SCÈNE QUATRIÈME
Aux pèlerins de Dieu le chemin semble court !
SYLVAIN
Il l'est bien davantage aux pèlerins d'amour !...
Et si de loin, sans trêve et toujours implacable. La voix des pauvres vieux abandonnés t'accable?... Si maître Claude enfin te maudit ?
SYLVAIN
Sois sans peur ' Les malédictions ne sont point dans son cœur : Son pardon rejoindra bientôt l'enfant qu'il aime Et, pour le ramener, t'ira chercher toi-même ! Mais ton père, vois-lu, m'a fait peur aujourd'hui Et, sans attendre un jour, je te sauve de lui ! Loin de lui ma famille existe et prend racine !
Tu me sauves, c'est vrai ? mais moi je l'assassine ! Vois-tu le pauvre vieux à qui l'on vient conter Que sa fille a fui?... non ! je ne puis le quitter !
Ta conscience!...
SYLVAIN
Va ! je l'ai trop combattue.'
Prends garde ! il te tuera !
J'aime mieux qu'il me tue
SYLVAIN, la prenant tlaus ses bras.
Oh ! ne dis pas cela ! tu me remplis d'effroi I Mais pardieu. je saurai te sauver malgré toi 1