Procès-verbal de la levée des scellés après son décès
C'est vers 1754 que Tiirgot s'était lié à lui V Jeune encore et désireux de s'instruire, le l'uturministre raccompagna dans des voyages qu'il fit Tannée suivante dans l'ouest de la France, pour se rendre compte de l'état et des besoins de l'industrie.
« Sa reconnaissance, rapporte Du Pont de Nemours, a regardé comme un des événements qui ont le plus avancé son instruction le bonheur qu'il eut d'accompagner M. de Gournay dans ses tournées. »
Depuis lors^ Turgot s'éloigna peu de Gournay qu'il estimait autant pour les qualités du cœur que pour les talents. « Une gloire bien » personnelle à M. de Gournay, a-t-il dit, est )) celle de sa vertu. » Dans la bouche d'un homme aussi scrupuleusement honnête que le fut Turgot, une telle louange n'est pas banale.
Le caractère de Gournay paraît avoir eu des qualités exceptionnelles. « Sa vertu, appuyée sur un sentiment profond de justice et de bienfaisance, en a fait un homme doux, modeste, indulgent dans la société,
1. A l'occasion d'une traduction que Turgot fit d'un pamphlet de Josias Tucker. Du Pont, Mémoires sur Ti(r(/of.
irréprochable et même austère dans sa conduite et dans ses mœurs ; mais austère pour lui seul, égal et sans humeur dans son domestique, occupé dans sa famille de rendre heureux tout ce qui Tenvironnait, toujours disposé à sacritier ce qu'il ne regardait pas comme un devoir. » C'est Turgot qui s'exprime ainsi, mais d'autres parlent de même : Baron signale l'austérité et l'urbanité de(journay. Un des détracteurs du système libéral a écrit que, quand on rappelait à l'intendant les efforts faits pour empêcher les ouvriers irançais d'émigrer, il souriait amèrement' ; le mot fut vivement relevé par un des rédacteurs du Journal du Commerce- ^ probablement Tabbé Roubaud : « Le sourire de M. de Gournay, ne fut jamais amer, il était au contraire fort doux. » Les amis de Gournay sont aussi d'accord pour reconnaître qu'il aimait à être contredit^; il avait de la vivacité', il parlait avec chaleur et esprit, en recourant au besoin à la plaisanterie, mais