la Fulde. Le territoire qui l'environne est fertile : ses filatures, ses fabriques de toile, ses tanneries donnèrent de l'importance à son commerce.
Hildesheim, dans leHanovre, avait été le lieu d'adoration de l'idole Irmensul : sa statue représentait un homme armé , ayant dans sa main droite une lance vers le haut de laquelle flottait une bannière , dans sa main gauche une balance , et sur sa poitrine l'image d'un ours : cette slatue fut remplacée par celle de la Vierge. Charlemagne fonda un évêché à Hildesheim ; et l'ancienne et la nouvelle ville qui se formèrent successivement furent enfin réunies en 1583 dans une même enceinte : cependant l'une et l'autre gardèrent encore pendant longtemps leurs magistrats particuliers.
Kiel, est situé dans le Holstein, au fond d'un golfe de la mer Baltique.
Le comte Adolphe III y introduisit les règlements et le droit deLubeck; et ils furent confirmés en 1232 par Adolphe son fils qui, après avoir abdiqué l'autorité souveraine, vint finir ses jours dans un monastère de cette ville. Elle acquit en 1321 un droit d'entrepôt, pour les marchandises
que l'on transportait de Danemark en Allemagne. L'université de Kiel fut fondée en 1665, par Albert duc de Holstein. Le commerce de cette ville devint plus important de jour en jour.
Koenigsberg, Mons regius , situé sur la Prégel, était une forteresse, fondée en 1255 par l'Ordre Teutonique : elle reçut ce nom en l'honneur du roi de Bohême Primislas, qui avait été auxiliaire du Grand-Maître dans sa guerre contre les Prussiens. Une autre ville fut bientôt jointe à la première; et le Knip-hof , ou cour des chevaliers , fut bâti en 1324, dans une île formée par la Prégel. Quoique les plus grands navires ne puissent traverser le Frische-Haff avec toute leur charge, pour se rendre à Koenigsberg, cependant le commerce de cette ville fut toujours considérable : la navigation du fleuve y fait arriver les grains , les bois , et les autres productions d'une partie de la Pologne et de la Lithuanie.
Lemgow, en Westphalie, comté de la Lippe, est située sur la Béga : elle se partageait en ancienne et nouvelle ville, dont chacune avait son magistrat, et toutes deux furent réunies en 1369 et participèrent aux mêmes privilèges. Ses toileries et ses manufactures de draps et d'étoffes de laine furent autrefois nombreuses ; mais la guerre de Trente Ans en détruisît une partie ; et toutes ses pertes n'ont pas été réparées.
Ltppstadt , située sur la Lippe , entre Paderborn et Soest, fut fondée en 1150 par le comte Bernard II ; et, un siècle après , elle obtint les privilèges de ville libre. Des sources d'eau salée ont été trouvées dans le voisinage.
Londres, où les Anséates avaient un de leurs comptoirs , profita d'abord de leur navigation , pour les exportations et les importations de son commerce; mais ses négociants apprirent bientôt à se passer d'intermédiaires; ils envoyèrent leurs vaisseaux dans la Baltique, y firent reconnaître leur pavillon , et partagèrent avec les;
VILLES ANSlUTIQTTKS.
Aneéatea tous lei avantagea dont la Ligua avait joui. Le commerce commençait à M plus être un monopole; chaque nation maritime cherchait à faire valoir ses propres ressources ; et l'impulsion générale qui fut donnée àl'induatriedevint encore plus active, lorsque l'Amérique eut été découverte, et que les navigateurs purent doubler le cap de Bonne-Espérance pour se rendre aux Indes. Alors la situation des anciens négociants ne fut plus la même : la sphère de leurs opérations avait changé ; et les mers intérieures, qui avaient été des centres de commerce , se trouvèrent placées en dehors des grandes lignes de communication.
Ces événements, dont les Anséates ne pouvaient arrêter les effets , devinrent pour leur ligue une cause de dissolution; et les premiers démembrements qui s'opérèrent rendirent d'autres défections plus imminentes.
D'abord elles ne furent pas nombreuses ; la plupart des villes Anséatiques tenaient à leurs anciens liens; et pour en amener la rupture il fallut d'autres circonstances qui ont été indiquées dans cet ouvrage.
