SCÈNE CINQUIÈME
La ferme à maître Claude? Us te diront pourquoi !..
Et combien j'ai dû geindre, et mon père avant moi !
Et si je touclic à peine à ces biens que j'amasse,
C'est que j'épargne moins pour moi que pour ma race;
Et je la veux puissante et forte, et pour cela
J'ai durci de calus les deux mains que voilà !
Et je fus jeune avant d'être de ceux qu'on daube!...
Et ma journée alors s'entamait avant l'aube,
Et, ployé sur la houe, apprêtant mes guérets,
Intrépide à fouir le sol, je l'éventrais ! !...
Et de l'acier mon bras lui hâtait les morsures
Et sa fécondité coulait par ses blessures !
Et j'aurai sans relâche arrondi mon trésor
Pour qu'il soit gaspillé, moi vivant ? non ! moi mort !
Jusque-là soumets-toi ! Si chez moi quelque fille
Rêve de prendre place au repas de famille.
Qu'elle apporte son platl... un plat, tu m'entends bien,
Qui la précède à table et soit égal au tien I
SYLVAIN, avec exallution.
Notre bien ne vaut pas les trésors de son âme I
CLAUDE
Tu me braves !
MARCELLE, se rapprochant de Sylvain.
Prends garde, enfant, ton œil s'enflamme !
SYLVAIN
Pardon ! je vous supplie à genoux 1
CLAUDE
Plus un mot !
SYLVAIN, avec rorce.
Je l'épouserai donc sans vous I
CLAUDE
Hein ?...
SYLVAIN
Il le faut !
CLAUDE
Il le faut? Depuis quand est-ce l'agneau qui mène Le berger?
MARCELLE
Vois, Sylvain, où la fureur t'entraîne!
Tu dis à des vieillards, tes parents...
SYLVAIN
Je leur dis 1...
Gravemenl.
Que les enfants sans père ici-bas sont maudits!... Et que de fuir après leur avoir donné 1 être C'est voler la naturel... Et qu'un enfant va naître Éclos de mon amour, engendré de mon sang, Qui n'appellera pas en vain son pèa absent!
Un enfant!
MARCELLK, suffoquée.
CLAUDE, meuagant.
Qu'as-tu dit?
HARCELLE, se jctunt au-dovaiit de lui.
Claude !
SYLVAIN
J'ai dit la chostu»
Connue elle est!... vous voyez que, devant qu'on en cause, 11 vous faut accueillir \'inccucttc 1