MONTRÉAL LIBRAIRIE SAINT-JOSEPH CADIEUX @& DEROME
À l'automne de 1857, Sa Grandeur Monseigneur Taché descendait au collège de Saint-Hyacinthe.
La rumeur s’en répandit bientôt permi les élèves, qui prenaient leurs ébats dans la grande salle de récréation.
L'émoi ne fut pas ordinaira : les figures s'épanouirent comme à la veille d'une fête, et les casquettes prirent la route du plafond, celles des plus jeunes comme celles des anciens.
Les nouveaux - j'étais du nombre — agirent peut-être autant par esprit d'imitation que par raison. Elèves de première année, complètement étrangers aux traditions de collège, il devait exister un peu de confusior: dans notre esprit sur l’à-propos de cette démonstration soudaine.
Aux jours bénis des visites épiscopales, nous avions bien tous entendu cette religieuse et touchante paroie de l’évêque : Laissez renir à moi les petits enfants, cette portion chérie du troupeau. Mais alor comme aujourd’hui les petits enfants n'approchai at de l'évêque qu'avec émotion et crainte ; c'est ains. que souvent le jeune âge manifeste son respect.
Nous n'avions donc pas même la pensée que l’évêque missionnaire pût descendre jusqu’à nous, humbles disciples de Lhomond.
Cependant, tout le monde fut bientôt au fait de la situation.
Monseigneur Taché était un ancien élève de la mai- Fon, un apôtre, qui venait de régions réputées inaccessibles, et si éloignées que lui-même avait pensé ne jamais revoir les bords du Saint-Laurent.
Il en était néanmoins à son deuxième retour : Bis repelila placent.
Enfin il y avait ur congé à l'horizon.
Effectivement, nous «ûmes le lendemain, le traditionnel grand. congé, avec son branle-bas et son cortège ordinaires de jcux et de courses, de ris et de joies, plus un sermon le matin, et une conférence dans l'après-midi, de l’évêque, éloquent en chaire, agréable causeur à la tribune.
Bref, nous eûmes en se jour, la primeur de deux chapitres des Vingt années de Missions dans le Nord-Ouest.
Les hevres consacrées à ces entretiens nous parurent bien courtes ; nous aurions volontie:s écouté tout le volume : mais le premier feuillet mêiue n'en était pas encore écrit.
Il faut avoir entendu Monseigneur Taché parler de
ses missions pour connaître tout le charme de ses récits, chargés d'anecdotes, de souvenirs, de rapprochements heureux et profondément instructifs ; il faut l’avoir entendu raconter les courses, les fatigues, les privations de ses collaborateurs, leur ardeur et leur dévouement, pour apprécier la force des liens qui unissent entre eux tous ces missionnaires, Nous avons souvent vu les poitrines se soulever, les yeux se mouiller de larmes quand, rappelant, dans nos vieilles églises, les diverses péripéties de sa vie d’abrégation, il invoquait d’une part, les prières du peuple canadien pour dompter les révoltes du sauvage à la grâce, et que, d’une autre part, il bénissait Dieu de la persévérance, des actes de piété et d’édification par lesquels ses néophytes parvenaient souvent à changer en allégresse ses plus poignantes angoisses.
Dans ses voyages sur les bords au g*2nd fleuve, dont les vertes eaux fécondent les prés au milieu d :squels se dresse le vieux toit qui abrita sa jeunesse, l’évêque de Saint-Boniface avait, en maintes occasions, et à maints cadroits, fait entendre cette parole facile, abondante et émue, que tout le monde connaît.
Aussi, tel avait été l’émoi causé chez les élèves du collège de Saint-Hyacinthe par son arrivée au milieu d'eux en 1857, telle fut, neuf années plus tard, la sensation cieée dans le public canadien par la publication des Vingt années de Missions dans le Nord-Ouest de l'Amérique.
Les catholiques s’en réjouirent par un motif religieux ;
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