Lubeck, située sur la ïrave, à l'embouchurede laquelle les plus grands navires s'arrêtent pour compléter leurs chargements avant de prendre la mer, avait d'abord été habitée par des pêcheurs. Ce lieu fut connu des Romains, et devint leur extrême station sur les bords du sinus codanus: il fut agrandi parOdeschalk, roi des Vendes ou Obodrites, et fut ravagé plusieurs fois par les Rugiens et par d'autres nations répandues sur les rives de la Baltique. Lubeck, mise en cendres, fut reconstruite près de son ancien emplacement et reçut de l'empereur Henri l'Oiseleur des 'statuts semblables à ceux de Soest : ils furent confirmés en 1189 par Frédéric Barberousse qui l'avait reconnue pour ville impériale, et le code dont elle jouissait fut ensuite adopté par d'autres villes de la Baltique. Le comte Adolphe de Holstein et Waldemar II, roi de Danemark, l'occupèrent successivement. Cette 25» Livraison (Tilles anséatiques.)
ville recouvra sa liberté en I22G, et obtint l'année suivante une victoire qui affermit son indépendance.
l.i NBBOUBG, avait été occupé par les Vendes : ils en furent dépossèdes parCharlemagne. Un couvent, fondé sur le Ralkberg par les ducs de Saxe de la maison de Biliing, attira ensuite au pied de cette montagne un plus grand nombre d'habitants : une ville y fut bâtie, et sous le règne de Henri l'Oiseleur elle fut entourée de murailles, comme les autres places d'Allemagne que l'on voulait mettre à l'abri des incursions des barbares. L'Illmenau qui arrose Lunebourg est navigable. Les sources d'eau salée que renferme la ville étaient déjà connues en 906 ,et depuis on les exploita avec plus de soin : des canaux les distribuèrent dans les nombreux bâtiments où étaient les chaudières destinées à leur évaporation et à la formation du sel. On en fabriquait autrefois jusqu'à trente mille muids par année; et là qualité en paraissait supérieure aux sels de Halle, d'Allendorf, de Franckenhausen.
Magdebotjrg, est situé sur l'Elbe.
Charlemagne y avait fondé une église, et il y avait érigé une forteresse pour contenir les Saxons : ce cbàteau devint la résidence d'un officier impérial qui reçut le titre de Burgrave : une.
ville s'établit sous la protection de ce fort, et Othon le Grand la fit entourer de murs et de fossés. La navigation de l'Elbe favorise les communications de cette place, qui est devenue un grand entrepôt de commerce. Une ancienne divinité païenne y avait été adorée sous le nom de Magada, d'où l'on a emprunté celui de la ville. Othon Ier et l'impératrice Edithe son épouse accordèrent à Magdebourg de nombreux privilèges : on y voit, dans une éslise, les mausolées 'de ses deux bienfaiteurs.
Minden, sur le Wéser, existait du temps de Charlemagne, qui fut le fondateur de son évêché. L'empereur Conrad y tint une diète : cette ville devint un lieu de passage très-fré-
l/'l NI VERS.
queuté. On y fait un commerce considérable, en grains, en chevaux, en bétail; et ses toiles, ses raffineries, ses autres fabriques ont en Allemagne un débit très-étendu.
Munster, arrosé par l'Aa qui va se jeter dans l'iùns, fut d'abord un monastère et un siège épiscopal.
L'évêque était suffagant de l'archevêque de Cologne; et l'empereur Frédéric Ier lui donna rang et séance parmi les princes de l'Empire. Cette ville, devenue considérable, fut assiégée et bridée en 1 131 par Lothaire, duc de Saxe. C'est là que Jean de Leyde voulut établir en 1523 le règne des Anabaptistes, et que le traité de Westphalie, qui régla les intérêts de l'Europe entière, fut conclu en 1648.
Nimègue , dans le duché de Gueldre, est située sur le Wahal , une des branches du Rhin. Charlemagne y érigea le château de Falkenhoff , et il en fit un palais, qu'il vint habiter quelquefois , et que Frédéric Barberousse répara en 1155. La ville s'était agrandie autour du château : elle fut fortifiée, et obtint des empereurs les mêmes privilèges qu'Aix-la-Chapelle.
Le commerce de Nimègue est considérable, et il facilite particulièrement les relations du pays de Clèves avec la Hollande.
