AU TRÈS RÉVÉREND ÉVÊQUE DE ST-BONIFACE, ILE À LA CROSSE
Mon cher Seigneur,
J’ai l'honneur d’accuser réception de votre communication du 12 jan-
vier dernier, sur les affaires des missions de l'Eglise catholique romaine
dans ces Territoires.
Avant d'entreprendre de répondre à cette lettre, je désire enregistrer
Ce qui précède peut paraître une digression ; on com-
’un ds prendra pourtant facilement que je devais ce faible hommage à la mémoire du premier évêque de ce diocèse. écrite J’ajouterai encore quelques mots, pour ramener la perte douloureuse qui nous aflligeait en 1853 dans le 53, cadre naturel de cette lettre. Je dirai que la Congrégation perdait, en la personne de Mgr Provencher, un protecteur et un ami véritable ; et certes, il a donné des preuves éclatantes de son estime et de son affection pour notre Famille. C’est en grande partie par ses conseils que nos Pères ont été appelés dans l’archidiocèse nié de Québec. Lui-même s'empressa de réclamer les secours hese et services de notre chère Congrégation aussitôt que la création du vicariat apostolique du Nord-Ouest lui eût 7. pu imposé l'obligation personnelle de pourvoir au salut des | long âmes commises alors à sa juridiction. À peine étionslure, nous rendus auprès de lui, qu'il donna des lettres de | Ne grand-vicaire au R. P. Aubert, de préférence même aux “6 anciens Missionnaires, qui pourtant le secondaient géné- | end reusement depuis plusieurs années. Il retint toujours ba auprès de lui le supérieur des Oblats ; sa maison fut tou- | deli. jours la nôtre ; il veilla constamment à tous nos besoins “his avec une sollicitude et une tendresse toutes paternelles, | 4. Sur son lit de souffrances et jusqu'à la veille de sa mort he | éd un tribut de respect pour la mémoire de cet excellent prélat, votre | ion prédécesseur, dont nous avons eu si récemment à déplorer la perte.Pendant | thy une longue période, plus longue qu'il n'est permis d'ordinaire aux ami- | Dni- tiés humaines de durer, j'ai eu le bonheur d'entretenir avec ce digne ian évêque des rapports caractérisés par l’estime et le respect personnels, les. . quels, pendant au-delà de trente années n'ont jamais été interrompus, ses soit dans nos rapports officiels, soit dans nos relations privées Dans sa carrière publique, il s’est montré l’ami de l’ordre et du bon gouverne-
ment, le promoteur de tout ce qui paraissait devoir contribuer au bienêtre général, et un pilier de force pour les autorités établies, toujours prêt à porter sa part des fardeaux publics tant dans les délibérations du Conseil que dans ie maintien des lois, Quant à sa valeur personnelle, le sentiment si répandu de chagrin causé par sa perte fournit une preuve touchante de sa bienveillance et de sa libéralité. Sa vie pieuse et sans tache luiavait acquis l'estime universelle, pour moi-même;personnellement il fut un ami honoré et estimé, avec lequel il m'a toujours été agréable de m'associer. Permettez-moi de dire, en terminant, que c’est une consolation, dans cette triste circonstance, de voir que l'office de l’évêque défunt est dévolu à un successeur si digne. L’individu peut être changé, mais on sent que ‘ l'Evêque de St-Boniface ” continuera d’être pour cette colonie un exemple de vertus chrétiennes et de vues éclairées...
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(Signé) G. Simpson.
(c'était le moment de faire lesenvois pour les Missions de l'intérieur), il se préoccupait des besoins de tous les Pères, et recommandait à tous les gens de sa maison de ne pas oublier les Missionnaires du Nord. ‘ Ces pauvres enfants, répétait-il souvent, ont toujours trop à souffrir ; qu'on ne les néglige pas, que du moins ils reçoivent tout ce qu'on peut leur envoyer. ” Puis il les bénissait tous avec larmes et effusion de cœur. Enfin, il légua à un Oblat le soin des âmes, pour le salut desquels il brûlait d'un zèle si pur et si vif. Il lui légua aussi tout ce qu'il possédait.
