Almanach royal
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« Dans le principe où je suis que le com- )) merce peut et doit se conduire sans con- » fîscations et sans amendes pour raison de » fabrique et que notre commerce et nos w manufactures n'acquerront jamais l'accrois- » sèment dont elles sont susceptibles, tandis )) que nous suivrons le système opposé..., je )) ne puis être de l'avis de rétablissement )) d'une caisse générale qui aurait pour ob- )) jet la perception et la disposition de » ces amendes ;je pense même que ce serait » afficher d'une façon trop solennelle un » principe dont nous reviendrons, quand » l'esprit du commerce aura fait plus de pro- » grès parmi nous. Je pense encore qu'il est » fâcheux défaire supporter à nos fabricants M les appointements des inspecteurs, car, » sans vouloir discuter s'ils sont utiles » ou nuisibles aux fabriques, il est certain » que le fabricant français qui contribue à )) payer un inspecteur, est dès lors plus » chargé que le fabricant anglais ou hollan- » dais, son concurrent, qui n'en paye point.»
Trudaine n'en créa pas moins la Caisse du commerce ; il y fit entrer, avec le produit des amendes, celui d'un droit de 1/2 0/0 sur
les retours des colonies^ le produit du droit de marque des étoffes, les contributions des villes de Rouen, de Lyon et de Bordeaux pour le traitement des inspecteurs, et une somme de 9,000 livres qu'il obtint des fermiers généraux. La Caisse fut assez largement dotée, pour fournir des ressources dans les années où le Trésor fut le plus obéré \
Gournay était bien loin de nier l'utilité des encouragements, qui permettaient de récompenser les découvertes utiles et d'exciter rémulation des fabricants ; il y voyait d'ailleurs une sorte de mesure transitoire, indispensable tant que la liberté n'existerait pas ■ ; ce qu'il déplorait, c'étaient les pénalités et les règlements.
Dans une autre lettre à Trudaine, du 25 septembre 1752, sur laquelle nous reviendrons, il écrit :
1. Du Pont de Nemours, en 1786, en a évalué le revenu à 7.50.000 livres. Montesquiou, en 1789, à 6.36.000. « M. Trudaine le père sera à jamais regardé comme le bienfaiteur du commerce... parce qu'il a fondé la Caisse ducomraerce qui, plus ou moins bien administrée depuis, l'a toujours été dans des vues utiles. » Du Pont de Nemours, dans Pigeonneau et de Foville, L'Administration de l' a çjriculture au contrôle (jènèral des finances.