Northeim , situé sur la Ruhm , au nord de Goettingue , a un chapitre qui fut fondé en 1056. La ville fut entourée de murailles dans le treizième siècle : elle a des fabriques de toile et d'étoffes de laine : la bière de ses brasseries est recherchée.
Novogorod, est bâtie sur les rives du Wolkow, à sa sortie du lac d'11men. Cette ville eut en 988 son premier évoque , se constitua en république au commencement du douzième siècle , et devint en 1276 un comptoir des villes Anséatiques. Son territoire était étendu , sa force était redoutable; et les Russes disaient qu'on ne pouvait rien entreprendre contre Dieu et contre Novogorod : cependant le grand-duc Ivan Basilewitz s'empara de cette ville en 1578. Il ne lui reste de
son ancienne grandeur que les vestiges d'une vaste enceinte, dont les habitants actuels n'occupent qu'une faible partie.
Osnoruck, en Westphalie, est le plus ancien évêché fondé par Charlemagne. C'était d'abord un bourg et un château : ce prince y établit ensuite une école pour la langue grecque, dont ses correspondances avec l'Orient lui avaient fait reconnaître l'utilité. Près de là sontles ruines d'un bourg où Wittikind avait résidé, et qui sont encore connues sous son nom.
Ôsnabruck fut entouré de murailles en 1082; il se forma ensuite une nouvelle ville à côté de l'ancienne, et toutes deux furent comprises en 1306" dans une même enceinte.
L'Ordre ïeutonique y possédait une commanderie : il en avait beaucoup d'autres dans différentes parties de l'Allemagne; et cette dispersion de propriétés , qui formaient autant d'annexés de ses possessions et de sa souveraineté dans la Prusse orientale et dans les régions voisines , avait accru sa puissance réelle, surtout à l'époque où le Grand-Maître de cet ordre vint à jouir du titre de protecteur de la Ligue Anséatique.
Osterbourg , vers le confluent de l'UchtetdelaBiéze, qui va se jeter dans l'Elbe, tirait ses principales ressources de l'agriculture et du commerce que facilitait la navigation. Cette ville remontait au onzième siècle; et dans le seizième elle éprouva plusieurs incendies , dont tous les ravages ne furent pas réparés.
Paderborn, en Westphalie, tire son nom de la rivière Pader, dont les différentes sources , dérivées d'une montagne voisine, ou jaillissant dans l'intérieur de la ville, vont se réunir dans un même lit. Charlemagne, en 777, y fit donner lebaptême à un grand nombre de Saxons, et il fonda dans cette ville un évêché : les empereurs suivants lui accordèrent les mêmes privilèges qu'aux autres villes impériales, et quelques-uns de leurs diplômes sont datés de Paderborn. L'épouse
VILLES INSÉATIÇ
de l'empereur Henri II y fut MM* ronn
0\ KDLlHBOUBG . sur la ri.
Bode, dans la principauté d'Hall
sta.lt, fut bâti et fortifié en 932 par Henri l'Oiseleur : l'impératrice Ma- Childe, sou épouse, y fonda un*- abb ou elle se retira et mourut : il v a ; de cette ville des eaux minérales.
H i:\ki.. en Esthonie, est un port et une rille de commerce sur la Baltique. Elle fut fondée en 1218 parWal-
demar II. roi de Danemark, qui en gea aussi le ch lt< au 1 1 y fit établir un evéché : elle reçut le droit de Lu-
beck, et - s institutions y firent
fleurir le commerce. La ville, agrandie en 1310. fut entourée de murailles :
plusieurs guerres la firent changer de
souverains : elle fut successivement soumise au Danemark, à l'Ordre Teutonique, a la Suéde, et a la Russie à laquelle elle appartient aujourd'hui.
Riga, sur une rivière de même nom, qui forme un d-s bras de la Dwina vers son embouchure, eut pour premiers habitants quelques Brémois qui venaient faire le commerce de cette contrée. L'evëque Albert Tentour a de murailles . et en remit la défense aux chevaliers Porte-glaives : le pape Innocent IV l'erigea en métropole : mais cette ville secoua le joug des évêques en 1515 ; elle adopta bientôt la réformation, et se soumit, cinquante ans après, à la Pologne. En 1710, elle fut conquise par la Russie, et suivit le sort de la Livonie. Son port est celui de Dunamunde, situé, comme son nom l'indique , à l'entrée de la Dwina. Riga est devenue un des principaux marches du nord de la Russie.