Ce sont là autant de preuves bien éclatzntes de son affection pour notre Congrégation, voire même de sa reconnaissance pour les services qu'il en avait reçus. Je suis convaincu que la Congrégation de son côté, recueillera volontiers ces souvenirs, et a déjà gravé le nom de Mgr Provencher sur la liste de ceux qui ont des droits à son affection.
Par la mort de Mgr Provencher, son coadjuteur devenait de droit évêque de Saint-Boniface. Le premier acte administratif de ce dernier fut de donner des lettres de ee au KR. P. Bermond, conjointement avec
M. Thibault et Laflèche, qui avaient déjà ce titre. Le nouveau Vicaire Général fut prié, de plus, de vouloir bien se charger de l'administration des biens temporels de l’Evêché, de prendre en main la caisse épiscopale et de disposer de tout comme bon lui semblerait, pour la plus grande gloire de Dieu et l'honneur de la religion.
Ainsi que nous l'avons dit plus haut, Mgr Taché était à l’Ile-à-la-Crosse quand il apprit la mort de son vénérable prédécesseur. (Cette nuit-là même il se mit en route pour Athabaskaw, accompagné du Fr. Alexis Raynard, qui était venu avec le P. Végreville. Ce voyage n'avait pas pour but la visite des sauvages, mais bien celle des missionnaires, et le besoin de combiner avec eux les mesures à prendre pour agrandir le royaume de Jésus-Christ. C’est pendant cette visite qu’il fut convenu que le P. H. Grollier irait jeter les fondements d'âne Mission à l'extrémité orientale du lac Athabaskaw, en faveur d’une tribu indienne connue sous le nom de Mangeurs de caribou.
Au commencement du mois d'août, le P. Maisonneuve, dont la santé ne s'était pas améliorée, laissait
l’Ile-à-la-Crosse pour aller chercher du soulagement à Saint-Boniface.
À peu près dans le même temps, le P. Rémas s’embarquait à la Rivière-Rouge, et passant par les forts Norway-House, Cumberland, Carlton, Pitt, il se rendait au lac à Biche, situé à l’ouest de l’Ile-à-la-Crosse. Le poste établi sur les bords de ce lac relève du district de la rivière Siskatchewan, quoique le lac lui-même paye le tribut de ses eaux à la mer Glaciale, par le fleuve Athabaskaw-Mackenzie.
Le lac la Biche avait été visité par MM. Thibault et Bourassa, au moins une fois par an depuis 1844 jusqu'en 1851 inclusivement. M. Lacombe y donna aussi une Mission en 1852. Ce dernier, harcelé par un prédicant méthodiste qui se rendait aussi au lac la Biche, ne pouvant pas prolonger son séjour au milieu des peuples qu'il avait été visiter, les confia à Marie sous son glorieux titre de Notre-Dame des Victoires. Comme pour prendre possession de ce pays, il planta l’étendard du salut sur une île au milieu du lac. Le P. Rémas, plein de zèle et de courage, s’estima heureux d'aller continuer l’œuvre si généreusement commencée. Le dénûment dans lequel il se trouva d’abord lui imposa d'assez nombreux sacrifices pour préparer la victoire sur l’hérésie et l’infidélité. La confiance en Marie a obtenu ce double triomphe de la foi.
L'automne de la même année, le P. Tissot allait au lac Vert. Il y gagnait quelques infidèles à la religion, et en réjouissait beaucoup les chrétiens. Le petit nombre de sauvages qui visitent cette localité ne peut pas permettre des succès bien brillants. Le zèle du Missionnaire se trouve assez récompensé quand il peut au moins ramener au bercail une brebis égarée.
