mai
« Je suis Jjien charmé que vous trouviez, » dans les réflexions que je vous ai commu- » niquées sur quelques-uns des statuts des » principales communautés de la ville de » Lyon, les sentiments d'un patriote et d'un » homme qui désire sincèrement la prospé- » rite et l'augmentation de cette ville et de » son commerce. Je suis persuadé qu'en vous » occupant, comme vous le proposez, de )) rechercher ce que les règlements de la » plupart des communautés ont de nuisible » à l'avantage général de la ville, vous par- » viendrez mieux que personne à connaître » les moyens dont on peut se servir pour y » remédier. Si vous lisez les statuts des » teinturiers en soie, ceux des passemen- » tiers, etc., vous verrez combien le prolon- » gement des apprentissages, des compa- >i gnonnages et l'augmentation des frais de )' réception à la maîtrise,, doivent diminuer )) le nombre des ouvriers et renfermer » d'abus. Je sais bien que les dettes, que les » communautés ont été forcées de contracter, » ont donné lieu à l'augmentation de tous » ces frais, mais il n'en est pas moins vrai )) que le mal qui en résulte retombe sur
» FÉtat en général et plus particulièrement » encore sur la ville de Lyon d'où elle )) éloigne les ouvriers et les arts.
» Au reste, pour pouvoir m'occuper avec » plus de connaissance de cause de ce qu'il » peut y avoir à faire dans une partie aussi » intéressante, il serait à propos que je » connusse l'état actuel des diverses commu- » nautés de la ville de Lyon. C'est pourquoi » il sera bon que vous m'adressiez un état » exact des dettes de chaque communauté » et, s'il se peut aussi, le dénombrement de )) chacune, c'est-à-dire du nombre des maî- » très, compagnons et apprentis qui s'}^ trou- )) vent\ »
La statistique fut dressée % mais Ciournay
n'en avait pas besoin pour se prononcer ; la
connaissance des « principes généraux du
commerce^ qui sont de même pour tout
l'univers » et la lecture des statuts des
communautés lui sullîsaient. 11 mit des
extraits de ces statuts sous les yeux de Tru-
daine et lui dit :