‹ Vincent de GournayChapitre 5 sur 90 · Kpliciavridcs du citoi/cn de 1769, t. V · texte numérisé non relu

Kpliciavridcs du citoi/cn de 1769, t. V

sont toutefois très sommaires et, quoiqu'elles soient signées des rapporteurs, elles ne donnent pas leur opinion, mais celle du bureau.

Les Archives ont bien mieux : un re2:istre oil ont été copiées les lettres administratives de Gournay, soit qu'elles aient été préparée» pour la signature de Trudaine, chef du service commercial, ou pour celle du contrôleur général, soit, ce qui a plus de prix pour nous, qu'elles aient été adressées par Gournay, en sonnom^ à des intendants de province, à des fonctionnaires, à Trudaine, à des ministres.

Dans ces lettres, presque privées, Gournay s'exprime, non avec le langage mesuré d'un membre de l'administration, mais en toute liberté.

Aux Archives de la Chambre de commerce de Lvon, nous avons pu nous ]irocurer aussi un Mémoire important de Gournay sur les corporations des gens de métiers et une réponse curieuse de la Chambre de commerce de cette villeV

Nous savions qu'un autre mémoire de l'inventeur du Laissez faire avait été inséré

1. Nous adressons d'ici tous nos remerciements au Secrétaire archiviste de la Chambre, M. Marius Morand.

dans un ouvrage de Morellet sur la Compagnie des Indes et qu'en dehors de sa traduction des ouvrages de Child et de Cidpeper, Gournay avait été le conseil ou le collaborateur de plusieurs écrivains.

« 11 lui est arrivé souvent, ditTurgot. de faire honneur à des hommes en place des vues qu'il leur avait communiquées. Il lui était égal que le bien qui s'opérait vînt de lui ou d'un autre. Il avait le même désintéressement pour ses manuscrits; n'ayant aucun souci de gloire littéraire, il abandonnait sans réserves ce qu'il avait écrit à tous ceux qui voulaient écrire sur ces matières et le plus souvent ne gardait même pas de copies de ce qu'il avait fait. »

Grâce à des renseignements épars dans les ouvrages de Du Pont de INemours, dans la correspondance de Grimm, et ailleurs, nous avons pu déterminer quelques-uns des livres auxquels Gournay a plus ou moins collaboré.

En somme, nous avons pu reconstituer, non les œuvres complètes du premier défenseur de la liberté du travail, il s'en faut probablement de beaucoup, mais une collection assez étendue pour pouvoir le connaître par lui-même et pour rectifier, s'il y avait lieu, ce

que nous en ont dit Turgot et les Physiocrates. Ilàtons-nous cF ajouter que nous n'avons eu à les prendre en défaut, ni de sincérité, ni d'exactitude. La doctrine qu'ils ont attribuée à Gournay est assurément son bien propre.

Vie de Gournay. — Sa famille. — Son séjour en Espagne. — Ses relations avec Maurepas. — Il entre au Grand Conseil. — Intendant du commerce en 1751. — Sa retraite en 1758. — Sa mort en 1759. — Son caractère.

Jacques-Glaude-Marie Vincent', qui s'appela plus tard ^NI. de Gournay, naquit à Saint- Malo à la fin de mai 1712. Son acte de baptême est du 28 du mois.

Il était le fils d'un nés^ociant considérable de la ville, Ecuyer Claude Vincent, qui avait acheté une charge de secrétaire du roi, mais

1. Turgot dit par erreur Jean-Claude-Marie. Voici l'acte de baptême de Gournay que nous avons copié sur les registres de Saint-Malo : «■ Jaques, Claude, Marie, » Vincent, fils d'Ecuyer Claude Vincent, conseiller » secrétaire du roi, maison et couronne de France, et de » Dame Françoise Thérèse Seré, sa femme, a été bap- » tisé par moi soussigné le 28° mai 1712, a été parrain » Ecuyer Jaques Vincent, sieur des Bassablons, con- » seiller secrétaire du roi, maison et couronne de France, » et marraine Dame Jeanne Guichet, Dame de la Ville » Materre, qui ont signé :

)) Jeanne Guichet^ J. Vincent des Bassablons, Claude » Vincent, Joseph Gouin, chanoine, vicaire perpétuel » de St-Malo, baptisavi. »

qui n'avait pas cru déroger en continuant à s'occuper de commerce \ Sa mère, Françoise- Thérèse Séré de la Ville Materre' apparte- , nait aussi à une des iamilles notaljles de Saint-Malo».

A cette époque, on n'avait pas sur l'avenir des enfants les mêmes préoccupations qu'aujourd'hui, car Claude Vincent, qui se maria le 14 avril 1711, porta un an plus tard son premier né, Jacques Claude, au baptême, puis successivement, en moins de liuit ans, sept autres enfants', et nous n'avons pas poussé nos recherches plus loin que 1720.

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