SCÈNE SIXIÈME
MARCELLE
C'est donc que nos deux cœurs ne battent plus de mL'me... Moi, depuis que je sais qu'il va naître, je l'aime
CLAUDE
Vincenette a fauté ! je ne pardonne i)as !
MARCELLE
Tu ne pardonnes... ?
CLAUDE
Non !..
MARCELLE
Du moins dis-le plus bas De peur que je n'entende et regarde en arrière ! Te souviens-tu qu'un jour d'avril, dans la bruyère, J'étais dans mes seize ans, tu me tins des propos Qui pendant un long mois troublèrent mon repos? Et quand mai fut venu jaser à mon oreille, Te souviens-tu qu'un soir, m'entraînant vers la treille, Soudain tu m'embrassas comme un fou, malgré moi. Et que je dus frapper pour me sauver de toi ?
CLAUDE
Marcelle!..
MARCELLE
Et tu tombas à genoux, en prière Devant moi, me criant : « C'est pour la vie entière ! »
Si longtemps que mon cœur en était obsédé :
...Eh bien, Claude! pourtant ! si je t'avais cMc
CLAUDE
Tu lui lais son procès, toi qui restas h.imôle 1 Ua iUlfig (ie sang pur savent nous lomr télé,
Ont la vertu farouche et prompte à regimber Et celle qui succombe a voulu succomber !... Tu te mens à toi-même en soutenant sa cause
HARCELLE
Je te dis...
CLAUDE
Je te dis que ma maison est close A tout ce qui n'est pas honnête comme toi ! La sainte qui jadis vint honorer mon toit De sa chaste maison m'a fait la sentinelle ! Il n'entrera chez moi qu'une sainte comme elle !
MARCELLE
Il faut pourtant...
CLAUDE
J'ai dit 1 maintenant je vais voir Le père et le payer pour qu'ils parlent ce soir !
MARCELLE
Et s'il la tue avant de partir ? prends-y garde ! Ill'a dit ce matin !
CLAUDE
Quiconque boit bavarde !
Le vin porte aux gi-ands mots et nul ne s'en défend Va, ce n'est pas Thomé qui tùrait son enfant !
MAnCKLLK.
Cependant, s'il la tueT