Au mois de septembre, le P. Grollier, fidèle à ce qui avait été décidé lors de la visite du Vicaire à Athabaskaw, se rendit au Fond-du-Lac. Notre-Dame des Sept- Douleurs, patronne de cette nouvelle Mission, ménagea à son fondateur bien des joies et des consolations. Son zèle ardent y trouva un aliment abondant ; les sauvages étaient nombreux : la grâce toucha leur cœur ; ils goûtèrent le don de Dieu. Le Missionnaire passa tout l'hiver avec eux, ne se réservant qu’une courte vi site à la Mission de la Nativité. à
Jusqu'à présent, les Oblats, qui évangélisent le diocèse de Saint-Boniface, ont eu à y parcourir de vastes étx0dues de pays et à y voyager beaucoup. En forçant l’un d’entre eux à accepter l’épiscopat, notre bien-aimé Père lui avait dit : “ Tu n’en seras que plus Oblat.” & etait lui annoncer entre autres choses : “ Tu voyageras davantage.” Le 27 février 1854, l'Evêque de Saint- Bon ‘ace laissait sa pauvre demeure de l’Il2-à-la-Crosse pour commencer une excursion qui devait durer plus de trois mois. Je dis pauvre demeure, puisque la description suivante qu'il en faisait alors est littéralement exacte : “ J'ai un palais épiscopal aussi qualifié pour cet emploi que je le suis pour le mien. Le dit palais a 20 pieds de long, 20 pieds de large et 7 de hant ; il est enduit en ‘rre, (Cette terre n’est point imperméable, en sorte la pluie, le vent et les autres misères atmosphériques y ont un libre accès. Deux châssis de six verres chacun éclairent l'appartement principal ; deux morceaux de parchemin font les autres frais du système luminaire. Dans ce palais, où tout peut vous paraître petit, tout, au contraire, est empreint d’un caractère de grandeur. Ainsi mon secrétaire est évêque ; mon valet de chambre est évêque ; mon cuisinier lui-même est aussi quelquefois évêque. Ces illustres employ s ont tous de nombreux défauts ; néanmoins, leur attachement à ma personne me les rend chers et me les fait même regarder avec complaisance. Quand ils paraissent fatigués de leurs emplois respectifs je les mets tous sur le chemin, et me joignant à eux, je m'efforce de faire diversion à leur ennui.” Toute la * famille ” de Monseigneur était donc en route, augmentée de deux sauvages et d’un jeune métis qui conduisaient les quatre jolis chiens attelés au traineau surlequel se trouvaient la batterie de cuisine, le lit, la garde-robe, la sacristie, la chapelle, la dépense du prélat. La petite caravane passa par le lac Froid, visité, en 1884, par M. Thibault ; puis, continuant sa route, elle arriva au fort Pitt, après dix jours de marche à la raquette. Ce même voyage a déjà été décrit comme suit : ‘“* Deux souliers de 8 ou 4 pieds de long chaussent Sa Grandeur ; vraies pantoufles
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DANS Lk NORD-OUEST DE L'AMÉRIQUE 67
Cpiscopales, parfaitement adaptées à la finesse du tissu du blanc tapis sur lequel il faut marcher. Elles conduisent son individualité avec toute la vitesse que peut leur imprimer sa force musculaire ; sur le soir, cette force égale à peu près zéro ; alors la marche est suspendue. Une heure de travail suffit pour improviser une habitation. La neige, si belle, si blanche, est reculée avec une minutieuse précaution ; quelques branches d'arbres forment l’élégant parquet du nouveau palais ; le ciel en est le dôme ; la lune et les étoiles, les brillants et riches flambeaux ; un horizon sans bornes ou une épaisse forêt en forment les lambris somptueux ; les quatre chiens de charge en sont de droit les gardiens fidèles; les loups et les hiboux sont les grands maîtres d'orchestre. La faim et la fatigue font tressaillir de joie à la vue de tant d'aprêts. Les membres engourdis par le froid bénissent le foyer bienfaisant qu'alimentent les géants de la