RosTOCK,surla\Yarna.futerigéen ville en 1030. et agrandi en 11G0, après la ruine de Kissinum, dont les habitants vinrent s'y réfugier. Rostock fut détruit pendant les suerres des Saxons et des Slaves ; mais Pribislas le fit rebâtir et le repeupla. Cette ville reçut dans le treizième siècle les statuts de Lubeck, devint membre de la Ligue Anséatique, prit une part considérable à toutes ses guerres avec
l< Efobfc m . le Dam mark et d'aï
i I tut une i illes
qui e «fédération.
Son unn • rsité fut fondée eu 1490 après avoir et.- longtemps indépendante . cette \ ille lit enfin parti-
duché de M'rkleinbour^ : son com-
I encore lr< détendu.
Hi (.i wvu.D . dan- la Pomé renie orientale, est Hirla Wipper, qui
se jettrd mi |n m ; le : - un -m
rappelle celu igiens qm la
it. (.'était dans le h siècle
une place fortifiée .rOrdi ique.
la posséda longtemps : Éric XIII. roide Sued ira i n 1439 après avoir
abdiqué, et il y passa rinsjt ans : elle appartint ensuite aux m es de Brandebour
RuiEMONOB, située au confluent de la Roer et de la Meuse , était d'abord un village qui fut entouré de murailles , fut érige en ville, et obtint en 1290 le droit de battre monnaie 0 I y établit un péage sur la Meuse; et RuremonJe devint une des plus importantes villes de commerce.
Salswedel, nommée Soltwedel dans le treizième siècle, est située sur la Ietze, qui va se jeter dans l'Elbe. Elle appartenait aux margraves de Brandeboui ■- . et se partageait en deux villes qui obtinrent successivement les mêmes privilèges. Son territoire as de sources salées; mais on y trouve du salpêtre, et l'origine de ce nom de iieu est expliqu
Seehaisen. dans la marche de Brandebourg, sur la rivière d'Aland, tire des troupeaux et de la culture les principales ressources de son commerce. Quelques maisons situées entre les deux bras au fleuve commencé; rent cette ville et devinrent l'origine de son nom.
Soest, Sasatum, en Westphalie, a été la résidence de quelques empereurs carlovingiens et saxons . et une partie de leurs diplômes est datée de cette ville qui jouissait des plus an privilèges : son ancien droit municipal fut adopté par plusieurs villes de
L'UNIVERS
Saxe, et devint la base de celui de Lubeck. Henri le Lion occupa cette
filace , qui passa successivement sous ;i protection des archevêques de Cologne et des ducs de Clèves. Il y a des salines sur son territoire.
Stade, arrosée par la Schwinge , à'peu de distance de son embouchure dans l'Elbe, était une station romaine, où l'on entretenait une force navale, afin d'être maître du passage du fleuve et d'en protéger la navigation. Cette ville eut tour à tour pour souverains ses comtes particuliers , les ducs de Saxe, les archevêques de Brème, les Danois, les Suédois, les ducs de Brunswick et de Hanovre. Ses statuts furent publiés en 1279 : elle devint l'entrepôt d'un commerce important, et elle a continué de percevoir un droit d'étape sur la navigation de l'Elbe.
Stargabdt, dans la Poméranie orientale, est arrosée par l'Inné qui poursuit son cours vers Golnow, et va gagner l'embouchure de l'Oder : c'est l'ancienne ville de Réthra, où l'on rendait un culte à Radegast, cette divinité à trois têtes, qui voyait le passé, le présent et l'avenir.
Ce lieu fut érigé en ville libre, en 1124; il eut une enceinte fortifiée et fut plusieurs fois ravagé par l'incendie, la guerre et la peste, dans le seizième et le dix-septième siècle. L'industrie de ses habitants le releva de ses pertes : ses manufactures sont nombreuses et variées; et les produits de ses fabriques de toiles et d'étoffes de laine sont recherchés dans le commerce.
La voûte de son église de Sainte-Marie passe pour la plus élevée de toute l'Allemagne.
