SCÈNE IV
SYLVAIN, puis VINCENETTE.
SYLVAIN, seul en scène.
La tuer!
Vincenette a tourné derrière un pilier <1e la grange et reparaît à gauche.
Vincenette l
VINCENETTE, douloureusement.
Ahl Sylvain!
SYLVAJN.
Oui! les vieillards, jadis indulgents pour eux-mêmes, Sont durs pour leurs enfants !... Mais dis moi si tu m'aimes!
Si je t'aime ! à qui donc se sont ouverts mes bras? Va, je me haïrais si je ne t'aimais pas! Je t'aime tant, Sylvain, que mon bien-aimé père, Ma mûre qui n'est plus, le ciel en qui j'espère. Les anges et les saints et Dieu mon créateur N'ont pas autant que toi de place dans mon cœur!
SYLVAIN
Ah! lumiôre et soleil! Mets ta main dans la mienne, Et le bonheur viendra comme je veux qu'il vienne!
Aussi vrai que ton cœur était de bonue fo!, Lorsque dans un baiser tu t'es donnée à moi, Aussi vrai que le mien se fie à ta parole Et qu'il nn saute au ciel comme une chèvre folle, Je suis à toi, je suis à toi, je te le dis, Et de ton seul amour j'ai fait mon paradis! Tu m'aimes!... et tu veux que je me désespère, Toi qui me rends si fort, même contre mon père ? Qu'importe ses calculs, si la main dans la main Un même vent nous pousse en un même chemin. Comme du saule on voit les branches incertaines S'abandonner ensemble au courant des fontaines ? Sois brave ! Envisageons l'avenir sans effroi, 0 ma femme !... Je suis à toi ! je suis à toi !
VINCENETTE, après un silence.
Ne te reprends jamais, si tu crains que je meure !
SYLVAIN, avec passion.
Oh ! tu vivras longtemps !
Sais-tu que tout à l'heure Je languissais de toi, quand vous étiez au Mas ?
Lui tendant un bluct.
J'ai cueilli ce bluet ; ne l'interioge pas!...
11 te dirait comment sa soif s'est apaisée
Et qu'à mes yeux en pleurs il a bu la rosée !
SYLVAIN
Et pourquoi pleures-tu, quand j'ai la joie au cœur? Vois ! tout sourit autour de nous et chante en choeur ; Écoute gazouiller le buisson, mon doux ange. Et di! tfi fruîclic voix réponds à la mésange ; La chausou u>t ni douce à Dieu qui la béuit 1