SCÈNE HUITIÈME
TIIOMÉ, du fund de la scèntf.
Tiens! ma lillelte!
VINCENETTE, à part.
Il ne sait rien!...
Je change De quartier! je m'en vais attaquer l'autre grange! Viens ra'embrasser!
Voyant i;u'clle hésite.
Eh bien?. . . des pleurs dansces beaux yeux ?
U déposa 8on fléau à droite et s'approche de Vlncenelte.
On a donc des chagrins que l'on cache à son vieux?
Non! ce n'est rienl
TIIOMÉ.
C'est trop qu'une larme sillonne Ta fraîche joue ! et pour te consoler, mignonne, Oublieux de mon âge et du lien, lu verras, Je vais comme jadis le bercer dans mes brasl
VINCENETTE, sangbtant.
Ah! père! père!
THOMÉ
Eh! là! te voici bien émue!
C'est donc un gros tournienl? va, cela me remue Plus que je ne puis dire hélas ! de voir pleurer Ma Vincenetle!... Allons ! il laul tout me narrer, El je trouverai bien dans mes cajoleries De quoi mettre un sourire à tes lèvres chéries !
38 VINCEISETTE
Je n'ai rien à vous dire !
THOMÉ
Ah! coquette!.. Je sais Ce qui t'émeut ! Ta coiffe et ses rubans passés Te donnent du dépit sous l'œil de tes compagnes : Le goût des afflquets va gâter nos campagnes !..
Arec mystère.
Mais Arles est tout proche et j'irai sans témoins T'acheter du ruban pour trois coiffes au moins !
Non!
THOMÉ
Quelque bijou d'or te plairait mieux sans doute!
Non .
THOMÉ
Bah! tu ne serais point femme! Eh bien, écoute! Mon magot n'est pas lourd, mais j'y saurai puiser De quoi parer un peu ma fille et l'amuser! Nous irons à Beaucaire et je crie au prodige Si ce grand chagrin...
Non ! je ne veux rien, vous dis-jr
THOMÉ, lat prenant les niatns.
Trislcmont.
Si ! tu veux quelque chose et je devine quoi ! Mais je ne puis donner ce qui n'est pas à moi ! Quand Claude était moins riche, hélas! au fond de rftmo J'osais rêver qu'un jour Sylvain t'aurait pour femme !..