Indirectement, en renchérissant la construction
gers un UiJ.nit plus i'ort que les autres nations commerçantes a tribut qui nous privant .) de la préférence doit diminuer nos expor- )) tations et refouler sur le principe, c'est-à- .) dire sur la culture et la multiplication des ') matières pi'cmières ».
« Si les frais que les membres des corporations ont payés pour leurs privilèges au iieu d'être employés à la construction des instruments, des métiers et des ustensiles nécessaires à leur profession, étaient restés <^ntre leurs mains comme un capital utile à l'achat des matières et comme un fonds destiné au commerce, ils pourraient travailler et vendre à meilleur marché. »
(( Les principes du commerce ne sont pas rt nombreux et se réduisent à ceux-ci :
)) Rendre le commerce libre et nécessaire ;
)) Faire en sorte qu'il soit de l'intérêt des » autres nations de commercer avec nous ;
)) Multiplier les mainsetaugmenter le peu- » pie dans le commerce. ))
« Pour cela, ajoutaient-ils, il ne faut ni monopoles, ni restrictions ; il faut que les ouvriers puissent se déplacer et ne soient pas astreints à rester dans une même localité ;
que tous aient le droit cF avoir des métiers et de prendre des apprentis. Il est inulile de prolonger l'apprentissage et de le régler par la loi. Plus de compagnonnage, plus de chefd'œuvre. Si un homme n'est pas capable, il sera écarté tout naturellement, par la concurrence, d'un travail qu'il ne peut faire. Les sujets d'un même prince ont tous droit à la même protection ; des privilèges ne doivent pas être accordés aux uns et refusés aux autres. Quant aux étrangers, il faut se garder de les repousser, ils prennent dans l'industrie la place de ceux qui y font défaut. »
Et les auteurs demandaient la suppression complète de l'organisation corporative.
Mais comment passer de la période du monopole à celle de la liberté? Dans le mémoire à la Chambre de commerce de Lyon, Gournay s'était tù sur ce point délicat; il n'avait pu s'avancer cependant sans avoir un plan arrêté. Dans le travail que nous analysons, ce plan est nettement exposé.
Les auteurs considèrent les dettes que les communautés ont contractées pour l'Etat comme un dépôt sacré ; il serait d'ailleurs
impossible, disent-ils, de supprimer d'un trait de plume un passif qui dépasse 30 millions, ^lais FEtat peut créer des ressources spéciales et temporaires pour l'éteindre : il peut mettre un impôt sur les objets de luxe, un octroi dans les villes, organiser une loterie ou suspendre pour quelque temps toute nomination aux abbayes. Une fois les dettes acquittées, les corporations, ayant entre elles de la ressemblance, pourraient se grouper pour former des associations où Ton pourrait entrer et d'où Ton pourrait sortir librement.
Ainsi, les privilèges devaient être détruits sans qu'il fût porté atteinte au droit d'association. Cette conclusion est assurément digne d'attention.
Le mémoire parut en 1758 ^ ; mais l'Académie d'Amiens, contrairement à ses usages, ne le fit pas imprimer à ses frais ", et ni le lauréat Clicquot-Bervache, ni le
1. Sous le titre de Considérations sur le commerce et en particulier sur les CompafjnieSj Sociétés et maîtrises (sans nom d'auteur), et aussi Mémoire sur les corps de métiers, par M. Del'Isle.
2. DeVroil, Clicquot-Bercac/ie. Décision de l'Académie, du 1.3 mars 1758.
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correcteur Goiiniay, iTcu avouèrent la paternité. On peut ne voir, dans ces faits, qu'une preuve de Fimportance des changements apportés au travail primitif du lauréat. On peut y voir aussi une marque de la puissance des corporations, influentes par ellesmêmes, plus influentes encore par l'appui des gens de loi qui vivaient de leurs procès. Les Considérations sur le Connnerce^ quoique signées d'un nom supposé, De l'Isle \ firent leur chemin. En 1768, l'abbé Goyer, sur l'ordre de ]Maynon d'Invau, les transforma en un spirituel pamphlet^ « C/tins/ti, histoire cocliinchinoise », où tous les ridicules des corporations furent mis en évidence. Le contrôleur général Laverdy fit faire par Bigot de Sainte-Croix une enquête dont la conclusion fut la suppression complète des privilèges des gens de métiers. Turgot, enfin, mettant à exécution une partie du plan de Gournay^ supprima les corporations parisiennes '\