‹ Vincent de GournayChapitre 25 sur 90 · L'abbé Coyer, La Noblesse commerçante · texte numérisé non relu

L'abbé Coyer, La Noblesse commerçante

2. Afin d'honorer leur état, Gournay repoussait les autres faveurs; dans un avis <à Trudaine sur une proposition tendant â donner aux commerçants le titre d'agent du commerce, il dit : « Je doute fort qu'aucun des principaux négociants du royaume se croie décoré du titred'agent du commerce... Les fonctionsqu'on veut leur attribuer sont nuisibles ou superflues. Elles formeraient bientôt une place et les places nuisent au commerce. Mais si l'on veut effectivement retenir les négociants dans le commerce, il faut non seulement les décorer eux-mêmes, mais surtout leur état... Il serait nécessaire que quelque homme, dans une place importante, se déterminât à y faire élever un de ses enfants. Il ne faudrait pour cela qu'aimer son pays jusqu'à un certain point. )) 10 avril 1754.

)) pour y attirer les hommes. Aujourd'hui » que l'Europe devient commerçante, les » souverains ont besoin de négociants. Il » faut qu'ils lassent pour attirer au commerce )) et pour y faire persévérer, ce qu'ils ont » fait pour attirer les hommes vers l'état » militaire et pour les y retenir'. »

Ce qui eût mieux valu, sans doute, que des distinctions honorifiques, c'eût été que le Gouvernement renonçât à l'esprit de défiance qui avait engendré les règlements. On était bien loin de là. Un petit fait tiré des procèsverbaux du bureau du commerce permettra d'en juger.

Les fabricants de soie de Lyon demandaient l'autorisation de mettre dans la bordure de leurs galons de satin un trait d'or ou d'argent faufilé sur de la soie, au lieu d'un fil plein de métal, comme l'exigeaient les règlements. Ils espéraient ainsi concurrencer certains satins de Florence et donner plus de souplesse aux galons. Le bureau du commerce accueillit favorablement leur requête, mais sous cette condition, proposée par les

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