forêt. Après avoir pris possesion d’une si riche habitation, les propriétaires s’invitent à un festin commun. Les chiens sont les premiers servis, vient ensuite Monseigneur. (Celui-ci a pour table ses genoux, pour vaiselle un couteau de poche, un pot et un plat de ferblanc. Il conserve aussi précieusement un vieil outil de famille : c’est une fourchette à cinq fourchons qui, dans maintes circonstances, lui a rendu les services les plus signalés. Le Benedicite, omnia opera Domini, Domino, ne tarde pas à retentir à l'oreille du voyageur. La nature est trop belle, trop grande, même au milieu de ses rigueurs, pour qu'on puisse oublier son auteur. Aussi vives, fortes et touchantes sont les pensées qui occupent dans ces campements. C’est un devoir de les communiquer à ses compagnons de voyage et de les inviter à aimer le Créateur de tant de merveilles, à bénir la source de tant de bienfaits. Après avoir rendu ses hommages à Dieu, chacun songe à réparer ses forces et à se préparer aux fatigues du lendemain. Le valet de chambre de Monseigneur dépouille Sa Grandeur de la“ capote ” qu’elle portait pendant le jour. Il l’étend de son mieux et lui donne le nom de matelas. Les mitaines et la casquette prennent à la faveur des ténèbres, le nom d’oreiller. Deux couvertures en laine doivent défendre au froid et à tout le rest de troubler le sommeil du prélat. Menacent-elles de : point réussir, la Providence
vient en aide, en envoyant une aimable petite couche de neige qui nivelle les conditions et étend sur l'Evé-
ue et sa suite un manteau protecteur sous lequel tous che d'un sommeil profond, sans même comprendre la surprise qu'éprouverait un des ‘ enfants gâtér” de la civilisation, si, reculant cette neige, il trouvait dessous évêque, sauvages, chiens, etc. ”
Le ton de cette description, qui domine presque toujours en ces sortes de voyages, prouve que, après tout, on n'est pas simalheureux. (Ce ne sont pas les fatigues ni les privations qui éprouvent l’Ame : les tortures du cœur ont leurs sources ailleurs. Gtai et content en voyage, je souffris beaucoup au fort Pitt, où pourtant je fus accueilli avec bienveillance, et où je ne manquais de rien
Quelques jours passés dans ce fort me montrèrent jusqu'à l'évidence l’état de dégradation dans lequel vivaient les pauvres sauvages de la prairie, À cette épo-
ue, l'honorable Compagnie de la Baie-d'Hudson se
éshonorait par le commerce des liqueurs enivrantes avec les Indiens. Ce mal a diminué depuis. Le cœur gros de chagrin et de regrets, nous laissàmes Fort-Pitt sans presque y avoir fait de bien. Nous n’y avions vu de chrétiens que les traiteurs et leurs employés. Quelques-uns de ces derniers profitèrent pourtant de la Mission. Les nombreux sauvages qui étaient au Fort témoignèrent aussi quelques velléités de bien, ce qui rendit plus sensible à leur évêque la douleur de ne pas pouvoir lever l'obstacle principal qui s'opposait à leur conversion. Le Missionnaire prit la résolution de ne rien négliger pour faire diminuer et abolir, s’il était possible, cet injuste moyen de s'enrichir aux dépens des malheureux Indiens ou ne peuvent contrôler le penchant incompréhensible qui les porte à l'abus de ‘ l’eau de feu. ”
Après six jours de marche, Mgr Taché arrivait au fort Edmonton, de la Mission St-Joachim, où il trouva M. Lacombe et quelques chrétiens fervents. Il eut le bonheur de confirmer dix-sept personnes le jour de l’Annonciation. Le 27 mars, une course sur une carriole à chiens lui faisait franchir rapidemeu‘ les quinze lieues qui conduisent au lac Sainte-Anne. C'est là que Monseigneur trouva le bon P. Rémas ; il ne l’avait pas vu
depuis son arrivée dans le pays. Les larmes de ce cher Père dirent assez à son supérieur qu'il était heureux de revoir un Oblat.
