‹ Vingt années de missions dans le nord-ouest de l'Amérique [microforme]Chapitre 4 sur 36 · ÉVÊQUE DE MARSEILLE · texte numérisé non relu

ÉVÊQUE DE MARSEILLE

Supérieur Général et Fondateur des Missionnaires Oblats de M. I.

Evêché de Montréal, le 20 juin 1866.

À Sa GRANDEUR MGR TACHÉ, Evêque de Saint-Boniface.

Monseigneur,

Grâce à l'obligeance de nos RR. PP. Oblats, il m'est permis de lire les Annales des Missions de leur Congrégation, qui, comme vous le savez, sont imprimées exclusivement pour mettre la communauté au courant des travaux apostoliques de ses membres ; dans le dernier numéro, j'ai où l'avénieire de lire une partie de votre important travail, intitulé : “ Vingt Années de Missions dans le Nord-Ouest. ” Je n'osérai pas, Monseigneur, essayer de vous dire l'intérêt et le plaisir que j'ai éprouvés en lisant ces pages ; car, outre que j’autais à c'aindre de déplaire à Votre Grandeur, dont l’excessive modestie est si bien connue de tous, je pourrais appréhender, peut-être aussi, de paraître vouloir ine poser en appréciateur de vos œuvres, ce qui serait me donner une attitude pour lé moins singulière ; mais je me permettrai de vous exprimer un sentiment de peine que j'ai éprouvé après la lecture de votre travail, sentiment qui est partagé. par tous ceux quiont eu connaissance de l'écrit : on regrette que ce que vous dvez écrit sur l’histoire de vos Missions n’ait.été imprimé que pour votre communauté, et que le public ne puisse ‘en jouir ni en tirer son profit. : : Pet ERRONÉE PROTEIN

. Vous savez, Monseigneur, eombien nos bons catholiques du Canada s'intéressent aux Missions de la Rivière-Rouge ; or, avec quelle avidité ne liraient-ils pas vos “ Vingt Années de Missions ! ” Combien n’en est-il pas qui regarderaient comme un véritable avantage de posséder, dans un volume, presque tout l'historique des Missions de cette grande partie de notre continent !

Puis, Monseigneur, vous n'êtes pas sans savoir que,

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depuis quelques années surtout, uos hommes qui s’occupent de la chose publique portent une grande attention à ce qui touche à l’histoire du Territoire du Nord- Ouest ; quelques-uns ont publié des études sur le pays ; or, à ceux-ci aussi, votre ouvrage serait utile, précieux, puisqu'aucune source plus sûre ni plus féconde n'a encore été offerte à leurs recherches.

Mais ce qui rend désirable par-dessus tout la publication de votre travail, c’est le grand profit qu’en retirerait l'Œuvre de la Propagation de la Foi ; en effet, que! stimulant plus c&pable d'exciter le zèle pour cette grande œuvre que le récit de ces courses prodigieuses à travers les glaces polaires, de ces actes d'un héroïsme plus

u’humain, entrepris pour l'extension du règne de Jésus-

hrist ? Quel est le catholique qui, en voyant dans votre écrit se dérouler ce grand drame de vingt années où brillent le dévouement le plus sublime, l’abnégation la plus hércique, ne se sentira pas pris du désir d’appartenir à une Association où il lui sera permis de partager le mérite de ces hommes qui nous reportent sur le théâtre des Apôtres, ces premiers missionnaires envoyés par Jésus-Christ lui-même ? Et puis ceux qui déjà appartiennent à l'Œuvre de la Propagation de la Foi, comme ils seraient heureux d'y lire les progrès à la fois si considérables et si rapides de l'Evangile ! quelle jouissance pour eux d'y constater ces grands résultats, obtenus, en grande partie, par leurs si légères aumônes !

C'est appuyé sur ces raisons, qu’au nom de Monseigneur de Montréal, j'ose prier humblement Votre Grandeur de permettre l'impression de votre travail :“ Vingt Années de Missions dans le Nord-Ouest ; ” et je n’hésite pas à vous assurer, Monseigneur, que si vous daifor vous rendre à ce vœu, Votre Grandeur sera agréa-

le, non seulement à ces âmes pieuses qui ont déjà le zèle des missions et de la propagation de notre sainte Foi, mais encore à tant d'autres qui aiment les livres utiles et agréables,

Je suis, avec la plus profonde vénération, Monseigneur,

de Votre Grandeur

le très humble et indigne serviteur,

Ep. MoOREAU, PTRE.

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Boucherville, le 27 juin 1866.

Mon cher Monsieur,

J'ai reçu hier votre bonne lettre du 20 juin, et je me trouve très honoré de la demande que vous me faites au nom de Monseigneur de Montréal. Puisque l’on veut bien croire que les notes que j'ai recueillies sur les travaux des révérends Pères Oblats dans le diocèse de Saint-Boniface peuvent avoir quelqu'intérêt, je ne puis faire d'objection à leur publication.

Je me permettrai pourtant une remarque. Ces notes ne sont point l’histoire générale des Missions de la Rivière-Rouge ; car, comme l’indique leur titre, elles n’embrassent qu'une période de vingt années ; c’est, au contraire, l’histoire particulière des principaux travaux des révérends Pères Oblats, écrite pour les Annales de leur Congrégation. On voudra donc bien ne pas s'étonner du caractère exclusif de ces notes ; en les écrivant, j'ai été trop heureux de donner un juste tribut d'hommage à ceux qui ont travaillé en même temps que nos Pères, et, néanmoins, cette histoire serait une injustice véritable si elle devait être considérée, je le répète, comme l'histoire complète des Missions. Avant nous, d'autres ont travaillé, et travaillé courageusement, glorieusement. Nous avons eu, nous-même, à admirer le zèle, le dévouement et les succès de missionnaires qui n’appartiennent pas à la famille religieuse dont je m'estime si heureux d'être membre. Aussi, je prierai humblement ceux qui auront la pensée de lire les pages suivantes de bien se convaincre que je n'ai jamais eu l’idée de vouloir ensevelir dans l'ombre des noms chers à mon cœur, ni des travaux si fructueux pour notre sainte Religion, et si glorieux pour ceux qui les ont accomplis. Je serais trop coupable à mes propres yeux s’il m'était possible de méconnaître le bien fait par d’autres.

Je ne saurais terminer sans vous exprimer les sentiments de reconnaissance que m'inspirent si justement les services nombreux et signalés que vous voulez bien

rendre à nos missions. Que ne m'est-il permis de dire

à tous ceux qui nous font du bien ce que aq âme

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