‹ Vingt années de Paris (volume 2)Chapitre 13 sur 24 · A I/EC'OLE DES BEAUX-ARTS. ISS · texte numérisé non relu

A I/EC'OLE DES BEAUX-ARTS. ISS

Deux jours après, lé jugement sera rendu:

vingt élèves, sur cette première épreuve, seront admis au concours « de la figure peinte ». Enfin, dix, de ces vingt, monteront définitivement en loges, pour, de nouveau et plus amplement, peindre une belle parole de Tantiquité.

Le vainqueur de ces dix aura le Prix de Rome. C'est-à-dire que, honoré de la faveur patriotique et d'une subvention de l'État, au lieu d'être un artiste, une sorte d'initiateur, de prophète, ému au cours de sa vie, laissant, en ses œuvres, trace de son temps pour la postérité, il s'étudiera à refaire du vieux, loin de son pays, refroidissant sa flamme aux marbres émiettés de l'irrémédiable Italie, épuisant son amour aux grandes filles en pain d'épice du Transtévère, égrenant ses belles années dans la poussière et l'ennui •des choses mortes.

Puis, si vraiment il est marqué du signe auquel on reconnaît les peintres majestueux, il reviendra vieillir en France, investi des conmiandes ofiBcielles, déposant sans relâche, le long des murs, de vastes et insipides pastiches des écoles enterrées.

Qu'importe !•.. Allez au premier essai du concours, enfants. Si, quelque jour, un souffle d'amour réel pour TArt et la Vérité vous emplit les poumons, si la poignante et auguste Réalité vous fait battre le cœur, vous saurez bien, de vous-même, rejeter la guenille moisie et cuistrale qu'on vous impose. Allez, pendant tout un jour, manger votre pain blanc de jeunesse, au fumet vertigineux de l'Espérance...

Et soyez émus devant vos professeurs,

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