Stavekn, sur le Zuyderzée, à la pointe occidentale de la Frise, avaitété la ville la plus grande et la plus peuplée du pays; elle étendit au loin son commerce maritime, et l'on dit que son pavillon précéda tous les autres dans le passage du Sund et la navigation de la Baltique. Mais un banc de sable, qui s'est formé à l'entrée du
f)ort de Stavern, en a rendu depuis ongtemps l'accès difficile : les Ilots
de la mer ont rongé le rivage et ont même détruit quelques parties de la ville. Les grands négociants ont cherché des ports plus commodes; et elle a perdu son importance commerciale et une grande partie de sa population.
Stendal, située sur l'Ucht, au nord-ouest de Brandebourg, fut érigée envilleen 1151 par le margrave Albert l'Ours : les empereurs lui accordèrent de grands privilèges : le nombre des fabricants, celui des drapiers surtout, y fut considérable; mais, pendant les guerres d'Allemagne, cette ville fut ruinée plusieurs fois. Après la révocation de l'Édit de Nantes, plusieurs manufactures y furent rétablies par des réfugiés français.
Stettin, s'élève sur la rive gauche de l'Oder, qui se partage en plusieurs bras, avant d'entrer dans les grands lacs, prolongés jusqu'à son embouchure. Les ducs de Poméranie fortifièrent cette ville qu'ils avaient choisie pour leur résidence. Boleslas III, roi de Pologne, s'en étant emparé en 1121, en enleva huit mille habitants de tout âge, qu'il fit baptiser, et distribuer dans plusieurs provinces de ses États : le reste de la population embrassa ensuite le christianisme. Mais les ravages d'une maladie contagieuse furent bientôt regardés par eux comme une punition de Radegast dont ils venaient d'abandonner le culte, et ils l'adorèrent de nouveau. Cependant le christianisme prévalut enfin ; et leur idole d'or fut abandonnée, et fut envoyée en présent au souverain pontife.
Ce port est le plus florissant de toute la Prusse occidentale, par son active navigation et par son commerce en bois , en denrées , en produits manufacturés de toute nature. Stettin est devenu l'entrepôt le plus considérable des riches productions de la Silésie.
Stolpe, dans la Poméranie orientale, est situé sur la rivière du même nom , qui coule vers le nord-ouest et va se jeter dans la Baltique. Une église y fut érigée en 1153, par Adelung, premier évêque de Poméranie, et la beauté du site détermina les ducs
à v bâtir un château où ils résidaient quelquefois, il s'y fait une pèche de saumon, qui était autrefois trèsabondante : on y fabrique de beaux
ouvrages d'ambre, et le commerce des toiles est considérable, avec Dantzig surtout.
Stkalsund, séparée du continent et de nie de Rogen par un lac et un détroit, fut assiégée et ravagée successivement par les ducs de Poméranie et les Lubeckois : on la rétablit ensuite, et elle devint une des premières villes de la Hanse.
Thorn, sur la rive droite delà Vistule, fut bâtie en 1231 et fut entourée de murailles : la ville neuve qui s'éleva hors de l'enceinte fut également fortifiée. L'Ordre Teutonique s'en empara; mais en 1454 elle secoua le joug des Grands-Maîtres, et se donna aux rois de Pologne, qui confirmèrent ses privilèges. L'agrandissement de Dantzig fit perdre à Thorn une partie de son importance et de son commerce. Nicolas Copernic y naquit en 1472.
Ultzen , dans le duché de Lunebourg, est située sur l'Elmenau, qui se partage en deux bras autour de la ville : elle fut fondée par l'empereur Othon 1er, et porta d'abord le nom de Loewenwold. Le duc deLunebourg lui accorda en 1243 les mêmes privilèges qu'à sa capitale. On en exporte une grande quantité de farines , et le commerce en lin, en toile, en laine, y est considérable.
Unna, en Westphalie, est située entre Hammet Dortmund, sur le Kottelbeeke, qui va se jeter dans la Lippe. C'était en 1082 un village considérable : il fut fortifié, et obtint en 1250 les droits de ville libre. Les habitants s'occupent d'agriculture; ils ont des brasseries et des distilleries; leur commerce eut une importance qui n'est plus la même aujourd'hui.