Enfants de Marie, reposons-nous quelques instants dans cette Mission, sous la protection de sa mère. Utilisons ces quelques moments de repos en esquissant à la hâte quelques traits de l’histoire religieuse de l’importante vallée de la Siskatchewan.
Nos Pères ne sont pas,les premiers qui aient travaillé dans ce vaste champ ; mais ils ont continué ce travail et semblent appelés à y développer l’œuvre sublime
u'ils y soutiennent maintenant. La rivière Siskat- SAS fut découverte en 1748 par le chevalier de La Vérandrye, qui y fut accompagné par un Missionnaire dont j'ignore le nom. Les expéditions qui suivirent celle du chevalier de La Vérandrye, jusqu'à la conquête du Canada par l'Angleterre, eurent aussi probablement leurs aumôniers, dont le zèle annonça l'Evangile sur les bords du grand fleuve dont nous parlons.
Depuis la conquête, il paraît certain qu'aucun Missionnaire ne revit ces belleset vastes plaines avant 1838. C'est l'époque à laquelle MM. Norbert Blanchet, aujourd'hui archevêque de l’Orégon,et Modeste Demers,évèque de Vancouver, remontaient la Siskatchewan pour se readre à la Colombie. En 1842, le vénérable M. J.-B. Thibault, encore aujourd’hui vicaire général de Saint- Boniface, commença la série des courses et des travaux
ui lui méritent le titre de premier apôtre de la vallée e la Siskatchewan.
Parti de la Rivière-Rouge au mois d’avril,il visita les forts Ellis, Carleton, Pitt et Edmonton, ainsi que les plaines au sud, jusqu’à la rivière du Parc-aux-Chiens. Il revint au mois de novembre consoler le cœur de l'évêque de Juliopolis, en lui annonçant que le Seigneur avait aussi ses élus dans ces magnifiques terres.
En 1843, le même Missiornaire suivit la même route jusqu'au fort Pitt. Poussant au nord, il commença un établissement au lac à la Grenouille, se rendit ensuite à Edmonton et au lac du Diable, où étaient réunis un gous nombre de métis, qui le sollicitèrent de s’y éta-
lir en lui démontrant que cette dernière place était plus avantageuse que celle qu'il avait déjà choisie. Le Missionnaire retourna au lac à la Grenouille, revint en
hiver aux forts Pitt et Edmonton, puis de nouveau à son poste, où il vit quelques Montagnais de l'Ile-à-la- Crosse, qui, eux aussi, réclamèrent des secours religieux.
En juin 1844, le courageux Missionnaire était auprès de Mgr de Juliopolis pour prendre ses ordres. Il fut déc'dé que l’établissementrse ferait de preférence au lac du Diable, et sainte Anne fut choisie pour la patronne de cette nouvelle Mission. M. Joseph Bourassa se mit en route pour le nouveau poste. M. Thibault y retourna aussi, mais par Norway-House et le fort Cumberland. Après quelques jours passés au lac Sainte-Anne, M. Thibault prit le chemin du lac Froid; ce fut la première Mission donnée aux Montagnuis. À son retour, il visita le lac la Biche aussi pour la première fois.
