‹ Vincent de GournayChapitre 36 sur 90 · Par arrêt du 20 février · texte numérisé non relu

Par arrêt du 20 février

consommation intérieure, ainsi que la production et l'importation à bas prix des matières premières.

Les fabricants de Lyon voulaient, en plus, être protégés contre la concurrence intérieure. Lynx envers leurs pareils, et taupes envers eux, ils demandaient que le Gouver- )iement atténuât la rio-ueur des règlements qui les concernaient, mais ne parlaient pas des règlements de la soie dans les autres villes ; ils voulaient que Fusage des deuils publics fût restreint, pour que Findustrie de la laine ne fût pas favorisée ; ils se seraient imaginé volontiers que la grandeur ou le déclin de la France dépendait de leur prospérité.

Gourna}^ avait proposé de réduire les droits de marque et d'affinage ; c'est la seule partie de son projet que retenait la Chambre de commerce.

Les faits donnaient toutefois raison contre elle à l'intendant. Pendant qu'elle se complaisait dans Féloge de l'organisation corporative, les communautés continuaient à se quereller, ainsi que Gournay l'avait constaté au début de son mémoire. Les tireurs d'or

Aoulaienl coiitiaindre les passementiers à s<^ servir de leur intermédiaire ])oiir la fal)rication des galons. Gournav avait incidemment traité cette question spéciale, en s'adressant à la chambre de commerce. Il y revint dans un nouveau mémoire; le texte ne nous en est pas parvenu, mais nous savons que, sans s'occuper des plaintes des fabricants, il persista à montrer les conséquences des privilèges. Il écrivit, en ellet, à Flachat de Saint-Bonnet :

« Quant à moi, mon objel dans ce mé- » moire a été bien moins de soutenir mon » opinion que d'exposer aux yeux mômes » des parties intéressées, les progrès qu'ont » faits nos rivaux dans une fabrique qui leur » était pour ainsi dire tout à fait étran- M gère'. »

L'été suivant, Gournay se rendit à Lyon : on ne s'étonnera pas qu'il y ait été mal reçu. Les fabricants trouvèrent que ce fonctionnaire ignorait son métier, parce qu'il commettait quelques erreurs de faits, faute de connaître le locaU ainsi qu'il avait eu soin

Page 1