Yenloo, sur la Meuse, fut agrandi par Arnaud de Gueldre, qui l'entoura de murailles en 1343. C'était un lieu de passage et d'entrepôt pour le commerce du duché de Juliers avec les
Pays-Bas. L'infante Claire- Eugénie, sœur de Philippe II, fit commencer à \enlooun canal de navigation, qui devait passera Gueldre et se prolonger
jusqu'à Rhinberg ; mais les travaux en lurent promptement abandonnés.
Cette ville fut assiégée plusieurs fois dans toutes les guerres des Pays-Bas :
c'est là qu'on fit le premier essai des bombes.
Warbouiui, sur la Dymmel, dans Pévêché de Paderborn , se divisait en vieille et nouvelle ville , dont chacune avait son magistrat. Elle eut d'abord des seigneurs particuliers ; mais en 1021 ceux-ci abandonnèrent leurs droits à l'évêque, dont elle dépendit toujours depuis : elle était ville impériale. La contrée environnante est fertile ; ses lins, ses chanvres sont de bonne qualité : on trouve des mines de fer et de plomb dans les^ montagnes voisines.
Werden, dans la marche de Brandebourg, au confluent de l'Elbe et du Havel , fut entourée de murs en 1210. Une nouvelle ville y fut bientôt réunie; et toutes deux eurent pendant plusieurs siècles deux administrations séparées. On voit aux environs de belles prairies et des pâturages couverts de troupeaux.
Wésel , situé sur la rive droite du Rhin, à l'embouchure de la Lippe, est une grande et forte place, avec une bonne citadelle. Elle porta d'abord le nom de Lippermunde : ce n'était encore qu'un village en 1125; mais la navigation et le commerce y attirèrent un grand nombre d'habitants.
Cette ville fut donnée en 1290 par l'empereur Rodolphe à Thierry VIII , comte de Clèves : elle fut réduite en cendres en 1354.
On croit que Yelléda , prophétesse des Bructères, qui la divinisèrent après sa mort, résida près de Wésel, et sur les bords de la Lippe.
Wisby, dans l'île de Gothland, fut fondée dans le huitième siècle : elle devint plus considérableaprès la ruine de Yinetha et de Julinum , et sa situation au milieu de la Baltique lui fit
étendre rapidement sa navigation. Son droit maritime, dont les rôles d'Oléron étaient devenus la base , fut adopté par un grand nombre de villes de commerce. Wisby devint un entrepôt considérable , et un lieu habituel de relâche pour les navires qui fréquentaient la Baltique. Le concours des étrangers à Wisby en doublait la population , et chaque nation commerçante y avait des établissements.
Wismar , est un très-beau port sur la mer Baltique : l'empereur Othon II y tint une diète. On y transporta en 1232 les habitants de la ville de Mecklembourg qui venait d'être dévastée par les Vendes. Wismar reçut en 12G6 les statuts de Lubeck; et les ducs de Mecklembourg lui accordèrent à la même époque de nombreuses franchises.
Zutphen, est situé au confluent de l'Ysselet du Borkel. Ses anciens comtes y avaient un palais : cette ville était bien fortifiée : elle eut dans le moyen âge un assez grand commerce, et la navigation del'Yssel lui ouvrait le Zuyderzée ; elle fut assiégée et prise plusieurs fois , depuis 1572 ,
dans la guerre de l'indépendance.
Zwoll, occupe un site agréable sur l'Aa, qui va se jeter dans l'Yssel. Cette ville était libre et impériale; elle fit partie de la Ligue Anséatique : c'était un lieu de passage Irès-fréquenté entre la Hollande et les provinces de Frise et d'Over-Yssel : elle était bien fortifiée, et sa situation facilitait ses approvisionnements en cas de siège.
Toile est la nomenclature des villes et des comptoirs de la Ligue Anséatique, à l'époque où elle avait reçu tous ses développements. On peut juger, par ces indications locales , quelle fut l'étendue de ses ressources et de ses relations, lorsqu'elle jouissait d'une longue prospérité et de tout l'éclat qui accompagne la fortune et la puissance. Elle perdit ensuite une partie de ses avantages; mais son exemple avait donné l'éveil aux autres États : l'esprit de commerce qui l'animait se répandit autour d'elle; et les services que rendit à l'Europe entière une ligue si mémorable sont un des plus précieux héritages que le moyen âge nous ait laissés.