CONCLUSION
J'ai essayé de le montrer : une obligation commune s'imposera à tous ceux qui, au lendemain de la guerre, auront la mission de relever les villes et les villages détruits ou mutilés. Qu'il s'agisse de l'aménagement de la cité, du tracé de ses voies et de ses places, de la répartition des monuments publics, que l'on envisage les espaces libres, les conditions d'extension, que l'on songe à la construction des édifiées collectifs ou des habitations privées, en aucun cas, il ne sera fait œuvre valable si l'on se contente de suivre les errements passés.
Une action novatrice, une volonté virile, un esprit réfléchi d'organisation seront partout nécessaires. Les cités ressuscitées doivent devenir de parfaits instruments, adaptés à tous les besoins de la vie. Pour réaliser un tel idéal, il sera fait appel à toutes les ressources de la science, au concours de toutes les techniques.
Mais la réparation ne s'accomplira pas uniquement par le concours des savants et des techniciens. Le problème ne concerne pas seulement les ingénieurs et les architectes. Tous les intérêts sont, ici, engagés ; toutes les bonnes volontés y doivent donc concourir. Nulle
œuvre ne doit être plus populaire. Elle échouerait si elle n'était soutenue par une sympathie universelle : elle aura un caractère national.
Les régions envahies recevront ainsi la compensation qui leur est due. Au sortir d'un long martyre, elles renaîtront plus puissantes et plus belles. Un pas immense y sera accompli. Tout le pays applaudira à cette résurrection et bénéficiera de ce progrès. La France se démentirait elle-même si, au lendemain de l'épreuve qui l'a magnifiée, elle reprenait le cours médiocre de sa vie antérieure. Digne de ceux qui l'ont défendue, fidèle à ses morts, elle déploiera dans les arts de la paix une activité accrue. Pour cette activité il faut des cadres améliorés et élargis et c'est pourquoi la réorganisation des cités doit s'opérer à travers tout le territoire.
Villes, bourgs et villages, régénérés selon une pensée de méthode et de solidarité, assureront à tous les citoyens un milieu salubre, se prêteront à toutes les exigences de l'activité économique, s'ordonneront avec harmonie. Ils seconderont la prospérité matérielle et morale dont ils seront les signes visibles et couvriront d'une parure de beauté la terre de France héroïque et meurtrie, glorieuse de son passé et confiante dans l'avenir.
31 janvier 1918.