TÉ HOU ANNE
Ghni'iteau du transept. Vers 1:^80.
Une particularité justement remarquée de la cathédrale, c'était le pavement du sanctuaire, en pierre de Marquise incrusté de mastic noir. Il datait aussi de 1270 à 1280, et j'en ai retrouvé de nombreux vestiges.
D'autres avaient été transportés depuis longtemps à Aire sur la Lys et à Saint-Omer.
La cathédrale d'Arras, Notre- Dame de Saint- Omer, Saint-Remi
et Saint-Nicaise de Reims, ont eu de ces pavés et l'on admire celui do la cathédrale de Sienne.
Le pavé de Térouanne était illustré de scènes de la Grenèse, du Zodiaque, des Travaux des mois et de figures fantastiques et caricaturales.
Des verrières à petits personnages du xiiie siècle garnissaient les fenêtres ; les losanges de leurs bordures encadraient des fleurs de lys. D'autres vitraux de même date n'étaient que des grisailles, à rinceaux élégants.
La nef, commencée au xnf siècle sur les fondations de la cathédrale romane, avait été continuée plus ou moins lentement. Elle n'a pas été fouillée ; on
j trouverait sans doute les restes de la crypte et des églises primitives. Les fouilles du chœur ont mis à jour de beaux fragments de statuaire, quelques tombeaux, quelques vestiges de mobilier; les bases de l'autel des Reliques et du Maître-Autel, les figures en demi-relief des Apôtres, encadrées d'arcature du xiii^ siècle, quelques autres figures d'un fort beau style, mais tout, jusqu'au moindre débris, portait la trace de l'acharnement sauvage des destructeurs.
Ce fut, en effet;, un drame poignant que la chute de Térouanne,
Le xvi"* siècle a été pour la malheureuse cité une période de constante inquiétude, jusqu'à la catastrophe finale. Sa position stratégique lui valait une forte garnison que harcelaient sans cesse Anglais ou Espagnols. Dès qu'ils s'éloignaient, la garnison exécutait à son tour des incursions de représailles sur les terres impériales, dont elle était devenue la terreur.
Surprise en 1513, par les Anglais et les Impériaux, Térouanne fut une première fois dévastée ; en 1537, elle était assiégée quand la trêve de Bomy la délivra, mais sans éteindre la rancune de Charles-Quint, qu'exaspérait encore l'échec subi devant Metz.
Au début de 1553, la situation de la France était angoissante. Il fallait, de toutes parts, faire face à l'ennemi. Une concentration ennemie était signalée aux abords de Térouanne, alors à peine réparée, peu ravitaillée, mal garnie de troupes. En hâte, Henri II y envoya l'un de ses plus braves capitaines, M. d'Essé Montalembert. Il rentrait malade d'une campagne en
Feuilles de l'éroiianne : l'avL-nicnt tin oliœuf de la Cathétirale 1270 à 12S5.
Phot C. Mnlart.