Au printemps de 1845, le zélé Missionnaire reprenait la route du lac la Piche, passait par l’Ile-à-la-Crosse, et allait jusqu'au portage de la Loche. Le R. P. de Smet visita Edmonton pendant l’hsver de 1845 à 1846. Dans ie même temps,M. Bourassa évangélisait le pecit lac des E.claves et la rivière de le Paix. Digne émule de son zélé confrère, il fit pendamt trois années consécutives cette lointaine et difficile Mission et partagea, de plus, avec lui, les soins donnés aux chrétiens du la- Sainte- Anne, d'Edmonton, du lac du Poisson-Blarc,du lac la Biche, et de le Prairie. Cependant, auprintemps de 1846, M. Thibault revoyait le lac la Biche et l’Ile-à-la- Croste ; ans l’automne, il visita le fort de la Montagne. En 1847, ii allait à la Rivière-Rouge rendre compte de sa mission à Mgr Provencher, vuis retournait se livrer aux exercices de son zèle dans Les chrétientés qu'il avait fondées à plusieurs places de la vallée de la Siskatchewan. Mgr Demers passa à Edmorton et descendit la Siskatchewan en 1848
C’est en 1852 que M. Thibault revint *éfinitivement à la Rivière-Rouge, emportant les regrer. de tous ceux qui l'avaient connu, et après avoir dépensé au service de J< bonne cause une grande somime d'énergie et de dévomement.
M. Lacombe était envoyé cette même année pour remplæser M. 'Taïbault et seconder M. Bourassa, qui laissa Le lac Sainte-Anne au printemps de 1858, après avoir, lui aussi, si bien mérité de Dieu et des hommes.
Ca
u à | En arrivant au lac Sainte-Anne, nous avons salué le à-la- P. Rémas. Disons de suite coliment il y était venu. reli- M. Lacombe, seul à Sainte-Arne, ayant appris le dénûment dans lequel vivait le P. Rémas au lac la Biche, près alla l’y voir, et le determina à l'accompagner jusqu’à t dé- 1 sa Mission pour y attendre notre arrivée. U’est pendant 1 lac cette visite que M. Lacombe, qui depuis longtemps désinne 1 rait entrer dans la Congrégation, en demanda la faveur mit . et en obtint l'assurance. Seulement, des circonstances È irna | que ni lui ni nous ne pouvions empêcher,différèrent son l and. 4 entrée au noviciat jus:;'.'à l’anmée suivante. Thi- . Si notre âme avait été affligée au fort Pitt, elle fut ière bien consolée au lac Sainte-Anne ; nos cœurs burent à | isita longs traits à la coupe des saintes délices dont Dieu veut | bien quelquefois enivrer le cœur de ses Missionnaires et nait récompenser ainsi au centuple leurs faibles efforts. L'é- É e, et vêque confirma quatre-vingt-dix-huit personnes, néomet phytes arrachés dernièrement à l’hérésie ou à l’infidé- | is le 4 lité, et, le samedi saint il eut la consolation de verse: des L l'eau sainte du baptême sur le front de vingt-deux | son à adultes. Nous célébrâmes le triomphe de la résurrection | ives de Jésus-Christ au milieu de ce peuple que la voix du | lus, . 4 divin Ressuscité ravivait et sortait du tombeau dans nte- 4 lequel il gisait depuis si longtemps. Grande était notre c la joie, mais, hélas! les joies de la terre, même les plus de | saintes ei les plus légitimes, ne sont pas de longue -la- ë durée ; dès le lendemain de ce beau jour, il fallait nous rne. séparer de ces chers chrétiens et laisser seul l'excellent > de L. M. Lacombe, auçael nous ne pouvions pas même accorrrer 3 der lu faveur d'entrer au noviciat. | vait 4 Le ?. Rémas accompagna son évêque jusqu'au lac la } he- 1 Biche, où toux les deux virent se prolonger les pieux \ t la 4 travaux et les saintes consolations qui avaient été leur \ partage au lac Sainte-Anne.
ent È Le ler mai,après une grand’'messe chantée pour attirer eux 4 la protection de la très sainte Vierge, on Gésigna l’enice 4 droit où serait ensuite la résidence dn Missionnaire ; on de ‘à se mit même de suite à l’œuvre. Tout ayant été réglé, 4 autant que les circonstances le permettaient, pour atteour : nuer les difficultés que le pieux et zélé P. Rémas avait qui À rencontrées et lui épargner l'excès des privations aux- Très 4 quelles il avait été réduit, Mgr Taché prit cougé de la
Le. E population et de son Missionnaire, qu'il eut le regret de