‹ Vingt années de Paris (volume 3)Chapitre 14 sur 28 · FEU LE B(EUF-GRAS · texte numérisé non relu

FEU LE B(EUF-GRAS

cinq; il venait premier dans le défilé, et ce fut lui qui s'appela : la Lune.

Or, le dimanche-gras, dans l'après-midi, comme le populaire . en niasse compacte et en grand émoi, s'était aggloméré devant le portail du Sénat, grouillant et attendant le cortège, il y avait, à trois pas de la bousculade, sur le trottoir, un groupe composé de deux personnes seulement, mais très animé.

Ces deux personnes étaient votre serviteur, d'une part, et, de l'autre, « Moucliu » Monet. Mouchu Monet étiiit mon propriétaire.

Entre parenthèses, au cas où la postérité, dans la suite des temps, se déciderait à décorer de plaques connnémoratives mes dififérents séjours, elle retrouverait facilement ceux-ci : masure peinte jus(|u à mi-bàtisse, en rouge foncé, Hôtel du lji.re))ih()ur(/ ^ à deux culbutes du Sénat. Je n'ai jamais connu

rien de plus gai. La porte était implacablement fermée à onze heures du soir ; mais j'avais, aux fenêtres, des camarades qui me descendaient la clef par une ficelle. — Chut! Mouchu Monet, donc, en cette après-midi* du dimanche gras, refusait de me laisser rentrer chez moi , faute de sept francs — chette — que je lui devais et n'avais en poche...

J'entends d'ici les personnes amoureuses de solennel blâmer la manière abandonnée dont je confesse, à propos de bœuf gras, ma « vache enragée y^.

Que Youlez-Yous? Polo n'était pas encore prodigue à mon endroit; moi-même j'étais un peu désordonné, insouciant, mal économe: enfin j'étais très jeune. Au fait, cela m'est plus doux à dire que le contraire; etj en ce moment même où je censure le grand garçon échevelé que j'étais alors, je me fais

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