‹ Vingt années de Paris (volume 2)Chapitre 21 sur 24 · LA CHARGE DE M. THIERS · texte numérisé non relu

LA CHARGE DE M. THIERS

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E récris pour l'ahurissement des provinciaux : je n'ai jamais vu M. Thiers, Je l'ai, à ma façon, dessiné cinq cents fois peut-être ; je ne l'ai jamais vu.

Cela tient probablement à ce qu'il en est de mon humble individu comme de la plupart des Parisiens qui, peu soucieux de leurs monuments, laissent volontiers s'écouler la vie sans s'inquiéter de savoir si l'obélisque

a une porte et sans gargariser d'ascensions exténuées la colonne.

Je n'ai pas enjambé le petit Thiers. Cet aveu fait, je n'ai plus qu'à exaspérer les peintres fanatiques de la copie méticuleuse du modèle, en déclarant qu'il me semble avoir mieux fait pour dessiner Thiers de ne le pas voir, et que, par ce moyen, j'ai mieux tenu compte de la légende et servi au public une silhouette plus conforme à ses idées préconçues.

J'ai eu l'honneur d'obtenir un soir, à dîner, l'approbation du grand Hugo pour cette parole.

On a le droit d'être laid jusqu'à trente ans ; plus tard, la laideur est haïssable, car elle ne vient plus de la nature, mais du caractère. Thiers n'était pas absolument laid, mais petit, grincheux et bourgeois.

C'est la bourgeoisie qui lui doit des sta-

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