‹ Vincent de GournayChapitre 18 sur 90 · décembre · texte numérisé non relu

décembre

de drap sans contrôle préalable, il propose de supprimer cette fausse garantie :

« En retranchant lesplombs. .., nousévite- » rons de tromper le public en lui présen- )) tant des garants... sur la foi desquels il pour- » rait se déterminer à acheter des marchan- )) dises qui n'ont pas les qualités portées par )> les règlements. En remettant les marchan- » dises au propriétaire sans plombs, pour » en user comme bon lui semblera, on )) évitera également Tinconvénient de brider M son industrie et de le condamner à l'amende, » pour une raison pour laquelle il n'en aurait » pointencouru en Angleterre eten Hollande. » Rien n'est plus aisé que de prononcer M des confiscations. 11 ne faut ni beaucoup » d'habileté, ni beaucoup de réflexion pour » cela, mais si par là nous ruinons nos fabri- » cants et leur interdisons de fabriquer des )) étoft'es telles que les étrangers ont la li- )) berté de fabriquer^ nous concourons nous- » mêmes à ruiner notre commerce. Voici, n Monsieur, quelles ont été mes vues, je les » soumets à votre jugement. »

Pour cette fois, l'avis de Gournay fut adopté : les instructions qu'il avait prépa-

rées^ et qu'il soumettait à la signature de Trudaine furent envoyées à Tinspecteur delà drajjerie de Lyon. Mais ce succès fut isolé. Ni Trudaine, ni surtout le bureau de commerce ne pouvaient arriver à comprendre que les quatre volumes in-quarto, qui renfermaient les règlements, eussent été composés à tort. Les preuves ne faisaient pourtant pas défaut. Une étoffe nouvelle fabriquée à l'Etranger ne pouvait être imitée en France sans une permission spéciale; quand la permission était donnée, la mode avait changé et l'on fabriquait à l'Etranger une autre étoffe ^ (journay avait aussi constaté, pendant son séjour à Cadix, que nos règlements avaient permis aux Silésiens de s'emparer du commerce des toiles à destination de la Guinée. Leur procédé avait été simple : ils avaient copié nos types légaux en diminuant le poids de l'étoffe, avaient présenté aux acheteurs des toiles blanches, bien ap-

1. (( J'ai l'honiienr de vous envoyer ci-joint les deux lettres que vous m'avez chargé de faire pour le sieur Le Marchand, inspecteur de la draperie de Lyon. » 19 dv}cerabrel752.

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